Thriller
Long métrage américain
Réalisé par Brian De Palma
Scénarisé par David Koepp d’après une histoire imaginée avec Brian De Palma
Avec Nicolas Cage, Gary Sinise, Carla Gugino, John Hurt, Kevin Dunn…
Année de production : 1998
Après une série de déceptions au box-office (Outrages, Le Bûcher des Vanités, L’Esprit de Caïn), les années 90 furent principalement marquées pour Brian De Palma par sa collaboration avec le scénariste David Koepp (Jurassic Park) puisque les deux hommes ont travaillé sur trois longs métrages d’affilée. Après L’Impasse en 1993 et Mission:Impossible en 1996, De Palma et Koepp se sont à nouveau réunis pour imaginer les bases de l’intrigue de Snake Eyes avant que le second signe le scénario final en solo.
L’idée de Koepp de suivre une enquête en alternant les regards ne pouvait qu’intéresser De Palma tant la multiplicité des points de vue fait partie intégrante de son cinéma. L’action prend place dans l’enceinte du palais des sports d’Atlantic City, qui accueille une foule importante pour un combat de boxe alors qu’un cyclone tropical menace la région. La longue séquence d’ouverture de Snake Eyes est très importante car au-delà de présenter les différents protagonistes, le scénario ne cessera ensuite d’y revenir par l’emploi de flashbacks pour en révéler tous les secrets.
Si elle ne représente pas un véritable plan-séquence (par quelques raccords bien dissimulés), cette entame n’en est pas moins virtuose, emmenée par l’énergie tourbillonnante d’un Nicolas Cage en flic flamboyant (et qui n’hésite pas à mettre la main dans la caisse quand il en a besoin). Une belle réussite technique permettant une immersion réussie dans une folle soirée avant que l’attentat commis sur un homme politique, le secrétaire à la défense Charles Kirkland, fasse tout voler en éclats.
Porté par une distribution solide (aux côtés de Nicolas Cage, on retrouve l’intense Gary Sinise, la belle Carla Gugino et une chouette galerie de seconds rôles), Snake Eyes déroule un suspense bien ficelé dont les rouages apportent le doute sur chaque témoignage. C’est aussi un récit de trahison sur plusieurs plans…dont celui d’une amitié bafouée, ce qui conduit à un changement de point de vue (on y revient encore) sur les personnalités des deux personnages principaux avec un revirement sur la sympathie (ou manque de) que l’on pouvait ressentir à leur encontre.
Je suis juste un peu moins convaincu par le dernier acte, retourné alors que la fin originellement prévue (le déchaînement du fameux cyclone) fut rejetée suite aux projections-test…mais cela ne réduit pas pour moi l’efficacité de ce chouette thriller depalmesque…



