Non les dates ne sont pas une mauvaise blague. L’un des plus grand auteurs de notre temps viens de nous quitter à l’age de 91 ans.
Repose en paix M Bradbury. Tu as ouvert mon monde et fait aimer les livres. Je garde encore la marque au fer rouge de ma lecture de Fahrenheit 451 et des dizaines et dizaines de nouvelles que tu as écrites (notamment une expliquant magistralement l’effet papillon)
Les chroniques martiennes, L’Arbre D’Halloween, La Foire des Ténèbres, L’Homme Illustré, De la poussière à la chair…et j’en passe…Je retourne régulièrement au Pays d’Octobre !
Des heures de lecture fabuleuses !
Hahaha.
Mais en fait, Bradbury fait partie des rares auteurs de SF qui sont étudiés, depuis des années d’ailleurs. Les Chroniques Martiennes, on l’avait lu en Quatrième, dans mon souvenir. Avec Ravage de Barjavel.
Aujourd’hui, j’ai bossé le matin et fait des courses l’après-midi, j’avais loupé la nouvelle (je sais pas quand elle est tombée officiellement). C’est toujours pareil : quand j’écoute pas les infos, il se passe toujours quelque chose d’important. Je viens d’allumer la radio, et ils en parlent, entre le sport et la météo (la place des nécros, quoi…).
Ah zutalor.
President Obama , « His gift for storytelling reshaped our culture and expanded our world. But Ray also understood that our imaginations could be used as a tool for better understanding, a vehicle for change, and an expression of our most cherished values. There is no doubt that Ray will continue to inspire many more generations with his writing. »
Neil Gaiman, "[Bradbury’s death] knocked me for a loop,” stated he would have more to say after a little time passes. He did go on to post an essay he wrote that was originally contained in Bradbury’s ‹ The Machineries of Joy ›. “If you want to quote me, you can take anything you like from this, and add that he was kind, and gentle, and always filled with enthusiasm, and that the landscape of the world we live in would have been diminished if we had not had him in our world.
Stephen King, “The sound I hear today is the thunder of a giant’s footsteps fading away. But the novels and stories remain, in all their resonance and strange beauty."
Brad Bird, « RIP Ray Bradbury. See you in the future… »
Rainn Wilson, « RIP Ray Bradbury You made Mars, time travel & Illustrated Men more real than reality for a 14 year old me. »
Steven Spielberg, « He was my muse for the better part of my sci-fi career. He lives on through his legion of fans. In the world of science fiction and fantasy and imagination he is immortal. »
A ce niveau ce n’est pas de l’hypocrisie c’est de la connerie arrogante. Parce que c’est vrai que c’est de l’anticipation après tout. Et l’anticipation c’est un sous genre de la sf alors différencier les deux, c’est con.
Y en a encore plein des profs comme ça …
Perso si en 3eme j’ai eu droit au Meilleur des Mondes, je n’ai pas lu de Bradbury pendant ma scolarité, et en fait je n’en ai pas beaucoup lu tout court. Mais quand même ça inspire le respect.
« J’ai toujours voulu voir un Martien, dit Michael. Où ils sont, p’pa ? Tu avais promis. - Les voilà », dit papa. Il hissa Michael sur son épaule et pointa un doigt vers le bas. Les Martiens étaient là. Timothy se mit à frissonner. Les Martiens étaient là - dans le canal - réfléchis dans l’eau. Timothy, Michael, Robert, papa et maman. Les Martiens leur retournèrent leurs regards durant un long, long moment de silence dans les rides de l’eau…
Éditeur : FOLIO SCIENCE FICTION (8 décembre 2002)
Il retira sa chemise et la roula en boule. De l’anneau bleu tatoué autour de son cou jusqu’à la taille, il était couvert d’illustrations. « Et c’est comme ça jusqu’en bas », précisa-t-il, devinant ma pensée. « Je suis entièrement illustré. Regardez ! » Il ouvrit la main. Sur sa paume, une rose. Elle venait d’être coupée ; des gouttelettes cristallines émaillaient ses pétales délicats. J’étendis ma main pour la toucher, mais ce n’était qu’une image. « Mais elles sont magnifiques ! m’écriai-je. - Oh oui, dit l’Homme Illustré. Je suis si fier de mes Illustrations que j’aimerais les effacer en les brûlant. J’ai essayé le papier de verre, l’acide, le couteau… Car, voyez-vous, ces Illustrations prédisent l’avenir. »
Dix-huit Illustrations, dix-huit histoires à fleur de peau par l’un des plus grands poètes du fantastique et de la science-fiction.
Éditeur : FOLIO SCIENCE FICTION (30 juin 2005)
Je me suis refait un petit cycle Ray Bradbury en début de mois. J’aime toujours autant la poésie fantastique de ses écrits, le romantisme qui se dégage de certaines de ses histoires et descriptions et son sens de l’humour si particulier. J’ai retrouvé ça dans La Baleine de Dublin, l’évocation semi-autobiographique du temps qu’il a passé en Irlande pour écrire le scénario de Moby Dick avec John Huston. Des critiques de l’époque se sont plaints d’un aspect un peu trop « cliché » de la description de l’Irlande et de ses habitants mais pour moi les portraits pittoresques font aussi le charme d’une oeuvre qui parle d’art, de déracinement, du choc des cultures entre un romancier américain qui découvre d’autres façons de vivre et qui se laisse emporter par l’exubérance d’un réalisateur bigger than life (la personnalité de John Huston est bien cernée et m’a rappelé Chasseur Blanc Coeur Noir dans lequel Clint Eastwood interprète un metteur en scène inspiré par Huston).
Dans Les Fantômes d’Hollywood, Bradbury parle de sa passion du cinéma, de son amitié avec Ray Harryhausen, sujets qu’il intègre à une étrange enquête sur la possible réapparition d’un patron de studio présumé mort. Une déclaration d’amour à l’âge d’or hollywoodien pétri de références, le suspense, le fantastique se mêlant une nouvelle fois aux souvenirs réels de l’écrivain… De la Poussière à la Chair (traduit par Patrick Marcel) est un très beau recueil de nouvelles, écrin dans lequel Bradbury avait rassemblé ses nouvelles sur les habitants d’une mystérieuse maison en les accompagnant de nouveaux textes. Ce qui donne quelques doublons quand on possède ses autres anthologies mais ce n’est absolument pas gênant tant la forme très agréable à lire permet de redécouvrir le destin des habitants du pays d’Octobre à travers le regard d’un enfant humain adopté par des fantômes, vampires et autres créatures de l’esprit (ces histoires avaient été illustrées par Charles Addams à l’époque de leur première publication, ce qui est somme toute assez logique). Bradbury aime parler d’Halloween, c’était sa fête préférée, et dans le court roman L’Arbre d’Halloween, il a fait voyager un petit groupe d’enfants dans le temps et l’espace tout au long d’une nuit d’Halloween qu’ils ne sont pas près d’oublier, l’occasion de découvrir les déclinaisons de la fête des morts d’autres pays. Bradbury savait parler d’Halloween oui…et aussi du pouvoir des livres comme le montre la jolie nouvelle Echange (dans …Mais à part ça tout va très bien)…
J’ai terminé le petit recueil folio (à 2 euros) qui contient cette nouvelle et quatre autres tirées de …Mais à part ça tout va très bien. Echange reste ma préférée, pleine de poésie dans cette bibliothèque où les livres semblent prendre vie. Pas vu pas pris est un savoureux pastiche de Conan Doyle dans lequel les Holmes & Watson alternatifs enquêtent sur des meurtres commis par une araignée géante. Bradbury sait faire fonctionner cette idée apparemment grotesque et l’ensemble fonctionne très bien. Meutres en douceur est un régal d’humour noir, une Guerre des Rose avant l’heure.
Par contre, je n’accroche toujours pas au délire d’Underderseaboat Doktor (même après trois ou quatre lectures) et si Mademoiselle Vif-Argent commence bien (l’étrangeté de ces spectacles de foire qu’adorait l’auteur), la chute tombe à plat.