Je continue la lecture des numéros en retard.

Le #143 continue sur la lancée du précédent, avec la fin de la confrontation avec le nouveau Hobgoblin, et l’explication du costume fluo « à la Tron ». Explication qui permet de tout faire passer fluidement. De même que Slott trouve une certaine dynamique avec la nouvelle gestion de l’identité secrète. Vraiment astucieux.
Ensuite, lancement de la nouvelle intrigue, autour d’Alistair Smythe. Très bien foutu aussi. Ce qui est intéressant, c’est que Slott pose les bases dans des épisodes et des séquences précédentes. Il ramène donc la vieille technique du subplot dans l’écriture de ses épisodes, et ça fonctionne très bien : on a toujours une structure par arc, renforcée par la présence d’un dessinateur par aventure, mais il y a un fil rouge tout au long des aventures, qui donne énormément de liant. Et comme rien n’est laissé de côté, l’ensemble est très cohérent.
Ainsi, plusieurs intrigues sont tissées en même temps. Et du coup, les interactions entre les plans des différents super-vilains trouvent là aussi une nouvelle dynamique : pendant que l’un frappe, un autre fomente. Ça permet de maintenir un suspense sur le long terme tout en donnant une véritable dimension réaliste au récit : en effet, expliquer que les vilains ont une vie pendant que leurs collègues agissent, qu’ils n’attendent pas que les copains aient fini leur attaque pour travailler, et que tout ne tourne pas autour du héros, c’est quand même une approche plus réaliste que le fait de changer les bottes de Captain America ou que de montrer des costumes déchirés et des visages qui saignent. Bref, il y a une logique forte et cohérente, qui donne beaucoup d’élan à la série.
Le seul bémol, pour ma part, c’est Caselli. Sa force, c’est l’expressivité des visages, il arrive à faire de la caricature et de la grimace sans tomber dans le ridicule. Sa faiblesse, c’est que ses planches ne respirent pas, tout semble assez tassé, même les scènes en plein air. C’est agréable, mais ça n’a pas le souffle de Ramos, je trouve. Je suis nettement moins client de son Spidey, même si je dois avouer qu’il le fait bien bouger.
Jim