RÉÉDITIONS MARVEL : TPBs, omnibus, masterworks, Epic…

Ah, merci ! Je n’avais pas compris la remarque de Fred … qui ne finit pas ses phrases !:wink:

J’ai récupéré récemment le TPB Avengers : Hawkeye (version souple du hardcover précédent), qui contient la mini-série de Gruenwald (qui avait fait l’objet d’un Récit Complet Marvel chez Lug au début des années 1980), ainsi que quelques bonus.

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On ne reviendra pas sur la qualité de cette mini, qui mettait le héros en selle, qui a sans doute fait découvrir l’archer à toute une génération de lecteur (ça a eu cet effet sur moi en tout cas) et qui propose en sus l’un des rares boulots de dessinateur par Gruenwald lui-même, qui s’en sort plutôt bien. C’est sympa, bien rythmé, ça pose énormément de choses qui porteront de nombreux fruits par la suite, bref, une chouette lecture.
Le recueil s’articule autour du couple : Hawkeye rencontre Mockingbird dans cette mini, et le sommaire complète avec différents épisodes qui sont comme autant de jalons dans la vie et la carrière des deux personnages. La parité, quoi.
Parmi les bonus, on comptera deux récits par Don Heck où l’archer est opposé à Iron Man, un épisode d’Avengers dessiné par Byrne, un Marvel Team-Up où Spidey rencontre Mockingbird, et surtout une histoire en noir et blanc, tirée de Marvel Super Action #1, et constituant sans doute la première aventure de Bobbi Morse en costume d’héroïne. Outre les pages intérieures de ce sommaire présentant aussi le Punisher et Dominic Fortune, elle apparaît également en quatrième de couverture, dans une illustration signée Howard Chaykin (et reproduite dans le recueil).

C’est sans doute le récit le moins connu. Écrit par Mike Friedrich, dessiné par George Evans et Frank Springer, il présente les aventures d’une certaine… Huntress ! Et là, on comprend pourquoi elle a changé de nom, cette appellation rappelant sans doute trop une héroïne de DC (cela dit, la décision est sans doute rétroactive, puisque cette Huntress apparaît donc en janvier 1976, alors que son homonyme de DC, Helena Wayne, apparaît en novembre 1977).

Bref, rien que pour ça, le recueil est intéressant d’un point de vue historique. Et puisque le reste est tout à fait consommable, c’est recommandé : si vous le trouvez à un prix intéressant, foncez !
Allez, pour le plaisir des yeux, je ne résiste pas à la tentation de vous montrer la couverture du Marvel Team-Up 95, cité plus haut, réalisée par Frank Miller et Bob McLeod.

Jim

Ouais, elle est excellente cette mini. Moi aussi, elle m’a beaucoup marqué !

ça me dit quelque chose, ça. On n’a pas eu ça en VF également (un Spécial Origines par exemple) ?

Celui-là ?

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Quoique le numéro 57 semble plutôt être au sommaire de ce numéro de Strange (alors que dans Strange SO c’est plutôt le 56).

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Ouias, c’et à celui-ci que je devais penser, oui !
Après, j’ai aussi les deux premières intégrales d’Iron Man, donc ça doit peut être y être !

Je viens de finir le TPB Black Panther : Panther’s Quest, un recueil compilant le grand feuilleton publié dans Marvel Comics Presents #13 à 37, ce qui nous renvoie à la fin des années 1980.
Et c’est passionnant.

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Alors pour résumer : MCP (comme on l’appelait à l’époque) était une série anthologie sortant tous les quinze jours et proposant quatre segments de huit pages chacun (sauf exception notables, on y reviendra). L’idée étant que le magazine puisse servir de tremplin pour certaines séries (le cas le plus notable fut Wolverine, bien sûr) mais aussi de vitrine pour un catalogue de personnages méconnus (ce qui permet de maintenir l’intérêt et de renouveler les copyright, aussi, discrètement).

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Black Panther y fait son retour à l’instigation de Michael Higgins, qui devait être l’editor de la série et qui rassemblait des auteurs afin de l’enrichir. C’est ainsi qu’il contacte Don McGregor, initialement en vue de lui faire écrire une nouvelle aventure de Killraven. Au fil des discussions, ils embraient sur une nouvelle aventure de Black Panther (ces deux personnages étant les héros qu’il a animés, et de façon convaincante, dans les années 1970). Higgins quitte le projet avant le premier numéro, et c’est Kavanagh qui devient l’editor, encadrant McGregor et soutenant ses efforts. Pour dire, la série comporte vingt-cinq épisodes, chose rare dans toute l’histoire du magazine, qui comporte 175 numéros.

McGregor profite de l’occasion pour raconter une histoire qu’il avait en tête depuis longtemps, celle de la mère du héros. Il avait constaté qu’on parlait souvent du roi T’Chaka, mais par de la mère du héros. Il lance donc ce dernier en quête de celle-ci, mais l’action se passe en Afrique du Sud. Rappelons pour les plus jeunes que ce pays pratiquait, à l’époque, l’apartheid, une ségrégation violente établie depuis 1948 et interdisant les mariages inter-raciaux, entre autres (j’insiste davantage sur ce point que sur les bidonvilles, par exemple, parce que ça a son importance dans l’intrigue).

L’intrigue prend l’allure d’une course-poursuite avec éléments, indices et preuves à la clé. Le rythme de parution, à raison de huit pages par chapitre, crée une dynamique particulière, avec l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose, malgré l’étonnante densité du récit. Cette densité s’explique en partie par la logorrhée de McGregor, connu pour être un auteur bavard. Je dirais surtout qu’il est très littéraire, ses pavés de textes arborant un style voire une musique toute particulière. Il crée d’ailleurs des effets étonnants en alternant les gros textes et les petits one-liners, au point que je me demande si McGregor, qui officiait déjà quand Frank Miller n’était encore que lecteur, n’a pas eu une influence sur ce dernier. Cela dit, on peut également estimer que l’aîné a observé l’écriture du cadet (Dark Knight Returns est passé par là entre-temps), tant certaines approches ont des similitudes.
Les textes de McGregor lui permettent notamment de donner de la profondeur à tous les personnages secondaires, fort nombreux, qu’il s’agisse d’hommes de main, de politiciens influents, d’habitants des townships, d’enfants des rues… L’effet consiste à leur donner de l’épaisseur, une voix, une pensée, et donc de casser le manichéisme : une histoire de super-héros s’y prête, et une intrigue en Afrique du Sud aurait pu favoriser une grande caricature, et justement McGregor évite ça en développant les pensées qui animent les intervenants : même les gros salauds sont plus complexes qu’on pourrait le croire. Et l’aspect littéraire de sa narration y est pour beaucoup.

La mise en place est donc assez longue, mais jamais lente ni molle. En plus, cela favorise la plongée du lecteur, durablement immergé dans les ghettos, la poussière et le racisme, au point que cela en devient étouffant. Et je parie que l’effet est voulu.
Quant au dessin, il est assuré par Gene Colan, qui est à l’époque en fin de carrière, après des passages remarqués sur Daredevil ou Batman. Vieux complice de McGregor (ensemble, ils ont fait Nathaniel Dusk et Raggamuffins, deux projets éblouissants que je conseille vivement), il est en phase avec son scénariste. Il livre des planches dynamiques, presque « premier jet », comme il le fait depuis quelques années, où le trait est plus suggestif qu’autre chose. Mais certaines séquences, jouant sur les silences, sont proprement eisneriennes. Les pages d’ouverture, où le titre du chapitre s’inscrit dans les décors, empruntent également beaucoup à Eisner.

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Colan est l’un des rares exemples de dessinateurs qui, au fil des ans, a réussi à s’émanciper des règles de dessin académique sans perdre en lisibilité et en dynamisme. J’en connais peu capables d’un tel exploit dans le mainstream : Kirby, bien entendu, Miller aussi, et Mignola dans une certaine mesure. Chez Colan, tout est faux : les ombres sont mal placés, les perspectives sont tordues et faussées, les anatomies sont difformes. Et pourtant, tout fonctionne, tout est lisible, tout sert l’histoire. Il jette à la poubelle les règles du « bon » dessin et fournit une prestation différente, libérée. Sur la série, il est aidé par Tom Palmer, alors en pleine forme, et qui multiplie les effets de flous (au point que parfois, on se demande si ce n’est pas Klaus Janson à l’encrage). L’ensemble est étourdissant, conférant une sensation de vertige.

Le TPB reprend aussi toutes les couvertures des épisodes concernés (images doubles) ainsi que deux illustrations venues de Marvel Fanfare, dont celle dessinée par Bill Reinhold, un illustrateur mésestimé que j’aime beaucoup, et dont le travail a été repris en couverture du TPB.

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Bref, formidable initiative de la part de Marvel de reprendre en un seul volume ce qui reste comme un des moments forts de MCP (avec le Weapon X de Barry Smith…). Un récit à ne pas manquer, qui provoquera sans doute de belles expériences, visuelles et littéraires.

Jim

PS 1 : McGregor ayant besoin de dix pages sur un épisode, il a demandé à Kavanagh de lui laisser écrire une histoire de six pages sur le personnage choisi par l’editor. Ça donnera un récit muet (étonnamment de la part d’un auteur aussi bavard) consacré à Namor et dessiné par un Jim Lee débutant, une petite fable triste consacrée à la pollution et assez chouette à regarder.
PS 2 : pour les curieux, voici une adresse où découvrir les deux premiers chapitres :
http://4thletter.net/2008/02/black-history-month-22-panthers-quest/

Merci pour le retour, ça donne vachement envie (j’ai cru comprendre que le Mallrat était moins dithyrambique concernant cet arc, alors que pourtant il ne tarit pas d’éloges à propos du run de McGregor sur “Jungle Action”…).

Maintenant il ne manque plus qu’une réédition de la mini-série méconnue du début des 90’s (sans Colan mais avec Dwayne Turner) pour compléter la “trilogie” informelle de McGregor (Panther’s Rage, Panther’s Quest, et Panther’s Prey, voire également l’histoire courte Panther’s Heart, présente au sommaire d’un annual récent ; une sorte d’échauffement pour Acuña avant son arrivée sur la série régulière actuelle de Coates, doublé d’un bel épilogue au premier cycle du scénariste sur le personnage).

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Je n’en ai que deux parties sur quatre, et ouais, j’aimerais bien la compléter, effectivement.

Jim

Rooooh, du Colan ! ça va sortir en VF, ça, un de ces 4 !

C’est fait pour.

Il arrive au Mallrat d’être grognon, hein !
Après, en soi, il n’a pas tort : c’est long effectivement, mais je trouve que ça participe à ce sentiment d’étouffement et d’emprisonnement qui va si bien avec l’évocation des townships. On a l’impression que le héros ne va jamais s’en sortir, même au sens géographique du terme. C’est vraiment une expérience particulière, aux antipodes des trucs décompressés d’aujourd’hui, mais également assez loin d’autres prestations de McGregor. Et du coup, je trouve ça formidable qu’il y ait une telle personnalité. Moi, ça m’a emporté.

J’espère : ça mérite une redécouverte. Mais bon, pour ceux qui lisent l’anglais, c’est un truc à voir.

Jim

J ai les MCP que j ai lu il y a moins de 10 ans et j ai trouvé ca chiant. L idee est bonne mais c est long… long… long… et Colan n est déjà plus tout a fait colan…

Bon apres j ai lu panther 's prey il y a 1 ou 2 ans et le seul souvenir que j en ai est que c est illisible et moche.

Je vous l’avais dit : “grognon”.

Jim

Ulysses Bloodstone est un personnage particulier dans l’univers Marvel : créé dans Marvel Presents, développé dans les pages noir & blanc du magazine Rampaging Hulk, il meurt dans ses propres aventures avant d’être évoqué et récupéré au fil de différents récits (dont la très sympathique saga “The Bloodstone Hunt” dans les Captain America de Gruenwald et Dwyer).

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Durablement mort, il a donné naissance à une fille, Elsa, inventée par Abnett et Lanning, a fait quelques apparitions dans des histoires situées dans le passé, et nourri un petit coin de ce monde de fiction, empruntant aux grands monstres et aux héros de pulps.

Ce chasseur de monstres aura droit à un album à son nom chez Artima, qui reprend quelques épisodes de ses aventures noir & blanc tirées de Rampaging Hulk. Même pas la totalité. Et ses deux premières aventures, dans Marvel Presents #1 et 2, demeurent à ma connaissance inédites.

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Ces deux chapitres sont dessinés par Mike Vosburg et Pat Boyette pour le premier, et Sonny Trinidad pour le second. La valse des dessinateurs continue dans Rampaging Hulk, puisqu’on a droit, sur les six premières livraisons, à John Buscema, Bob Brown, sal Buscema, Ruddy Nebres, Val Mayerick et Alan Kupperberg. En France, seuls les trois premiers chapitres sont arrivés chez nous via l’album cité plus haut.

Le recueil Bloodstone and the Legion of Monsters reprend une mini-série récent signée Dennis Hopeless et Juan Doe et mettant en scène Elsa Bloodstone et une galerie de héros monstrueux de Marvel. Le sommaire est complété par l’intégrale des aventures de son papa (soit les deux chapitres en couleurs et la suite en noir & blanc), qui affronte des monstres gigantesques mais aussi la “Conspiracy”, une sorte de société secrète dans les roues de laquelle il tente de mettre des bâtons.

Les vieux épisodes sont rédigés par John Warner, un scénariste qui semble avoir fait une carrière courte et fulgurante dans les comics des années 1970, signant chez Marvel quelques épisodes de Captain America ou, surtout, de Son of Satan. C’est vigoureux, rapide, efficace, et il semble toujours à l’aise dès lors qu’il sort du carcan des super-héros. Là, avec Bloodstone, il utilise de nombreux ressorts qui renvoient à l’imaginaire des pulps : cités englouties, monstres, sociétés secrètes, complots criminels. Son héros lui-même, immortel parcourant la Terre depuis des siècles, arbore des pectoraux et une chemise ouverte qui n’est pas sans rappeler Doc Savage, son énergie et sa combattivité évoquant celles des héros de Howard.

Cette compilation, qui allie la nouveauté au patrimoine, et l’occasion d’une lecture sympathique qui permet de savourer un genre aux frontières des super-héros. Un goût un peu différent, quoi…

Jim

Après les omnibus consacrées aux runs respectifs de Waid sur Cap et Busiek sur Avengers, la réédition des titres de l’ère Heroes Return continue avec le Iron Man de Busiek et les FF de Claremont :

HELLSTORM BY WARREN ELLIS OMNIBUS HC
Written by WARREN ELLIS
Penciled by LEONARDO MANCO, PETER GROSS, DEREK YANIGER & MARTIN CHAPLIN
Cover by BRIAN BOLLAND In his first American Marvel comic, rising superstar Warren Ellis made one hell of a debut! Now, rediscover his edgy and unsettling tales of Daimon Hellstrom, the Son of Satan himself! Daimon is on the hunt of a serial magician murderer alongside his ally Isaac Christians, the Gargoyle. But who is Jaine Cutter, and what is her role in the delicate balance between Heaven and Hell? What terrible fate lies in store for Daimon’s ex-wife, Patsy “Hellcat” Walker? And what happened to Daimon during his fateful confrontation with his demonic father? Ghosts, demons and things that go bump in the night all await — as does the truth about Satan himself! Plus: Ellis revamps the sorcerous Doctor Druid! Collecting HELLSTORM: PRINCE OF LIES #12-21 and DRUID #1-4.
424 PGS./Parental Advisory …$75.00
ISBN: 978-1-302-91324-3
Trim size: oversized

Juste recu
j ai juste lu la partie de Satana inédite.
1 numero noir et blanc lettré
1 numero noir et blanc sans lettrage
et ce que je ne savais pas… 1 numero n&b sans lettrage 5 ans plus tard quand Marvel a demandé à Ostrander et Bennet de continuer la série…
y a aussi les guides de couleurs des 2 1ers numeros
splendide!!

Ha ouais, ça donne bien envie.
J’avais lu et aimé Druid, joli OVNI.

Je ne suis pas sûr de comprendre… la version d’Ostrander et Bennett n’est jamais sortie ? Mais pourtant, il y a bien un épisode pas lettré ? Ce qui voudrait dire quoi ? Que Marvel voulait qu’Ostrander scripte l’épisode d’Ellis avant de reprendre totalement le scénario ? Je ne saisis pas bien… ce qui me donne encore plus envie de découvrir ce matériel.

Jim

Non
tu as 3 numeros en noir et blanc publiés dont le 1er est lettré.
2 datent de 1997 par Ellis et Olivetti qui devaient sortir sous le label Strange Tales (avec Man-Thing de Dematteis/Sharp et Werewolf de Jenkins/Manco).
Au départ, ils devaient sortir sans le comic code mais les propriétaires de l epoque ont désavoués l editorial sur ce point. Manthing et werewolf ont été atténués sur le langage mais Satana devait aussi etre repris graphiquement. Ellis a refusé.

En 2002, Marvel a voulu relancer la série sous le label Max… en editant les 2 numeros faits et en demandant à Ostrander et Manco de prendre la suite … un numéro a été faits (sans lettrage ni couleur) mais le projet a de nouveau été abandonné.
On a donc dans cet omnibus les 3 1ers numeros en pleine page en noir et blanc dont le 1er avec lettrage puis en plusieurs planches par page, les 2 1ers en guide couleurs.

A savoir que le courrier des lecteurs dont s occupait Ellis sur Hellstorm et Druid est aussi présent.

ooohhhh ca me donne envie ça.

Le Druid d’Ellis est dispo en TPB ?

non c est la 1ere reedition d hellstorm et de druid