TERMINATOR 3 : LE SOULÈVEMENT DES MACHINES (Jonathan Mostow)

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REALISATEUR

Jonathan Mostow

SCENARISTES

John Brancato, Michael Ferris et Tedi Sarafian

DISTRIBUTION

Arnold Schwarzenegger, Nick Stahl, Claire Danes, Kristanna Loken…

INFOS

Long métrage américain
Genre : action/science-fiction
Titre original : Terminator 3 - Rise of the Machines
Année de production : 2003

Douze années séparent la sortie de Terminator 2 : Le Jugement Dernier de celle de Terminator 3 : Le Soulèvement des Machines. Suite à l’énorme succès de T2, les discussions concernant un troisième volet ont pourtant commencé assez tôt et James Cameron était encore intéressé par l’idée de l’écrire et de le réaliser après avoir tourné le petit film qui a servi à l’attraction T2-3D : Battle across time en 1996. Mais de nombreux problèmes sont apparus (droits, relations compliquées avec les producteurs Mario Kassar et Andrew Vajna…) et Cameron a fini par déclarer au début des années 2000 qu’il avait raconté l’histoire qu’il voulait raconter avec les deux premiers films et qu’il n’avait plus l’envie de continuer, ni d’essayer de récupérer les droits (ce qui s’est fait récemment pour le résultat que l’on sait…mais je n’en dirais pas plus car je n’ai toujours pas vu Terminator : Dark Fate qui ne tient pas compte de Terminator III à V).

Arnold Schwarzenegger a longtemps été fidèle à James Cameron et ne voulait pas faire T3 sans lui. Cameron lui aurait alors dit de ne pas hésiter et de prendre le plus de fric possible. Arnold a alors négocié son plus gros cachet de la série pour ce qui fut un de ses derniers longs métrages avant sa période « Governator ». Pour succéder à James Cameron, c’est Jonathan Mostow qui a été choisi, un bon metteur en scène remarqué grâce aux efficaces Breakdown - Point de rupture et U-571 avant de se faire nettement plus rare ces dernières années (seulement un film et un épisode de série TV dans les années 2010).

La saga Terminator aurait en effet pu s’arrêter au numéro 2 tant le parcours des personnages s’avérait complet. C’est d’ailleurs ce qui a décidé Linda Hamilton à ne pas reprendre le rôle de Sarah Connor car la place de son personnage emblématique était réduite au strict minimum dans les premières versions du script. Au final, on apprend que Sarah est morte d’une leucémie peu de temps après la date annoncée du Jugement Dernier. Mais malgré leur apparente victoire, son fils John craint toujours l’Apocalypse. Des années plus tard, il erre sur les routes, refusant de s’intégrer au système de peur que les machines le retrouvent. Et il s’avère qu’il avait raison et qu’il ne peut échapper à son destin : le Jugement Dernier n’a pas été empêché, il a juste été retardé…

Terminator 3 est moins bon que les deux premiers épisodes. L’exposition est un peu laborieuse et les quelques tentatives d’humour (comme la parodie de la scène du bar de T2 dans les premières minutes) ne sont pas très convaincantes. Mais le film est loin d’être mauvais pour autant. La mise en scène de Jonathan Mostow est solide et ne cherche pas à singer le style Cameron (pas d’esthétique bleu acier par exemple). La longue course-poursuite qui utilise de nombreux véhicules est spectaculaire et le réalisateur est aussi à l’aise dans l’action (le dernier acte est palpitant et mené sur un rythme soutenu) que dans les instants plus calmes de ce « road-movie ». Le leitmotiv de Brad Fiedel, que l’on entend juste brièvement au début du générique de fin, m’a tout de même un peu manqué…

Edward Furlong fut un temps envisagé pour reprendre le rôle de John Connor mais pour plusieurs raisons (dont les problèmes de drogue du bonhomme), ça ne s’est pas fait. Nick Stahl (Sin City) livre une composition intéressante dans cette transition entre le gamin tête à claques et le futur héros de guerre…un jeune homme hanté qui s’oppose en vain à la fatalité. Le personnage féminin campé par Claire Danes n’est par contre pas le mieux écrit de la série. Schwarzy est savoureux dans la caractérisation des différents aspects de ce troisième modèle de l’un de ses rôles fétiches…mais même si elle est redoutable dans l’action, le terminator féminin campé par Kristanna Loken n’a pas l’aura du T-1000 de Robert Patrick.

S’il n’arrive pas à la cheville de Terminator 2 : Le Jugement Dernier, ce spectacle qui monte bien en puissance reste divertissant, avec de bonnes idées dont le lieu de l’implacable final, avec ses visuels marquants… et l’endroit était très bien choisi pour cette scène forte dans laquelle John Connor embrasse enfin sa destinée…

Je trouve plein de qualités à ce troisième volet qui a déjà le mérite courageux de vouloir s’extraire du schéma de boucle temporelle : il porte les personnages au bord de ce futur apocalyptique qu’on n’a vu qu’à travers des flash-backs (et qu’on n’aurait jamais dû voir plus précisément, mais ceci est un autre débat).
Le fait de commencer sur un mode de comédie pour ensuite glisser, lentement mais implacablement, vers une noirceur sans fond, j’aime beaucoup. C’est un peu comparable au choix d’écriture de Superman Returns, qui transforme le Luthor grandiloquent version Hackman en tueur sadique et impitoyable : c’est glaçant.
À ce titre, le dernier volet, et surtout la dernière séquence, l’exploration du complexe abandonné, c’est saisissant : les deux héros sont coincés dans un bunker construit en pleine paranoïa de la Guerre Froide, signe que les peurs et la folie des hommes perdurent. Mais en même temps, c’est ce blockhaus enfoui et cette technologie datée qui vont apporter l’espoir aux survivants. Symboliquement, je trouve ça brillant. C’est une manière de nous dire, à nous spectateurs : regardez, on est toujours dans la même merde que celle où pataugeaient nos parents.
Le film est porté par des acteurs assez impliqués, et pose des raisonnements, qu’ils soient stratégiques, psychologiques (« Votre légèreté est salutaire. Elle dissipe la tension… et la peur de mourir ») ou relatifs à la guerre temporelle en cours, qui sont à la fois de grands moments de dialogues et d’interprétation et de belles exploitations du mythe.
Les chorégraphies aussi sont assez finaudes : on a deux machines de technologies de pointe qui partagent un point commun : la lourdeur métallique. Donc elles se battent en tenant compte de ça, en se poussant et en se déséquilibrant. C’est d’autant plus ingénieux que la masse de Schwarzenegger est confrontée à la silhouette gracile de son adversaire, mais l’équipe n’a pas eu le mauvais goût d’en faire une ninja sautillante. Pas con du tout.
Le seul point un peu balourd (et encore), c’est le reboot du Terminator. L’idée est capillotractée dans la logique d’un modèle plus récent capable de l’infecter, et la mise en scène, avec Arnold qui frappe la voiture, est un brin outrée. Mais pour le reste, je trouve que c’est un spectacle rondement mené avec une succession de scènes réussies (je ne me lasse pas de la cascade de la grue) et une espèce de grand huit des sentiments que ne retrouvera jamais la franchise.
C’est sans doute le meilleur film de l’après Cameron, et j’aurais bien aimé que les autres puissent conserver ce niveau…

Jim

Le quatrième est frustrant avec ses coupes, voulues par les producteurs pour plaire aux exploitants de cinéma, qui ne voulaient pas d’un film « long », pour caser beaucoup de séances dans la journée.

Je n’ai pas trop aimé ce 3ème opus. Je l’ai vu au ciné et j’en ai pas un bon souvenir.
Je ne l’ai jamais revu, d’ailleurs.

Je ne l’avais pas revu depuis au moins 15 ans mais j’en gardais un plutôt bon souvenir. Il n’est certes pas aussi bon que les Cameron mais dans l’ensemble, ça fait une « trilogie » qui se tient bien. C’est après que ça commence à se gâter…

Je ne l’ai vu qu’une fois (à sa première diffusion télé, je suppose), et le seul souvenir que j’en ai gardé — absolument le seul — est la toute fin.

ça explose, c’est ça ?

Avec un côté « ironie tragique » en plus et une atmosphère assez marquante pour le coup, mais ouais, c’est l’idée.

Bon, bah j’ai retenu que ça aussi

Une scène réutilisée dans un épisode de Smallville, d’ailleurs…^^