RETOUR VERS LE PASSÉ II : Comics & Petit écran


(Le Doc) #12

N°4 : L’OMBRE QUI MARCHE !

Après Mandrake le Magicien (voir la seconde entrée de cette rubrique), intéressons-nous à l’autre création majeure de Lee Falk, Le Fantôme du Bengale. Le justicier vêtu d’une combinaison violette opère depuis la jungle du Bengala, où il est appelé L’Ombre qui Marche. Il est également connu sous l’appellation “L’Homme qui ne peut pas mourir”, ce qui entretient sa légende depuis des générations (alors que le titre de Fantôme et les responsabilités qui vont avec passent de père en fils depuis le 16ème Siècle).

Au cinéma, le comic-strip a été adapté à deux reprises. En 1943, comme la grande majorité des strips de presse de l’époque, The Phantom a pris la forme d’un serial, ces feuilletons ciné le plus souvent composés de 12 à 15 épisodes qui étaient projetés en avant-scéance dans les cinémas américains. Tom Tyler, prolifique cow-boy du grand écran, y interprétait le rôle-titre après avoir personnifié le super-héros Captain Marvel (Shazam !) dans un autre serial deux ans auparavant. The Phantom serait l’un des meilleurs serials du genre, mais pour ma part, je ne l’ai pas vu, contrairement à The Adventures of Captain Marvel.

Après les piratages turcs d’usage, il aura fallu attendre 1996 pour que l’Ombre qui Marche soit la star de son premier (et pour l’instant seul) long métrage, Le Fantôme du Bengale de Simon Wincer avec Billy Zane (après que Bruce Campbell fut un temps envisagé…et même si j’aime bien Zane, j’aurai adoré voir Campbell en justicier masqué), un film d’aventures bondissant dont la sortie se solda par un échec au box-office.

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Comme Mandrake, Le Fantôme a surtout connu ses exploits télévisuels les plus renommés dans le domaine de l’animation. Avec Flash Gordon et Lothar, le Fantôme et Mandrake ont formé une alliance afin de contrer les plans de conquête de Ming l’Impitoyable. Créée par des piliers des éditions Marvel, Gerry Conway, Ross Andru et John Romita Sr, le dessin animé Les Défenseurs de la Terre compte 65 épisodes et a été diffusé en France à la fin des années 80 sur la défunte Cinq.

En 1994 fut diffusée la série d’animation franco-américaine Phantom 2040, qui, comme son titre l’indique, a mis en scène les aventures du 24ème Fantôme dans un environnement futuriste. Deux saisons ont été produites, pour un total de 35 épisodes.

Au rayon série télévisée, le personnage n’a pas vraiment été bien loti. En 2008, les scénaristes Daniel et Charles Knauf (notamment connus pour leur travail sur le comic-book Iron Man) ont développé une mini-série en 4 épisodes à la réputation peu flatteuse, centrée sur une version moderne du héros, avec un costume repensé pour l’occasion.

Et pour compléter ce tour d’horizon des adaptations du Phantom, il y a eu aussi un projet de série télé avortée en 1961.

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Quand on pense comics à la télévision dans les années 50/60, ces deux séries mythiques que sont Les Aventures de Superman avec George Reeves et Batman avec Adam West et Burt Ward viennent tout de suite à l’esprit. Pour surfer sur ces deux succès, de nombreux producteurs développèrent des projets autour de personnages de bandes dessinées : Wonder Woman, Dick Tracy, The Phantom, Mandrake, The Shadow, Archie, Superboy. Des pilotes ou autres tests furent tournés…et aucune série ne fut commandée.

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La vision de ce pilote à tout petit budget suffit à comprendre pourquoi cette (très) potentielle série produite par Adrian Weiss (principalement connu pour le croquignolet nanar La Fiancée de la Jungle écrit par Ed Wood) fut rapidement reléguée aux oubliettes. L’histoire est insipide et ne tient pas compte de la mythologie du du strip de presse. Accompagné de son fidèle loup Devil, le Fantôme est chargé d’infiltrer une colonie pénitentière nichée dans la jungle et d’enquêter sur des rumeurs de tortures perpétrées par la tyrannique directrice.

Le rôle du Fantôme a été confié à Roger Creed, cascadeur expériménté et acteur exécrable. Même son loup joue mieux que lui et on doit d’ailleurs la meilleure scène de ces 20 minutes à ce brave animal.
Les méchants sont interprétés par de vieilles gloires hollywoodiennes, ici en mode “je prends mon chèque et je me tire” : Paulette Goddard (Les Temps Modernes, Le Dictateur) est la directrice de prison corrompue et Lon Chaney Jr, le Loup-Garou de la Universal, campe son répugnant homme de main.
On retrouve aussi le gigantesque Richard Kiel (Jaws dans la saga James Bond) dans l’une de ses premières apparitions à l’écran qui met bien en valeur son imposante stature…bon, il est mauvais comme un cochon comme souvent, mais ce n’est pas vraiment ce qu’on lui demandait.

Avec un tel matériel à disposition, les auteurs livrent un résultat d’une grande platitude et qui manque singulèrement d’action et de dépaysement…loin du divertissement offert par les différentes déclinaisons de la bande dessinée depuis les années 30 !

Lord of the jungle, the hero who stalks!
The beasts call him brother, the ghost who walks!
Phantom!


(Jack!) #13

Et principalement pour leur série La Caravane de l’Étrange diffusée sur HBO entre 2003 et 2005.


(FC powaaaa) #14

C’est quand même un nanar le film, c’est vraiment dommage que ce genre de perso ne puisse pas être réalisé avec sérieux !


(Le Doc) #15

Question de point de vue…pour moi, c’est plutôt un bon film… :wink:


(FC powaaaa) #16

C’est sûr qu’à côté de Shark of bengale …


(artemus dada) #17

J’ai un très bon souvenir de ce film (Pour en savoir +)


(Ben Wawe) #18

Ah, tu me fais bien plaisir, Doc ! :smiley:

Je suis un fan inconditionnel du Phantom, pour énormément de raisons (son poids historique, le costume, la localisation exotique, la légende autour de lui, ses spécificités locales, mais surtout cette géniale notion d’héritage que j’adore), mais je crois l’avoir déjà exprimé ici.

Si je n’ai pas vu le serial des années 40, j’ai englouti le film de 1996, les séries animées et le pilote de la série de SyFy qui n’a jamais vue le jour. Voici mes recommandations, du pire au meilleur :

  • la mini-série The Phantom des Knauf sur le Phantom est frustrante. Si elle bénéficie de beaucoup de très bons arguments (le personnage principal est bien creusé, son statut de parkoureur justifie la facilité de son entraînement, l’organisation du Phantom est bonne, le clin d’oeil au costume “passe”, l’histoire d’amour n’est pas trop lourde, et la mythologie générale est utilisée), mais elle souffre de deux points noirs : si les liens avec le Phantom sont bons, je ne peux pas en dire autant de l’intrigue générale, du rythme et de la réalisation, qui en font une mini-série assez faible objectivement ; et un costume qui, s’il essaye de se moderniser en voulant garder des bases anciennes, est un vrai échec, moche et risible.

Une bonne tentative, qui ravit le fan, mais qui est objectivement un échec.
Dommage, malgré ça, j’aurais bien pris quelques épisodes d’une saison sur le personnage.

  • la série Defenders of the Earth m’a bien plu. Même si l’animation n’est pas géniale, ces “Avengers” de King Features Syndicate se réunissent sur une base très sombre (invasion, mort de la femme de Flash Gordon quand même). La série a beaucoup d’imagination, joue avec les codes, et donne assez d’importance aux héros qu’à leurs descendants, ce qui fait jouer sur la notion d’héritage qui me plaît.

http://vignette2.wikia.nocookie.net/flashgordon/images/d/db/Defendersofthearth-dvd1.jpg/revision/latest?cb=20070902202207

Après, ce n’est pas non plus extraordinaire, ça a des facilités, le Phantom avec des pouvoirs est inutile, le frère maléfique du Phantom n’a pas de sens, et les gamins sont… comme des personnages de gamins des années 80 et 90 dans les séries un peu faciles, donc assez lourds. Mais ça a le charme de la nostalgie, et il y a suffisamment d’idées pour que ça passe bien ; et ces personnages sont suffisamment peu vus, ils ont encore le charme du quasi inconnu.

  • le film Phantom de 1996 est un très bon film de dimanche après-midi d’hiver et pluvieux, avec un bon chocolat chaud et un canapé moelleux. Sorti entre le choc des Batman de Burton et la future avalanche de films de super-héros des années 2000, ce long-métrage a sincèrement le cul entre deux chaises, perdu entre l’envie de faire un film sérieux et respectueux du personnage (en dehors du “fantôme” du père :wink: il n’y a QUE du respect de la mythologie, c’est impressionnant et un vrai plaisir absolu de fan) et un amour “gag à l’ancienne”, qui penche plus du côté de la série Batman d’Adam West.

L’affiche le montre bien : SLAM EVIL, c’est ce genre de truc qui arrive d’un coup et tranche avec un traitement respectueux et sérieux. On peut rajouter quelques acteurs en roue libre, une intrigue principale un peu faiblarde (qui se concentre trop sur le fantastique, là où l’adaptation de la superbe histoire de la ceinture (très connue et marquante) aurait dû avoir plus de place), des effets spéciaux pas à la hauteur (malgré une vraie implication), des bagarres un peu molles, et le fait que le costume n’ait pas été assez amélioré pour faire moins kitsch.
Dommage, parce que Billy Zane est excellent, totalement dans le ton, autant en Kit Walker (parfait clone/ancêtre de Bruce Wayne) qu’en Phantom (à lui seul, il rend presque son costume crédible !). Patrick McGoohan gère bien son rôle, Catherine Zeta-Jones est dans le surjeu nécessaire, les décors sont superbes…
Oui, c’est une occasion manquée, car le film ne savait pas quelle voie prendre, et aussi parce que l’époque n’était pas tendre avec ce type de longs-métrages. L’excellent Rocketeer et le tout aussi frustrant Shadow n’ont pas fonctionné non plus.
D’ailleurs, c’est curieux de voir que les années 90 ont montré des tentatives d’adapter les héros ancêtres des grandes stars et plutôt implantés dans le passé (années 30/40 pour les trois), et qu’il n’y a plus rien du tout depuis. Dommage, encore une fois.

  • la série Phantom 2040 est la plus belle réussite des oeuvres issues du Phantom. Si elle ne respecte pas fidèlement le Phantom, car elle le transpose dans le futur, elle respecte son esprit, et c’est là le plus important.
    Série que j’ai découverte enfant, “en direct”, et qui a sûrement aidé à mon attachement postérieur au personnage, Phantom 2040 impressionne avant tout pour ses thèmes : écologie, destruction de l’âme humaine, manipulations économiques et politiques, robotisation des humains par les cyborgs, morts, sacrifices… c’est très noir, très dur, et c’est traité avec intelligence. C’est fort, c’est bon.

L’animation elle-même est bonne, le character design est fort, les personnages sont bien écrits et animés. La mythologie s’intègre parfaitement dans un contexte SF très ambitieux, avec un générique devenu légendaire pour moi, et des thèmes encore une fois très forts et habilement traités.
Oui, une vraie réussite, avec toujours cette idée de jouer avec le mythe. Le Phantom, protecteur de la jungle naturelle, est maintenant protecteur de la jungle urbaine, car la Nature a presque disparu - sauf dans sa cachette, véritable réserve qu’il souhaite préserver des ambitions d’une femme-veuve ravagée par la perte de son mari contre le précédent Phantom. Beaucoup de subplots, beaucoup de bonnes choses. Ah, j’ai envie de revoir maintenant ! :slight_smile:

Merci pour ce billet, Doc !


(Jack!) #19

Ça m’étonne de ne pas voir débouler BenWawe, lui qui est un grand fan du Fantôme.

Voici ce qu’il me répondit lorsque je lui demandai par quel bout prendre le personnage sur le sujet de la mini-série The Phantom de Dynamite :

[quote=“BenWawe”]Le Phantom n’a pas le traitement et le respect qu’il mérite. Moonstone publiait peu de choses (très petit catalogue, comics jolis mais chers), mais le faisait avec respect (trop, d’ailleurs : les intrigues étaient un peu trop convenues et “sages”). Moonstone a même tenté une “modernisation”, soft mais sympathique ; et ils ont aussi tenté la série Phantom Generations, un titre de BD ou de prose illustrée sur des histoires sur les précédents Phantom (ce qu’on a peu vu !).

J’aimerais bien qu’un éditeur sérieux et appliqué s’empare du personnage.

Concernant ta question pour savoir par “quoi” commencer, c’est difficile ! Le Phantom a été balancé entre de multiples éditeurs, qui ont toujours repris l’histoire originale pour une vague intrigue “moderne”, avant d’abandonner les droits.
En VF, je te conseille The Phantom - L’ombre qui marche, édité jadis par Dante (malédiction du Phantom ! mal édité en VO, mal édité en VF), que tu trouveras à très bas prix : amazon.fr/Phantom-Lombre-qui … ds=phantom . Cela traduit les premiers épisodes de la première série Moonstone, la plus faible. Les épisodes ne sont pas tous bons, mais les deux tiers d’entre eux sont agréables et définissent bien le personnage. C’est une bonne première expérience.
En VO, Moonstone édite peu de TPB et c’est cher. Je te le déconseille, c’est vraiment trop cher. Je te conseille les deux TPB de The Last Phantom, chez Dynamite : ça a l’avantage de “moderniser” de façon “pas trop bête” le personnage dans le premier story-arc, et le second a l’intelligence de rappeler les origines avec de l’épique ; et c’est pas trop moche. Par contre, ça finit sur un cliffhanger et toutes les intrigues non résolues ! Enfin, la mini-série de PAD et Velluto chez Hermes vient de commencer, et même si elle est trop classique, elle pose bien les bases. Pis c’est du Peter David, c’est au moins bien dialoguer.

Enfin, si tu souhaites voir le Phantom sur ton écran, tu peux :

N’hésite pas à poser plus de questions, je suis un gros fan et j’ai peu d’occasion d’en parler ! :slight_smile:[/quote]


(Jack!) #20

Flûte !


(Ben Wawe) #21

Pas assez rapide. :smiley:

Par contre, en me relisant, je me rends compte que j’étais gentil avec The Phantom de SyFy (que j’ai revue récemment, et dont les défauts m’ont sauté aux yeux) et trop dur avec le film (que j’ai aussi revu, et qui était bien meilleur que dans mes souvenirs).
La mini-série de Peter David et Velluto a continué, elle sort à peu près tous les deux/trois mois, et c’est vraiment bon. Une rencontre Phantom/Tarzan, avec un clone de Tarzan à la place du personnage éponyme ; mais David est malin, et joue avec la continuité en donnant à cet ersatz l’identité initiale d’un vieux personnage de la mythologie du Phantom… celui-là même qui aurait dû être son identité secrète, son Clark Kent ! Lee Falk hésitait en effet, au début, à ce que son héros ait une identité civile proche de Diana Palmer, et a donc introduit un camarade évoluant près d’elle. Finalement, l’idée a été abandonnée pour que le Phantom soit la seule et vraie identité de cet homme (un bon principe, qui le sépare des autres personnages), mais David réutilise ce personnage pour en faire l’alter-ego d’un autre grand héros pulp ; malin et référencé, comme toujours.


(Le Doc) #22

Et merci à toi pour tes avis éclairés sur un de tes personnages préférés, ça rappelle des souvenirs (je n’ai pas vu les dessins animés depuis les années 90).
Je pense que je vais revenir sur le film pour le Ciné-Club cette année, histoire d’approfondir un peu tout ça (et d’expliquer à Soyouz pourquoi je trouve que c’est un bon film ^^).

Petit bonus : Paul “Crocodile Dundee” Hogan, grand fan du héros, a souvent parodié le Fantôme dans son émission comique diffusé sur la télé australienne, le Paul Hogan Show.
Et voici justement un de ces sketchs, en V.O. :


(artemus dada) #23

[quote=“artemus dada”]

[quote=“Le Doc”]…]

Petit bonus :[/quote]

Paul “Crocodile Dundee” Hogan, grand fan du héros,…][/quote]

Le Fantôme du Bengale, de ce que j’ai lu est un personnage très très populaire en Australie.

Et Jean-Yves Mitton a dessiné quelques épisodes pour Egmont Press vraiment très sympa.


(artemus dada) #24

Pour ceux qui veulent en savoir ce qu’était un *serial *(Pour en savoir +).

Ou sur le cliffhanger une invention qui puise son origine dans les *serials * justement (Pour en savoir +).

Et merci **Doc **, pour tes excellents articles ! :wink:


(ginevra) #25

Mes souvenirs personnels de cette série sont liés au journal “L’aurore” que lisaient régulièrement mes parents quand j’étais petite (<10 ans).
Mais je m’en souviens en strips en noir et blanc et pas en couleurs.
Je n’y comprenais pas grand chose puisque ma lecture n’était pas vraiment régulière, mais j’aimais les dessins et le personnage.

Il va falloir que je m’y remette sur mes vieux jours…


(artemus dada) #26

[quote=“Le Doc”]…].
Je pense que je vais revenir sur le film pour le Ciné-Club cette année,…][/quote]

J’en profiterai pour proposer des scannes du dossier de presse du film que j’ai chez moi, si tu le permets.


(Ben Wawe) #27

Oui, le personnage est très populaire en Australie, mais également dans les pays du Nord.

L’excellent site ChronicleChamber a listé les sorties en lien avec le Phantom pour l’année 2015, et on peut voir que :

  1. Les Etats-Unis ont publié :
  • des republications des archives des comic-strips et de la série Charlton,
  • un TPB de la série Legenderry de Dynamite, avec une version Steampunk du Phantom,
  • deux numéros du comics de Peter David et Velluto chez Hermes,
  • quatre numéros de la mini-série KING : THE PHANTOM chez Dynamite.
  1. L’Australie a publié 31 numéros d’un comics THE PHANTOM, des rééditions des histoires originales suédoises

  2. La Suède a publié :

  • 19 numéros de FANTOMEN (12 numéros réguliers de 52 pages, 7 doubles numéros de 100 pages avec notamment la mini-série Kings Watch de Dynamite),
  • 4 comics de la série FANTOMEN – DEN INBUNDNA ÅRGÅNGEN, avec des rééditions de 1964-65,
  • le 72e Annual spécial Noël,
  • un calendrier spécial 80 ans du Phantom.
  1. La Norvège a publié 13 numéros de FANTOMET (tous à 100 pages), une série originale mais liée à FANTOMEN (les productions sont soeurs),
  • 4 numéros de FANTOMET GULLALDEREN,
  • 1 album classique sur la jungle.
  1. La Finlande a publié MUSTANAAMIO REPRINT BOOKS, des rééditions d’anciennes histoires originales finlandaises.

  2. La Turquie a publié les numéros #17 à 27 de KIZILMASKE, des rééditions d’histoires originales turques.

  3. Le Brésil a publié 3 numéros de O FANTASMA, des rééditions des histoires de Lee Falk.

8) L’Italie a publié deux numéros de THE PHANTOM, eux aussi des rééditions de Lee Falk.

  1. La Serbie a publié deux numéros de BIBLIOTEKA NOSTALGIJA, qui comprend des extraits de vieux comic-strips.

On voit donc que le personnage est très populaire dans beaucoup de pays différents, mais je reste toujours marqué par le fait que la Suède et la Norvège produisent du contenu original (il y avait même un temps un parc d’attractions dédié), qui est réédité en Australie. Ah!, j’aimerais bien que la France ait ce même lien avec le personnage et fasse de même… :slight_smile:


(とり) #28

Et en Inde, aussi.

Tori.


(Ben Wawe) #29

Oui, tout à fait !


(Le Doc) #30

N°5 : LES AVENTURES DE SUPERBOY !

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Le 16 juin 1959, des millions de jeunes américains incrédules découvrent avec stupeur que leur héros préféré s’est ôté la vie. “TV’s Superman kills self” titrent les journaux, associant à jamais l’acteur George Reeves avec l’Homme d’Acier de DC. Depuis 1951 et la sortie du long métrage Superman et les Nains de l’Enfer, George Reeves s’était retrouvé en quelque sorte “prisonnier” du rôle et peinait à trouver d’autres engagements, ce qui a alimenté l’une des thèses entourant l’apparent suicide du comédien (car les circonstances entourant la mort du comédien restent à ce jour toujours mystérieuses).

George Reeves n’était plus…mais Whitney Ellsworth tenait à ce que Superman continue à occuper une place sur les écrans américains. Scénariste et (occasionnellement) dessinateur, Whitney Ellsworth était principalement connu pour ses différents postes d’éditeur pour DC Comics. Il fut aussi pendant longtemps le contact officiel de DC à Hollywood, où il était chargé de superviser les différents projets impliquant les personnages de la maison d’édition. Il fut ainsi consultant pour les serials de Superman, Batman et Congo Bill; le co-scénariste de Superman et les Nains de l’Enfer et l’un des membres de l’équipe de production et de scénaristes des Aventures de Superman (plus de 100 épisodes entre 1952 et 1958).

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Pour relancer la franchise, Whitney Ellsworth avait déjà eu l’idée d’une série pour les tous petits, où les personnages de l’univers de Superman étaient interprétés par des personnes de petite taille affublés d’un masque de chien : The Adventures of Superpup ! Un concept grotesque pour un pilote horripilant qui n’a pas trouvé preneur.

Pour son deuxième essai, Ellsworth décida de porter à l’écran les exploits de Superman quand il était encore un adolescent habitant à Smallville. Superboy est incarné par Johnny Rockwell, un jeune comédien qui tentait depuis quelques années de se faire une place à Hollywood. Suite au rejet du pilote des Aventures de Superboy, Johnny Rockwell se contenta d’une poignée d’apparitions non créditées avant de changer de carrière. Dans le double rôle du timide Clark Kent et du Boy of Steel, Johnny Rockwell est tout à fait convaincant et ses faux airs de George Reeves jeune (dont il reprend naturellement quelques poses) ont du pencher dans la balance lors de la phase de casting.

Ce pilote est d’ailleurs très fidèle à la bande dessinée dont il s’inspire. On retrouve des éléments tirés directement du comic-book (le travail de Pa Kent, le chef Parker, la cache de Superboy sous sa maison…parmi les petits changements, on peut noter que Lana Lang est nettement moins peste que sa version papier, ce qui n’est pas une mauvaise chose) et le scénario co-écrit par Whitney Ellsworth lui-même est l’adaptation d’une histoire racontée non pas une, mais deux fois dans la série mensuelle : The Loneliest Boy in town de Otto Binder et John Sikela dans Superboy #49 en 1956 et The Saddiest Boy in town, le même récit re-dessiné par George Papp dans Superboy #88 en 1961.
Le pitch est donc le même pour le pilote tourné en 1961 : un jeune camarade de classe de Clark a honte d’avouer devant sa classe que son père n’est que le modeste portier du cinéma de Smallville…jusqu’à ce que son paternel aide Superboy à appréhender un gang de voleurs.

Ce petit épisode de 30 mn est assez sage, un peu mollasson et il va jusqu’à reprendre des passages du serial des années 40 pour le prologue et les mêmes effets que la série de George Reeves pour les scènes de vol, mais l’ensemble est correctement interprété et il restitue agréablement l’ambiance gentillette des vieux comics de Superboy. Whitney Ellsworth était assez confiant dans le projet pour commander 12 scénarios de plus…qui ne furent jamais tournés !
En effet, la production ne put trouver un sponsor et aucune chaîne ne se montra intéressée. Il se murmure même que Kellogs contrecarra les efforts de l’équipe de production des Aventures de Superboy, car les rediffusions des épisodes des Aventures de Superman rapportaient encore assez d’argent et qu’un concurrent sur ce marché était indésirable.

Il fallut attendre 1988 (je ne prends pas en compte les dessins animés) pour que Superboy fasse sa première apparition à la télévision : John Haymes Newton (pour la saison 1) et Gerald Christopher (pour les suivantes) ont interprété le jeune Superman dans une série de 4 saisons diffusée entre 1988 et 1992 et produite par les Salkind (qui n’avaient pas encore abandonné le filon après la tétralogie Superman et le long métrage Supergirl). Et ensuite, il y a eu bien sûr Smallville entre 2001 et 2011, avec un “Superboy” sans costume !


1938-2018 : BON ANNIVERSAIRE SUPERMAN !
1938-2018 : BON ANNIVERSAIRE SUPERMAN !
(Le Doc) #31

N°6 : C’EST UN OISEAU ? C’EST UN AVION ? …NON, C’EST SUPERPUP !

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Réinventer un univers super-héroïque en le peuplant d’animaux anthropomorphiques, ce n’est franchement pas une mauvaise idée pour une série jeunesse. Et cela a d’ailleurs déjà été fait à plusieurs reprises, que ce soit sur papier ou en dessin animé. En “live action” (ou prises de vues réelles pour parler français), c’est déjà plus rare…un seul exemple me vient d’ailleurs à l’esprit (ou alors ma mémoire n’est vraiment plus ce qu’elle était) et compte-tenu de la médiocrité abyssale de cette production fauchée, je ne suis pas étonné que cet essai soit resté sans suite…

Le tournage de la sixième saison des Aventures de Superman s’est terminé dans les derniers mois de l’année 1957. La série était toujours un succès d’audience et les producteurs avaient clairement des plans pour la continuer. Mais les négociations avec les acteurs en vue d’un possible renouvellement n’avaient pas encore débuté (et George Reeves, déjà un peu “prisonnier” du rôle, n’avait plus tellement envie de porter la cape et les collants à 43 ans) et Whitney Ellsworth, le représentant de DC à Hollywood, a eu alors l’idée d’une série dérivée pour les plus jeunes (soit pour accompagner la diffusion des Aventures de Superman, soit pour que l’univers soit toujours présent sur le petit écran en cas d’annulation de la série-mère).

Mais sur ce coup-là, Whitney Ellsworth ne s’est pas montré particulièrement inspiré…

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The Adventures of Superpup, pilote tourné fin 1957 (ou début 1958 selon les sources), place donc les éléments de la mythologie de Superman dans un monde peuplé par des animaux…et principalement des chiens. La seule exception est une petite souris qui surgit du bureau de Bark Bent, le Clark Kent local, une “marionnette chaussette” qui remplace le narrateur en voix-off des précédentes adaptations d’une petite voix irritante.

Les personnages sont joués par des acteurs de petite taille (dont Billy Curtis, déjà à l’affiche de Superman et les Nains de l’Enfer), affublés de masques de chiens totalement inexpressifs, des constructions en fibre de verre qui ne permettaient pas d’articuler des dialogues. Ces grosses têtes de toutous devaient également limiter la vision des comédiens, comme le montre la scène (qui a donc été gardée au montage) où le méchant professeur Sheepdip galère à trouver la poignée d’une porte.

Oups, pas la bonne photo…

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Cumulant les moments gênants et les démonstrations d’humour éculé, Les Aventures de Superpup n’a pas trouvé de sponsor et est resté à l’état de pilote. Après le décès tragique de George Reeves en 1959, Whitney Ellsworth a de nouveau tenté de le vendre, sans succès. Pour relancer la franchise, un pilote centré sur Superboy, un “Smallville avant l’heure”, a été tourné, pour le même résultat que Superpup.

Les producteurs des Aventures de Superman ont également proposé à l’acteur Jack Larson de reprendre le rôle de Jimmy Olsen dans une série dérivée qui aurait utilisé des images d’archives et une doublure pour personnifier Superman. Par respect pour le défunt George Reeves, Jack Larson a décliné l’offre. C’en était fini des efforts pour reproduire la recette des Aventures de Superman.
L’Homme d’Acier est ensuite revenu à la télévision en 1966, sous la forme d’une série de cartoons produits par Filmation.


1938-2018 : BON ANNIVERSAIRE SUPERMAN !