QUI VEUT LA PEAU DE ROGER RABBIT (Robert Zemeckis)

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REALISATEUR

Robert Zemeckis

SCENARISTES

Jeffrey Price et Peter S. Seaman, d’après le roman de Gary K. Wolf

DISTRIBUTION

Bob Hoskins, Christopher Lloyd, Joanna Cassidy, Charles Fleisher, Stubby Kaye, Kathleen Turner…

INFOS

Long métrage américain
Genre : comédie/animation
Tite original : Who Framed Roger Rabbit
Année de production : 1988

À l’origine, Roger Rabbit n’était pas un toon. En effet, dans le roman Who censored Roger Rabbit ? (Qui a censuré Roger Rabbit ?, publié en 1981 et inédit en V.F.), le lapin était un personnage de comic-strip évoluant dans un monde où les humains et les héros de bande dessinée coexistent. D’après le résumé disponible sur le net, le ton du bouquin est plus sombre que celui du film. Disney en a acquis les droits peu après la sortie et un certain Robert Zemeckis s’était déjà montré intéressé pour le réaliser. Mais Zemeckis n’avait pas encore de succès à son actif et le studio a décliné sa proposition.

Le développement a duré plusieurs années et ce n’est que lorsque Steven Spielberg et Amblin ont rejoint le projet que Qui veut la peau de Roger Rabbit a finalement reçu le feu vert. Entretemps, Robert Zemeckis avait signé À la poursuite du diamant vert et Retour vers le futur, deux réussites qui ont engrangé les dollars au box-office mondial. Avec l’appui de Spielberg, Zemeckis a donc été choisi pour tenir les commandes de cette production très compliquée, avec la collaboration de Richard Williams (à qui l’on doit notamment les génériques de deux longs métrages de la Panthère Rose) pour les séquences animées.

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Si le livre et le film partagent quelques points communs (toujours d’après le résumé que j’ai pu lire), le résultat est très différent, grâce aux très bonnes idées des auteurs. Remplacer les personnages de comic-strips par des toons et transposer l’intrigue dans les années 40 permet de rendre hommage à l’âge d’or d’Hollywood et de livrer un pastiche inspiré des films noirs. Le regretté Bob Hoskins (Brazil, Mona Lisa…) est excellent dans le rôle de Eddie Valiant, un privé engagé par le producteur de dessins animés R.K. Maroon pour enquêter sur les infidélités supposées de Jessica Rabbit, la femme aux formes très, très généreuses de Roger Rabbit, la star des Maroon Cartoons. Autrefois, Eddie et son frère Teddy avaient ouvert une agence de détectives spécialisée dans les affaires de toons…mais depuis l’assassinat de Teddy par un toon maléfique, Eddie a perdu sa joie de vivre et a sombré dans l’alcool…

Bien malgré lui, Eddie va former une équipe avec Roger Rabbit, accusé à tort de la mort de Marvin Acme, l’inventeur et directeur de la fameuse marque bien connue des amateurs de cartoons. Roger rassemble à lui tout seul tout ce qui fait le charme des plus grands héros de dessins animés car c’est ainsi qu’il a été conçu : un visage « à la Warner », un corps disneyen et une attitude délirante à la Tex Avery. Le cartoon par lequel débute le long métrage de Zemeckis déborde d’une énergie dingue et fait une belle démonstration de ses influences tout en gardant sa propre identité (plusieurs cartoons de Roger Rabbit ont d’ailleurs été réalisés à l’époque et projetés en avant-programme des films Disney du moment…je me rappelle en avoir vu un avant Chérie, j’ai rétréci les gosses).

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Dans une enquête, il faut un adversaire mémorable et pour cela Zemeckis et Spielberg ont fait appel à une de leurs connaissances, le génial Christopher Lloyd. L’interprète de Doc Brown n’était pas le premier acteur envisagé mais il est maintenant difficile d’imaginer quelqu’un d’autre dans le costume du juge DeMort (judge Doom en V.O.), le cruel représentant de la loi à Toonville toujours flanqué de son équipe de fouine. Une aura de mystère entoure cet antagoniste et sa révélation fait partie des nombreux moments d’anthologie de Qui veut la peau de Roger Rabbit.

Superbement réalisé, dynamique, hautement divertissant et bourré de trouvailles à tous les niveaux, Qui veut la peau de Roger Rabbit permet également, avec son impeccable mélange de prises de vues réelles et d’animation, de retrouver à l’écran un nombre incroyable de personnages de dessins animés. Certes il en manque certains (question de droits) mais les principaux sont là, au bout de négociations bien précises (Disney et la Warner ont par exemple bien veillé à ce que Bugs Bunny, Mickey, Donald et Daffy aient le même temps de présence à l’écran dans leurs duos respectifs).

1 « J'aime »

Le scénario a été adapté en comic-book par Marvel dans la collection Marvel Graphic Novel .
Par Don Ferguson et Daan Jippes au scénario et Dan Spiegle aux dessins.

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Il fut édité en France également. Je l’ai lu à l’époque de la sortie du film et, comme souvent, il contient des scènes en plus (coupé ou juste dans le scénario), notamment la mort du frère de Eddie avec donc l’apparition de DeMort

Ah, épatant !

Jim

C’était chez Hachette…

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Et si on met tous ces éléments en négatif, on obtient Cool World

Tori.

Je viens seulement de tilter que Dolores est jouée par Joanna Cassidy, qui est également… la danseuse exotique de Blade Runner ! Et qui était parmi les prétendantes pour jouer Wonder Woman, doublée par Lynda Carter !
Purée, il ne m’a fallu que trente-trois ans pour faire le lien entre les deux films !

Jim

Tu sais moi il m’a fallu quasi autant de temps pour comprendre que la blague (en VF en tout cas) sur Harvey le lapin invisible était une référence au film avec James Stewart.

(ce qui est anachronique d’ailleurs)

edit : et dans le genre anecdote, saviez-vous que le réalisateur du dessin animés du début (celui veut des étoiles, pas des oiseaux) c’est Joel Silver

La pièce date de 1944.

Tori.

Je ne savais pas du tout que c’était l’adaptation d’une pièce de théatre

Cela reste un de mes films préférés que je regarde toujours avec grand plaisir… Mais que mes enfants n’appréciaient pas plus que cela. Je crois que les divers clins d’oeil « parlent » plus aux adultes.

Merci pour les diverses informations comme le fait qu’il y avait eu un livre à la base.

ginevra

Il se dit d’ailleurs que Joel Silver et Michael Eisner (le boss de Disney à l’époque) se détestaient. Pour tourner son cameo, Silver s’est rasé la barbe et son nom n’a pas été mentionné sur les documents officiels pendant la production. Et Eisner ne s’en serait rendu compte qu’après le tournage…

C’est amusant, quand même.

Jim