L'HOMME QUI N'AIMAIT PAS LES ARMES À FEU t.1-4 (Wilfrid Lupano / Paul Salomone)

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On m’a beaucoup parlé de L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu, mais j’ai mis quelques années à goûter à la série, en achetant aujourd’hui le premier tome.

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J’ai d’abord fait confiance au travail de Lupano, un scénariste que j’ai appris à connaître via des séries éclipsées par Les Vieux fourneaux, à l’image de Little Big Joe, un western parodique des plus recommandables. Et il y a quelque chose de cette courte série dans L’Homme…, même si l’on retrouve d’autres caractéristiques de l’auteur.

Par exemple, il sait très bien planter des indices soit insignifiants soit saugrenus, qui prennent sens au fil de l’histoire. Il sait également très bien tricoter les destins et les rencontres inattendues entre personnages improbables. C’est le cas ici entre la belle rousse qui prend le train, le passager clandestin qui en tombe (littéralement) amoureux, et les deux escogriffes qui traversent le désert afin de retrouver des documents qui ne sont pas sans lien avec la première.

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Un jeu de trahison et de ruses plus loin, et les protagonistes sont repartis pour un nouveau tour. Le dessin de Paul Salomone est très expressif et restitue à merveille les mimiques des personnages, que je vais tâcher de retrouver bien vite pour la suite, tant le premier tome m’a convaincu.

Jim

Ma femme a beaucoup aimé les deux premiers tomes.
Faudrait que je lise aussi !

Le deuxième tome, qui débute un peu après l’action du premier (l’un des personnages se remet de ses blessures), est constitué de longs flash-backs permettant de faire le point sur la nature et le contenu des papiers qui intéressent l’ensemble des personnages : le fameux “MacgGuffin” du récit, pour reprendre la célèbre expression de Hitchcock.

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L’articulation entre le passé (que Margot révèle au vieil Indien avec lequel elle fait route, justement pour récupérer les papier) et le présent se fait avec souplesse, provoquant des instants d’amusement et de décalage. La présence de Timmy, personnage de sympathique demeuré (Lupano a un certain savoir-faire en la matière, beaucoup de ses protagonistes oscillant entre le naïf lunaire et l’idiot du village) permet de jeter une lumière différente et de dresser un portrait en creux de Margot, sacrée manipulatrice.

Le dessin de Paul Salomone est toujours expressif, les premières pages sont d’une grande densité, même si quelques séquences par la suite proposent des cases plus grandes et plus aérées. L’encrage fluctue, mais on sent une influence de Boucq, pour le meilleur.

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C’est drôle et amusant, et le discours de Lupano, vigoureusement anti-armes (je conseille la lecture des différentes dédicaces qu’il rédige pour ses albums), et une marche virulente contre le libéralisme débridé. Hilarant, mais profond.

Jim

Au début du troisième tome, Timmy, qui a toujours du mal à comprendre les tenants et les aboutissants de l’intrigue dans laquelle il est plongé, retrouve le vieil Indien, qui porte le nom de Jack et qui vient de faire les frais de la rouerie de Margot.

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Celle-ci vient de trouver refuge dans un pensionnat de jeunes Indiennes tenu par des sœurs, occasion pour Wilfrid Lupano de dire ce qu’il pense de la religion. Ce qui est comparable à ce qu’il pense du capitalisme, au demeurant : pas vraiment du bien. C’est l’occasion d’humaniser un peu Margot, qui pour l’heure apparaissait comme une manipulatrice virtuose mais sans cœur.

Une fois de plus, il a séparé ses personnages, ce qui promet des retrouvailles toujours pleines de surprises. Le MacGuffin après lequel tout le monde court passe de main en main, jusqu’à une redistribution des rôles en fin d’album, qui laisse Byron Peck, notre brillant avocat, plus démuni que jamais.

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Graphiquement, Salomone continue à donner à son encrage une identité qui le place dans la continuité d’un Boucq (c’est frappant sur les décors), très franco-belge mais d’une expressivité vraiment plaisante.

Jim

Le quatrième tome apporte une conclusion étonnante à la saga. Étonnante parce qu’elle rompt avec l’ambiance purement western du début, mais aussi parce qu’elle ajoute une grosse dose de drame à la recette.

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Au début du tome, nous retrouvons maître Byron Peck, dépouillé de tout, qu’il s’agisse des documents après lesquels il court ou des espoirs qu’il nourrissait pour un monde meilleur. Cependant, il parvient à rejoindre la civilisation. Là, il retrouve un ancien associé, qui a fait quelques progrès depuis leurs débuts, en s’approchant des sphères du pouvoir politique, mais également en fondant une famille heureuse famille nombreuse. Byron entrevoit un moyen de parvenir enfin à ses fins.

Cependant, les autres protagonistes, quant à eux, ne sont en reste. Margot compte bien remettre la main sur les papiers, et pourchassent ceux qui s’en sont emparés à la fin du tome précédent. Tout ce petit monde finira par se retrouver.

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Arrivés à ce stade, les lecteurs savent que les papiers concernent la constitution et plus précisément le droit de port d’arme, un droit commenté par le scénariste dans les dédicaces des précédents tomes. L’auteur met donc en scène un drame afin de matérialiser le danger représenté par les armes à feu, les scènes de foule permettant de faire écho à d’autres aspects de la politique américaine actuelle, aspects inquiétants pour notre âme de Français. Si l’album est très drôle, comme les précédents, il arbore aussi une sensibilité plus dramatique, plus douloureuse, et même si les dernières pages renouent avec la comédie, le tome soulève des questions de manière assez pertinente.

Jim