L'INVASION SILENCIEUSE t.1 (Michael Cherkas / Larry Hancock)

L’Invasion silencieuse T01

  1. Nous sommes en pleine guerre froide. Matt Sinkage est reporter. Il va tenter de démêler le vrai du faux en enquêtant sur une apparente invasion extra-terrestre qui implique le gouvernement américain, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Espions communistes y cotaient des agents corrompus du FBI, des MacCarthistes frappadingues, des Stalinistes prêts à tout, et bien entendu… Des soucoupes volantes !
  • Broché : 160 pages
  • Editeur : Delcourt (26 août 2020)

Une petite curiosité des années 1980.

Jim

Ah ? Et de chez qui ?
(j’aime quand Delcourt sort la pioche et la dynamite)

C’est sorti chez Renegade Press, au départ.
La première série date de 1986. Ensuite, c’est passé chez Caliber, qui a sorti des trucs en 1996.
Et il y a quelques années, NBM a recompilé le tout, rééditant les premiers recueils et faisant des tomes avec les séries qui n’avaient pas encore été compilées. C’est à partir de cette édition que Delcourt travaille.

Je pense que tu pourras te frotter les mains de satisfactions dans les mois qui viennent. Et pas seulement chez Delcourt.

Jim

Je n’attends que ça !

Ce sera en 4 tomes

J’ai reçu un exemplaire la semaine dernière. Couverture souple (ça, j’aime bien, j’ai la nostalgie de ces formats modestes qui fleurissaient il y a vingt ans), papier mat et léger, joli noir et blanc. Je souhaite beaucoup de succès à cet album !

Jim

Arf, vilain !

Bah quoi ?
J’ai bien envie de traduire les trois suites, moi, hé !

Jim

Ca serait bien oui. Trad’ de qualité…et j’aime bien aussi la façon dont tu adaptes les références U.S. comme la pub à la radio au début…et c’était qui à la place des Pieds Nickelés ? Les Trois Stooges ? ^^

Ah tiens, faut que j’aille vérifier si c’est bien celle que j’ai mise. La mienne n’est pas tout à fait d’époque (à vingt vingt-cinq ans près…) mais elle était tellement pile poil, si j’ose dire…

Voui. C’est l’équivalent tout trouvé, là aussi.

C’est très rare qu’un éditeur se fende d’un commentaire positif pour une traduction, toutes maisons d’édition confondues (ils sont plus rapides pour pointer du doigt une erreur). Mais là, c’était le cas : un petit mail pour dire que ma trad avait bien plu. Ça fait plaisir.

Jim

Ma critique sur Superpouvoir.com

USA, 1952. À Union City, Matt Sinkage est journaliste au Sentinel. Il se passionne pour les OVNI depuis qu’il a été victime de ce qui lui a semblé être un enlèvement par des extraterrestres. Pourtant, c’est son étrange voisin, M. Kalashnikov et son assistante Gloria , qui vont le propulser au cœur d’un complot gouvernementale, mêlant espionnage communiste et aliens .

L’invasion silencieuse parvient ainsi à recréer l’ambiance particulière des fifties , entre la paranoïa anti-communiste et la psychose des OVNI. Une ambiance renforcé par le trait particulier de Michael Cherkas qui reprend l’esthétique de la ligne claire à la Hergé . Ou plutôt sa version moderniste, le style atome, représenté par Yves Chaland , Olivier Schwartz ou encore Paul Grist , pour rester dans le N&B anglo-saxon, et qui vise justement à retrouver l’esprit de la BD belge des années 50.

Un style peu courant donc pour un auteur canadien. Né à Oshawa dans l’Ontario, Michael Cherkas est un dessinateur et designer qui travaille à la fois pour la BD et l’animation. En 1986, ce réel passionné d’ovnis co-crée, avec son compère le scénariste Larry Hancock , The Silent Invasion . Douze épisodes paraîtront chez le petit éditeur Renegade Press . En 1998, un roman graphique publié par Caliber et intitulé Abductions , servira de continuation à cette maxi-série.

Depuis 2018, NBM Publishing a entamé la réédition de la série sous forme de volumes. Les deux premiers regroupent les douze épisodes de la série originale, le troisième reprend Abductions et un quatrième, inédit, devrait conclure l’aventure. Les éditions Delcourt , en bons défricheurs qu’ils sont, nous proposent la traduction française du premier tome (assuré par l’excellent Jean-Marc Lainé ), regroupant les six premiers numéros.

La série aura gagné au fil des ans son public, grâce à un scénario prenant qui rend hommage à une période riche et complexe de l’histoire américaine, mais avec un œil ironique. Des soucoupes se promènent ainsi régulièrement à l’arrière plan sans que les personnages les remarquent. Malgré l’humour, tous les personnages sont cependant solidement caractérisés et on prend plaisir à suivre les pérégrinations paranoïaques de Matt Sinkage .

L’invasion silencieuse est un peu l’ancêtre BD de la série TV The X-Files . Certains seront peut-être refroidis par le style visuel particulier de Cherkas qui, il faut l’avouer, se cherche encore un peu et peut parfois paraître un peu brouillon. Néanmoins, son noir et blanc touffu, mâtiné de trames grises, permet une immersion étouffante et particulièrement adaptée à l’ambiance parano de ce titre, qui mélange graphisme européen et thématiques très nord-américaine.

Bravo donc aux éditions Delcourt d’avoir déterrer cet Objet BD Non Identifié. Et n’oubliez pas que, pour la plupart, vos libraires pratiquent le « click and collect », alors n’hésitez pas à tester cette série qui sort des sentiers battus.

L’invasion silencieuse, tome 1 (The Silent Invasion #1-6, Renegade Press), Editions Delcourt, coll. Contrebande, 160 pages, 13,50 €. Sortie le 26 août 2020. Traduction de Jean-Marc Lainé, lettrage de Moscow Eye.

Rhôô merci !

Jim

Jim, tu as commencé la trad’ du 2, j’espère.

J’ai fini ça cet après-midi, et si j’ai mis un demi-épisode à accrocher, j’ai enchaîné les 5 et demi suivants comme si de rien n’était. En effet, ça rappelle un peu X-Files, avec une fin dont on ne sait pas trop quoi en tirer, mais qui se suffit à elle-même (donc celles et ceux qui ont peur de s’aventurer au risque de ne pas avoir la suite, pas de problème, ça s’autosuffit … faut juste aimer les fins à la Mulder).
Juste deux bémols : ce n’est pas le style de Cherkas qui me gène, c’est la difficulté de bien identifier graphiquement les différents persos (surtout au début, ce qui explique que j’ai mis ce fameux demi-épisode avant de commencer à bien rentrer dedans).
Et puis il y a quelques scènes (mais vraiment très peu) qu’il a fallu que je lise deux à trois fois pour être sûr d’avoir bien compris.
Ah, la couv’. Même si je comprends le choix, elle n’est pas trop vendeuse, je trouve.

A noter quand même que Monsieur Lainé a placé un « ragoutoutou … » qui fera perdre plus d’un jeune. :rofl:

Pour ma défense, Cherkas et Hancock m’ont un peu tendu la perche…

Jim

J’ai noté aussi, vers la fin, une autre référence « culturelle » francisée …
Mais celle-ci, elle m’a fait le même effet que celle de Niko dans Wormwood.

Vers la fin, dis-tu ?
(Purée, où j’ai mis mon exemplaire ?)

Jim