RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

peut etre un epic mais je pense que l année 1982 est déjà reeditée

Volumes 11 & 12 pour la période Moench (81-83) tandis que « Raven Banner » est visiblement sorti 2 semaines après Thor #357 (soit la période Simonson, qui devrait donc être contenue en 3 volumes puisque l’ère DeFalco/Frenz débute avec le volume 16).

Pinaise, vous allez voir qu’ils vont s’arranger pour que je rachète du Simonson, via les Epic.

Jim

Si la colorisation de l’omnibus Thor est jartée pour les Masterworks et les Epic (je n’y crois pas trop mais ça ne coûte rien d’espérer), alors je serais probablement enclin à racheter ce run.

J’ai la colo des Visionaries, pour ma part.

Jim

Et puisque l’on vient de parler du trio de guerriers qui accompagnent Thor dans ses aventures, signalons un autre recueil, toujours dans la prestigieuse présentation de la collection « Marvel Premiere Edition » : The Warriors Three Unleashed.

Plus fourre-tout que l’autre recueil, le sommaire de celui-ci est également plus disparate et visuellement plus inégal. Tout commence avec Thor King-Size Special #2, daté de 1966, et dont je n’avais là aussi guère de souvenir (le récit n’a pas été traduit avant une intégrale chez Panini, et si je l’ai dans un Essential, j’ai dû passer les pages un peu vite). L’intrigue, basique, montre Odin organiser un tournoi dans lequel s’inscrivent Thor et ses trois amis. Exilé, Loki projette son esprit dans l’armure du Destroyer, un être artificiel apparu quelque temps plus tôt dans la série régulière, et se lance à l’assaut d’Odin.

L’intrigue est rapidement évacuée, témoignant d’un certain degré d’improvisation de la part de Lee et Kirby (qui, sans doute, doivent considérer que les épisodes dits « Special » ne doivent pas porter à conséquence, les vrais événements devant se produire dans la série mensuelle).

Le récit est donc assez oubliable, même si Kirby déploie son énergie habituelle (en 1966, il entre dans la période où il tutoie les astres). L’encrage minimaliste de Colletta est sans doute aussi pour beaucoup dans l’attrait général de l’épisode.

Le sommaire propose ensuite quelques back-ups, tirées de Thor #400 (la rencontre entre les trois lascars), 410 (un récit dessiné par Herb Trimpe où Volstagg raconte, en vers), 415 (un épisode encore dessiné par Trimpe où Hogun tente de se débarrasser d’un garçon qui veut devenir son élève) et 416 (une petite pépite dessinée par Mark Texeira où l’on rencontre la femme qui compte le plus pour Fandral). Rien de bien inoubliable, même si les planches de Texeira sont vraiment éblouissantes.

Suit un petit récit extrait de Marvel Comics Present #66, écrit par Sholly Fisch et dessiné par Sam Grainger dans une approche humoristique, où Volstagg, sous le charme de l’Enchanteresse, dérobe un joyau. C’est amusant, décalé, là aussi complètement dispensable.

Volstagg encore ouvre le bal dans un récit de complément pour Thor Annual #17 (de 1992, on en a parlé récemment à cause du cross-over « Citizen Kang »), par John Lewandowski et Kevin Kobasic, où les trois guerriers se mettent en quête de réunir la fiancée d’Ulik le Troll et son grand amour. Là encore, humour, comédie et intrigue sans conséquence sont au rendez-vous.

Au milieu de ce sommaire divertissant et amusant mais sans grande ambition surgit le Marvel Super-Heroes 80-Pages Special de l’automne 1993. Ce numéro, qui présente des récits inédits d’Iron Man, Thor et Doctor Druid (et non Hulk comme l’indique la couverture), mérite qu’on s’y attarde un peu.

La série Marvel Super-Heroes, lancée en 1990, tourne autour d’un postulat éditorial voisin de celui qui a prévalu pour la première version de Marvel Fanfare, à savoir qu’on peut y offrir un refuge pour les histoires qui n’ont pas été publiées. À la différence de Marvel Fanfare, cette série trimestrielle (le numéro évoqué ici est le quinzième et dernier) ne propose pas d’encadrement éditorial et ne revendique pas la même exigence qualitative. Les planches publiées sont d’un niveau moyen inférieur (même si on y trouve des choses magnifiques, comme une histoire de Vision & Scarlet Witch par Mantlo et Mignola - dans son style ploogien - ou un épisode du Black Knight par un Alan Davis en pleine forme, sans compter de nombreuses aventures de Speedball, notamment par son créateur Steve Ditko). Mais le principe général est le même, offrir à des histoires refusées pour mille raisons une occasion de toucher le public, le tout avec quelques illustrations d’auteurs divers (là aussi moins bon). C’est notamment dans Marvel Super-Heroes que l’on peut lire les deux épisodes de Ms Marvel que Mike Vosburg a dessinés, avant l’arrêt de la série, un document historiquement passionnant. Bref, cette série fourre-tout mérite qu’on y fouille, même si ce qu’on en remonte n’est pas toujours d’un niveau étourdissant.

Donc, dans ce dernier numéro, il y a deux histoires liées à Asgard, une aventure de Thor par Scott Lobdell et Don Heck, et un récit consacré à Volstagg par Walt Simonson et Joe Barney. Difficile à dire si ce récit a été écrit à l’époque où Simonson travaillait sur Thor, s’il était prévu dans le sommaire d’un Annual (sa longueur, dix-sept pages, pourrait laisser penser qu’il s’agit d’une back-up). Plus intéressant est le fait que les planches soient dessinées par Joe Barney.

Dans mon esprit, le nom de Joe Barney est associé à un célèbre projet avorté, chez DC, celui d’une série régulière consacrée à Gorilla Grodd. Le projet devait être écrit par Cary Bates, et au moins deux pages circulent un peu partout, montrant les planches de Joe Barney encrées par Terry Austin. Et c’est plutôt joli, la preuve :

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Mais la « DC Implosion » passe par là et ce projet de série Gorilla Grodd ou Gorilla City tombe à l’eau. J’ai ensuite repéré le nom de Joe Barney dans une aventure de Hulk publiée dans Marvel Fanfare #7. Mais justement, Marvel Fanfare, c’est un titre où se retrouvent des épisodes refusées précédemment, donc je peux facilement imaginer que le dessinateur a encore rencontré des difficultés pour être publié, difficultés que je crois déceler dans la parution de ce récit consacré à Volstagg dans Marvel Super-Heroes. Croyant voir en Joe Barney la figure d’un « artiste maudit », le héros d’un destin contrarié, j’ai tout de même découvert que cet illustrateur a travaillé auprès de Neal Adams, fréquentant l’informel groupe des Crusty Bunkers puis travaillant dans l’officiel Continuity Studio sur des publicités. C’est là qu’il rencontre des gens comme Carl Potts ou Larry Hama, ce dernier avec qui il réalisera les storyboards de l’adaptation de 2010, pour laquelle Tom Palmer fera le dessin et les couleurs (ne vous y trompez pas si vous avez la version Lug : dans les crédits, ils traduisent « layouts » par « dessins », alors qu’il s’agit plutôt de storyboards poussés ou d’esquisses, tandis que Palmer est crédité pour « finishes, inks and coloring », ce qui veut dire qu’il a finalisé le dessin). Depuis lors, Joe Barney est passé par la case multimedia, fondant son propre studio de publicité et promotion par la bande dessinée, et travaillant dans des milieux aussi divers que le cinéma, le dessin animé ou les jeux vidéo. Loin de la figure de l’artiste maudit, il a fait carrière ailleurs que dans les comic books, et semble avoir survécu à l’expérience (il faudra que je regarde son What If? #70, qui me semble un rare exemple d’une BD de sa main publiée en temps et en heure).

Pour en savoir plus sur Joe Barney, on peut aussi lire une interview :

Je n’ai vu que quelques illustrations de Joe Barney, je n’ai lu que deux épisodes (et deux pages), il est donc difficile de parler de son style, mais on y retrouve souvent une massivité sans doute héritée de Kirby, une certaine limpidité dans le trait, des personnages hiératiques et une volonté d’être dynamique et puissant. Si j’osais des comparaisons, je dirais que son travail pourrait s’apparenter à ce qu’un Joe Bennett peut faire, mélangeant le réalisme et l’exagération. On peut y voir aussi du Jon Bogdanove. Voire de l’Erik Larsen, un peu.

Joe Barney semble dépendre de son encreur (comme beaucoup, vous me direz). Dans Marvel Fanfare, il est encré par George Freeman, qui lui confère une ligne souple, déliée, fluide. Sur la couverture de Marvel Super-Heroes, il est encré par Larry Mahlstedt, et la parenté éventuelle avec Bennett ou Larsen semble plus palpable. Hélas, ce n’est pas lui qui encre les pages intérieures, mais un certain Frank Turner, dont les pin-ups émaillent le sommaire de plusieurs numéros de Marvel Super-Heroes, sans que l’on puisse être véritablement impressionné par la démonstration. Cela ressemble une fois de plus à une occasion ratée.

Simonson tricote pour Barney une histoire classique (à nouveau, Volstagg est sous l’emprise de l’Enchanteresse qui, une fois de plus, convoite un diamant colossal, mais cette fois-ci le joyau scelle une porte retenant des Géants loin d’Asgard. On retrouve les décalages entre la réalité et l’interprétation qu’en fait le volumineux vantard, qui brille auprès de sa nombreuse descendance avec de se faire rabrouer par sa moitié.

Sous l’encrage maladroit, on sent un crayonné dynamique, vivant, expressif, parvenant à mélanger l’action et la caricature, et on se plaît à songer à ce que ça pourrait donner avec un soutien visuel plus professionnel.

On peut d’ailleurs émettre les mêmes regrets pour le dernier épisode du sommaire, le Journey into Mystery #-1 appartenant à l’opération « Flash-back ». Le récit s’inscrit dans le cadre de la réfection de Thor en Journey into Mystery (à hauteur de Heroes Reborn), une période durant laquelle le scénariste Tom DeFalco entraîne tous les personnages secondaires de la série dans une longue intrigue contre un ennemi bien connu (je vous aide : un échappé d’une mythologie voisine, qu’il a déjà utilisé dans les épisodes dessinés par Ron Frenz).

Le principe de l’opération « Flashback », aussi appelée « Minus One » (pour « moins un ») est de dévoiler une aventure passée des héros. Tom DeFalco s’en sort bien, mais il est aidé ici par les Deodato Studios, un nom collectif qui dissimule différents illustrateurs exploitant le nom d’un dessinateur vedette de l’époque. Pour le coup, ce récit n’est pas prodigieusement laid, mais on retrouve tous les tics navrants de l’époque, à commencer par une représentation pour le moins machiste de l’anatomie féminine. Difficile d’identifier le style des auteurs anonymes s’agitant sur les planches. Parfois on croit reconnaître le travail d’un Ed Benes de l’époque, ou d’Adriana Melo. Gageons qu’ils se sont mis à plusieurs, et regrettons que Gil Kane n’ait réalisé que la couverture, assez chouette.

Cet épisode, un peu extirpé de son contexte, conclut un recueil anecdotique, qui vaut surtout pour son caractère historique, et qui à mon sens ne mérite nullement le format élégant et agréable des « Marvel Premiere Edition ».

Jim

Puisque je suis dans les asgarderies diverses, j’ai relu récemment tout un cycle d’aventures qui, d’extérieur, pourraient donner l’impression d’une disparité surprenante et qui, pourtant, constitue un tout presque cohérent malgré le foutoir éditorial de l’époque.

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Tout commence avec Thor #491, et l’arrivée du scénariste Warren Ellis sur la série. Resituons un peu le contexte. Le dieu du tonnerre, qui a connu une longue période animée par Tom DeFalco (ancien rédacteur en chef du catalogue), puis deux prestations tentant de projeter le héros dans de nouvelles directions (Jim Starlin et Bruce Zick tentent de décrire ce qu’il advient du Fils d’Odin quand il est pris par une folie de « berserker », tandis que Roy Thomas emporte M. C. Wyman dans un de ces ravalements de continuité qui l’obsèdent), est dans une situation trouble. La série ne sait pas trop où elle se dirige et, surtout, elle a souffert de la présence de dessinateurs qui soit ne conviennent pas (Bruce Zick est un merveilleux dessinateur, pour peu qu’on le laisse faire ce qu’il veut, mais l’encadrement Marvel ne lui convient pas) soit ne sont pas assez bons (les recopiages de John Buscema ne feront jamais oublié que Wyman ne sait pas dessiner). Et paf, voilà que Warren Ellis arrive. Assisté de Mike Deodato, fraîchement encensé après ses épisodes de Wonder Woman.

C’est assurément à Mark Gruenwald et à Ralph Macchio que l’on doit la volonté de secouer le cocotier, en donnant les clés de la série à deux auteurs en vogue. Ellis commence à se faire un nom (il n’a pas encore travaillé sur StormWatch, qui est selon moi le premier tournant décisif de sa carrière) et une réputation d’iconoclaste. Quant à Deodato, c’est un croisement entre Neal Adams et Jim Lee, dont la présence assure déjà une certaine visibilité. Ce qui est intéressant avec les quatre numéros qu’ils réaliseront ensemble (Deodato restant un peu plus longtemps que son scénariste), c’est qu’ils annoncent plein de choses sur leurs travaux à venir.

Car depuis lors, on a remarqué une chose chez Warren Ellis : il ne reste jamais longtemps sur les séries qu’il écrit. Et souvent, ses prestations apportent des idées neuves sur lesquelles ses successeurs peuvent broder à loisir. On se souviendra du récit « Extremis » pour la série Iron Man, qui a nourri pendant des années les intrigues liées à « Tête de Fer ». Dans le cas de « Worldengine », l’intrigue qu’il tisse pour Thor, c’est un peu la même chose.

Dès les premières pages, il nous présente un Thor amaigri, malade, mourant. Pire, le Fils d’Odin est rejeté par son père, dont on connaissait déjà le caractère de mauvais coucheur, mais l’acariâtre vieillard semble ici dépasser toutes les bornes en reniant son rejeton. Les raisons de la dégradation catastrophique de l’état de santé du héros sont exposées dès le premier numéro, alors qu’il découvre que l’arbre-monde, le frêne Yggdrasil, est torturé par des machines dans les sous-sols de la ville. Dans le même temps, l’Enchanteresse apparaît à New York.

Dans le deuxième épisode, il présente l’inspecteur Curzon, un policier britannique détaché à New York, qui enquête sur une série d’hallucinations mettant en avant la vision d’un arbre-monde. Beta Ray Bill tombe dans le coma, Odin prophétise l’arrivée de Ragnarok (encore !!!) et l’Enchanteresse se présente à Thor. L’enquête continue dans le troisième chapitre, où les lectures de Curzon permettent au scénariste de s’interroger sur la nature de Thor et du panthéon nordique (des dieux ? des extraterrestres ?). Les choses ralentissent, Thor et l’Enchanteresse se rapprochent, l’intrigue semble marquer le pas, et l’électrochoc du premier chapitre est un peu oublié.

Les choses rebougent à nouveau dans le quatrième et dernier chapitre de « Worldengine », où Thor et l’Enchanteresse découvrent Price, un savant fou ayant récupéré une installation souterraine destinée à l’origine à enfermer les surhommes allemands durant la Seconde Guerre mondiale. C’est là qu’il a installé un laboratoire destiné à torturer Yggdrasil, à lui faire croire que le Regnarok est arrivé afin qu’il tue les dieux nordiques, puis à l’utiliser en vue de créer une nouvelle race humaine « post-Ragnarok ». Sauf que le Ragnarok n’a pas eu lieu, que sa race n’est pas viable, qu’il est tué par les clones décérébrés qui lui servent d’esclaves, et que Thor relance la machine.

Sous les dessins énergiques et séduisants de Deodato (qui sexualise à outrance ses protagonistes, certes, mais ça reste très joli), il manque un réel enjeu, un rythme, une tension. Le premier et le quatrième épisodes sont très chouettes, débordant d’idées et de dialogues savoureux (Ellis sait faire parler les savants fous), mais le récit a un gros ventre mou de deux épisodes (la moitié du récit, quand même). L’ensemble fait un peu remplissage. La disparition de l’inspecteur Curzon, dans un éclair de lumière, ne fait que renforcer cette sensation : Ellis a accumulé des détails afin de tenir quatre épisodes.

Néanmoins, l’importance de « Worldengine » apparaîtra rétrospectivement, lors de la lecture des deux grandes sagas qui suivront. Les idées proposées dans les quatre épisodes d’Ellis servent effectivement de base aux récits de William Messner-Loebs et de Tom DeFalco, et c’est là qu’on se rend compte que l’ensemble constitue un projet d’editor plus qu’une proposition de scénariste. On peut effectivement imaginer qu’à l’approche du cinq centième chapitre, Gruenwald et Macchio cherchent à donner de l’ampleur aux récits proposés, afin de marquer le coup.

Graphiquement, Deodato assure. Si on sent une légère baisse dans l’encrage (et même dans le dessin à certains moments, signe qu’il recourait déjà à quelques assistants), il livre des planches dynamiques, riches, expressives, ainsi que de belles splash, malgré la présence de doubles pages disposées dans le sens « centerfold ». Il utilise des tics visuels intéressants, à l’exemple des images formées par plusieurs cases juxtaposées (ou des vignettes découpées par des intercases surnuméraires, si l’on veut), procédé qu’il généralisera des années plus tard dans des récits comme Original Sin, par exemple.

« Worldengine » a été réédité sous forme de TPB souple en 1998, puis dans la collection cartonnée « Marvel Premiere Edition ». Sans compter, me semble-t-il, l’insertion du récit dans la collection « Epic ».

Jim

Dans les bonus de l’Epic, l’editor Ralph Macchio (amateur du travail du scénariste, en particulier sur Hellstorm) précise qu’Ellis avait prévenu d’entrée de jeu qu’il ne comptait faire qu’un seul arc.

En effet.

et si j’ai bien compris ca va être ré-édité par Panini d’ici peu ?

Le 12 août visiblement (avril au départ), soit 25 ans après la sortie du #491 (15 août 1995).

Oui ça devrait sortir dans le mois. Je comptais le prendre mais Jim m’a un peu refroidi. Panini sortirais les sagas suivante en même temps pourquoi pas, là j’ai peur d’avoir qu’une introduction à un récit sans avoir les développements

Attends un peu que je commente les suites.
Mais ça risque de prendre quelques jours !
:wink:

Jim

Ces deux-là ?

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Voui.

Comme annoncé :

Jim

Le problème c’est que panini ne proposera que les 4 épisodes d’Ellis, du coup je pense faire l’impasse ( à moins qu’ils communiquent sur la suite)

Tiens je profite qu’on parle de Thor pour dire quelques mots sur :

Suite et fin du run de Dan Jurgens sur la série et dont on a eu les débuts en librairie via les Marvel icons contenant les épisodes dessiné par Romita jr.

Pour situer grossièrement, Jurgens s’amuse toujours avec la double identité de Thor (l’ambulancier Jake Olson), fait confronter Thor à de la menace de poids, introduit le personnage de Tarenne et comment à semer des indices quand à futur vraiment pas glop concernant le monde et Thor.

Ce futur commence avec le numéro #42 (bien que perso je ferais remonter la source du tout au #41) et se conclura au #79 avec le départ de Jurgens. Soit 37 numéros pour développer le règne d’un Thor débutant avec la mort d’Odin et qui sombrera de plus en plus dans la tyrannie.

Jurgens prend le temps de développer ses idées et d’étaler au mieux l’évolution de Thor. Conséquence, le lecteur ne se rend compte que peu à peu (ou du moins accepte difficilement) que le dieu de la foudre devient un véritable tyran. C’est ce travail sur la durée qui fait toute la force du récit. Après quelques aventures, Thor estimera donc que les humains ont besoin d’être guider par les Dieux et décide de transférer Asgard au dessus de New-york. Variation sur l’idée de interventionnisme des super-héros sur l’humanité, la saga se rapproche beaucoup de Supreme Squadron dans sa manière de questionner différent aspect de la question.

Mais la différence c’est que Jurgens met au centre du jeu la question de la divinité et de la croyance. Dès lors et avec le recul cette série post 11/09 s’avère très pertinent quand aux enjeux de ce début du siècle. Il est par exemple très intéressant de voir la manière dont le culte de Thor s’installe et prend la place de modèle défaillant tout n’oubliant jamais de garder en tête le principe de libre-arbitre.

Autre aspect intéressant au sein de cette saga (avant la bascule voyant Thor regner sur la Terre) c’est cette opposition entre Thor et Iron Man. Alors que Bendis et le MCU conditionneront leur oeuvre autour d’une dualité entre Roger et Stark, jamais la question de la lutte entre science et foi ne s’est autant développé ici.

Au final, ce qui ressort de cette 2ème partie de run c’est qu’elle prend le contrepieds d’une première partie ayant pour but de redorer la puissance de Thor. Ici on assiste à une chute d’autant plus terrible qu’elle est travaillé sur la longueur et assez compréhensible pour ne pas dire, acceptable.

Point négatif, hélas, une valse de dessinateur qui n’apporte guère de stabilité à une grande saga qui aurait pu être marquante avec un seule dessinateur au commande (dire que juste avant Kubert offrait quelques magnifiques épisodes). On notera aussi une conclusion un peu trop expédié et un passage de relais (pour le célèbre Ragnarok) très abrupt.

Il n’empêche que je ne peux m’empêcher de penser qu’une telle saga, aujourd’hui, aurait été au centre d’un event avec des ties-in a foison faisant perdre la consistance à l’histoire. Ici Jurgens travaille seul sur une série (bon il y a quelques trucs annexes vite fait) et sur le long terme et la différence est là.

Oui, j’ai un bon souvenir de cette saga.

Donc, si je prends Thor: Heroes Return volume one et volume two, j’ai tous les épisodes de Jurgens ?
(C’est un run que je n’ai pas encore reconstitué en totalité en VO, mais j’en ai quelques-uns, et j’hésite donc.)

Jim

S’il s’agit des 2 omnibus alors oui.
Sinon il y a eu une grappe de tpb consécutifs vers la sortie du 1er film.

Iron Man & FF période Heroes Return sont passé par la case Complete Collection (début du run de Busiek et l’ensemble de celui de Claremont) et le Cap de Waid est prévu donc Thor devrait bien finir par suivre à terme.

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Sans titre

Sans renier ses qualités, j’ai été marqué par la réflexion d’un copain de Top Comics (JB), qui relève combien Jason Aaron s’est grandement inspiré du run de Dan Jurgens : le tueur de dieux, la Thor-Girl (certes différente, mais…), l’héritage (Magni et les petites-filles), Thor indigne de Mjolnir, le vieux Thor usé sous le poids du pouvoir d’Odin…