REALISATEURS & SCENARISTES
Collectif Disney
DISTRIBUTION
Aurora Miranda, Carmen Molina, Dora Luz…
INFOS
Long métrage américain
Genre : animation/musical
Titre original : The Three Caballeros
Année de production : 1944
En 1941, peu de temps avant que l’Amérique entre en guerre, Walt Disney se joint à un voyage diplomatique en Amérique Latine, en tant qu’« ambassadeur de bonne volonté ». Il accepta à la condition de pouvoir emmener une équipe d’auteurs et d’animateurs, pour « joindre l’utile à l’agréable » et trouver dans ce déplacement des sources d’inspiration. Les deux premiers « package movies » (c’est ainsi qu’a été appelé le format anthologique privilégié par le studio pendant cette période difficile) des années 40 sont nés de ces influences sud-américaines : Saludos Amigos et Les Trois Caballeros.
Les Trois Caballeros mêle animation et prise de vues réelles et comme toutes les compilations Disney propose plusieurs segments liés par un fil rouge, celui de Donald qui reçoit des cadeaux de la part d’amis d’Amérique Latine. Le canard regarde d’abord deux amusants cartoons qui n’ont pas d’autre lien que le thème général de l’ensemble : Le Pingouin à Sang-froid, sur un petit manchot qui ne supporte pas le froid de l’Antarctique et qui rêve de mers plus chaudes, et L’histoire du gauchito volant, dont le héros est un jeune garçon vacher qui gagne une course grâce à son âne ailé.
À ce premier tiers du métrage s’ajoute une bobine sur le mythique aracuan, un oiseau totalement déjanté qui va sortir de l’écran pour saluer Donald et se promener dans les autres segments (on retrouvera même l’aracuan dans d’autres cartoons à la fin des années 40). Et puis vient le temps de la formation des Trois Caballeros. Donald continue de déballer ses cadeaux et le suivant est un livre animé sur le Brésil offert par José Carioca, rencontré précédemment dans Saludos Amigos. Le troisième larron sera le coq Panchito Pistoles, dans une dernière partie consacrée au Mexique.
Et c’est là que le film, avec son côté décousu, atteint ses limites. Ces deux sections sont des livres d’images sans scénario, des fantaisies musicales qui en mettent plein les yeux mais qui tirent en longueur jusqu’à verser dans le délire surréel. Il y a des passages qui fonctionnent (le conte de Las Posadas est très joli, avec son traitement graphique à part), mais malgré la musique entraînante, qui impliquent des stars du genre en chair et en os, j’ai trouvé le temps un peu long…
Il y a un aspect du long métrage qui a souvent été discuté depuis sa sortie. Et il concerne le comportement de Donald qui passe les dernières minutes dans une sorte de transe où il bave littéralement devant les belles sud-américaines. J’ai lu quelques interprétations de ces scènes sur le net et même si certaines d’entre elles sont sont assez exagérées, je reconnais quand même que ce bon vieux canard colérique a bien du mal à contenir ses ardeurs…jusqu’au feu d’artifice final (ouh, sous-entendu !)…
Les Trois Caballeros se sont ensuite reformés à plusieurs reprises, notamment en bande dessinée (par Don Rosa) et dans une série animée récente intitulée Legend of the Three Caballeros.