LE VOYAGE FANTASTIQUE DE SINBAD (Gordon Hessler)

REALISATEUR

Gordon Hessler

SCENARISTE

Brian Clemens, d’après une histoire de Brian Clemens et Ray Harryhausen

DISTRIBUTION

John Phillip Law, Caroline Munro, Tom Baker, Douglas Wilmer…

INFOS

Long métrage britannique/américain
Genre : aventures/fantastique
Titre original : The Golden Voyage of Sinbad
Année de production : 1973

Les années 60 furent une décennie faste pour le créateur d’effets spéciaux Ray Harryhausen, qui déploya l’étendue de ses talents dans une série de grands films d’aventures peuplés d’inoubliables créatures qui connurent un succès à la fois public et critique : Les Voyages de Gulliver (1960), L’Ile Mystérieuse (1961), le chef-d’oeuvre absolu Jason et les Argonautes (1963), Les premiers hommes dans la Lune (1964) et Un million d’années avant J.C. (1966).
Il manque dans cette liste La Vallée de Gwangi, western avec des dinosaures sorti en 1969. Ce projet était très cher à Ray Harryhausen puisqu’il fut à l’origine imaginé par son mentor Willis O’Brien (King Kong) qui mourut avant de pouvoir le concrétiser.

Mais en 1969, l’intérêt pour ces films de dinosaures commençait à décliner et l’exploitation de La Vallée de Gwangi fut sabordée par la Warner qui préféra le sortir en double programme avec un film de bikers…ce qui marqua le plus gros échec de la carrière de Ray Harryhausen.
Dans les années 70, les grands studios eurent de moins en moins recours à la technique de la stop-motion, qui demandait énormément de temps en post-production. Pendant cette période, Ray Harryhausen ne travailla que sur deux longs métrages, avant de se retirer après Le Choc des Titans en 1981.

Ces deux films des seventies sont Le Voyage Fantastique de Sinbad et Sinbad et l’Oeil du Tigre. Depuis 1958 et l’excellent Le 7ème Voyage de Sinbad, Ray Harryhausen rêvait de retravailler sur les exploits de l’aventurier des mers. Cette trilogie lui est si chère qu’il participa même à la conception des histoires.
Pour Le Voyage fantastique de Sinbad, co-production avec l’Angleterre, il conçut la trame du récit avec Brian Clemens, qui s’occupa ensuite de la rédaction du scénario. Brian Clemens est un nom très important du petit écran british puisqu’il fut longtemps le producteur et le responsable d’écriture de la série Chapeau Melon et Bottes de cuir. On lui doit aussi le très bon Capitaine Kronos, tueur de vampires, écrit et réalisé pour la Hammer.

Après Kerwin Matthews dans le film de 1958, c’est l’athlétique John Phillip Law (Danger : Diabolik de Mario Bava) qui reprend le rôle du célèbre marin. Toujours en quête d’aventures, il accompagne le Vizir, qui cache son visage défiguré sous un masque d’or, pour résoudre l’énigme d’une carte qui mène à un pouvoir convoité par le maléfique prince Koura. Dans un rôle initialement prévu pour Christopher Lee, Tom Baker vole souvent la vedette au héros et cabotine savoureusement dans les scènes de transe où Koura fait la démonstration de ses pouvoirs. Grâce à ce rôle, il fut remarqué par Barry Letts, le producteur de la série Doctor Who, qui lui confia les clés du Tardis. De 1974 à 1981, Tom Baker fut la quatrième incarnation du Seigneur du Temps et demeure encore aujourd’hui l’un des Docteurs les plus populaires.

La touche féminine du Voyage fantastique de Sinbad est assurée par la reine de la série B britannique des années 70, la sculpturale Caroline Munro, déjà à l’affiche de Capitaine Kronos, tueur de vampires. Et dans un petit rôle non crédité, on retrouve Robert Shaw (Quint dans Les Dents de la Mer), qui voulait jouer Sinbad et qui a fini sous le lourd maquillage de l’Oracle.

Si la réalisation de Gordon Hessler (Lâchez les monstres, Les Crocs de Satan) manque parfois de souffle, Le Voyage Fantastique de Sinbad est une grande aventure exotique rythmée par la musique de Miklos Rosza qui fait la part belle à l’imagination et qui ne lésine pas sur l’action, le mystère et les péripéties.
Et bien entendu, le spectacle est en grande partie assuré par les créatures animées par Ray Harryhausen : petits hommes chauve-souris, centaure, proue de navire amenée à la vie par le prince Koura, tout comme la statue de la déesse Kali, qui est au centre d’un combat d’anthologie, merveille d’animation et meilleure scène d’un divertissement magique, virevoltant et charmant…

…et puis, il y a Caroline Munro… :wink:

C’est l’éditeur Marvel Comics qui se chargea de l’adaptation en bande dessinée du Voyage Fantastique de Sinbad, écrite par Len Wein et dessinée par George Tuska. Les 2 épisodes ont été publiés dans la revue anthologique Worlds Unknown et en France dans le petit format Satan (Arédit).

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Un second aperçu de l’adaptation BD par Marvel avec la couverture et les deux premières pages de Worlds Unknown #8 :

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Merci Doc, pour cette nouvelle chronique intéressante.

J’avais oublié le titre du film, mais je n’avais pas oublié le combat contre la statue de Kali… Quel génie, ce Ray Harryhausen!

La première image BD, ça ressemble bigrement à une splash de Romita. Il a dû la dessiner afin de rajouter une planche à celles de Tuska.
J’aime beaucoup les deux.

Jim

Bien vu ! Du coup, j’ai fait une petite recherche et d’après les infos de comics.org, Romita a aussi retouché la couverture de Words Unknown #7. Je pensais qu’elle était uniquement signée Romita, mais si on regarde bien, il y a des personnages en arrière-plan qui évoquent le style de Tuska…

Marvel avait également publié une autre version du Septième Voyage de Sinbad (après celle de Dell dessinée par John Buscema). Cette (très) libre adaptation (un film de 90 mn en 18 pages !) est de John Warner et Sonny Trinidad.

En intégralité ici.

Merci.
Miam.

Jim