RÉÉDITIONS DC : TPBs, Hardcovers, Graphic Novels

Ben après j’ai envie de dire que « ce n’est pas notre politique » c’est une manière plus brodée et plus commerciale de dire « ca marchera pas »

Idem. La « politique », c’est ce que tu présentes une fois que tu as fait ta cuisine interne. Quant à l’exigence de « répondre à la demande », encore faut-il, avec tout le respect qui nous est dû à tous ici présents, que cette demande dépasse celle de six personnes sur un forum, dont quatre n’achèteront pas parce qu’ils ont déjà la V.O. (je caricature, mais bon, on voit hélas bien que le marché ne réagit pas nécessairement massivement aux trucs qui nous font envie).

Complètement.

Au début des années 1990, le catalogue DC a atteint sa vitesse de croisière après le grand chambardement qu’a été Crisis on Infinite Earths. Et de jeunes responsables éditoriaux ravivent des concepts et des personnages un peu anciens afin d’étoffer l’offre.

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L’éditeur avait racheté le catalogue de personnages de Quality Comics en 1956 (d’après les propos tenus par Bob Greenberger dans sa préface au TPB que je vais évoquer), mais n’avait pas fait grand-chose d’eux avant que Len Wein ne se souvienne de ces héros et les incorpore à une baston multidimensionnelle de la Ligue de Justice. Mais depuis la fusion des univers sous les coups de boutoir de Marv Wolfman et George Pérez, ces personnages survivaient, par principe, dans la continuité désormais commune.

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L’avantage d’un personnage sorti de la naphtaline, c’est qu’il peut vieillir. Il peut même faire des enfants, détail souvent ignoré des maisons d’édition, qui bottent en touche dès qu’il s’agit de faire passer le héros à l’âge censément adulte de la paternité. C’est le cas avec The Ray, dont nous allons suivre les aventures du fils, à l’occasion d’une mini-série en six parties de 1992, compilée dans un TPB de 1994 (honneur rare à l’époque) sous une nouvelle couverture et un nouveau titre : In a Blaze of Power.

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L’histoire commence de manière ingénieuse : dès la première page, Ray Terrill, que tout le monde a surnommé « Night Boy » dans son enfance, découvre qu’il dispose de pouvoirs liés à la lumière. Le premier épisode est constitué en partie de flash-backs, traités avec astuce en bichromie par Joe Cebollero, et permettant de resituer le parcours du jeune homme. Ce dernier, qui comprend qu’il n’est pas « allergique à la lumière », tente de renouer avec Jennifer, son amie d’enfance, qu’il sauve d’une prise d’otage grâce à ses pouvoirs naissants.

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Mais au fil des épisodes, Ray, qui comprend que le père qu’il a perdu il y a quelque temps était en fait un héros des décennies passées, va découvrir qu’un complot s’est ourdi afin de le faire renouer avec ses pouvoirs. C’est là que le récit gagne en confusion, puisqu’on se demande pourquoi des gens se sont donné tant de mal pour protéger l’enfant de la lumière alors qu’il aurait été plus simple de l’initier dans l’enfance. De même, le but de ceux qui veulent lui faire emprunter le chemin escarpé de l’héroïsme n’est pas très clair, et la grosse menace n’est annoncée que vers la fin, dans un flou artistique visiblement volontaire mais qui aurait bien profité d’un peu de limpidité.

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La mini-série a les qualités de ses défauts. Ou inversement. Construite sous la forme d’un récit d’apprentissage, elle confronte le jeune Ray à Happy Terrill, son vrai père, le vrai prédécesseur (celui qui l’a élevé n’était que son oncle). Au fil des épisodes, plusieurs versions des origines des deux héros sont proposées, certaines plus farfelues que d’autres. C’est assez drôle, avec un caractère de commentaire, mais au final ça rajoute des couches de fumée sur une situation déjà peu claire, et c’est rapidement évacué, signe d’une certaine inutilité. La vertu comique est mieux gérée dans la quête sempiternelle de pantalon, Ray brûlant ses vêtements quand il utilise ses pouvoirs pour les premières fois.

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De même, certaines péripéties sont amenées un peu tardivement, comme par exemple l’irruption du Doctor Polaris, qui aurait bénéficié de sub-plots. D’autres manquent d’explication, à l’exemple de la présence de Caldwell. Le récit, écrit par Jack C. Harris, scénariste et responsable éditorial ayant officié depuis les années 1970, est supervisé par James Owsley, autre nom du scénariste Christopher Priest, et l’on reconnaît ici la volonté que ce dernier pratique souvent de ne pas tout révéler à ses lecteurs. Mais dans le cas qui nous occupe, cela joue peut-être en défaveur du récit, dont les enjeux ne sont pas posés clairement.

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Malgré tout, cette mini-série, si elle part dans tous les sens (lançant de nombreuses idées et incitant à suivre les aventures du personnage dans la série régulière qui suivra, réalisée par Christopher Priest et Howard Porter), demeure une agréable lecture, en partie grâce à des scènes spectaculaires, à l’exemple du volcan en éruption aux Philippines.

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Graphiquement, les épisodes, illustrés par Joe Quesada (avec l’assistance d’Art Nichols, qui encre et assure une partie des crayonnés sur certains épisodes), sont plutôt agréables à regarder. Le futur rédacteur en chef de Marvel est à l’époque fortement influencé par Mike Mignola (période Phantom Stranger ou Cosmic Odyssey), auquel il emprunte les aplats noirs et les lèvres gonflées. On reconnaît aussi des emprunts à Marc Silvestri (période X-Men) et sans doute aussi à un Erik Larsen première manière. Autant dire que ce cocktail est plutôt de bon aloi, les planches étant très lisibles et affichant un style marqué (à défaut d’être original) et en prise avec son temps.

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L’ambiance, surtout dans les premiers épisodes, n’est pas sans rappeler une certaine tonalité marvélienne, avec ce grand adolescent réticent à l’idée de jouer les héros, dépassé par les événements et maladroit dans ses actions, pourtant guidées par son grand cœur. La relance du personnage (de deux personnages, puisque le premier Ray est également remis en selle) est pleine d’énergie et de bonne volonté, et participe à la nécessaire exploration d’un catalogue de licences que DC, à l’époque, veut faire fructifier.

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Jim

C’est quoi le nom du tpb, impossible de trouver sur Amazon.

J’avais le même ressenti après lecture de ces 2 tpb. Sympa mais anecdotique, difficile de passer après Dematteis et Giffen qui ont marqués le titre. Comme tu le dis les épisodes de Jurgens n’ont rien de déshonorant, mais trop classique. Du coup j’ai jamais pris la suite avec wonder woman par vado ( scénariste inconnu à mon bataillon) et je serais curieux de voir ton avis.

Et merci pour tes billets qui donnent envie de claquer un pognon que j’ai pas forcément

Impossible n’est pas Tori :
https://www.amazon.com/Ray-Blaze-Jack-C-Harris/dp/1563890909/ref=mp_s_a_1_1?dchild=1&keywords=ray+in+the+blaze+of+power&qid=1590594602&sr=8-1

~_____^

Tori.

On le sait depuis longtemps.

Mais tu aurais pu le laisser chercher un peu. Je suis sûr qu’il aurait fini par remarquer la couverture que j’ai mise en première illustration.
:wink:

Jim

Merci Tori, j’aurais du regarder sur la version US plutôt que française qui n’a rien trouvé.

oh mais j’avais remarqué juste pas dispo sur la version française du big evil.

Moi, je n’ai même pas regardé sur quel site ça me menait : j’ai seulement cherché sur Google et suivi le premier lien…

Tori.

Le voici.
Les TPB sont assez épais, et même si ça se lit vite, il faut quand même un peu de temps.

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Donc, j’ai lu le premier tome de la compilation intitulée Wonder Woman and Justice League America, et pour faire court, c’est une bonne surprise. Déjà, signalons que les deux tomes arborent des illustrations inédites en guise de couverture, réalisées par un tandem que j’affectionne beaucoup, Tom Grummett et Karl Kesel. Dommage qu’ils ne se soient pas chargés de l’intérieur à l’époque. Mais justement, on y reviendra.

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Donc, Dan Vado, qui a eu plusieurs vies professionnelles dans le milieu (outre scénariste, il a été libraire, éditeur, organisateur de festivals et conventions…), reprend à la suite de Dan Jurgens. D’emblée, il s’intéresse à une dimension de la mission des héros que son prédécesseur avait un peu écartée, à savoir les liens avec l’ONU et la fonction d’ingérence (ou pas) avec d’autres autorités. Ainsi, dès le premier diptyque, il envoie l’équipe protéger des convois humanitaires sur une petite île soumise à la révolution. Et les héros, aidés de Jay Garrick, tombe sur une nouvelle incarnation des Extremists, des super-vilains que je n’ai jamais vraiment bien apprécié, mais qui visiblement mobilise l’imagination des scénaristes des années 1980 et 1990.

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L’écriture de Vado va vite, il envoie des informations sur un rythme soutenu, il recourt à des ellipses régulières et plutôt bien gérées, il passe des informations par les dialogues, ce qui permet d’éclaircir très vite le statu quo et d’animer les personnages en leur donnant de l’épaisseur. L’économie de moyens est plutôt réussie, les intrigues défilant et donnant l’impression (fondée) qu’il se passe plein de choses.

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Les deux premiers épisodes sont dessinés par Michael Collins, dans une approche classique sans esbroufe. C’est plutôt réussi, et Vado donne de la consistance à Gardner (qui devient plus brutale), à Maxima et au tandem Beetle / Booster. Le premier, d’ailleurs, a renoncé à sa carrière héroïque et se terre dans son laboratoire sous prétexte de constituer une armure à son ami afin qu’il revienne sur le terrain. Vado donne à Ted Kord une existence palpable et relance les liens d’amitié entre les deux héros, même s’il s’éloigne, dans le même élan, de l’aspect comédie qui les avait caractérisés.

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Racontant vite, Vado tisse aussi des subplots, notamment autour de Tora, alias Ice, qui a quitté le groupe dans l’espoir de retrouver son peuple. Au fil des séquences qui lui sont consacrées, on découvre qu’elle appartient à la famille royale d’un peuple contrôlant la glace, et la succession du roi défunt constituera l’épine dorsale d’une future intrigue.

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La seconde intrigue implique deux extraterrestres poursuivis par de hideux homanoïdes reptiliens. Les deux rescapés trouvent refuge auprès de la Ligue alors que les États-Unis ont accepté de les extrader. Se campant sur ses principes, Wonder Woman se retrouve face à Captain Atom et ses « Peacekeepers », et là encore le scénariste exploite la fonction de la Ligue, qui ne correspond peut-être pas à ses choix moraux. C’est un peu cousu de fil blanc, le récit tourne autour de la notion de préjugés, et permet d’instiller le doute dans l’esprit de certains héros. Entre la morale de Wonder Woman et la real-politik, on trouve Max Lord, qui tente de calmer tout le monde et incarne les derniers restes de comédie dans la série.

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Kevin West a remplacé Michael Collins, pas pour le mieux. Son dessin est mignon, avec une vague influence byrnienne qui pourrait le ranger à côté d’un Mike Parobeck, sans les qualités académiques, mais l’ensemble est assez pauvre. Ça ne pique pas les yeux, mais ça manque d’assaisonnement.

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L’histoire des fugitifs extraterrestres se conclut par la mort de l’un d’eux, abattu par Guy Gardner. La scène surprend et amène à un cross-over, « The Trouble with Guys », avec la série Guy Gardner, à l’occasion de quoi on découvre que ce dernier a été remplacé par un double provenant d’une race de métamorphes. La série Guy Gardner est à l’époque rédigée par Chuck Dixon, mais l’épisode en question est atrocement dessiné, faisant regretter l’absence de Joe Staton, qui n’en signe que la couverture.

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Dan Vado réintègre donc le rouquin râleur dans son équipe, à temps pour une nouvelle saga, intitulée « Cold War », dans laquelle le groupe vient soutenir Tora, en pleine lutte contre son frère qui vient de récupérer le trône. Autre variation sur le thème de l’ingérence, cette saga lorgne vers une tonalité plus heroic-fantasy, et permet quelques retrouvailles au sein de l’équipe. Kevin West continue à officier dans son style sans aspérité (notons tout de même que les responsables de l’édition du recueil ont trouvé le moyen de publier les pages du combat final dans le désordre, ce qui n’est pas très sérieux).

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Le sommaire se conclut sur l’Annual du moment (1993), partie intégrante de la saga « Bloodlines », durant laquelle des extraterrestres partent à la conquête de la Terre : leurs rares victimes survivantes héritent alors de super-pouvoirs qui les destinaient à raviver les rangs de l’écurie DC. Aujourd’hui, le bilan est maigre et à l’exception notable de Hitman, les innombrables nouveaux venus n’ont pas fait d’étincelles.

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William Messner-Loebs et Greg Larocques racontent l’histoire de Jack Mobley, un raté condamné par un cancer du pancréas, dont la morsure extraterrestre lui confère le pouvoir… de donner des super-pouvoirs aux autres. Le scénariste résout l’intrigue en mettant en avant le personnage de Wonder Woman qui préfère la parole au coup de poing. La présence de l’Annual se justifie non seulement pour sa caractérisation, mais aussi parce qu’il abrite une scène importante : Fire récupère ses pouvoirs, retrouvant de fait une place prépondérante dans l’équipe.

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La lecture de ces premiers épisodes signés Dan Vado, compilés dans ce recueil, est plutôt intéressante. Le scénariste s’attache au rôle politique du groupe, et présente une Wonder Woman définie non pas par son sens de la diplomatie et de l’écoute (ainsi que l’animent Dan Jurgens ou Bill Messner-Loebs) mais par son attachement à des valeurs humanitaires de justice. Quitte à s’embourber dans des impasses. Capable de reconnaître ses erreurs, elle offre une figure intéressante de chef, et fournit aussi l’occasion à ses équipiers de se mettre en avant. J’ai commencé le recueil suivant, et le schéma se confirme, même si Vado en profite pour passer la vitesse supérieure.

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Héhéhéhé.
La relance, la relance !!!

Jim

Tu aurais du faire ta chronique la semaine dernière, j’avais ma remise de ma carte de fidélité chez pulp’s, c’est bien le genre de bouquins que tu es content d’avoir gratos au moins t’es pas déçu. Je le feuilletterai à mon prochain passage là bas voir si je craque. Là j’attends plus le second omnibus de la période précédente, vu que du côté d’urban ça à l’air d’être mort et enterré ( et c’est bien dommage)

Ah là là, que je suis mal organisé.

Jim

Il n’est pas impossible que tu craques pour le suivant.

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Encore sous une couverture inédite de Tom Grummett et Karl Kesel, Wonder Woman and Justice League America compile la suite des aventures de la Ligue selon Dan Vado. L’histoire prend une telle ampleur qu’elle concerne également la série jumelle, Justice League International, et une série dérivée, Justice League Task Force, illustrée par l’excellent Sal Velluto (très bien encré par Jeff Albrecht) et écrite par… Mark Waid.

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Tout commence par une mission fédérale : l’agent Charles est chargé d’appréhender les membres d’une secte vouant un culte à « la machine ». Mais l’affaire tourne mal. Conformément à leur rôle, les justiciers viennent soutenir les forces de l’ordre, et Captain Atom et Ray se retrouvent rapidement face à l’entité qui se trouvait derrière le dieu vénéré par les fanatiques : Dreamslayer, membre des Extremists, censé être mort mais que Bloodwynd a croisé dans une dimension alternative (voir tome précédent).

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En premier lieu, on remarquera que Dan Vado a de la suite dans les idées et construit un récit sur le long terme. En effet, ses premiers épisodes avaient permis de retrouver les Extremists tout en appliquant concrètement le nouveau rôle des héros, dont une partie des installations est financée par l’ONU. De même, durant la saga impliquant Tora, il avait laissé entendre que l’entité derrière le coup d’État était peut-être Dreamslayer, laissant entendre qu’il s’agit là du méchant de son épopée. Il confirme donc l’impression et donne de l’ampleur à son récit.

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En second lieu, nous faisons la connaissance du nouveau dessinateur de la série, un certain Marc Campos, dont le style n’est pas exempt de défauts, mais qui fait preuve d’une générosité évidente. En prise avec l’air du temps, il est adepte de traits de vitesse, de personnages sortant des cases, de visages hurlants. Si ses anatomies sont torturées, on ne peut néanmoins pas dire qu’il souffre de défauts ou de faiblesses visibles. C’est bien troussé, mais constamment éclaté, à la limite de la surdose. S’il fallait comparer, c’est un peu comme Jim Calafiore, si ce dernier arrondissait ses traits au lieu de dessiner à l’équerre. Quoi qu’il en soit, dans cette période de surabondance de séries, confiées souvent à des dessinateurs dont la rapidité de livraison l’emporte sur la qualité, Marc Campos fait figure de bonne surprise.

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Parallèlement, Dan Vado, toujours dans le rythme soutenu qui avait caractérisé le tome précédent, parvient à glisser quelques subplots. C’est ainsi qu’il montre des catastrophes naturelles (tremblements de terre et autres fléaux…) annonciateurs de quelque chose de grave, et qu’il met en scène le retour d’un héros oublié, Amazing Man, en la personne du petit-fils du tenant du titre, qui cherche auprès de la Ligue et notamment de Jay Garrick un conseil.

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Comme beaucoup d’autres, le nouvel Amazing Man est hanté par des cauchemars. De même, différents vilains de plus ou moins gros calibres (Darkseid, Vandal Savage, T. O. Morrow…) voient eux aussi arriver une menace d’ampleur cosmique. Les choses se précisent après les trois épisodes consacrés à Dreamslayer.

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Les tremblements de terre des épisodes précédents annonçaient l’arrivée de l’Overmaster, un super-vilain venu de la période Gerry Conway (donc avant Crisis), époque à laquelle il arrivait sur Terre afin de faire le tri parmi les espèces. Cette fois-ci, il est bien déterminé à éliminer l’espèce humaine en bloc. Quant aux victimes de cauchemars, ils forment pour la plupart les rangs du Cadre, nouvelle version de sa petite armée personnelle. C’est le début du cross-over « Judgment Day ».

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Réunissant l’ensemble des Ligues, Wonder Woman fait part à ses équipiers de la situation. Des tensions apparaissent, Captain Atom voulant intervenir et Wonder Woman préférant analyser la situation, d’autant que l’Overmaster a posé un ultimatum interdisant toute activité super-héroïque (ou méta-humaine, si vous voulez). L’équipe de Captain Atom mène une action au Mont Everest, là où le vaisseau de l’Overmaster s’est posé, mais le bilan est lourd : Booster Gold, dans sa nouvelle armure, est grièvement blessé, et Ice est retournée par l’ennemi.

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Les épisodes s’enchaînent de manière assez fluide. Les lecteurs qui, comme moi, n’auraient pas lu les autres séries ne sont pas trop perdus (quelques personnages méconnus, certes, mais autrement, le statu quo est expliqué en route, par exemple en ce qui concerne L-Ron dans le corps de Despero…). Outre les tensions internes au groupe, la Ligue, plus nombreuse que jamais, subit aussi la pression de la sphère politique (Max Lord met sur pied l’équipe des League-Busters menée par Peacemaker) et la vindicte de la populace qui voit d’un très mauvais œil le moindre super-pouvoir.

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Aux commandes de Justice League International, nous retrouvons Gerard Jones, cette fois-ci associé à un certain Chuck Wojtkiewicz, dont le travail est loin d’être inintéressant. Évoluant dans les sphères graphiques de Mike Wieringo ou d’un Greg Capullo première manière, il met beaucoup d’énergie dans ses planches et anime ses personnages dans un style légèrement cartoony assez agréable.

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Question scénario, on signalera l’excellent Justice League Task Force #14, où Mark Waid rythme sa narration par une succession de cadrages sur le carnet de notes de T. O. Morrow, qui a vu le futur, et qui biffe la suite d’événements qu’il avait précédemment notés. C’est plutôt finaud, car justement, une partie de l’intrigue tourne autour de Booster Gold, qui est censé connaître le déroulement des événements puisqu’il vient du futur, et qui se retrouve dans une situation inédite (mort pendant quelques secondes, amputé d’un bras) qui ne correspond pas à l’enchaînement des faits. Le lecteur était donc soulagé de savoir que ce qui était prédit n’allait pas se dérouler. Mais la vision du carnet de Morrow permet à Waid de retourner les attentes et de précipiter un coup de théâtre.

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Le récit a un souffle épique indéniable, propose une aventure de grande ampleur, avec son lot de drames à la clé. Le groupe est frappé par un deuil, et ses liens avec l’ONU sont mis à mal… Le recueil se conclut sur quelques subplots (l’un d’eux implique Jay Garrick, mais je crois que ça renvoie à une intrigue dans Flash, même si je n’en suis pas sûr). Cependant, la ligne des comics liés à la Ligue est sur le point de se transformer. Jones et Wojtkiewicz reprennent Justice League America, tandis que Justice League International s’arrête deux mois plus tard, à l’occasion de l’opération « Zero Hour », et que Dan Vado et Marc Campos vont s’occuper d’une nouvelle série, Extreme Justice, très nineties dans le titre.

Jim

Oooohhhh j’aime ce que je vois. Je ne te remercie pas Jim.

Ca fait un moment que ces 2 volumes sont dans ma PAL, mais même le confinement ne m’a pas permis d’arriver jusqu’à eux. :sweat_smile:
En tout cas ça donne envie d’après ce qu’en dis Jim !

C’est pas mal, hein. Entre le classicisme adamsien de Velluto, l’approche fluide de Wojtkiewicz et le trait de Campos, qui absorbe les choix contestables de l’école Image pour en tirer quelque chose, ça donne un TPB assez agréable à l’œil, en dépit d’une première impression mitigée.

Je t’en prie, tout le plaisir est pour moi.

De mémoire, ils datent de 2016 et 2017. J’imagine qu’ils sont encore disponibles, mais sait-on jamais, ça va parfois assez vite, la fin commercial d’un TPB.

C’est une bonne surprise : je les avais pris (les quatre) à leur sortie, parce que j’étais curieux de lire cette période dont j’avais cru comprendre qu’elle était riche en péripéties, mais là, une fois le cycle terminé, je suis plutôt content de ma découverte.

Jim

Ah mais quand je dis dans ma PAL, c’est qu’ils sont à la maison (et depuis leur sortie puisque je les avais précommandés, c’est dire le retard de lecture :sweat_smile: ).
C’est la shopping list, pour des titres que je n’ai pas encore achetés. :wink:

Oui, j’aurais dû mettre un alinéa, parce que le propos s’adressait à tout le monde, en fait, et notamment à Kab qui ne me remercie pas parce qu’il sait qu’il va dépenser des sous.
:wink:
Mais si toi tu les as déjà, n’hésite pas à venir donner ton avis quand tu seras arrivée à ce stade de la pile.

Jim