RÉÉDITIONS DC : TPBs, Hardcovers, Graphic Novels

Alors « Dark Knight Over Metropolis », c’est l’une des sagas importantes, et particulièrement mésestimées, de Batman et Superman. En gros, après Crisis on Infinite Earths, on a deux héros qui ne s’aiment pas. Ils se sont croisés fugitivement dans les Man of Steel de Byrne, et cette saga (une enquête de Batman à Metropolis) est leur première « rencontre officielle », en gros. Et la fin est vraiment super (c’est une scène qui sera reprise de multiples fois, et qui a une grande importance dans la construction des personnages dans cette version de l’univers).
Vraiment, c’est un récit très important. Et en plus, assez joli : Batman par Ordway, ça donne bien !
L’Annual dessiné par Art Adams et contant une histoire assez bateau de vampires est beaucoup plus anecdotique, mais le TPB, pour sa principale saga, est fortement conseillé.

Jim

Récemment, DC a réédité l’entière série Harley Quinn de Karl Kesel en trois volumes. Le troisième est sorti ces derniers temps, étonnamment orné d’une couverture mat au toucher velouté, très agréable (mais qui tranche avec les deux précédents, ça va encore faire râler les collectionneurs.

La série dans son ensemble est très drôle, rapide, souriante, colorée, amusante, remplie de jeux sur le langage et les parlers. Dodson assure l’essentiel des épisodes (et quand il part, la série ne lui survit pas longtemps).
Le troisième volume reprend notamment la saga avec Bizarro, qui est assez drôle. Dodson y livre une prestation très « slapstick », qui pourrait convaincre même ceux qui n’aiment pas son boulot. Harley Quinn (et les autres personnages féminins) est ravissante, et il compose un Bizarro aux mimiques irrésistibles.
Un très bel exemple de la manière dont les comics peuvent utiliser l’humour comme ressort. Trois volumes conseillés à ceux qui veulent se marrer tout en profitant de l’univers DC.

Jim

Récemment, DC a complété la réédition du run d’Ed Brubaker sur Catwoman par un troisième gros volume, couvrant les épisodes dessinés par Paul Gulacy.
Pour info, les tomes 1 et 2 correspondent à la précédente édition TPB en quatre volumes, qui s’était arrêtée avant les Gulacy. Donc si vous avez ces quatre-là, inutile de reprendre les pavés 1 et 2, vous pouvez vous contenter, comme votre serviteur, du pavé 3. Et si vous n’avez jamais lu les Catwoman de Brubaker, vous avez trois volumes épais à votre disposition, couvrant 37 épisodes.

L’arrivée de Gulacy casse un peu l’orientation « roman noir » du dessin cookien qui définit les épisodes précédents. Personnellement, je ne suis pas super fan, et j’avais un peu décroché de la série à l’époque.
Mais Brubaker tient bien sa barque, gérant les relations de Selina avec la famille Bradley, et rameutant un personnage qu’il avait créé pour ses épisodes de Batman. C’est pas mal, malgré le dessin rigide de Gulacy. Pas le Brubaker que je préfère, mais au moins, désormais, son run est intégralement réédité.

Jim

Ah, ça je vais prendre. J’ai peu d’épisodes de cette période et ça sera l’occasion de la redécouvrir…

J’ai relu il y a quelques jours la mini-série Jonah Hex: Shadows West, la plus courte du recueil. Je l’avais en fascicule et elle s’est retrouvée sur une pile de choses dépareillées, à portée de main pour une lecture détente (je sais pas pourquoi, mais je me fais une cure de Lansdale / Truman, en ce moment : je viens de me lire Dead Folks, chez Avatar, par exemple…).
Bref.
Hé bien c’est toujours aussi chouette, Jonah Hex par ces deux-là.

L’histoire commence par une scène de tribunal qui renvoie directement au juge Roy Bean (vous savez, celui dans Lucky Luke), mâtiné un brin du juge Parker. Déluge de mauvais esprit, de mauvais goût et de mauvaises fusillades (le carnage dans la rue…), cette scène d’intro place l’ambiance. On est dans de la parodie grinçante et ricanante, pas vraiment loin de l’aire de jeu dans laquelle s’ébat bien souvent Garth Ennis.
L’ensemble est envahi de one-liners qui font mouche, le tout écrit dans un argot elliptique qui demande un peu d’attention.
Là-dessus, Jonah Hex, désabusé comme jamais, croise le chemin d’un nain as du pistolet, qu’il accompagne jusqu’au cirque où il travaille. L’éternel justicier itinérant s’installe donc au pays des jongleurs, des acrobates et des bêtes de foire, même pas convaincu lui-même que ce soit une bonne idée.
Le portrait du patron du cirque, Buffalo Will, est saisissant : aventurier raté, frustré et jaloux, il tente de grapiller des miettes de gloire en vivant dans l’ombre de son presque homonyme, nettement plus célèbre que lui, mais pas vraiment moins imposteur. Will est un complexé trouillard, qui envoie ses hommes (et femmes), belle galerie de clichés de l’ouest (la flingueuse, le benêt…) au feu pour son compte.
C’est dans ce décor (banal à pleurer ?) que Hex rencontre une indienne, qui sert de repos du guerrier aux hommes de la troupe. Il décide de quitter cette foire aux monstres et propose à la femme de venir avec lui, accompagnée de son enfant, une sorte de… bébé ours.
S’ensuivent des poursuites, des fusillades, des bons mots, de la cruauté, des remarques qui fusent, des instants d’émotion et des fulgurances de fantastique que même le héros ne comprend pas.
Méchant, acide, sadique, drôle et teinté de surnaturel, c’est une mini-série qui se lit rapidement, qui fait bien rire, et qui écorne sérieusement l’image de l’ouest. « Shadows West », c’est un peu aussi « Shadows of the West », tant la description de ces contrées sauvages lentement grignotées par la civilisation (dans ce qu’elle a de pire : le divertissement comme monstration de l’anormalité) en vient à dire que l’ouest n’est plus que l’ombre de lui-même. Les indiens portent des lunettes et changent de nom, les cow-boys sont des clowns, la culture indienne est violée… Portrait à l’acide.
Amusant, mais triste.
Signalons l’équipe éditoriale de l’époque. Stuart Moore, futur scénariste (pas dégueu d’ailleurs), et son assistant Cliff Chiang, futur dessinateur.

Jim

La mini-série Mystery in Space, écrite par Jim Starlin en 2006-2007, a été compilée en deux tomes. Je les ai depuis longtemps, mais je n’ai lu sérieusement le truc que récemment.
Et c’est très sympa.

L’histoire se passe sur Hardcore Station, un satellite artificiel d’obédience ultra-libérale. Starlin en profite pour balancer un peu de son venin anti-clérical et anti-capitaliste, dans une veine assez humoristique, tendance humour noir et rire jaune. Sur cette station vit Captain Comet, vieux héros SF de DC. Il a vieilli, il a les tempes blanches et il est revenu de tout. Dans le premier épisode, il est victime d’une agression qui le laisse pour mort. Mais bon, pas tout à fait.

Revenu à la vie d’une manière qu’il n’explique pas lui-même, Captain Comet se met en quête de ses assassins et de ses commanditaires. Ce qu’il ne sait pas, c’est que sa résurrection est liée à celle d’un autre personnage, le Weird, qu’il avait animé dans la série du même nom, dessinée par Berni Wrightson en 1987. Version légèrement modifiée de ce héros bizarre (comme son nom l’indique), ce personnage en partie amnésique explore lui aussi Hardcore Station afin de comprendre ce qui lui arrive et d’où il vient (et à qui appartient le corps à partir duquel on a cloné celui qu’il habite).

L’astuce de la série, c’est que les deux héros suivent des parcours différents et parallèles, sans se rencontrer avant le huitième et dernier épisode. Les numéros sont divisés en deux parties, toutes deux écrites par Starlin. La première, consacrée à Captain Comet, est dessinée par Shane Davis (dont je trouve personnellement que c’est son meilleur boulot, mais c’est pas bien dur), dépanné par Ron Lim, qui fait super bien le job. L’autre, consacrée au Weird, est dessinée par Starlin (souvent encrée par son vieux compère Al Milgrom). Pour le vieux fan, retrouver Starlin dans une narration exigeante et des décors SF, c’est super agréable.

L’intrigue tourne autour d’un putsch politique où une faction extrémiste tente de mettre la main sur Hardcore Station. Le satellite, au centre d’une série que Starlin avait réalisée quelques années plus tôt (mais que je n’ai pas lue) est décrit de manière assez claire, mais je me demande dans quelle mesure avoir lu Hardcore Station n’aide pas à mieux saisir les ressorts de Mystery in Space, sur quelques détails.

L’édition en deux volumes propose, en bonus, la réédition de The Weird, la série de Starlin et Wrightson, excellente occasion de redécouvrir une série qui aurait mérité un coup de projecteur beaucoup plus tôt.

Jim

Je ne pense pas que cela ait déjà été posté, donc pour les amateurs de vieilleries (dont je fais partie), voici trois hardcovers qui sortiront en octobre, publiés non pas chez DC mais chez Book Sales (Chartwell Books).

Il s’agit de compilations de plusieurs numéros entre 1938 et 1945 (selon les personnages), agrémentées de commentaires et analyses par Roy Thomas.

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comics-sanctuary.com/bdd/com … 1939-1945/

Extrait consultable sur google books

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comics-sanctuary.com/bdd/com … 1938-1945/

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comics-sanctuary.com/bdd/com … 1941-1946/

Je confirme ce que dit JIM de cette Mini que j ai trouvé en solde en singles…
Sympa mais pas transcendant.
Je pense qu Ennis était d abord sur Hellblazer avant Demon.

edit aprés verification 91 pour Hellblazer et 94 pour Demon

J’ai lu Dial H "Into you" et je vous en parle ici, pour ceux que cela intéresse.

Une nouvelle orientation pour cette ancienne série de DC Comics, qui n’est pas sans rappeler la reprise de la Doom patrol par Grant Morrison.
Il serait d’ailleurs du meilleur goût qu’un éditeur hexagonal s’y intéresse si vous voulez mon avis. :wink:

Pour ceux qui n’auraient pas été convaincus par mes articles précédents, je remets le couvert en creusant le sujet : pour ceux que cela intéresse c’est par ici.

D’autant que le recueil de SEMIC est disponible pour une bouchée de pain. :wink:

Dommage d’ailleurs qu’on n’ait pas pu faire le deuxième TPB, à l’époque, dans lequel il y avait de fort bonnes choses (dont un épisode sur le Finnois qui évoque au passage la Guerre d’Hiver, un passage méconnu mais fascinant de la Seconde Guerre Mondiale)

j’ai les deux tpb vo, je ne sais si la qualité se maintenait jusqu’à l’annulation de la série, mais stormwatch team achilles fut l’une des dernières très grandes réussites de wildstorm.

En goguette chez Pulps en début de semaine, j’ai fait un crochet par le rayon Essential / Showcase (à l’instigation d’un copain qui trouvait sans doute que je ne croulais pas déjà sous le poids des TPB que j’avais raflés).

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Et donc, je trouve, enfin (non : ENFIN !!!) le Showcase intitulé The Great Disaster Featuring the Atomic Knights. Grosso modo, ça parle de post-apocalyptique. En proposant un sommaire un peu foutraque, fédéré de manière thématique, et non autour d’une série ou d’un auteur.
Le bouquin regorge de curiosités. Pour le vieux lecteurs que je suis, les deux trucs passionnants, c’est les Atomic Knights (des survivants de la bombe qui revêtent des armures de chevaliers les protégeant des radiations), une série de John Broome et Murphy Anderson parue dans Strange Adventures, et ensuite Hercules Unbound, une série post-apo des années 1970 magnifiquement dessinée par Wally Wood, José Luis Garcia-Lopez et Walter Simonson.

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Mais l’intérêt du recueil ne s’arrête pas là. D’une part le sommaire est « chronologique », s’articulant autour d’un désastre annoncé :

  • Pre-disaster warnings (avec des récits de Sheldon Mayer et Alfredo Alcala qui dégagent un fumet proche de celui de Camelot 3000).
  • The Day after Doomsday (compilant une petite back-up tournante de deux pages, publiée dans les anthologies de SF des années 1970, et parmi lesquels on déniche une histoire de Roger McKenzie et Frank Miller, que même moi je découvre).
  • Tales of the Atomic Knights (là, c’est simple et facile à comprendre).
  • The Gods Return (chapitre passionnant, parce qu’il propose Hercules Unbound, mais aussi l’Atlas de Kirby, issue du 1st Issue Special #1. Même encré par Bruce Berry, du Kirby de 1975 en noir & blanc, ça tabasse).
  • More Tales of the Post-Apocalyptic World (compilant quelques récits courts, notamment des back-up de Kamandi explorant le monde post-apo de Kirby).
  • Alternate Endings (connectant ce monde cauchemardesque à l’univers DC).

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Bref, un sommaire riche et assez inhabituel pour un Showcase, qui donne l’occasion de lire ou relire des choses assez rares et un peu oubliées. Et ce, vraiment à tort. N’hésitez pas.

Jim

Ça doit peser un de ces poids, des armures en plomb (et suffisamment épais pour arrêter les radiations, qui plus est) !

Tori.

Je découvre également que ces deux pages existent sur le net. Alors partageons.

Jim

J’ai acheté ce Showcase après avoir lu ton post…et c’est vrai que le sommaire est assez copieux !

Je lis en ce moment les Super-Zéros (et ça commence vachement bien, les 50 premières pages sont déjà pleines de persos hallucinants dont je n’avais jamais entendu parler) et dès que j’ai fini, j’enchaîne avec cet énorme pavé…

Je viens de relire la fin du run de Bill Messner-Loebs sur Wonder Woman, illustré par Mike Deodato (qui faisait une entrée remarquée chez les deux majors à cette occasion).
Pour faire court, c’est pas mal du tout, mais ça a un goût d’inachevé.

L’ensemble des épisodes a été compilé dans deux petits TPB, tels qu’on en faisait il y a vingt ans à une époque où l’édition de TPB n’était pas monnaie courante. Le premier s’intitule « The Contest » et le second « The Challenge of Artemis ».

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Bill Messner-Loeb est sur la série depuis une grosse vingtaine d’épisodes, succédant à George Pérez qui avait refait de la Princesse Amazone un personnage incontournable. Il avait réussi à s’émanciper de l’ombre de son prédécesseur, ce qui n’était pas facile. Je n’ai pas tous les épisodes de cette période, mais ce qui frappe, c’est l’approche du scénariste, qui confronte son personnage au monde réel, et notamment à l’argent (comparable un peu à ce qu’il a fait sur Flash). Il est en général assisté de dessinateurs plutôt compétents mais pas tape-à-l’œil (Jill Thompson, Paris Cullins, Lee Moder…). L’arrivée de Deodato au numéro 90 va donc changer la donne.
Même si son premier épisode est encore assez calme, Deodato lorgnant vers Silvestri, Garcia-Lopez voire Russ Manning, le dessinateur va rapidement imposer le style qu’on lui connaît, fait de cases éclatées et de bimbos aux jambes kilométriques.

L’intrigue est en gros la suivante : Diana vient de libérer Themyscira du joug de Circe, qui avait fait disparaître l’île dans l’espace-temps. Elle est contente de retrouver sa mère (Hippolyta) et ses copines (Mala, Phillipus…), mais pour les Amazones, la séparation a duré dix ans, durant lesquels les guerrières se sont trouvées opposées à une tribu perdue, avec laquelle elle doivent s’allier afin de survivre. Ces Amazones retrouvées partagent désormais une partie de l’île.
La Reine Hippolyta, persuadée que sa fille n’a pas réellement bougé son popotin pour sauver les Amazones, organise un nouveau tournoi visant à désigner une nouvelle Wonder Woman qui, elle, assumera son rôle. Diana s’inscrit, mais c’est Artemis, membre de la tribu perdue, qui remporte la mise. Dans le même temps, Diana a découvert quelques secrets familiaux et met en doute la parole de sa mère quant à sa naissance et sa lignée. Bref, le torchon brûle entre la mère et la fille.

Messner-Loebs pratique une politique de guerilla, secouant le statu quo de la série régulièrement. L’irruption d’un dessinateur spectaculaire (mais qui ne fera pas illusion longtemps) est l’occasion d’un bon secouage de cocotier. Endossant un autre uniforme, Diana s’associe à un détective privé afin de mener des enquêtes lucratives qui lui permettront d’aider ses amies. Et on sent bien que le scénariste a un fil rouge à dérouler mais, au fil des épisodes, on a l’impression qu’il se précipite pour ranger les jouets. En effet, les choses mises en place (l’agence de détective de Diana, la campagne de comm d’Artemis…) sont éclipsées par des séquences de baston fort spectaculaires mais un peu encombrantes.

La narration de Messner-Loeb procède souvent par ellipse, mais la mise en scène de Deodato rend parfois l’ensemble un peu flou. Il est de notoriété publique qu’à l’époque, le dessinateur ne lisait pas très bien l’anglais, ce qui occasionnait parfois des erreurs, des bourdes. Ici, si le premier épisode est à peu près nickel (avec même un effet narratif intéressant : une même scène vue par deux personnages différents, avec deux interprétations opposées), on a quand même des scènes bizarres, des personnages qui sortent de nulle part, et visiblement des dialogues plaqués à des fins de colmatage.

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Le récit emmène Diana au milieu d’une guerre des gangs à Boston, à laquelle participe le White Magician, qui s’avère être le gros méchant qui tire les marrons du feu. Parallèlement, Artemis lutte contre des vilains caricaturaux (genre : The Chauvinist) et s’épuise dans ce qui s’avère n’être qu’une mise en scène de ses chargés de comm.
C’est là qu’on sent que le scénariste en avait encore sous la pédale. Parce que plein de choses demeurent irrésolues ou simplement survolées. Par exemple, rien n’est résolu concernant les chargés de comm. L’affaire de l’agence de détective est abandonnée en cours de route. Artemis meurt* à la fin du combat contre le White Magician devenu un monstre, et se contente de dire à Diana dans un dernier râle qu’elle est la seule et unique Wonder Woman.
Les choses étant précipitées, il manque à cette série d’épisodes une engueulade franche entre les deux héroïnes, et peut-être aussi de grandes scènes d’action communes, que l’on ne voit en fait qu’en couverture. Ce qui rajoute à ce sentiment d’inachevé.
Quand Messner-Loebs et Deodato partent, ils sont remplacés par John Byrne, invité par l’editor Paul Kupperberg. Ce dernier souhaitait-il secouer à nouveau le cocotier de la série ? Messner-Loebs n’avait-il plus rien à dire ? Les relations éditoriales s’étaient-elles distendues ?

Il y a un sentiment de « dommage, quand même », à la lecture de ces deux TPB. L’épisode 100 comprend beaucoup de belles scènes, et s’il a un rythme tout à fait convenable, on sent bien que le scénariste range les jouets et boucle ses intrigues. Il y a une idée formidable concernant Circe, où l’on reconnaît une idée que Messner-Loebs a souvent exploitée, à savoir la rédemption du vilain. Et là encore, on se dit qu’il aurait peut-être géré les choses différemment, relançant l’affaire autour de la méchante.
Quelque chose que l’on retrouvera d’ailleurs dans les épisodes de Thor que Messner-Loebs (illustré par différents membres du Deodato Studio), qui reprennent l’idée de la sorcière convertie (l’Enchanteresse) et du double arrogant (Red Norvell). Un run qu’il n’aura pas non plus le temps de faire fructifier.

Jim

  • J’ai pas trop bien suivi, mais de mémoire, elle est revenue. Et il me semble par Messner-Loebs. Le scénariste promoteur à la tête d’une série dérivée. C’est un peu comme Thunderstrike créé par DeFalco, par exemple…

Pour info, l’année prochaine est prévu le TPB Wonder Woman by Mike Deodato. Il reprendra le contenu du volume The Contest + le #85 (V2).
Je suppose que le suivant fera aussi l’objet d’une « réédition ».

Sur le run lui-même, je dois dire que j’ai un petit faible pour lui parce que Diana voit son rôle de WW remis en cause. Et puis c’est plaisant de voir une autre version de WW, Artémis marchant plus au « rendement » que Diana. D’ailleurs si je me souviens bien (ma lecture remontant à pas mal de temps^^’), dans The Challenge of Artemis, Artémis lui dit quelque-chose du genre « j’ai eu plus de résultats en 4 mois que toi en 4 ans ». C’est sur qu’Artémis se pose moins de « questions existentielles » et fonce dans le tas. On va dire qu’elle est plus action que réflexion puis action. :laughing:
Côté dessinateur, ce n’est pas ma période préférée, n’étant pas fan des femmes à « tablettes de chocolat », taille extra-extra fine ou cambrure exagérée.

Oui Artémis revient plus tard, Diana, redevenue WW, est allée la « récupérer » chez Hadès. Ca se passe dans Artemis: Requiem.

J’aimerais bien qu’ils s’intéressent à l’ensemble du run de Messner-Loebs. J’ai l’impression, du peu que j’en ai lu, que ça me plairait bien.

Mais ça ne va pas loin. Diana monte son agence de détective, elle se bat contre trois méchantes et le Joker dans le cadre de la guerre des gangs, et on finit par oublier tout cela très rapidement. Ce qui est fait autour de Circe est excellent, mais c’est rapidement escamoté. Ouais, dommage. Très lisible (j’ai adoré m’y replonger hier), mais un brin superficiel, hélas.

Ce point-là également n’est pas creusé. Pas de réelle discussion morale, ou technique, ou logistique, à part l’argument du « tu empiètes sur mes plate-bandes ». Et pas réellement de conséquence sur la campagne de pub mensongère dont Artémis est elle-même victime. Là encore, j’ai l’impression que Messner-Loeb aurait pu aller plus loin (genre, Diana aurait pu aller demander des comptes à des gens). Le seul fait que la mini-série Requiem existe me laisse dire qu’il avait envisagé des suites dans la série même. C’est dommage parce qu’il y a tellement d’idées dans ces deux tomes qu’on aurait bien aimé qu’il continue (parce que bon, le début de la période Byrne, c’est pas mirobolant).

En soi, je ne déteste pas. C’est too much, c’est du Jim Lee sous amphétamines, c’est pas équilibré, mais bon, son modèle de nana ne manque pas de sex appeal. Sauf que le problème est là : il n’y a qu’un seul modèle. Elle sont toutes coulées dans le même moule. Etta Candy fait des apparitions, et c’est pareil, une bimbo qui fait 2m12… de jambe ! Alors que Pérez avait trouvé un moyen de la laisser ronde tout en la faisant jolie.
Les filles de Deodato, en tout cas à cette période, c’est un peu des playmobil : on les reconnaît à la coiffure qui diffère.

Je crois que j’ai jamais lu.
Et ça n’a jamais été compilé, ça ? Si ?

Jim

Je suis d’accord, c’est intéressant sans être renversant. Ce qui est le cas d’autres parties de ses aventures (je parle dans sa propre série) d’ailleurs. J’adore le personnage, mais je suis réaliste sur la qualité des productions qui la concerne. Il manque toujours quelque-chose qui empêche de dire « ça c’est vraiment super » (à part pour la période Pérez pour ma part).

Je n’ai lu que le #1 de cette série, je ne sais pas ce qu’elle vaut.
Je ne crois pas qu’il existe de compilation (mais sans certitude).