QUEEN KONG (Frank Agrama)

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REALISATEUR

Frank Agrama

SCENARISTES

Frank Agrama et Ronald Dobrin

DISTRIBUTION

Robin Askwith, Rula Lenska, Valerie Leon, Roger Hammond…

INFOS

Long métrage britannique/ouest-allemand
Genre : comédie/aventures
Année de production : 1976

En 1976, le producteur Dino de Laurentiis apprend l’existence d’un pastiche de King Kong, une obscure co-production entre l’Angleterre et l’Allemagne réalisée et co-écrite par l’égyptien Frank Agrama, connu pour…pas grand chose en fait (mais d’après sa filmographie, il a produit des dessins animés Robotech à partir des années 80). Comme il détenait les droits de King Kong et pour que son propre remake réalisé par John Guillermin reste le seul film de singe géant sur les écrans (pas de concurrence, même aussi ridicule), le mogul a décidé de bloquer la sortie du long métrage de Frank Agrama, sans tenir compte du droit à la parodie.

Queen Kong est donc resté quasiment invisible pendant longtemps, à part une sortie limitée en Allemagne (voir affiche ci-dessus) et en Italie. Et ce qui devait arriver arriva, en quelque sorte : cet hénaurme nanar a connu depuis un petit statut culte dans certains pays, dont le Japon (ils sont fous, ces japonais).

Queen Kong reprend la structure du chef d’oeuvre de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack en inversant les rapports entre hommes et femmes. En effet…et pour résumer grossièrement…dans ce monde, les femmes sont le sexe fort et les hommes sont des petites choses douces et délicates. Un concept qui aurait pu donner une satire amusante mais qui ne débouche que sur une comédie non-sensique à l’humour pachydermique. Absolument aucun gag ne fonctionne dans cette chose qui rappelle l’esprit des ZAZ (avant l’heure) mais qui a oublié de faire rire en cours de route.

Le Carl Denham de Queen Kong est Luce Habit, une réalisatrice baroudeuse qui part tourner son nouveau film d’aventures sur l’île reculée de « Lazanga où ils dansent la Konga ». Mais pour cela, elle a besoin d’une nouvelle star masculine, qu’elle trouve dans la rue. Son bel Apollon (enfin, c’est vite dit) est Ray Fay (!), un voleur à la tire aux faux airs de Mick Jagger jeune. Toute cette joyeuse bande embarque sur le « Liberated Lady » et après un numéro musical où le réalisateur filme ses actrices sous toutes les coutures, l’équipe arrive enfin à « Lazanga où ils dansent la Konga »…

La reine des Amazones (la plantureuse Valerie Leon, vue notamment dans La Momie Sanglante) tombe elle aussi sous le charme de Ray (je ne sais pas, ça doit être son sourire ravageur) et l’offre en cadeau d’anniversaire à la divinité de l’île…Queen Kong ! Jusque là, les pires effets du film étaient la photographie hideuse et le sourire ultra-brite de Ray. Mais l’apparition de la reine Kong est l’occasion d’un festival de transparences et de trucages aussi ratés que les tentatives de gags et de dinosaures caoutchouteux tout droit sortis d’une zèderie turque.

Luce Habit et son équipage finissent par sauver Ray (qui n’avait pas vraiment besoin d’être sauvé d’ailleurs, il a une touche avec la Reine…mais qu’est ce qu’elles lui trouvent toutes ?) et capturent Queen Kong, endormie avec une bonne dose de tranquillisant. La Huitième Merveille du Monde est exposée à Londres, mais jalouse de Luce Habit qui ne peut pas s’empêcher de tripoter Ray (et pas contente de son soutif’ en chaînes…c’est qu’il ne faut pas heurter le public familial !), elle brise ses entraves et sème la panique dans les rues de la capitale britannique…

Avec le discours final de Ray, suite au climax sur Big Ben, les scénaristes semblent avoir complètement oublié le concept de départ, ce qui finit d’achever cette comédie (si on peut l’appeler ainsi) navrante et lourdingue.

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