OPUS HUMANO #1-5

Côté comic, c’est celui qui a créé les feu éditions BETHY.

Premier euphémisme : je n’ai jamais été grand fan de Jodorowsky.
Deuxième euphémisme : j’ai lu le deuxième tome de Diosamante, dessiné par Igor Kordey, et même avec la présence de ce dessinateur, je n’ai guère goûté l’album.
Deux raisons qui ont fait que je n’ai jamais lu le premier tome, dessiné par Jean-Claude Gal, dont en plus je n’ai jamais apprécié le style détaillé mais froid et raide (même si j’ai bien aimé la lecture des albums qu’il a réalisés sur scénario de Dionnet).

C’est chose faite avec la réédition de Diosamante dans le deuxième numéro d’Opus Humano. L’album est composé de trois histoires séparées, chacune introduite par une page de texte à la très élégante calligraphie, et chacun s’arrêtant sur une étape du parcours initiatique de la reine éponyme.

La première étape raconte comment la reine se prépare à la nuit rituelle qu’elle doit passer avec un guerrier survivant à une épreuve, mais elle découvre qu’elle est moins adorée que le roi d’une terre voisine qu’elle décide d’aller tuer avant de comprendre qu’elle en est amoureuse.

Suivent deux chapitres dans lesquelles elle est confrontée à deux peuples qui s’entredéchirent depuis que des guerriers amoureux se sont affrontés (et Jodorowsky cumule tous les symboles lourdingues de son arsenal, du guerrier aveugle à l’aigle gigantesque en passant par les reprises frelatées de Roméo et Juliette), puis à des moines opérant une méditation suprême, épreuve à laquelle elle échoue, avant d’être dégradée et humiliée puis, ayant subi ces avanies, de retrouver son amour royal.

Bref, c’est pas bien. Jodorowsky nous refait le coup de la quête d’identité, avec les différentes épreuves et les diverses dichotomies qu’il affectionne tant (le sexe et la mort, la jeunesse et la vieillesse, la sainteté et l’animalité), sans compter sa fascination récurrente pour la cécité, agitant une héroïne qui n’éveille aucune sympathie et qui est promise à toutes les dégradations possibles. Rajoutons à cela un Jean-Claude Gal chichiteux, qui s’en sort encore assez bien quand il y a peu de textes et des cases bien rangées et qui devient proprement illisible dès qu’il utilise des intercases biaisés, et on obtient un album proprement imbuvable, interminable.

J’ai toujours considéré que la production de Jodorowsky était la marque de fabrique du catalogue des Humanos, mais aussi son propre fardeau. Cet album ne va pas me faire changer d’avis.

Jim

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L’avantage des Opus Humano, c’est que, pour le prix de la revue, je lis plusieurs albums que je n’aurais sans doute jamais lus sans ça. Encore moins achetés. Et il y a des chances pour que je ne change pas d’avis, en plus…

C’est le cas d’Adam Sarlech, signé Frédéric Bézian, appelé à devenir le premier volet d’une trilogie. Le récit se déroule au sein d’une famille très fin de race, hanté par ses lourds secrets et les statues de cire représentant ses ancêtres, au grenier. L’album s’ouvre sur l’enterrement du précédent curé, office supervisé par son remplaçant, qui rencontre les jumeaux de la famille et le docteur proche de leur mère. Par le biais de l’ecclésiastique, le lecteur peut découvrir les tenants et les aboutissants, se faisant une idée de cette famille dégénérée mue par le ressentiment : la petite dernière nymphomane, l’oncle catatonique gardant son chien empaillé sur les genoux…

Si ce microcosme aristocratique en bout de course est amusant, d’autant que Bézian, via le personnage d’Adam Sarlech, un médium ayant croisé les destins de la famille avant de disparaître en laissant une influence plus ou moins délétère sur les jumeaux, s’amuse à connoter son récit de fantastique et à convoquer la fascination pour le surnaturel qui a marqué la fin du XIXe et le début du XXe (Adam Sarlech est clairement un décalque d’Allan Kardec, figure incontournable du spiritisme du XIXe), le tout est quand même bien confus. Certaines compositions de planches insèrent des cases d’une action parallèle au milieu de celles dédiées à l’action principale, sans transition ni changement chromatique ni indication textuelle. Il abuse des cadrages de guingois, mais il parvient à construire des perspectives déroutantes qui participent à ce sentiment diffus de malaise.

De même, les personnages que Bézian dessine, lorgnant beaucoup vers ceux de Muñoz et un peu vers ceux de Comès, aux visages couturés de traits zébrés, sont souvent difficiles à identifier, d’autant que les explosions capillaires, marque de famille apparemment, les rendent parfois un brin méconnaissables. Le tout est nébuleux, en dépit d’une histoire intéressante, avec son lot de révélations diverses sur les sourds secrets familiaux (il y a bien entendu des révélations de paternité tragiques, comme de juste, qui cachent des non-dits encore pires).

Bref, un album qui cumule des intrigues classiques, voire convenues, et revient sur un imaginaire déjà bien identifié, dans une narration foutraque et sans doute trop dense. Pas réellement une déception, mais pas non plus un éblouissement, loin s’en faut.

Jim

2 « J'aime »

Même pour l’époque ?

J’ai l’impression.
Le spiritisme a hanté une partie de l’imaginaire XXe siècle, y compris au cinéma, le thème de la famille déliquescente accrochée à son statut disparu, c’est porté par La Chute de la Maison Usher ou Rebecca, sans compter une frange du cinéma horrifique qui fait son miel de ce genre de contexte…
Donc oui, même en 1988-1989, ça me semble déjà classique.

Après, en BD, peut-être moins, certes. Chose intéressante, l’article qui présente l’album revient sur le fait que Sambre, d’Yslaire, est sorti juste avant, obligeant Bézian à revoir sa copie, notamment en changeant des noms et en révisant ses couleurs.
Mais tant de proximités témoignent du fait qu’il y a un terreau bien profond dans lequel les deux œuvres puisent, et où les lecteurs peuvent se reconnaître.

Jim

Et ça continue avec Lou Cale, série d’enquêtes policières dans une Amérique du passé, dont l’un des tomes est repris dans cet Opus Humano deuxième du nom : Le Centaure tatoué.

Comme l’explique le texte d’introduction (qui suit précisément une erreur de maquette, le texte consacré à Arkhé de Caza, présent dans le premier numéro, ayant été repris dans ce numéro par erreur), la série a commencé aux Éditions du Miroir, petite structure belge ayant entre autres abrité la série Alexe de Delaney et Jaradin avant que celle-ci ne trouve refuge chez Lefrancq, avant d’être accueillie dans le catalogue des Humanoïdes Associés alors que Métal Hurlant s’était déjà arrêté. Les auteurs, Warnauts (qui signe Warn’s) et Raives, avaient déjà été éconduits par Philippe Manœuvre et avaient déjà trouvé des contacts positifs chez (À suivre…), quand ce Centaure tatoué paraît. Cependant, le récit, qui tourne autour de deux cadavres retrouvés dans le fleuve sans tête ni doigts, et qui ne seront identifiés que grâce à leur tatouage, montre encore de nombreux signes d’amateurisme.

Les transitions d’une scène à l’autre sont maladroites, la présence de tous les personnages dans la même pièce est mal gérée si bien qu’on a l’impression que certains personnages parlent dans le vide avant de comprendre qu’ils ont un interlocuteur (à quoi servent les plans d’ensemble, je vous demande…), les scènes économes en dialogues ne fonctionnent pas, les personnages ont parfois du mal à être reconnaissables (je pense au glacier), tout ceci au service d’une intrigue un peu convenu qui cache un amour tragique sous un drap mafieux.

J’ai toujours eu beaucoup de mal avec le tandem Warnauts / Raives, dont les albums me sont régulièrement tombés des mains. J’ai été séduit par le dessin, plus naïf et moins travaillé que leurs albums plus récents, mais la plongée dans l’album lui-même a refroidi ma curiosité.

Jim

2 « J'aime »

Jean-Luc Cornette sur son compte Facebook, le 3 décembre 2024 :

Fin janvier, après 21 ans, « Les Passe-Murailles » reviennent (ce sont des republications, pas de nouvelles histoires) dans l’Opus 3 des Humanoïdes Associés. Quelle joie de revoir les fantastiques dessins de Stéphane Oiry. Big up à notre éditeur de l’époque : Maximilien Chailleux.

Jim

1 « J'aime »

Je l’ai fini cette semaine. Vraiment très sympa.
Y a que le Ceppi où j’ai eu du mal à rentrer dedans

Un peu pareil, pour moi.

Jim

Sur le compte Facebook de Métal Hurlant, le 3 janvier 2025 :

💜⚡ SORTIE ANNIVERSAIRE - L’OPUS HUMANO N°3 (1995-2005) arrive le 22 janvier en kiosque et librairie pour commencer l’année en beauté ! #CoverReveal

Aujourd’hui, on vous dévoile la superbe couverture du troisième numéro de cette collection exceptionnelle (5 OPUS au total) consacrée à l’histoire des Humanos et de Métal Hurlant à l’occasion de nos 50 ans. 🙌🔥 Pour les connaisseur•ses, les fans de la première heure et les autres qui découvrent les classiques des Humanos quelques décennies plus tard, il s’agit ici de la couverture du tome 1 de Megalex - L’Anomalie - signée #FredBeltran en 1999.

Ce N°3 met en lumière une décennie cruciale : 1995-2005, une époque riche en bouleversements culturels et artistiques et où la bande dessinée se démocratise plus que jamais. Si vous avez manqué le début de cette aventure et les deux premiers numéros consacrés aux années 1975-1985, puis 1985-1995, ces mooks anniversaire de près de 300 pages chacun sont de véritables trésors ! 😍 À l’intérieur, vous retrouverez des récits mythiques et des albums déterrés de notre passé glorieux, tels que Oiry Stéphane & Jean-Luc Cornette, Ladrönn & Alejandro Jodorowsky, Philippe Dupuy & Charles Berberian, Olivier G Boiscommun & #DPFilippi, Fred Beltran & #Darickrobertson, #IgorBarankon.

Prêt•es à (re)plonger dans l’histoire audacieuse de la maison avec ce focus spécial 1995-2005 ? 🖤

On vous donne donc RDV le 22 JANVIER 🗓️✍️ pour découvrir ce troisième numéro absolument passionnant grâce aux anecdotes et autres confidences de quelques témoins, et à une sélection de récits emblématiques que l’on (re)lit avec le même plaisir qu’à l’époque.

Jim

Haro sur le kiosquier.

Ça va, on a encore le temps. Et la couverture semble moins problématique.
:wink:

Jim

Les flingues, c’est moins problématique que les seins.

L’américanisation en marche.

Jim

Hélas!!

ginevra

Jean-Luc Cornette sur son compte Facebook, le 4 janvier 2025 :

Le 22 janvier, l’OPUS HUMANO N°3 sera en kiosques et en librairies. Parmi les trésors publiés entre 1995 et 2005 par Les Humanoïdes Associés retrouvez quelques histoires des Passe-Murailles dessinées par Stéphane Oiry et écrites par moi.

Jim

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Sur le compte Facebook des Humanoïdes Associés, le 8 janvier 2025 :

Les larmes d’or font faire des horreurs 💧✨

Laissez-vous emporter dans une histoire terrifiante avec « Les Larmes d’or », signée Alejandro Jodorowsky et Ladrönn. Un récit saisissant à découvrir dans « Opus Humano 3 », en librairie et kiosque dès le 22 janvier ! 📚🔥

Sur le compte Facebook des Humanoïdes Associés, le 13 janvier 2025 :

Ne défiez jamais plus fort que vous…

Découvrez le fabuleux et terrifiant récit « Le livre de Jack », signé Denis-Pierre Filippi et Olivier G Boiscommun. Une aventure captivante à retrouver dans « Opus Humano 3 », en librairie et kiosque dès le 22 janvier ! 📚🔥

Jim

En kiosque ? Sûr ?

Ça te fera une bonne occasion de traquer la bête.

Jim