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[quote]REALISATEUR
Mario Bava
SCENARISTES
Mario Bava, Marcello Fondato, Giuseppe Barilla
DISTRIBUTION
Cameron Mitchell, Eva Bartok, Thomas Reiner, Arianna Gorini, Dante Di Paolo…
INFOS
Long métrage italien
Genre : giallo, thriller, horreur
Titre original : Sei donne per l’assassino
Année de production : 1964[/quote]
Avec ce film qui constitue un de tout premiers classiques du giallo, Bava trouve là l’occasion d’établir certains éléments d’un genre en pleine naissance, appelé à devenir un filon primordial pour le cinéma de genre dans les années suivantes.
À l’aide d’une structure narrative hérité du whodunit, le réalisateur apporte une rampe de lancement au genre qui continuera par la suite à suivre certains préceptes, au sein d’un cadre relativement libre qui permet pas mal de variations sur le même sujet.
Mario Bava est considéré comme un de ceux qui a fait proprement éclore le genre dans les années 60, sans doute le réalisateur phare de cette tendance cinématographique avec Argento, et avec ce long-métrage il établit certains codes récurrents ainsi que la figure archétypale centrale (un assassin anonyme s’attaquant souvent à des femmes, usant majoritairement d’une arme blanche, et dont l’identité est révélé à la fin de l’intrigue via un renversement de situation/twist).
En tant que bon artisan, et adepte des trucages pour masquer le peu de moyens des séries B sur lesquels il officiait le plus souvent, le réalisateur excelle sur le plan visuel grâce à son talent pour la composition du cadre et surtout pour sa gestion de la palette chromatique qui donne un aspect visuel immédiatement reconnaissable, une sophistication visuelle avec une utilisation de tons vif, saturés, qui virent à l’expressionnisme.
Il n’est point question de réalisme et de naturalisme, c’est la mise en place de l’atmosphère qui prime plus encore que le dénouement de l’intrique, un stylisation très poussée devenue la marque de fabrique du réalisateur, virant parfois à l’esthétique baroque limite pop, qui fera merveille sur le génial « Danger: Diabolik ! » adapté du célèbre fumetti.
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Un de ses précédents films « La Fille qui en savait trop » fait presque office pour Bava de répétition vu qu’il est considéré généralement comme un des premiers représentants du genre transalpin, avec son film suivant il est donc bien rôdé dans la gestion de scènes d’horreur graphique provoquées par l’assassin qui porte un masque qui le déshumanise presque autant que Michael Myers, La figure phare du slasher, un genre qui trouve justement ces racines dans le giallo et dans les premiers films se focalisant sur des serial killers (d’ailleurs on retrouve au générique Luciano Pigozzi dont la ressemblance avec Peter Lorre est assez troublante, l’acteur inoubliable de « M le maudit » étant justement décédé en 1964).
Plutôt que de se focaliser sur les policiers, l’histoire se concentre sur les victimes et leur tueur, privilégiant une absence de véritable personnage principal au profit d’une volonté de s’attarder sur chacun des protagonistes afin d’éveiller les soupçons et de distiller certaines informations parfois trompeuses, vu que le spectateur et amené sur de fausses pistes pour mieux le surprendre dans la dernière ligne droite, car la notion du regard et du point de vue est une partie fondamentale du genre (c’est après tout l’élément clé du film d’Argento « Profondo rosso »).
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Cette gestion du groupe commence dès le générique, qui voit les personnages et les mannequins se retrouver sur le même plan, tous des pions dans le jeu de piste qui constitue la partie principale du film.
L’intrigue policière n’est pourtant pas forcément l’attrait principal dans ce cas précis, l’intérêt se situant plutôt au sein de son atmosphère inquiétante à la lisière du fantastique, une véritable caractéristique du genre qui donne souvent l’impression que la limite est poreuse, qu’ill suffirait d’un élément supplémentaire pour basculer de l’autre côté de la frontière.
Avec son mystère sur l’identité du tueur qui plane jusque au bout, ses gants noirs, ses meurtres graphiques, et son imagerie teinté d’érotisme et de fétichisme, pas de doute Bava réalise-là une oeuvre matricielle du giallo, qui met en place certains de ses codes indispensables qui perdureront jusqu’à ce que le genre finisse fatalement par décliner.