LES AVENTURES DE BUCKAROO BANZAÏ À TRAVERS LA 8ème DIMENSION

REALISATEUR

W.D. Richter

SCENARISTE

Earl Mac Rauch

DISTRIBUTION

Peter Weller, Ellen Barkin, John Lithgow, Jeff Goldblum, Christopher Lloyd, Clancy Brown, Dan Hedaya, Vincent Schiavelli, Ronald Lacey…

INFOS

Long métrage américain
Genre : aventures/comédie/science-fiction
Titre original : The Adventures of Buckaroo Banzai Across the 8th Dimension
Année de production : 1984

Buckaroo Banzaï est né d’une mère américaine et d’un père japonais. Il commença sa vie selon sa destinée…en allant dans plusieurs directions à la fois. Brillant neurochirurgien rapidement insatisfait de cette vie uniquement vouée à la médecine, il se mit à parcourir le monde, étudiant les arts martiaux et la physique moléculaire. Avec des amis, scientifiques et passionnés de rock, il forme le groupe des Cavaliers de Hong Kong. Et aujourd’hui, au volant de son jet car, Buckaroo Banzaï part à l’assaut du plus grand challenge de sa turbulente vie, le franchissement de la barrière dimensionnelle…

Et c’est en réussissant cette expérience dangereuse à travers la 8ème dimension que Buckaroo Banzai va placer par inadvertance la Terre au centre d’un conflit entre deux factions d’extra-terrestres de la planète 10, les lectroïdes rouges et les lectroïdes noirs. Le brillant chirurgien/aventurier/rock-star/super-héros et les Cavaliers de Hong-Kong vont-ils réussir à sauver la planète de l’anéantissement total ?

En revoyant Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème dimension aujourd’hui, on peut se demander comment un grand studio (la 20th Century Fox) a pu donner son feu vert pour un projet aussi frappadingue…et il devait arriver ce qui arriva : devant cet étrange objet filmique, les responsables du marketing ne surent comment le vendre et celui-ci connut un sévère échec au box-office (annulant du même coup tout projet de suite) avant d’acquérir un statut culte lors de l’exploitation en vidéo.

On doit cette exubérante aventure de S.F. mâtinée de comédie et de romance au duo Earl Mc Rauch et W.D. Richter. Romancier et scénariste, Earl Mc Rauch a signé l’histoire du New York, New York de Martin Scorcese. W.D. Richter venait d’écrire le remake de L’Invasion des Profanateurs réalisé par Phillip Kaufman…et il travaillera par la suite sur le scénario des Aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin (j’adore ces tires à rallonge) de John Carpenter. En tant que metteur en scène, il n’a signé que deux longs métrages, Buckaroo Banzaï étant le premier (et son aura a totalement éclipsé le second, Late for dinner, un drame de science-fiction aujourd’hui totalement oublié).

Pour Buckaroo Banzaï, W.D. Richter a rassemblé une impressionnante distribution de comédiens qui étaient alors, à quelques exceptions près (comme John Lithgow), de relatifs inconnus. Le héros-titre est incarné par Peter Weller, le futur Robocop, qui joue ce Doc Savage funky avec un charme désinvolte. Et en revoyant le film, je me suis dit qu’il aurait fait un très bon Reed Richards à l’époque. On retrouve quelques excellents acteurs au sein des Cavaliers de Hong-Kong, comme Jeff Goldblum (La Mouche) en scientifique qui ne quitte jamais son attirail de cow-boy et le toujours impeccable Clancy Brown (Highlander). La jolie Ellen Barkin est l"'intérêt amoureux" de Buckaroo, une jeune femme qui arbore une ressemblance troublante avec l’épouse disparue de notre héros.

Du côté des vilains, John Lithgow (La 4ème Dimension) vole la vedette à tout ce beau monde (alors qu’il n’apparaît que dans les premières scènes et le dernier acte) en interprétant sans retenue un savant fou/dictateur extra-terrestre à l’accent italien très poussé. Lithgow cabotine comme un beau diable et sa performance est absolument irrésistible. Parmi sa horde de lectroïdes, qui sous leur identité humaine se prénomment tous John, on retrouve Dan Hedaya (Sang pour sang), Vincent Schiavelli (Batman, Le Défi) et surtout Christopher “Doc Brown” Lloyd qui campe le colérique John Bigboote.

Extra-terrestres interdimensionnels, climat paranoïaque inspiré de la Guerre Froide, satire raciale, sosies, références en tout genre (La Guerre des Mondes de Orson Welles est au coeur de ce récit bien barré), des looks improbables qui fileraient des boutons à tous les allergiques aux années 80…ïl y a tout ça dans Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8ème Dimension, mais aussi et surtout une belle énergie communicative, des répliques géniales et l’un des génériques de fin les plus cools de l’histoire.

youtube.com/watch?v=xe3dRw7ovhY

Et Buckaroo Banzaï est tellement cool qu’il est aussi, dans son univers, le héros de son propre Marvel Comic !
Et c’est donc bien entendu Marvel qui s’occupa de l’adaptation BD dans la collection Marvel Super Special. On la doit au scénariste Bill Mantlo et au dessinateur Mark Texeira. Le petit éditeur Moonstone a ensuite continué les aventures de Buckaroo Banzaï et des Cavaliers de Hong Kong dans une courte série publiée à partir de 2006.

Le comic-book Marvel qui apparaît dans le film (photo ci-dessus) arbore une couverture signée Michael Kaluta. Elle représente Hanoi Xan, leader de la Ligue du Crime Mondiale (qui aurait pu être au centre d’une hypothétique suite intitulée Buckaroo Banzai Against the World Crime League) et ennemi juré de Buckaroo (Hanoi Xan est le responsable de la mort des parents et de l’épouse du héros).

Fan absolu du film, Kevin Smith (Clerks, Jay et Bob contre-attaquent…) a révélé qu’il travaille en ce moment sur le développement d’une potentielle adaptation des Aventures de Buckaroo Banzaï pour la télévision.

[quote=“Kevin Smith”]Buckaroo Banzaï is one of my favorite movies in the world and largely responsible for the weird shit that I make, because that movie was supposed to be one thing but it did it in another way. It just did it very off-center.

Basically, you just do the entire movie for season 1, and then season 2 you finally do the sequel we’ve all dreamed about, Buckaroo Banzai Versus the World Crime League.[/quote]

Ce film a quelques points communs avec “Retour Vers Le Futur”, tq le design du flux capacitor, la jaquette argent de Doc, les 88 mph, l’acteur E. Brown… Comme quoi rien n’est jamais completement mauvais…

Te lire me donne envie de retenter le coup avec ce film, qui a tout ce que j’aime mais que je n’ai jamais aimé.

En tout cas chouette article.

Merci.