LECTURES DIABOLIQUES (Tibor Takacs)

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REALISATEUR

Tibor Takacs

SCENARISTE

David Chaskin

DISTRIBUTION

Jenny Wright, Clayton Rohner, Randall William Cook…

INFOS

Long métrage américain/canadien
Genre : horreur
Titre original : I, Madman
Année de production : 1989

Virginia rêve de devenir actrice. En attendant, cette avide lectrice travaille dans une librairie de livres anciens. Elle adore les bouquins d’horreur et au début du film, elle dévore un vieux roman intitulé Much of madness, more of sin écrit par un certain Malcolm Brand. La première scène donne bien le ton : on devine rapidement que cette entrée en matière est en fait l’histoire que lit Virginia, si absorbée par sa lecture que la sensation qu’elle procure est plus que frappante…carrément vivante, même…

Virginia veut à tout prix mettre la main sur le deuxième livre de Brand, I, Madman…et celui-ci lui est un jour livré à domicile, sans indice sur l’envoyeur. Le cinglé du titre est un savant dérangé amoureux d’une actrice, sentiment qui n’est pas réciproque. Il mutile alors son hideux visage pour le reconstruire progressivement, avec des morceaux prélevés sur ses victimes. Au fil de sa lecture, la jeune femme se rend compte que des choses étranges arrivent autour d’elle et que des personnes de son entourage sont assassinées de façon identique aux meurtres du roman…

Sorti en 1989, Lectures Diaboliques (I, Madman en version originale) reprend les codes du slasher à une période où ce sous-genre de l’horreur n’avait plus tellement les faveurs du public. Mais ce qui distingue le long métrage de l’hongrois Tibor Takacs (que les fantasticophiles ont découvert en 1987 avec The Gate - La Fissure…et qui n’a plus fait grand chose d’intéressant depuis les années 90), ce sont ses influences, sorte de version pulp du Fantôme de l’Opéra avec une touche (déviante) de Frankenstein. L’atmosphère insolite vient également du fait que l’héroïne incarnée par la belle Jenny Wright (Aux Frontières de l’Aube) perd pied tant la puissance évocatrice du récit qu’elle lit déborde sur sa réalité. Car I, Madman n’est pas vraiment de la fiction…

Lectures Diaboliques a ses défauts, quelques facilités et personnages clichés pour des développements prévisibles (le petit ami flic qui est bien évidemment sceptique face aux déclarations de sa chérie) mais l’ambiance est prenante, avec de bonnes idées, notamment dans les transitions entre l’univers « fifties » du bouquin et les années 80 dans lesquelles se déroule l’intrigue. La photographie est joliment travaillée, particulièrement dans les scènes nocturnes et les apparitions du « Madman » qui défient la logique jusqu’à l’étonnant final dans un décor bourré à craquer de livres, lieu idéal pour le climax

Le « Madman » du titre est interprété par Randall William Cook, le responsable des effets spéciaux du film qui a vu là une occasion de rendre hommage à une de ses idoles, le grand Lon Chaney, l’« Homme aux 1000 visages » (et il est plutôt convaincant). Malgré l’étroitesse du budget, celui qui travaillera quelques années plus tard sur la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson prouve aussi son talent pour l’animation en stop-motion avec les monstres grotesques créés par le grand méchant.

Bref, ce Lectures Diaboliques est une sympathique série B…qui a reçu en son temps le Grand Prix du Festival Fantastique d’Avoriaz, ce qui était tout de même un brin exagéré même si j’aime bien le film (surtout face à Simetierre qui, pour moi, le méritait plus).

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