LE CRAPAUD ET LE MAÎTRE D'ECOLE (Algar, Geronimi & Kinney)

REALISATEURS

James Algar, Clyde Geronimi et Jack Kinney

SCENARISTES

Collectif Disney, d’après les oeuvres de Kenneth Grahame et Washington Irving

DISTRIBUTION

Basil Rathbone, Bing Crosby, Eric Blore…

INFOS

Long métrage américain
Genre : animation/comédie/fantastique
Titre original : The Adventures of Ichabod and Mr Toad
Année de production : 1949

Les premiers longs métrages d’animation de Walt Disney furent aussi ambitieux que coûteux et passé l’euphorie des premières années, une période de doute s’installa avec les échecs successifs de Pinocchio, Fantasia et Bambi (et comme le studio ne pouvait plus compter sur les revenus venant de l’Europe, qui représentait à l’époque 45% des recettes finales, en raison du déclenchement du deuxième conflit mondial). Le climat international, ainsi qu’une situation économique difficile qui fut l’un des déclencheurs d’une importante grève des employés, fit que Disney revit sa politique de production à la baisse.
Les projets les plus importants furent donc laissés de côté (ils seront repris à la fin des années 40) et la priorité fut donnée à un format anthologique, qui permettait de rentabiliser les courts et moyens métrages déjà tournés ou en cours de tournage. La quasi-totalité des longs métrages exploités dans cette décennie furent donc ce qui a été appelés par la suite des “package films”, composés de segments de longueur variable, des histoires reliées (ou non) entre elles par un fil rouge ou un “présentateur”.

C’est ainsi par exemple que l’on peut retrouver Jiminy Cricket au début de Coquin de Printemps (1947), un “package” qui regroupe les moyens métrages “Bongo, roi du cirque” et “Mickey et le Haricot Magique”. Melody Cocktail (1948) compile 7 courts métrages qui n’ont aucun lien entre eux. La dernière de ces anthologies fut Le Crapaud et le Maître d’école (1949), sorti pendant le développement final de Cendrillon (1950), qui allait sonner le renouveau des productions Disney.

Le Crapaud et le Maître d’école est composé de deux moyens métrages, qui sont tous les deux des adaptations de classiques de la littérature anglaise et américaine. C’est pourquoi ils sont introduits par la fameuse image du livre qui s’ouvre (employée dès Blanche-Neige et les 7 nains, mais ici ce prologue est tourné en prises de vues réelles, dans une véritable bibliothèque). Résonne alors la voix du narrateur, qui pose les bases de l’histoire.

Il y a un narrateur pour chaque partie, dans la version originale, comme dans la version française. Le premier est le britannique Basil Rathbone, célèbre à l’époque pour son interprétation de Sherlock Holmes dans une longue série de films. Il était donc tout naturel que sa voix résonne pour accompagner La Mare aux grenouilles, version du roman de l’écossais Kenneth Grahame, The Wind in the willows (Le Vent dans les saules).
Pour La Légende de la vallée endormie, plus connue sous le titre de La Légende de Sleepy Hollow, c’est donc un américain qui s’est prêté à l’exercice, le chanteur et acteur Bing Crosby, qui pousse aussi bien évidemment la chansonnette.

Inspiré par l’oeuvre de Kenneth Grahame, *La Mare aux Grenouilles * raconte les mésaventures du Crapaud Baron Têtard et de ses amis Blaireau, Taupe et Rat (ces deux derniers évoquant irrésistiblement Sherlock Holmes et le Dr Watson). Les obsessions irraisonnées de Crapaud vont le conduire à prendre une décision qui le conduira en prison. Mais il a en fait été manipulé et il va pouvoir compter sur ses amis, même s’il use souvent leur patience, afin de prouver son innocence.
Moyen métrage dont la production remonte à 1941, La Mare aux Grenouilles a été mis de côté parce qu’il ne durait à l’origine que 45 mn, ce qui était beaucoup trop court pour le sortir au cinéma. Pour l’occasion, il fut donc réduit à 30 mn, grâce à quelques astuces comme l’emploi de coupures de journaux afin de résumer l’action. Ce format donne à l’ensemble un rythme frénétique qui correspond à merveille aux facéties de l’incorrigible Mr Crapaud.

Mais des deux segments, le plus mémorable demeure l’adaptation de La Légende de Sleepy Hollow (Tim Burton en a également tiré sa propre version en 1999), dont le succès fut amplifié par de nombreuses diffusions à la télévision dans les années qui ont suivi (c’est ainsi que furent longtemps exploitées les deux moyens métrages avant une nouvelle réunion sur les supports habituels, VHS, DVD, etc.). Dynamique et aussi enjoué que cruelle (la morale n’est pas vraiment la même que dans la plupart des Disney), le récit met en scène la rivalité entre le squelettique instituteur Ichabod Crane et le musclé Bram Bones (que l’on peut voir comme un prototype du futur Gaston de La Belle et la Bête) pour les faveurs de la belle Katrina Van Tassel, dans une succession de numéros chantés et de gags savoureux. Furieux, Brom, qui connaît le caractère superstitieux d’Ichabod, décide pour se venger de raconter pendant la soirée d’Halloween chez les Van Tassel l’effrayante légende du Cavalier sans tête. Après la fête, Ichabod doit retourner seul chez lui en pleine nuit, en passant par la fameuse forêt de l’histoire…
La rencontre finale entre Ichabod Crane et le Cavalier sans tête figure parmi les séquences d’animation les plus réussies livrées par les animateurs des studios Disney. L’équilibre entre horreur et comédie est particulièrement soigné, jusqu’aux plus petites nuances, l’action est prenante, le suspense est palpitant et les visuels sont toujours aussi frappants.
Bref, un petit chef d’oeuvre du genre !

Je n’ai eu l’occasion de découvrir “Le maître d’école” en entier il y a peu de temps (à la télévision bien sûr).

Comme je ne connais pas l’histoire originale d’Ichabod Crane, j’ai vu sans idée préconçue ce court-métrage. Ce maître d’école pas très doué, assez paresseux… et pas vraiment amoureux est une gentille caricature.
La jolie Katrina est une capricieuse qui aime avoir les garçons à ses pieds.
Il y a un côté parodique dans la partie avec le cavalier sans tête qui m’a évoqué Tex Avery par la démesure et le côté absurde de certains gags.

Le film “M. Crapaud” a été donné moult fois à la télévision lors d’émissions spéciales Disney. Il a permis à beaucoup d’entre nous de découvrir “Le vent dans les saules” avant qu’il n’y en ait d’autres adaptations disponible en France (voir : bd-sanctuary.com/bdd/bd/2754 … es-saules/).
Crapaud a un potentiel comique fantastique et les seconds rôles sont tous parfaits… Une belle réussite.

ça ne me dit rien, ça. Faudrait que je visionne ça à l’occasion !

Le roman a également été adapté dans un curieux film en prises de vues réelles par Terry Jones (l’ancien Monty Python), avec pour titre français “Du vent dans les saules”…

Tori.