Science-fiction
Long métrage américain
Réalisé par Stephen Hopkins
Scénarisé par Akiva Goldsman
Avec William Hurt, Mimi Rogers, Matt LeBlanc, Gary Oldman, Heather Graham…
Titre original : Lost in Space
Année de production : 1998
Aux origines de la franchise de science-fiction Perdus dans l’Espace, il y a un roman écrit en 1812 par le suisse Johann David Wyss. Dans Le Robinson Suisse, une famille se retrouve échouée sur une île perdue d’Indonésie à la suite d’un naufrage. L’adaptation cinématographique la plus connue de l’oeuvre est celle (assez libre à ce qu’il se dit) produite par Walt Disney en 1960. Peu de temps après, l’éditeur Gold Key a sorti en comic-book une déclinaison S.F. de cette histoire intitulée Space Family Robinson. Lorsque la série télévisée Perdus dans l’Espace a débuté sur le petit écran U.S. en 1965, Gold Key a vite noté les similitudes, un procès a été envisagé mais comme la maison d’édition collaborait déjà avec le producteur Irwin Allen, un accord a été trouvé et le comic est devenu Space Family Robinson : Lost In Space à partir de son #15.
Le Perdus dans l’Espace original a été diffusé de 1965 à 1968, le temps de trois saisons. L’action se déroule dans le lointain futur de 1997 (!) alors que la Terre est dangereusement surpeuplée. La famille Robinson (le père est joué par Guy « Zorro » Williams) est sélectionnée pour se rendre dans le système d’Alpha du Centaure afin de fonder une colonie. Mais pendant leur court état d’animation suspendue, le vaisseau et le robot des Robinson sont sabotés par le docteur Smith, l’agent d’une puissance étrangère. Smith ne peut évacuer à temps et est pris à son propre piège, l’obligeant à réveiller les Robinson. Le problème réglé, les membres de l’équipage ne peuvent que constater qu’ils sont perdus dans l’espace…
Dans les années 90, il y a eu une vague d’adaptations cinématographiques de séries télévisées, avec des résultats plus ou moins heureux (Mission:Impossible dans les plus, Chapeau Melon et Bottes de Cuir dans les moins pour ne citer que deux exemples). New Line Cinema avait les droits de Perdus dans l’Espace et a donc mis en chantier une grosse production à 80 millions de dollars, confiée au réalisateur Stephen Hopkins (Predator II, L’Ombre et la Proie), solide faiseur dont la carrière cinématographique a ensuite ralenti à cause de plusieurs échecs financiers, comme celui de Perdus dans l’Espace (il s’est refait une petite santé sur le petit écran, notamment en participant à 24 Heures Chrono).
Je n’ai jamais vu la série des sixties mais en parcourant plusieurs résumés, il est à noter que le scénario de Akiva Goldsman (qui venait principalement de travailler avec Joel Schumacher, sur des adaptations de John Grisham et ses deux Batman…ouais, ouch !) est plutôt fidèle à la trame du feuilleton puisqu’il en reprend plusieurs péripéties (sans oublier la célèbre phrase du robot) tout en accentuant sur les problèmes qui pèsent sur la Terre, entre pollution, destruction de la couche d’ozone et la menace d’un groupe insurrectionnel terroriste. Le long métrage démarre tambour battant avec une bonne scène de combat spatial avant l’exposition de rigueur présentant les différents protagonistes, leurs liens, leur mission.
La distribution est un brin inégale, avec une préférence personnelle pour les adultes, à une exception près. Le regretté William Hurt et Mimi Rogers campent avec conviction les parents Robinson et Gary Oldman cabotine savoureusement dans le rôle du Dr Smith. Par contre Matt LeBlanc (Friends) aurait du s’en tenir à la comédie car il ne s’impose pas du tout en macho dur à cuire (le major West, pilote du vaisseau). Les enfants Robinson ne s’écartent pas de portraits assez clichés (et la petite voix de souris de Penny est toujours aussi peu agréable pour les oreilles).
Perdus dans l’Espace a été démoli par les critiques (et les résultats insuffisants au box-office ont annulé tout projet de suite) mais pour ma part je ne le trouve pas si mauvais que ça. Certes, le long métrage a ses défauts…au niveau des dialogues, de certains effets en images de synthèses visuellement très datés…mais il est aussi généreux dans son imagerie et ses idées de S.F., dans ses rebondissements et les épreuves traversées par les Robinson, le major West et le docteur Smith. Le rythme faiblit rarement et le final est explosif…bref une aventure bien divertissante. Comme pour la série de 1965, le long métrage se termine sur la vision du vaisseau toujours perdu dans l’espace…il y a eu ensuite une tentative de reboot TV avorté en 2004 (un pilote réalisé par John Woo qui n’a pas eu de suite) avant une nouvelle série composée de trois saisons diffusées sur Netflix entre 2018 et 2021.





