LES OISEAUX (Alfred Hitchcock)

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REALISATEUR

Alfred Hitchcock

SCENARISTE

Evan Hunter, d’après la nouvelle de Daphne Du Maurier

DISTRIBUTION

Rod Taylor, Tippi Hedren, Jessica Tandy, Suzanne Pleshette…

INFOS

Long métrage américain
Genre : suspense/horreur
Titre original: The Birds
Année de production : 1963

Melanie Daniels, une jeune femme mondaine, fille d’un directeur de journal, rencontre l’avocat Mitch Brenner dans la boutique d’un marchand d’oiseaux. Celui-ci fait semblant de la prendre pour une employée et lui demande un couple d’inséparables pour l’anniversaire de sa jeune soeur Cathy. Ce petit jeu ne dure pas longtemps mais Melanie, attirée par Mitch, décide de le poursuivre et lui apporte les inséparables le lendemain à son appartement. Là, elle apprend que Mitch passe le week-end chez sa mère dans la petite ville de Bodega Bay. Melanie s’y rend alors en voiture…

Le premier acte des Oiseaux n’est pas le plus intéressant. Je trouve même que ce petit « jeu de séduction » entre Melanie Daniels (la débutante et nouvelle égérie de Hitch, Tippi Hedren) et Mitch Brenner (Rod Taylor, le héros de La Machine à explorer le temps) traîne un peu trop en longueur. Cette entrée en matière n’a donc pas vraiment fonctionné sur moi, mais cette structure a permis à Hitchcock d’opérer un changement de ton pour surprendre le spectateur : débuter légèrement, à la façon d’une « screwball comedy » (genre popularisé dans les années 30/40 par des réalisateurs comme Frank Capra et Howard Hawks), avant de basculer progressivement dans l’horreur.

Cela commence par l’attaque d’un goéland qui blesse Melanie à la tête. Par touches successives, Hitchcock entretient le doute concernant le comportement des oiseaux…jusqu’à ce que les assauts deviennent de plus en plus violents. Pour Les Oiseaux, Alfred Hitcock a de nouveau adapté une histoire de la romancière britannique Daphne Du Maurier, dont il avait déjà porté à l’écran les écrit à deux reprises (La Taverne de la Jamaïque en 1939 et Rebecca en 1940).
Je n’ai pas lu cette nouvelle, mais d’après les informations sur le film, cette adaptation est très libre, Hitchcock ayant demandé à son scénariste Evan Hunter (bien connu des amateurs de polars sous le pseudonyme de Ed McBain) de ne garder que les inexplicables attaques d’oiseaux. La nouvelle avait d’ailleurs retenu l’attention d’Hitchcock après la lecture d’un article sur une véritable pluie de piafs qui se sont jetés contre des maisons à Santa Cruz en Californie.

Dans Les Oiseaux, Hitchcock et son scénariste ne donnent pas d’explications aux événements aussi étranges que destructeurs qui se déroulent à Bodega Bay. C’est une bonne idée, car cela renforce l’angoisse des protagonistes et ajoute de l’incertitude au drame à plusieurs niveaux (car il y a aussi un drame familial qui se joue) qui est en train de se produire…une incertitude qui se prolonge même au delà de l’ultime plan (l’excellente scène finale et sa fin ouverte sont à ce sujet très évocateurs).

La construction du suspense est savamment dosée et sur ce point, Les Oiseaux ne manque pas de scènes mémorables : celle de la cour de récréation de l’école, où Melanie patiente sans se douter qu’une multitude d’oiseaux se rassemble derrière elle (Hitchcock joue sur l’attente, sur l’inéluctabilité de la menace en alternant plans américains, profondeur de champ et plans d’ensemble); celle de l’attaque de la petite ville, qui plonge les habitants même les plus sceptiques dans l’effroi ou encore l’assaut de la maison des Brenner. Pour son film d’« invasion animale », Hitchcock avait choisi de ne pas utiliser de musique, juste des sons, dont certains manipulés par des synthétiseurs, pour un résultat très efficace.

Alfred Hitchcock a découvert Tippi Hedren, alors mannequin, dans une publicité et a fait d’elle sa nouvelle muse (après Grace Kelly). Une relation professionnelle qui s’est transformée en cauchemar pour l’actrice car Hitch était fascinée par elle jusqu’à l’obsession (il ira même jusqu’à ruiner sa carrière lorsque Tippi Hedren a exigé de rompre son contrat après le tournage difficile de Pas de printemps pour Marnie).
Difficile, la production des Oiseaux le fut également. Et l’intense scène du grenier, qui voit Melanie se faire attaquer et à l’issue de laquelle Tippi Hedren a fini blessée, dans un état d’épuisement total, n’est que l’un des nombreux incidents qui ont construit la relation conflictuelle entre l’actrice débutante et le Maître du Suspense.

Alfred Hitchcock dans Les Oiseaux :

Birds

J’aime bien la petite Veronica Cartwright qui devait avoir 14 ans à l’époque.

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Hardman :

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On sent le storyboardeur.

Jim

David Hitchcock :

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L’affiche italienne :

Sam Wolfe Connelly :

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Philippe Poirier :

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Adam Simpson :

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Olivier Courbet :

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fred. ian

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Dan Cooney

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Huan Do :

Je viens de le revoir.
C’est épatant de voir Hitchcock dans un genre qu’il n’a pas exploré souvent et de saisir tout ce que des gens comme Spielberg ou Shyamalan (et tellement d’autres) lui ont emprunté ensuite.
Parce que bon, Bodega Bay, c’est déjà Amity, quoi.

Alors après, ouais, c’est Hitchcock, donc les femmes sont courageuses mais fragiles, velléitaires mais en danger, etc etc. C’est assez insupportable, et c’est ce qui fait vieillir ses films.
Mais il accumule ici tellement de bonnes scènes, tellement de caractérisations fortes. La prise de bec (hin hin) dans le bar est superbement équilibré, avec des acteurs qui en rajoutent, et c’est une maîtrise totale. Et le retour au bar apparemment vide, après l’attaque, est impeccable de tension (et cette accusation surnaturelle qui lie la présence de la jeune femme à la concentration des oiseaux).

Et puis bon, vraiment, c’est bourré de plans d’anthologie. Mon préféré, et c’est pas une d’une grande originalité, c’est celui de la cage à poules, près de l’école. Quel montage, quelle tension.

Jim

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Je l’ai revu samedi dernier.
Je crois que je l’avais vu une seule fois avec ma grand-mère. Je devais avoir 12 ans.
J’avais complétement oublié l’histoire de base mais j’avais toujours en tête la plupart des scènes avec les oiseaux.
Ce que j’ai trouvé remarquable, c’est la montée en puissance de la tension. Je me suis rarement senti aussi oppressé au moment de l’arrivée du générique d’un film.

Tout comme la façon dont il a traité Tippi Heddren…

Tippi Heddren, des oiseaux maudits aux bêtes sauvages : Retour sur la carrière de l’actrice révélée par Hitchcock qui devint l’objet de l’obsession du maître du suspense pendant leurs années de travail sur Les Oiseaux et Pas de Printemps pour Marnie . Témoignages forts et édifiants révélés par Tippi Heddren des années après les faits et qui plongent dans les recoins les plus glauques de la personnalité d’Hitchcock. Même si c’était une autre époque (comme on dit hélas), cela reste hallucinant de se rappeler que personne n’est venu aider l’actrice sur le tournage des Oiseaux . Vu sur Arte.

Ouais. Y a eu un reportage sur Arte… Eloquent.

Oui, j’ai vu le documentaire qui passait après, et c’est consternant. Le pire du pire. Et dans la carrière du réalisateur, ce n’est pas une exception.

Jim