La suite et fin du run de Gail Simone sur Wonder woman, Demon et Fourth world de Jack Kirby; Deadman d’Arnold Drake & Neal Adams, les compilations War, Sgt. Rock, Western; les rééditions sont menées sur plusieurs fronts éditoriaux de diverses époques, c’est appréciable pour un format idéal, volumineux sans verser dans le parpaing.
Je suis curieux de voir si la même approche pourrait être appliquée au catalogue vertigo dont un certain nombre de publications pourraient être exhumées: la ligne Vertigo Vérité, les histoires sur la guerre de Garth Ennis, des compilations des travaux de Joe R. Lansdale, Ted McKeever, etc…
The Ultimate Battle of Minds—Superman vs. Brainiac Across Time
Superman: Brainiac Reborn Omnibus collects a sweeping saga of Superman’s most cerebral and dangerous foe—Brainiac. Spanning key issues from Action Comics, Superman, and Adventures of Superman between 1989 and 1996, this volume showcases the evolution of Brainiac from a classic villain to a terrifying force of intellect and manipulation. As Superman faces threats to Metropolis, his identity, and even reality itself, Brainiac’s schemes grow more insidious, culminating in battles that test the Man of Steel’s strength, will, and compassion. Featuring stories by Roger Stern and stunning artwork by Jerry Ordway, this omnibus is a must-have for fans of Superman’s most iconic confrontations.
Youpi !
Jim
Dont le sommaire (du moins s’il s’agit bien du bouche-trou post-Exile/pré-Triangle Era) devrait notamment contenir ceci :
The Brainiac Trilogy :
The Day of the Krypton Man :
Soul Search :
Dark Knight Over Metropolis :
Les débuts d’Hank Henshaw (avec sa propre version des FF d’en face) le futur Cyborg Superman :
Sans oublier ce stand-alone à échelle humaine (un de ces moments de respiration entre deux sagas) :
Que du bon !
Jim
Superman: Brainiac Reborn omnibus contents provided by Omar of Near Mint Condition as:
Action Comics (1938) #647-658
Adventures of Superman (1938) #461-471 and Annual (1990) #2
L.E.G.I.O.N. Annual (1990) #1
Lex Luthor: The Unauthorized Biography #1
Superman (1987) #38-48
Superman Special (1992) #1
Superman: « Under a Yellow Sun » a Novel by Clark Kent
La réédition des New Teen Titans de Wolfman est allée jusqu’au tome 14. C’est en tout cas le dernier que j’ai (mais il me manque le 11 et le 13 : va falloir que je les trouve). Il fait la jonction avec la saga « Who is Donna Troy », qui marque le retour de George Pérez.
C’est pas mal, en grande partie grâce à Eduardo Barreto, qui assure le dessin sous les encrages notamment de Romeo Tanghal. Le recueil s’ouvre sur deux épisodes consacrés à Wildebeest, qui va devenir un vilain important de la série. L’histoire est plutôt réussie, d’autant que Wolfman mobilise pas mal de personnages (Wildebeest s’en prend à la complice de Brother Blood tandis qu’on voit des alliés des héros, ce qui nourrit l’intrigue).
Mais ensuite, la série marque le pas, alignant les récits en un épisode sans réelle envergure, qui permettent néanmoins de se consacrer à certains personnages en solo (à l’exemple de l’épisode dessiné par Curt Swan et centré autour de Raven).
La présence de Barreto est ponctuée de coups de main donné par des gens divers, comme Michael Collins ou Erik Larsen, ce qui contribue à donner l’impression d’un récit décousu, d’une série qui se cherche. Le sommaire de ce recueil propose aussi deux Annuals, l’un tiré de la série et l’autre provenant de Secret Origins : chacun de ces deux épisodes est réalisé par un collectif d’illustrateurs, ce qui rajoute à la diversité graphique et dilue encore la cohérence de l’ensemble. Surnage un chouette diptyque où les justiciers juvéniles croisent les héros d’une version précédente de Dial H for Hero, mais autrement, ce recueil est l’un des plus faibles de la série.
Jim
Ah, apparemment, j’ai un espion qui me les a trouvés. Bientôt, des notes de lecture.
Jim
J’ai récemment trouvé à un prix modique le premier tome compilant les épisodes de Batman réalisés par le tandem Doug Moench au scénario et Kelley Jones au dessin. Et, franchement, c’est un régal.
Le sommaire prend le parti de rassembler tous les épisodes, y compris ceux qui sont concernés par des cross-overs, parfois minimes (comme « Troika » ou « Underworld Unleashed »), parfois plus importants (à l’image de « Contagion »). Mais Moench et Jones, sous la supervision de Dennis O’Neil, s’arrangent pour rendre leurs épisodes accessibles, et dans l’ensemble, ils sont rares, au milieu de récits davantage auto-contenus. On commence donc avec Batman #515, première partie de « Troika », qui arrive après les grosses machines qu’ont été « Knightsend », « Prodigal », voire « Zero Hour ». Les équipes artistiques soufflent un peu et, surtout, l’encadrement éditorial facilite la mise en avant d’une personnalité marquée identifiant chaque série.
Doug Moench est un vétéran de l’écriture, qui a laissé quelques prestations remarquées sur divers personnages (pour ma part, je retiendrais spontanément Captain Marvel avec Pat Broderick et Master of Kung-Fu avec Gulacy, Zeck ou Day, mais il a fait plein d’autres choses. Et il a notamment travaillé sur Batman au début des années 1980, mêlant à l’atmosphère de polar renaissante quelques touches de fantastique. Là, sous l’égide d’O’Neil et dans une ambiance éditoriale différente (la Batmania est passée par là et la pression d’Image se fait forte et incite les deux majors à faire du « in your face » à leur sauce), il développe un Batman particulier.
Kelley Jones, de son côté, vient de se faire remarquer pour deux mini-série en prestige format consacrées à Deadman, où il a développé un style quasi gothique qui emprunte un peu à Mignola et renvoie beaucoup à Wrightson. Il est associé au Bat-Office depuis quelques mois puisqu’il assure les couvertures de Batman, dont l’intérieur est réalisé par des gens comme Mike Manley ou Ron Wagner. C’est donc une fois passés tous les cross-overs qu’il peut enfin donner sa vision du personnage.
Ensemble, ils vont donner une version quasiment pulp du personnage. Par pulp, on entendra cet étrange intersection entre le récit policier et le conte fantastique, où le sens du merveilleux (le « sense of wonder » anglo-saxon) côtoie un indéfinissable sentiment d’inquiétude, voire de peur. Et Moench connaissant ses classiques, il sait reprendre les poncifs de la littérature de genre un brin sensationnaliste, et l’on aura droit à des sectes étranges, à des expériences sensorielles interdites, à des mutations monstrueuses, à des cités perdues et des civilisations oubliées, à des savants fous. Sous leur impulsion, Batman se mue en détective de l’occulte et en globe-trotter, dans la lignée d’O’Neil.
Les récits sont pour l’essentiel composés en diptyque. Moench et Jones ouvrent le bal avec « Sleep », qui confronte Batman à un tandem inquiétant, dont une femme aux pouvoirs exacerbés par le manque de sommeil et un état de conscience altéré. Suivront un récit consacré à Black Mask, personnage que Moench a créé dix ans plus tôt, puis à Killer Croc, ennemi inventé par Gerry Conway, diptyque à l’occasion duquel Batman poursuit son ennemi reptilien sur le territoire de Swamp Thing, puis au Scarecrow, à Mister Freeze (un épisode indépendant lié à « Underworld Unleashed »), à Two-Face puis à Deadman, à l’occasion d’un triptyque qui laisse plus d’espace aux auteurs pour raconter l’aventure. Trois épisodes, c’est un format que le tandem utilisera à nouveau, notamment à l’occasion d’une énième rencontre avec Man-Bat (mais qui n’est pas recueillie dans ce tome)…
Le format diptyque impose aux auteurs de gérer l’information de manière serrée. Batman enquête, il faut donc passer par les étapes classiques de la recherche d’indices. Parfois, Moench débute ses histoires in medias res, et bien souvent il se sert de la voix off afin d’envoyer aux lecteurs les détails nécessaires à la compréhension, mais aussi à l’avancée de l’intrigue. C’est rondement mené et souvent elliptique.
Jones cède parfois la place à d’autres illustrateurs, dont Eduardo Barreto ou J. H. Williams III, à l’occasion d’épisodes qui ne sont pas repris dans ce recueil. Moench saisit l’occasion pour tourner les projecteurs vers d’autres personnages (Bullock avec Barreto, Alfred avec Williams…). Le scénariste, cependant, rend facilement accessibles ses épisodes, et leur absence dans le recueil ne nuit pas du tout à la compréhension. D’autant qu’une partie des épisodes fait écho à des développements sur le long terme : la fâcherie avec Gordon, les élections municipales, le retour d’Alfred… En dépit des « trous » dans le sommaire, c’est plutôt facile à suivre, témoignant de l’attention que Moench et O’Neil accordent à l’accessibilité de chaque épisode.
Si Moench et Jones insistent sur la dimension crépusculaire des aventures de Batman et sur la collision entre les intrigues policières et les ambiances surnaturelles, leurs épisodes sont également très drôles. L’humour est souvent visuels, Jones s’amusant à glisser des détails dans les décors, à surenchérir les décorations architecturales ou les champignons sur le dos de la Créature du Marais. Sa version de la Batmobile, tenant un peu de la Coccinelle cartoony à laquelle on aurait rajouté un aileron de requin, est irrésistible. La Batcave est emplie d’ordinateurs et de microscopes aux surdimensions exagérées qu’on pourrait croire en provenance d’une parodie signée Wally Wood, et le justicier sort de ses poches sans fond des équipements de terrain dont on devine sans mal qu’ils ne peuvent pas tenir dans une ceinture multi-usages. Quand Batman se déplace en ville, Jones n’hésite pas à le représenter faisant de l’escalade murale par la fenêtre d’une salle de bain où un gothamien se lave les dents sans s’apercevoir de rien. Et que dire du légiste, Mortimer Gunt, personnage inventé dans Batman #516 et dont les échanges avec Batman ou Bullock valent leur pesant de cacahuètes. Les auteurs confèrent à leurs épisodes un décalage absurde qui tranche avec les chapitres dessinés par d’autres et sans doute avec les autres séries du moment, mais cela contribue à donner à la série une tonalité unique.
Quant à Jones, avec l’encrage net et précis de John Beatty, il livre une prestation qui, paradoxalement, brille de mille feux. Si l’ambiance est souvent sombre et nocturne, les ombres riches et les lumières qui s’accrochent aux surfaces ont quelque chose de lumineux. La clarté du trait renvoie parfois même à Michael Golden, à qui Jones semblent emprunter ses hachures et des brillances.
La capacité du dessinateur à ne jamais dessiner le même visage à un personnage reste tout de même sidérante. Jones parvient à changer régulièrement les traits, voire la coiffure dans le cas de personnages féminins, de ses protagonistes, mais sa mise en scène (facilitée par les couleurs de Gregory Wright et le lettrage de Todd Klein) permet de ne jamais confondre les gens en présence.
Le recueil se conclut sur Batman #535, un récit d’un seul tenant où Moench renoue avec le thème du savant et de son cobaye, à mi-chemin entre la relecture de Frankenstein et celle du super-soldat. Il reprend une structure de récit déjà éprouvée dans certains de ses épisodes, la vengeance exercée sur une liste de victimes. Ça tourne bien, et le scénariste intègre le personnage d’Oracle pour une touche de pathos peut-être facile mais efficace. Un chouette dernier chapitre pour un tome 1 qui me donne bougrement envie de lire le tome 2.
J’ai découvert ce graphisme si particulier de Kelley Jones, à la suite de ma lecture de “Deadman” dans la collection super-Héros. Un vrai choc ! Le retrouver sur Batman des années plus tard dans “Batman Legend” puis “Strange”, fût un régal. Sa batmobile était une version improbable des “Fous du Volant” ! Splendide de décalage !
Pour les retrouver dans les “Batman Chronicles” chez Urban , va falloir attendre…
Je pense que je suis dans le même cas. J’ai sans doute vu son nom associé à un truc avant, mais c’est l’un des premiers travaux où j’ai réellement identifié son style. Ça et « A Dream of Thousand Cats » dans Sandman.
Elle est géniale !
- Donc y a le temps.
Elle en est où, la collection ? 1990 ?
Sachant que 1992 et suivants devraient aller un poil plus vite, puisque ces périodes, peuplées de gros cross-overs, ont été couvertes (Knightfall / Knightquest / Knightend / Prodigal…), et que le boulot de traduction et de lettrage ne concernera que quelques épisodes à rajouter… et même si le boulot associé à ces volumes est considérable, il sera quand même allégé.
Mais il faut déjà arriver à cette période (bon, c’est Batman, je ne me fais pas trop de souci). Donc encore 1990 à finir, 1991 à faire et 1992 à entamer. Ensuite, les grosses zoumbazoum, et après, cette période.
On a le temps de voir venir.
Jim
L’univers DC, surtout après l’énorme ravalement qu’a été Crisis on Infinite Earths, a été marqué par des prestations mémorables sur des séries phares (allez, dans le désordre et selon les goûts de chacun, des Wonder Woman de Pérez aux JLA de Morrison en passant par les Superman de Byrne…). L’encadrement éditorial, dès la seconde moitié des années 1980, a tenu également à élargir le catalogue en offrant à des personnages secondaires des séries à leur nom, là où précédemment ces héros bénéficiaient de numéros spéciaux, de back-ups ou, au mieux, de séries limitées. C’est ainsi que des figures aussi prééminentes que Green Arrow ou plus tard Robin, Catwoman ou Nightwing, accèdent enfin à des séries mensuelles, par exemple.
C’est le cas du Doctor Fate, personnage magique né dans le Golden Age, soit les années 1940, et qui n’a eu droit qu’à quelques apparitions sporadiques (dont un très bel épisode dessiné par Walt Simonson). Pour faire court, Fate, c’est Kent Nelson, investi d’un pouvoir magique hérité à la suite de la visite dans un site archéologique égyptien. Nanti de capacités magiques hors normes, il vit dans sa tour isolée avec son épouse Inza, et n’en sort qu’à l’appel de situations tragiques et dangereuses.
La récente édition, au format « Compendium » (de gros recueils en couleurs et à couverture souple) de l’intégrale du Doctor Fate par Jean-Marc DeMatteis est l’occasion de redécouvrir cette version revisitée, qui appartient à ce qu’Alex Nikolavitch avait un jour appelé « les chemins de traverses » de l’univers DC, à savoir une exploration des grands mythes de l’éditeur par le truchement d’un personnage qui s’en est souvent tenu à la périphérie. Ces chemins de traverse sont plus ou moins courts (parfois un an ou deux, parfois plus, jusqu’à une cinquantaine d’épisodes) et c’est souvent l’occasion de savourer une prestation ingénieuse teintée d’une voix reconnaissable (John Ostrander a fait une partie de sa carrière sur ce genre de séries de second plan, avec Firestorm, Spectre ou Martian Manhunter, mais on peut aussi citer le Hourman de Tom Peyer, par exemple). Parfois même, ces chemins de traverse accèdent au statut de classiques, à l’exemple du Suicide Squad d’Ostrander (encore lui) ou du Starman de Robinson.
Le Doctor Fate de DeMatteis me semble de cette étoffe. Le recueil compile la mini-série de 1987, en quatre épisodes dessinés par Keith Giffen dans son style munozien, ainsi que la série de 1988 qui comptera vingt-quatre numéros et un Annual, le tout dominé par le style de Shawn McManus.
La mini-série fonctionne sur le principe déconstructeur que DC applique souvent à ses personnages à l’époque. On assiste au dernier combat de Fate dans sa version Kent Nelson, ce dernier étant désormais veuf. Il affronte Typhon dans le cadre de la guerre entre l’Ordre et le Chaos qui secoue les coulisses surnaturelles de l’univers DC. En parallèle de ce dernier combat, le récit nous donne à suivre d’une part le docteur Stoner, praticien de l’Asile Arkham qui tente de s’emparer du pouvoir de Fate, et d’autre part Linda et Eric, belle-mère et beau-fils hantés par des visions qui les conduisent sur le chemin de Fate. Nabu, le Seigneur de l’Ordre qui possède le corps de Nelson, fait vieillir Eric afin que, une fois adulte, il puisse se fondre avec Linda au cœur du nouveau Fate. Car on apprend que le pouvoir de Fate repose sur un couple, sorte de réécriture du mythe de l’hermaphrodite à la sauce super-héros.
La fin de la mini-série nous laisse avec un Fate reconstruit (et donc bicéphale), un Nabu investissant le corps de Nelson cette fois bien mort, en attente de développement. Si Giffen et DeMatteis utiliseront le personnage dans la nouvelle version de la Ligue, il faudra attendre presque deux ans pour que le bon docteur ait droit à sa série mensuelle, dont le premier numéro est daté de décembre 1988.
Si la mini-série s’avérait très sombre, dans la lignée des travaux les plus sérieux du scénariste, avec une attention particulière aux voix off, au lettrage et à la verbalisation de la folie et du désordre mental, la série mensuelle débute sur une tonalité plus légère, s’inscrivant dans la réfection de la Ligue sur un ton de comédie. Linda et Eric devenu adulte partagent un appartement avec Nabu dans le corps de Kent, qui tient lieu de tonton infréquentable. L’une des premières intrigues les opposent à un sorcier de bas étage et, à la faveur d’un portail dimensionnel, un démon appelé Petey passe dans le monde des héros et choisit de s’installer également dans le foyer commun, sous la forme d’un chien qui parle (d’où une hilarante publicité d’époque).
Les premières intrigues connectent ce quatuor singulier (bientôt rejoint par un juriste qui occupe la fonction de candide) à l’univers DC. DeMatteis ramène son personnage de vampire existentiel, Andrew Bennett, pour une intrigue de fin du monde basée sur la mythologie de l’Inde, et on croise également Deadman, Darkseid ou encore Wotan, un vieil ennemi de Fate. Les histoires sont plutôt bonnes et ambitieuses, et l’attention que le scénariste porte aux dialogues et aux récitatifs de voix off est soutenue par le travail d’un John Costanza ou d’un Todd Klein, qui confèrent aux aventures un cachet évident.
Mais petit à petit, DeMatteis et McManus parviennent à glisser du drame et des idées puissantes dans leur petit sitcom. D’une part, puisque le héros n’est invoqué que par la fusion des volontés de Linda et Eric, les auteurs s’ingénient à montrer que les pouvoirs du magicien ne fonctionnent pleinement qu’à la condition qu’ils soient au diapason : le couple comme moteur, mais ce couple n’est même pas dysfonctionnel, il n’est pas fonctionnel du tout. Ensuite, le scénariste montre que, en l’absence d’Eric, Linda peut invoquer la magie de Fate seule. La présence d’un Fate aux courbes avantageuses est bien entendu source de comédie, mais DeMatteis n’oublie pas que son héroïne trimballe son lot de doutes et de blessures : là encore, le Doctor Fate n’atteint pas son plein potentiel, en écho à la caractérisation des protagonistes.
Arrive alors un drame qui coupe les racines du pouvoir de Fate. À ce moment de la série, le titre s’impose comme un condensé des thèmes et des techniques de DeMatteis. Les héros se lancent dans une quête où se bousculent des thèmes comme la mort, la réincarnation, l’au-delà, la religion, la foi, la responsabilité, la parentalité… S’il parvient à conserver de l’humour et des réparties cinglantes (le tandem constitué par Small le juriste et Petey le diablotin canin est une véritable machine à faire rire…), le scénariste se lance dans des considérations ésotériques qui éloignent ses personnages des sempiternelles bastons de héros et qui interrogent, pour faire vite, sur le sens de la vie. De l’existence même.
À ce titre, la série lorgne bigrement vers la tonalité Vertigo (le label n’existe pas encore quand Doctor Fate est lancé), et la présence au poste de responsable éditorial de Karen Berger puis d’Art Young n’est peut-être pas pour rien dans le fait que DeMatteis trouve ici un espace de liberté et d’expression qu’il n’a peut-être pas ailleurs.
L’ensemble est une série agréable, passionnante, poignante, illustrée par un Shawn McManus qui en fait des caisses mais parvient à véhiculer une émotion palpable. DeMatteis, qui écrit un Phantom Stranger vraiment intéressant, puissant mais doux et délicat, parvient à partager des considérations sur la foi, la religion et dieu sans que rien de tout cela ne ressemble à de la propagande ou du prêche.
La lecture du recueil m’a donné envie de lire d’autres prestations de DeMatteis (en ce moment, j’en lis pas mal, d’ailleurs), mais aussi de me replonger dans les aventures du bon docteur (je n’ai pas lu la mini par Pasko et Giffen, qui précède cette prestation, par exemple, de même que je connais mal la version par Messner-Loeb…). Et ce « Compendium », je le conseille vivement.
Jim
Saleté.
J avais résisté à l achat. J adore les compendium
Pourtant vu le tarot fut un moment (30/35 balles de mémoire) c’était cadeau
C est toujours la cas.
C est juste que la pal est énorme
Solution : tu en fais plusieurs petites













































