LES CHIENS ENRAGÉS (Mario Bava)

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REALISATEUR

Mario Bava

SCENARISTES

Alessandro Parenzo et Cesare Frugoni, d’après l’histoire Man and Boy de Michael J. Carroll

DISTRIBUTION

Riccardo Cucciolla, Aldo Caponi, Lea Lander, Maurice Poli, Luigi Montefiori…

INFOS

Long métrage italien
Genre : thriller
Titre original : Cani arrabbiati
Année de production : 1974

Quatre truands attaquent la voiture d’un convoyeurs de fonds. Les choses tournent mal et l’un d’entre eux est abattu. Les trois survivants (surnommés Doc, Bistouri et 32) prennent alors une femme en otage et embarquent dans une voiture arrêtée à un feu de signalisation. À bord, Riccardo, un homme d’âge mur, et un enfant emmitouflé dans une couverture. Le gosse est malade et doit être emmené à l’hôpital. Mais les gangsters ont bien évidemment d’autres plans en tête et obligent Riccardo à les conduire hors de Rome, jusqu’à leur planque…

Les Chiens Enragés débute comme un de ces polars en vogue en Italie dans les années 70 avant que Mario Bava emmène le film dans une autre direction. Les seventies furent une décennie compliquée pour le maestro qui a du enchaîner plusieurs commandes et faire face à la frilosité des distributeurs sur les rares projets où il a pu avoir le contrôle créatif (voir Lisa et le Diable). De cette période se détachent tout de même deux titres figurant parmi le haut du panier de sa filmographie, La Baie Sanglante et Les Chiens Enragés, son avant-dernier long métrage à la production compliquée.

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Tourné pour un budget minuscule (pour faire des économies, Bava a même viré le directeur de la photographie au bout de deux jours pour faire le travail lui-même, ce qu’il avait l’habitude de faire…l’image hein, pas lourder les chef-opérateurs). À partir du moment où la voiture de Riccardo démarre, la tension s’installe pour ne jamais retomber jusqu’au final. Avec la violence âpre des Chiens Enragés, Mario Bava s’est en quelque sorte réinventé, loin de la flamboyance gothique de ses films d’horreur des années 60.

La quasi-totalité du récit se passe dans la voiture, il y fait extrêmement chaud et il faut peu de choses (comme le comportement incontrôlable de ces cinglés de Bistouri et 32, ce dernier étant campé par un George Eastman/Luigi Montefiori déchaîné) pour que la situation explose à tout moment. Le suspense est palpable, accentué par les choix de réalisation et de montage de Bava…et il se dégage de ce road-movie nihiliste une noirceur qui imprègne le métrage jusqu’à son tout dernier plan (et elle est glaçante, cette ultime image).

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Mario Bava n’a pas pu voir la sortie de Chiens Enragés de son vivant. Alors qu’il avait terminé le tournage principal et entamé le montage (il ne manquait plus que quelques plans de raccords), son producteur a fait faillite. Au bout de quelques semaines, la production a été stoppée et la pellicule confisquée. Les Chiens Enragés est resté invisible pendant plus de 20 ans avant d’être redécouvert et complété dans les années 90.

Il existe donc plusieurs versions, avec des petites différences, dont une intitulée Kidnapped et supervisée par Lamberto Bava et Alfredo Leone, le fils et l’un des derniers producteurs de Mario Bava. Celle que j’ai vue a pour titre Semaforo Rosso (Feu Rouge) et est, d’après plusieurs avis, meilleure que le montage du fiston Bava.

1 « J'aime »

J’adore ce film tardif de Bava, et je m’étonne d’ailleurs (même s’il a ses fans) de le voir si peu fréquemment cité dans les tout meilleurs travaux du maître transalpin, même en tenant compte de sa genèse compliquée.
La fin est génial en effet ; elle révèle toute la noirceur (parfois maquillée en humour noir, comme sur le final impayable de « La Planète des Vampires ») dont Bava était parfois, et même souvent, capable.
Et quelle tension tout du long du métrage, avec si peu de moyens !! Une leçon de mise en scène.