LES RONGEURS DE L'APOCALYPSE (William F. Claxton)

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REALISATEUR

William F. Claxton

SCENARISTES

Don Holliday et Gene R. Kearney, d’après le roman The Year of the Angry Rabbit de Russell Braddon

DISTRIBUTION

Stuart Whitman, Janet Leigh, DeForest Kelley, Rory Calhoun…

INFOS

Long métrage américain
Genre : horreur
Titre original : Night of the Lepus
Année de production : 1972

Au début des années 70, la mode des films de monstres géants inspirée en grande partie par la peur de la menace atomique est sur le déclin. Tout a été fait, ou presque…araignées, insectes, reptiles de diverses tailles, créatures aquatiques monstrueuses ont peuplé les pelloches bisseuses depuis les fifties.
Oui, tout a été fait ou presque…et c’est peut-être pour cela qu’un producteur surtout connu pour ses westerns, A.C.Lyles, a une idée originale lorsqu’il souhaite s’écarter de son genre de prédilection. Night of the Lepus (Les Rongeurs de l’Apocalypse en V.F.) sera au final sa seule incursion dans le cinéma de S.F. à tendance horrifique…ce qui peut facilement se comprendre.

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Quoi de neuf, docteur ?

Donc oui, Night of The Lepus met en scène des attaques de lapins géants. Le lapin…l’animal le moins effrayant de la planète. On peut se demander ce qui a poussé les exécutifs de la MGM (pas le plus petit studio hollywoodien) à financer ce projet. À la base de l’histoire, les auteurs ont déterré The Year of the Angry Rabbit, un roman de S.F. satirique de l’australien Russell Braddon dans lequel des hordes de lapins géants sèment la destruction en Australie. Le film reprend l’idée, en déplaçant le lieu de l’action en Arizona et en traitant le sujet de façon nettement plus sérieuse que le bouquin.

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Ce matin, un lapin a bouffé un chasseur…

Car le film, qui aurait mérité d’être traité sur un ton plus humoristique (des lapins géants, quoi !!!), est d’un sérieux confondant, ce qui créé un constant décalage avec son pitch délirant : pour enrayer une prolifération nuisible de lapinous, deux savants créent une hormone susceptible de réfréner leurs pulsions sexuelles. C’est ça, ou ils passent tous à la casserole. L’expérience tourne mal et les fait muter : leur aggressivité et leur poids augmentent…tout comme leur taille !

A.C. Lyles ne déroge pas à ses habitudes et confie la chose à un réalisateur spécialisé dans le western, au cinéma comme à la télé, William F. Claxton. Ce sera aussi la seule incursion dans le genre pour le bonhomme qui réalisera par la suite une soixante d’épisodes de La Petite Maison dans la Prairie. On reste dans le western avec le trio d’acteurs principaux : Stuart Whitman (Cimmarron), Rory Calhoun (The Texan) et le Docteur McCoy himself, DeForest Kelley, qui est apparu dans de nombreux westerns avant de s’engager sur l’Enterprise. Night of the Lepus est d’ailleurs l’un de ses derniers rôles non-Trekkien, puisqu’il passera les 20 années suivantes à jouer son personnage iconique, à la télé (le dessin animé Star Trek, Star Trek Next Generation) comme au cinéma (Star Trek 1 à 6).

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Il est mort, Jim ! Au fait, classe ma moustache, hein !

La caution féminine du film n’est autre que Janet Leigh, ici très très loin du Psychose d’Hitchcock (et qui n’a accepté le film…qu’elle s’est ensuite empressée d’oublier…que parce que le tournage se déroulait près de l’endroit où elle habitait à l’époque, ce qui lui permettait de rentrer près de sa famille la journée finie).

Cette influence western se retrouve notamment dans la première scène du long métrage avant une demi-heure d’exposition assez lourde qui permet d’introduire les différents personnages et de (tenter) de faire monter la tension et la sensation de danger. Ce qui ne marche bien sûr à aucun moment : malgré une bouille barbouillée de ketchup pour faire croire à du sang et un effet sonore censé les rendre menaçants et qui ressemble plus à un glougloutement, il est juste impossible de voir en ces bébêtes placides des monstres assoiffés de sang.
Les trucages sont rudimentaires (maquettes où les lapins déambulent en slow-motion, cascadeurs en costume pour les plans rapprochés…et c’est bien là que la puissance nanardesque du métrage est à son maximum) et les quelques effets gores sont assez sages. Bref, l’ensemble manque de folie et devient vite assez ennuyeux en suivant le rythme bien mollasson des lapins qui gambadent au ralenti…

Pour la petite histoire, le studio s’est certainement vite rendu compte qu’il était difficile de vendre le concept du film puisque le matériel promotionnel a soigneusement évité les références directes à la très peu sérieuse menace (voir l’affiche et l’emploi du mot Lepus) après avoir un temps envisagé le titre Rabbits.

un GRAND Nanar