ROBOCOP 3 (Fred Dekker)

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REALISATEUR

Fred Dekker

SCENARISTES

Fred Dekker et Frank Miller

DISTRIBUTION

Robert John Burke, Nancy Allen, Rip Torn, Mako, CCH Pounder…

INFOS

Long métrage américain
Genre : action/science-fiction
Année de production : 1993

Malgré la mauvaise expérience de Robocop 2, Frank Miller n’avait pas encore abandonné l’idée de se faire un nom à Hollywood et a accepté d’écrire le scénario de Robocop 3, en recyclant certaines de ses idées pour le 2 et en faisant de Robocop un « rebelle contre le système » qui se range du côté des habitants de Detroit contre les manoeuvres de l’OCP, la corporation (en passe d’être rachetée par une société japonaise) bien décidée à virer les plus pauvres de leurs maisons pour tout raser et laisser la place à la fameuse « Delta City ». Ce qui reste la base du film, avec des choses comme le ninja cyborg (les ninjas et Frank Miller, c’est une longue histoire) et la résistante Bertha Washington jouée par CHH Pounder (référence à Martha Washington).

Mais là encore, Frank Miller a vu son scénario entièrement réécrit suite à la décision d’Orion Pictures d’orienter la franchise en direction d’un public plus jeune (ce qui l’a décidé à s’éloigner du monde du cinéma jusqu’à Sin City). Robocop 2 n’a pas connu le même succès que le premier mais le merchandising (jouets, jeux vidéos…) rapportait de l’argent et c’est ce qui a décidé de la direction de cette ultime entrée de la trilogie. Fini le cynisme et la violence des longs métrages de Paul Verhoeven et Irvin Kershner, Robocop 3 est devenu un divertissement tous publics (ce qui n’était en fait pas une nouveauté puisqu’il y a eu un dessin animé en 1988).

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Robocop 3 été tourné en 1991 par Fred Dekker, réalisateur du très sympathique Monster Squad, mais a du attendre deux ans pour sa sortie à cause de la faillite d’Orion. Dekker a eu la tâche de remanier le scénario en tenant compte de ce que voulait le studio et d’un budget réduit. Et même s’il y a par ci par là quelques scènes que j’aime bien, l’ensemble aseptisé ne tient pas (il n’y a qu’à voir le traitement des publicités, élément important et savoureux du I et du II). Le jouet aperçu dans la chambre de Nikko (le joli cliché de la petite génie qui peut tout faire avec son ordinateur) donne le ton : Robocop est devenu une simple action figure, avec jet-pack et bras interchangeable.

Sa puissance a aussi été réduite. Dans le premier, il essuie le feu nourri d’une armée de flics et il s’en sort avec un viseur déréglé. Dans le second, il est démembré, reprogrammé par l’OCP et il revient à la normale en s’envoyant un bon coup de jus. Ici, il lui suffit d’un seul coup en pleine poitrine pour être immobilisé pendant une bonne partie de l’histoire. Comme le film, Robocop manque terriblement de punch.

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Dans le rôle d’Alex Murphy, Robert John Burke (Le Souffle du Démon) remplace Peter Weller. Malgré ses réserves sur le scénario, Peter Weller n’était en fait pas contre l’idée de rempiler mais son emploi du temps en a décidé autrement puisque le tournage du Festin Nu de David Cronenberg a eu lieu à la même période. Quant à Anne Lewis (Nancy Allen), sa fin est à l’image de son parcours dans la saga.

Robocop 3 fut un échec critique et financier qui a signé la fin de la carrière de réalisateur de Fred Dekker. Mais pas la fin de la franchise puisqu’il y a eu deux séries télévisées (j’ai du voir un ou deux épisodes de la première à l’époque avant de laisser tomber…et je n’en ai d’ailleurs gardé aucun souvenir) et un dessin animé entre 1994 et 2001 avant un remake oubliable en 2014.

En 1992, Dark Horse a récupéré les droits de Robocop, jusque là détenus par Marvel. L’adaptation en comic-book de Robocop 3 a été confiée à Steven Grant et Hoang Nguyen.

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Potes depuis l’école, Fred Dekker et Shane Black ont débuté ensemble en co-signant le scénario de Monster Squad. Shane Black, scénariste de L’Arme Fatale et futur réalisateur de Kiss Kiss Bang Bang et Iron Man 3, apparaît dans Robocop 3 dans le rôle de l’officier Donnelly.

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Je me souviens être allé voir ce film à sa sortie au ciné, sans illusion. Effectivement, le manque de budget se fait ressentir, notamment les scènes où Robocop vole, et le look des ninjas robotiques et décevant tant il est banal (des androïdes en tenue noire.) Par contre, ce qui est étonnant, c’est que toutes les cinq minutes on entend « salaud de capitaliste » ou « capitaliste sans cœur » … On se croirait dans un film stalinien de la grande époque. Si c’est pour les mômes, pas étonnant qu’il y ait eu Occupy Wall Street.

Les choses se gâtent clairement sur ce troisième volet, oui : pas grand chose à sauver dans cette pantalonnade où l’on se dit que les exécutifs n’ont décidément rien compris à l’essence du premier (et du second dans une moindre mesure), en se vautrant même dans les travers dénoncés par la franchise ; un comble.
Dommage parce que sur le papier, le projet (avec ses influences un peu à la William Gibson, ses méga-entreprises nippones sur le sol américain et ses ninjas cybernétiques, certes un trope des années 80…) avait pourtant quelques atouts à faire valoir.