STAR TREK: THE ANIMATED SERIES (Saisons 1-2)

Yesteryear / Retour dans le passé (1973)
Saison 1, épisode 2
Réalisateur : Hal Sutherland
Distribution : William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, Mark Lenard…

La première série Star Trek, diffusée entre 1966 et 1969, n’ a pas été un succès immédiat. Elle a même été menacée d’annulation après les deux premières saisons, et ce n’est que grâce à la pression de ses fans que l’équipage de l’Enteprise a pu continuer ses aventures une année supplémentaire. Mais cela n’a tout de même pas suffi pour poursuivre cette première mission de cinq ans. La chaîne NBC a ensuite vendu les 79 épisodes en syndication et ce sont les multiples rediffusions qui ont suivi qui ont construit la popularité de Star Trek qui est ainsi devenue une véritable série culte.

Durant les années 70, le retour de Star Trek a failli se concrétiser sous la forme d’une nouvelle série télévisée avant que Paramount ne donne le feu vert au premier long métrage réalisé par Robert Wise. Pendant toutes ces années de discussions et de développement, il y a bien eu du Star Trek sur le petit écran, sous la forme d’un dessin animé en 22 épisodes répartis sur deux courtes saisons et multirediffusés par la suite. Star Trek : The Animated Series a d’ailleurs remporté l’Emmy Award de la meilleure série pour enfants en 1975.

Star Trek : The Animated Series était une production Filmation et qui dit Filmation, dit animation (très) limitée…pour ne pas dire cheap (on leur doit notamment les dessins animés DC des sixties ou encore Blackstar, Musclor et T’as le bonjour d’Albert). Cheap jusque dans le casting vocal puisque Filmation ne voulait pas utiliser la distribution complète de la série pour réduire les coûts et c’est Leonard Nimoy qui a insisté pour que Nichelle Nichols et George Takei reprennent leurs personnages de Uhura et Sulu (mais pas que puisqu’il était d’usage que les acteurs dit « secondaires » s’occupent de plusieurs voix dans chaque épisode, là encore pour des questions de budget). Seul Chekov est absent du dessin animé, remplacé par deux nouveaux membres d’équipage extra-terrestre. Walter Koenig a tout de même pu participer à la production, en écrivant le scénario d’un épisode de la saison 1.

Le dessin animé n’a pas connu de doublage français et c’est le doublage québécois d’époque (qui ne reprend pas les voix de la série classique) qui a été conservé. Etrangement, l’entité connue sous le nom de Gardien de l’Eternité (voir Contretemps) se prend dans cette version québécoise pour un mauvais imitateur de Charles de Gaulle…

Plusieurs scénaristes de la série classique se sont illustrés sur le Star Trek animé, comme D.C. Fontana qui s’est occupée de l’épisode 2, Yesteryear (Retour dans le passé ou Le Petit Spock selon les traductions). Dans cette aventure, Kirk et Spock reviennent d’une mission temporelle menée grâce au Gardien de l’Eternité pour découvrir que plus personne à bord de l’Enterprise ne connaît le Vulcain. Après une recherche, Spock découvre que dans cette nouvelle chronologie, il est mort enfant pendant son kahs-wan (le test de maturité vulcain dont le principe est de survivre 10 jours dans le désert de la Forge de Vulcain sans nourriture, sans eau et sans arme).
Spock décide alors d’utiliser à nouveau le Gardien de l’Eternité, de remonter le temps et de se sauver lui-même…

D.C. Fontana avait écrit en 1967 Un tour à Babel (S2E10), l’épisode qui a marqué la première apparition des parents de Spock, le vulcain Sarek et l’humaine Amanda Greyson, et elle a naturellement poursuivi l’exploration de la civilisation vulcaine ainsi que de l’enfance de Spock (dans Un tour à Babel, il y avait une mention de l’animal de compagnie du vulcain, que l’on découvre ici) avec Retour dans le passé.

Cette intéressante plongée dans les jeunes années de Spock a influencé les auteurs des différentes déclinaisons de Star Trek. Gene Roddenberry avait décrété que les événements du dessin animé ne faisaient pas partie du « canon » Star Trek, pourtant certains éléments et concepts ont tout de même été repris au fil des années, dans les séries, les romans et les jeux. Le film Star Trek de J.J. Abrams a même fait référence à la scène où le jeune Spock est harcelé par trois petites brutes…et a réutilisé l’idée de la rencontre entre deux versions du célèbre vulcain à deux âges différents…

Et voilà qui termine ce cycle Star Trek entamé début décembre (14 chroniques, 7 sur Star Trek au cinéma et 7 sur Star Trek à la télévision)…

Merci beaucoup !

Content que ça ait plu…
J’aime bien l’idée de faire des « cycles » de temps et temps et d’ailleurs, il y aura bien entendu un cycle consacré à Superman en début d’année (donc dans quelques jours^^) pour fêter les 80 ans de l’Homme d’Acier…

Hâte de voir ça. :slight_smile:
Je ne le dis pas à chaque fois, mais lire et découvrir tes chroniques est un vrai plaisir.

Merci ! :blush:

Un vrai plaisir de t’avoir suivi sur ce cycle :heart:, je serai sur le suivant ^^ .

Comment ça finis. Dis donc. Il en manque un peu la tout de même. tu te fouterais pas un peu de nous ?

PLus sérieusement je suis bien triste que ce soit finis, c’était hyper bien de suivre ce cycle. vivement le prochain.

Beyond the Farthest Star / Au delà de l’étoile morte (1973)
Saison 1, épisode 1
Réalisateur : Hal Sutherland
Distribution : William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, George Takei, Nichelle Nichols…

Si la diffusion de la série animée Star Trek a débuté aux Etats-Unis en 1973, les origines du projet remontent en fait à 1969, l’année de la diffusion de la dernière saison de la série classique. Avec Lou Scheimer de Filmation, la Paramount et Gene Roddenberry avaient entamé les discussions sur un possible spin-off à destination de la jeunesse et dans un but éducatif, l’idée étant que les membres de l’Enterprise serviraient de mentors à un équipage d’adolescents, des entraîneurs pour former la prochaine génération d’explorateurs spatiaux. Mais les désaccords grandissant entre Roddenberry et le studio ont fait que les choses n’ont pas été plus loin…

Lorsque le contrat a finalement été signé au début de l’année 1973, il a été décidé de revenir au modèle de la série originale, une sorte de continuation de la fameuse mission de cinq ans…même si le créateur de Star Trek ne considérait pas vraiment cette déclination animée comme faisant partie d’une chronologie officielle de son univers (voir le premier post de ce sujet)…

Dans Au-delà de l’étoile morte, le tout premier épisode de la série scénarisé par Samuel Peeples (qui avait signé le script de Where no man has gone before, le deuxième pilote de Star Trek), l’Enterprise explore les recoins les plus reculés de la galaxie. Le vaisseau est alors attiré en orbite autour d’une étoile morte. L’équipage découvre un vaisseau à l’abandon et libère accidentellement une entité extraterrestre désincarnée qui prend le contrôle de l’Enterprise…

Malgré les faiblesses de l’animation (avec de nombreux plans identiques repris afin de réduire les coûts et un côté statique qui ne favorise pas le dynamisme de l’action), cette première aventure animée de Kirk, Spock et cie déroule un bon suspense, de la partie exploration (dans un immense vaisseau qui aurait coûté trop cher en prises de vues réelles) au plan de Kirk pour se débarrasser de l’extraterrestre…un risque et un gros coup de bluff qui n’étonne pas de la part de l’intrépide capitaine !

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Les acteurs ont également prêté leur voix à un message anti-pollution, diffusé pendant les coupures pubs de la série animée :

Matériel promotionnel :

Arex par Ken Penders :

One of our planets is missing / Il nous manque une planète
Saison 1, épisode 3
Réalisateur : Hal Sutherland
Distribution : William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, George Takei, Nichelle Nichols…

Dans la série animée, Pavel Chekov est remplacé par un officier extra-terrestre de la race des Edoans, le lieutenant Arex. L’animation permettait de varier ainsi le casting de personnages (il y a également une responsable des communications félinoïde)…et pour le studio Filmation, c’était aussi l’occasion de faire des économies. Au début du projet, seuls Shatner, Nimoy, Kelley et Doohan devaient faire leur retour, ce qui n’était pas du goût de Nimoy qui a imposé Nichelle Nichols et George Takei. Walter Koenig a eu en quelque sorte un prix de consolation avec l’opportunité d’écrire un épisode…une expérience qu’il n’a pas prolongée à cause des excessives demandes de réécritures de la part de Gene Roddenberry.

On entend parler Arex pour la première fois dans cet épisode…et son doubleur n’est autre que James Doohan. L’interprète de Montgomery Scott a enregistré de nombreuses voix pour le dessin animé, un travail qu’il a comparé à ses débuts dans le domaine des feuilletons radiophoniques.

Dans Il nous manque une planète, l’Enterprise est absorbé par une créature géante vivante à l’état gazeux, une sorte de nuage qui se nourrit de l’énergie des planètes qu’elle englobe (à la « Galactus » dans le film Les Quatre Fantastiques et le Surfer d’Argent). L’entité s’approche d’une colonie de la Fédération (dont le président est un personnage secondaire de la série classique…également doublé ici par James Doohan) et l’équipage est lancé dans une course contre la montre pour empêcher une catastrophe…

L’intrigue, qui peut faire penser à une sorte de version spatiale du Voyage Fantastique de Richard Fleisher, est efficace et met bien à l’épreuve le capitaine Kirk et son équipage, la nature même de la menace amenant une réflexion sur les directives de Starfleet. Et parmi les péripéties, il y a aussi l’une des plus audacieuses tentatives de fusion mentale de Monsieur Spock…

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M’Ress par Ken Panders :

Super-Team Family : Star Trek & Perdus dans l’espace

Super-Team Family : Black Vulcan & Mr Spock

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The Lorelei Signal / L’appel de Loreli
Saison 1, épisode 4
Réalisateur : Hal Sutherland
Distribution : William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, George Takei, Nichelle Nichols, Majel Barrett…

De tous les épisodes de la série animée, The Lorelei Signal fut le préféré de la regrettée Nichelle Nichols…parce que pour la première fois, le lieutenant Nyota Uhura n’était pas limitée à son poste d’officier des communications. Dans cette histoire signée Margaret Armen (une scénariste qui n’a travaillé que pour la télévision et qui avait écrit 3 épisodes de la série classique), Uhura se retrouve aux commandes de l’Enterprise à cause d’une menace qui ne touche que le personnel masculin du vaisseau. Et c’est donc à elle et à l’infirmière Chapel (Majel Barrett) de mener la mission de sauvetage…

En enquêtant sur une zone de l’espace où de nombreux vaisseaux ont disparu depuis une vingtaine d’années, l’Enterprise découvre la planète Taurus II, peuplée de très belles femmes. Et il ne faut pas longtemps pour que l’équipe d’exploration et les hommes restés sur l’Enterprise succombent à l’emprise de ces « sirènes de l’espace », dont la raison du comportement sera expliquée au fil de l’épisode (ce qui en fait des adversaires un peu plus nuancées qu’au premier abord)…

Ce quatrième épisode est une bonne variation sur la légende de la Lorelei (conte germanique analogue aux sirènes de la mythologie grecque), avec un suspense qui monte bien en puissance dans sa deuxième moitié, course contre la montre pour sauver l’équipe prisonnière sur la surface pendant que Uhura démontre joliment ses capacités de leader.

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More Tribbles, More Troubles / Les Soucis du Capitaine Kirk
Saison 1, épisode 5
Réalisateur : Hal Sutherland
Distribution : William Shatner, Leonard Nimoy, DeForest Kelley, James Doohan, George Takei, Nichelle Nichols, Majel Barrett…

À l’origine, le scénariste David Gerrold avait proposé l’épisode More Tribbles, More Troubles comme une suite possible de Tribulations, le très chouette 15ème épisode de la saison 2 de la série classique. Mais Fred Freiberger, l’un des producteurs, n’était pas du tout fan du ton plus léger de cet épisode et il a alors mis son veto. Gerrold a pu réutiliser son idée pour le dessin animé et en a fait une suite directe de Tribulations, même si ce cartoon n’était pas considéré par Gene Roddenberry comme faisant partie de la chronologie officielle de Star Trek.

Dans More Tribbles, More Troubles, Kirk & cie croisent à nouveau la route de Cyrano Jones (interprété par Stanley Adams, comme en live action) et des klingons commandés par Koloth (James Doohan remplace William Campbell). Et qui dit Cyrano Jones, dit retour des tribules, ces boules de poil dont on ne sait pas où est le cucul ni ou est la tétête…colorisées en rose cette fois car le directeur artistique pensait que ce serait mieux pour un dessin animé du samedi matin.

En plus de la couleur, l’autre différence est que ces tribules ont été modifiés génétiquement par Jones…au lieu de se multiplier à toute vitesse, elles grandissent très vite lorsqu’elles se nourrissent. Sources de bons gags visuels…qui auraient tout de même eu un peu plus d’impact avec une animation moins figée (même si je finis par m’y habituer). La toute dernière scène fait un très amusant clin d’oeil au final de Tribulations…Kirk a décidemment beaucoup de soucis avec ces turbulents tribules…

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