LES MONSTRES DE LA MER (Barbara Peeters)

REALISATRICE

Barbara Peeters

SCENARISTES

Frank Arnold et Martin B. Cohen

DISTRIBUTION

Doug McClure, Ann Turkel, Vic Morrow, Cindy Weintraub…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur
Titre original : Monsters - Humanoids from the deep
Année de production : 1980

Scénariste, réalisatrice, et à de rares occasions actrice, Barbara Peeters était dans les années 70 l’une des quelques femmes metteur en scène spécialisée dans le cinéma d’exploitation à petit budget. Elle travailla donc régulièrement pour New World Pictures, le studio de Roger Corman, le pape de la série B, pour laquelle elle réalisa et/ou écrivit une poignée de thrillers et de comédies peuplées de femmes légèrement vêtues (Je suis une hard girl, Summer School Teachers, Candy Stripe Nurses…) ainsi que le film de biker Bury me an Angel. Elle ne toucha qu’une fois au genre horrifique avec Les Monstres de la Mer, qui reste son dernier long métrage, avant de passer le reste des années 80 à réaliser des épisodes de séries télévisées.
Il faut dire que l’expérience des Monstres de la Mer ne s’est pas très bien terminée…

L’Etrange Queutard du Lagon Noir…

Les Monstres de la Mer fait partie de ces nombreux films de “menace aquatique” tournés après le succès des Dents de la Mer de Steven Spielberg. Le scénario renvoie également à toutes ces séries B de monstres produites et/ou réalisées par Roger Corman depuis Monster from the Ocean Floor en 1954…le gore et le sexe en plus.
Les clichés abondent, dans la narration et la caractérisation : les pêcheurs (dont les anti-corporations, les neutres et les pour, en grande partie composés de ploucs racistes qui détestent les natifs) et les indiens du coin se déchirent sur la possible implantation d’une entreprise qui crée des saumons génétiquement modifiés afin d’augmenter les prises pendant les pêches.
C’est bien connu, les OGM c’est le mal : les saumons sont bouffés par des coelacanthes qui mutent et se transforment en créatures humanoïdes qui n’ont que deux idées en têtes : bouffer et se reproduire. Pour ces monstres visqueux, la petite ville côtière représente un buffet à volonté…et une vraie réserve de jeunes filles non consentantes…

Suspense tout ce qu’il y a de plus classique, Les Monstres de la Mer passe par tous les moments obligés de ce genre de production, de la vue subjective du monstre (dans des plans qui rappellent L’étrange créature du Lagon Noir) au scènes de foules en panique en passant par des “jump-scare” gratuits. Les acteurs ne font qu’assurer le minimum syndical, Doug McClure (Centre Terre, Septième Continent) et Vic Morrow (Les Evadés de l’Espace) en tête (et une version française atroce ne fait rien pour arranger leur jeu déjà peu inspiré).


M.A.L. : Mutants Absolument Libidineux…

La pelloche se réveille lors des attaques des monstres. La réalisatrice ne perd pas de temps pour les dévoiler dans toute leur splendeur (la vue subjective ne dure qu’un temps relativement rapide) et a donc du déployer des trésors d’inventivité pour cacher le fait qu’elle n’avait que 3 costumes à sa disposition, le génial Rob Bottin (Fog, The Thing, Robocop…) n’ayant bien évidemment pas eu les moyens de créer les nombreux mutants suggérés par le scénario.

Après avoir vu un premier montage, qui manquait selon lui de sexe, Roger Corman a suggéré…enfin, plutôt ordonné à Barbara Peeters de tourner plus de scènes montrant les créatures attaquer…et bien entendu déshabiller…d’autres jeunes femmes. La réalisatrice refusa de tourner ces plans supplémentaires, prétextant que son film n’avait pas besoin de plus de nudité gratuite. Corman la vira sans ménagement et engagea alors Jimmy Murakami (Les Mercenaires de l’Espace), un habitué de ses productions, qui passa quelques jours à filmer des actrices à poils se faire courser et violer par les mutants…sans trop se soucier de la continuité (il y a quelques croustillants faux raccords)…


Les Dents de son père…

En parlant de ce film, la comédienne Ann Turkel a révélé qu’elle avait accepté le rôle parce qu’il s’agissait d’“un suspense intelligent, avec du fond et pas de sexe”. C’est peu de dire que le résultat final ne lui a pas plu du tout.
Pas de réflexion donc, mais un bon cocktail de B Movie à direction des drive-in : des monstres, du sang et des nichons…avec une bande originale composée par un débutant nommé James Horner, futur grand nom de la musique de film (Aliens le retour, Titanic, Braveheart…) qui nous a quittés cette année.