LES MERCENAIRES DE L'ESPACE (Jimmy T. Murakami)

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REALISATEUR

Jimmy T. Murakami

SCENARISTES

John Sayles et Ann Dyer

DISTRIBUTION

Richard Thomas, George Peppard, Richard Vaughn, Sybill Danning, John Saxon, Darlanne Fluegel…

INFOS

Long métrage américain
Genre : science-fiction
Titre original : Battle beyond the stars
Année de production : 1980

C’est un fait établi, La Guerre des Etoiles de George Lucas a changé l’histoire du cinéma pour toujours. Dès sa sortie en 1977, tous les studios se sont engouffré dans la brèche pour produire leur propre space-opera, le New World Pictures de Roger Corman y compris. Ce vieux grigou de Roger Corman, qui savait très bien qu’il ne pouvait rivaliser avec les budgets des grands studios, conclut donc un deal avec la firme Orion Pictures qui avanca la moitié de l’argent et devint le distributeur du film à l’international.

Grâce à ce contrat, Les Mercenaires de l’Espace bénéficia du budget le plus important jamais accordé à une production de Roger Corman…2 millions de dollars (ce qui est peu pour un space-opera, je le concède, mais une vraie manne pour une série B de Corman…même s’il se murmure qu’une grande partie de la somme est passée dans le salaire des acteurs, George Peppard et Robert Vaughn n’étant paraît-il pas vraiment enclins à baisser leurs tarifs).

Avec Battle beyond the stars, l’ambition de Roger Corman était claire dès le début : “Les 7 Mercenaires dans l’espace”…et le film correspond idéalement à cette description.
Remplacez le petit village de paysans par une planète d’agriculteurs, le pilleur Calvera par un tyran du nom de Sador et les sept mercenaires par un groupe hétéroclite venant de diverses planètes et vous obtenez exactement la même structure que le célèbre western de John Sturges. Et d’ailleurs, on retrouve dans la distribution Robert Vaughn, qui reprend quasiment tel quel le rôle qu’il tenait dans Les 7 Mercenaires.
Et comme Les 7 Mercenaires est une déclinaison sur le mode western des 7 Samouraïs de Akira Kurosawa, le scénariste John Sayles a rendu un petit hommage au maître japonais en nommant la planète Akir et ses habitants les Akira !

Le long métrage de l’ancien animateur Jimmy T. Murakami joue très habilement de toutes ces influences et déroule une intrigue menée tambour battant, pleine de rebondissements, qui fait la part belle aux batailles spatiales tout en ajoutant une sympathique touche humoristique qui fait souvent mouche. Les acteurs ne sont peut-être pas tous convaincants et certains maquillages, comme ceux des mutants au service de Sador, pas toujours très réussis; mais le spectacle est de qualité et le divertissement proposé très enthousiasmant.

Le Luke Skywalker des Mercenaires de l’Espace, un jeune fermier parti chercher de l’aide dans l’espace et qui deviendra un héros galactique en combattant le tyran Sador, est campé par Richard Thomas, l’une des stars de la série La Famille des Collines. Durant son périple, il rencontera notamment la fille d’un savant dont il tombera amoureux, un cow-boy de l’espace qui ne quitte jamais sa ceinture contenant sa réserve de scotch (George Hannibal Smith Peppard), une guerrière Valkyrie légèrement vêtue (Sybill Danning…qui joue aussi mal que d’habitude, mais vu son décolleté, on peut très vite lui pardonner) et un mercenaire en quête de rédemption interprété par Robert Vaughn (toujours impeccable et hélas un peu sous-employé).

Le méchant Sador (qui a lui aussi son destructeur de planètes, Star Wars oblige), c’est John Saxon, prolifique comédien vu dans un grand nombre de séries télévisées et de séries B et Z, et qui a toujours joué les héros et les vilains (mais le plus souvent les vilains tout de même) avec l’aisance qui le caractérise.

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Les Mercenaires de l’Espace ne manquent pas de décors et de maquettes soignés, preuve du talent des équipes de Corman qui devaient souvent faire beaucoup avec pas grand chose. Le design le plus distinctif du film est celui de Nell, le vaisseau du héros commandé par une intelligence artificielle féminine…il s’agit ni plus ni moins qu’un vaisseau…avec des seins (et ça, Corman a adoré) ! On doit sa création à un certain James Cameron, qui faisait ici ses débuts dans l’équipe Corman et qui a vite gravi les échelons, d’assistant caméra à responsable des effets spéciaux miniatures.

James Cameron n’est pas le seul membre de la production à avoir fait une belle carrière par la suite. Le scénariste John Sayles est devenu une figure reconnue du cinéma indépendant (notamment avec Lone Star). L’assistante de Roger Corman était la jeune Gale Anne Hurd, devenue épouse et collaboratrice régulière de James Cameron puis productrice aux nombreux succès (The Walking Dead à la télévision par exemple). Et le compositeur James Horner, qui nous a quittés récemment, enchaînera par la suite les bandes originales pour les plus grands films.

Autant de preuves supplémentaires qui soutiennent la réputation de découvreur de talents de Roger Corman…

Ce sont les mains de qui qu’on voit là ?