RÉÉDITIONS DC : TPBs, Hardcovers, Graphic Novels

Moi qui suis une buse en matière de Légion des Super-Héros, j’ai tout de même accumulé pas mal de TPB dans mes rayons, et de temps en temps, j’en pioche un. J’ai donc lu récemment Legion of Super-Heroes - The Beginning of Tomorrow.

Le recueil rassemble Legion of Super-Heroes #0, 62 à 65, et Legionnaires #0, 19 à 22. La présence de deux « numéros zéro » connecte les séries à l’événement Zero Hour de 1994, qui est une sorte de « Crisis in Time » secouant toute la continuité de l’univers DC (j’ai déjà évoqué le truc en parlant du pan consacré à Superman, et il va un jour falloir que je prenne les gros recueils récents qui compilent la saga…). Dans le cas de nos jeunes justiciers du futur, je crois que cette « relance » intervient après la période dite « Five Years Later », dont @n.n.nemo nous a par ailleurs entretenus, et qui propose une sorte de « futur dans le futur », si j’ai bien compris (et en matière de Légion, je suis loin de tout comprendre). Je sais seulement que Mark Waid était déjà aux commandes des épisodes situés avant Zero Hour, et qu’ils se situaient dans la continuité de la proposition de Keith Giffen (qui s’arrête précisément où ? je ne sais pas…). Donc, il y a continuité dans la rupture, ou l’inverse…

Les bouleversements cosmo-temporels sont le prétexte à faire un retour en arrière (dans le passé du futur, quoi), et donc à revenir aux origines du groupe (le trio fondateur qui déjoue un attentat, tout ça tout ça…). Là où Giffen proposait un saut dans le temps vers l’avenir à l’occasion de quoi les jeunes héros prennent un peu de bouteille, Mark Waid et Tom McCraw proposent un saut vers le passé des héros afin de raconter à nouveaux les origines et les années de formation des personnages.

Les deux premiers chapitres font donc figure de redites pour qui possède les bases. Le dessin d’un Stuart Immonen encore un peu vert et d’un Jeffrey Moy au trait rond est agréable, lumineux, contribuant à évoquer une période éditoriale peut-être plus insouciante, mais tout de même, et sans avoir suivi les quelques années d’une version plus adulte, la lecture du TPB laisse un sentiment évident de retour en arrière. C’est bien, mais pas innovant.

La suite des récits se consacre au récit d’une première mission, qui se termine de manière dramatique avec la mort de Kid Quantum (le premier), puis à la narration d’une intervention sur une prison. Waid est associé Lee Moder, qui remplace Immonen dans la lignée de ce dernier, sur Legion, tandis que McCraw et Moy persévèrent sur Legionnaires. C’est joli, très fluide quand Waid est là, plutôt agréable, avec une bonne caractérisation (la gestion du deuil est plutôt sobre et fine), mais sans grand relief.

Quelques personnages sortent du lot. Waid sans gérer les conflits d’ego pour la direction de l’équipe, et met XS, la bolide du futur, en valeur, mettant à profit son expérience sur Flash.

Les subplots tournent autour de la rivalité entre deux magnats, Brande et McCauley, qui utilisent différentes équipes en concurrence : Waid et McCraw créent donc un contexte complexe, inspiré des vieux épisodes, afin d’éclairer le progressif développement de l’équipe, en s’appuyant notamment sur les relations entre membres de la fratrie Ranzz. Là encore, c’est sans doute pas mal pour un néophyte, mais pour qui a lu, ne serait-ce qu’un peu, la Légion, ça a un goût de réchauffé. Un effet ultimate ou nioufiftitou avant l’heure.

Les derniers épisodes, construits comme les précédents en cross-overs perpétuels, envoient nos héros et leurs rivaux / alliés sur une prison spatiale située à l’intérieur d’une étoile, et où ils doivent procéder à l’évacuation tout en luttant contre une émeute. C’est pas mal, la caractérisation avance, et les dessinateurs relèvent le défi de la représentation de lieux saturés de lumière, donc en la restituant à base de dessins au trait, sans ombre. C’est assez déroutant mais plutôt bien joué.

Dans l’ensemble, c’est une lecture agréable, techniquement bien ficelée, mais qui ne réserve que peu de surprise et qui semble répondre à un cahier des charges. Un rajeunissement du casting qui met un terme à une expérience éditoriale et qui fige plus encore les héros dans leur éternelle jeunesse future.

Jim

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