FRANKENSTEIN S'EST ÉCHAPPÉ (Terence Fisher)

REALISATEUR

Terence Fisher

SCENARISTE

Jimmy Sangster, d’après l’oeuvre de Mary Shelley

DISTRIBUTION

Peter Cushing, Hazel Court, Robert Urquhart, Christopher Lee…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur
Titre original : The Curse of Frankenstein
Année de production : 1957

En 1948, après plus d’une dizaine d’années de bons et loyaux services, la créature de Frankenstein a connu le sort dévolu à tous les grands monstres de la Universal : servir de faire-valoir comique à ces deux nigauds de Bud Abott et Lou Costello. Loin de la composition tragique de Boris Karloff, le cascadeur Glenn Strange a fait de la création du démiurge Victor Frankenstein un pantin gesticulant dans le sympathique (et un chouïa lourdingue) Deux Nigauds contre Frankenstein.

Les années 50 verront le cinéma de genre américain se recentrer principalement vers des menaces venant des étoiles ou générées par la peur grandissante du nucléaire. Pour des frissons un peu plus « gothiques », c’est vers l’Angleterre qu’il a fallu se tourner et un studio qui est devenu une référence pour les fondus d’horreur, la Hammer Films Production.
La Hammer a été fondé en 1934, mais ce n’est pas avant le milieu des années 50 qu’elle connut un âge d’or qui a duré presque 20 ans.

Suite au succès du premier long métrage consacré au professeur Bernard Quatermass, Le Monstre, mélange de science-fiction et d’horreur sorti en 1955, la Hammer exploita encore plus loin le filon du cinéma horrifique. Les droits du Frankenstein de Mary Shelley étant tombés dans le domaine public, les producteurs décidèrent d’en donner leur propre version, après avoir un temps envisagé d’en faire un petit budget en noir et blanc proche dans l’esprit du Frankenstein de 1931. Mais menacé de procès par la Universal, la Hammer s’en démarqua finalement en y injectant les premiers ingrédients de ce qui fera la recette de son succès.

Pour la première fois, un film Frankenstein a été filmé en couleurs, avec un style plus flamboyant (et dans tous les domaines : décors, photographie, interprétation…) qui revisitait de façon viscérale le roman de Mary Shelley. Victor Frankenstein n’est pas ici un scientifique rongé par le doute, mais un monstre amoral, qui manipule son entourage et qui est prêt à tout pour arriver à ses fins. Loin de la suggestion des années 30/40, la réalisation ne se détourne pas d’éléments morbides (sang, yeux arrachés, mains coupées, procédures chirurgicales, visage horriblement décomposé de la créature…) qui ont valu au film de Terence Fisher des démêlés avec la critique et la censure de l’époque.
Le public a quant à lui suivi et ce fut le début d’une période devenue légendaire pour le cinéma de genre britannique.

Frankenstein s’est échappé réunissait déjà quelques uns des plus grands noms associés pour la postérité à la Hammer. Le réalisateur Terence Fisher allait mettre en scène par la suite des classiques comme Le Cauchemar de Dracula, Le Chien des Baskerville et La Malédiction des Pharaons. Le scénariste Jimmy Sangster allait devenir l’une des forces créatrices les plus importantes du studio.
Et bien entendu, après avoir tourné (mais sans se rencontrer) dans Hamlet (1948) et Moulin Rouge (1952), Peter Cushing et Christopher Lee débutaient avec Frankenstein s’est échappé une longue et mémorable collaboration (plus de 20 films sur une trentaine d’années). Leur alchimie crevait l’écran et dans la vie, leur amitié était indéfectible.

Peter Cushing était déjà une vedette du petit écran lorsqu’il accepta le rôle de Victor Frankenstein. Sa brillante interprétation marqua durablement la représentation du personnage qu’il campa par la suite dans cinq autres longs métrages.
Encore inconnu (il avait enchaîné précédemment les petits rôles, crédités ou non, pendant une dizaine d’années), Christopher Lee fut engagé pour jouer le monstre principalement grâce à sa grande taille…et n’apprécia d’ailleurs pas tellement qu’il n’ait pas au moins quelques lignes de dialogue à déclamer…mais c’est grâce à ce film qu’il fut remarqué et que la Hammer lui confia par la suite le rôle qui fera sa renommée internationale : le comte Dracula !

Frankenstein s’est échappé a été adapté en bande dessinée par Donne Avenell et Alberto Cuyas dans la revue House of Hammer.

Extraits :

La créature par Bruce Timm :

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