THE KILLER (John Woo)

REALISATEUR & SCENARISTE

John Woo

DISTRIBUTION

Chow Yun-Fat, Danny Lee, Sally Yeh, Kenneth Tsang…

INFOS

Long métrage hong-kongais
Genre : drame/thriller/action
Titre original : Dip huet seung hung
Année de production : 1989

Les relations entre John Woo et son producteur Tsui Hark se sont considérablement rafraîchies pendant la production du Syndicat du Crime 2 (Hark ayant même accusé John Woo d’avoir « gâché » le film). Tsui Hark aurait alors cherché à faire virer John Woo du studio Film Workshop, ce qui ne lui a pas été accordé. Bien entendu, cette situation n’a pas amélioré leurs collaborations suivantes et Tsui Hark a dans un premier temps refusé The Killer. Ce n’est que lorsque Chow Yun-Fat a convaincu la société Golden Princess Film (avec laquelle il était sous contrat) d’apporter une partie des fonds que le projet a pu recevoir le feu vert.

Bien entendu, Tsui Hark et John Woo ont continué à avoir des désaccords, notamment au sujet de la musique de The Killer, un élément très important. John Woo voulait au départ que le rôle féminin principal, une chanteuse, interprète une chanson jazz et que le tueur joue du saxophone. Refus de Tsui Hark sous le prétexte que pour lui le public de Hong-Kong ne comprenait rien au jazz. Le thème principal est donc plus « grand public » , ce qui ne me gêne pas car je trouve que c’est une jolie chanson. Et le tueur joue de l’harmonica, dans un hommage avoué et réussi au Il était une fois dans l’Ouest de Sergio Leone…

Ce n’est pas la seule référence de The Killer. Le long métrage est la déclaration d’amour de son réalisateur au Samouraï de Jean-Pierre Melville (ce n’est pas pour rien que le tueur, Ah Jong, est appelé Jeff dans la version française) et au Mean Streets de Martin Scorsese. John Woo cite aussi Narazumono, un thriller japonais de 1964, et le comic-strip Spy vs Spy de Antonio Prohias pour la dynamique entre ses deux héros. Autant d’influences pour une nouvelle exploration des thèmes chers au réalisateur…

L’honneur dans un monde qui n’en a plus. Jeff (impérial Chow Yun-Fat) est un assassin au code moral strict, il ne tue que ceux qu’il juge mériter leur sort. Lors de son dernier contrat (une scène d’ouverture très efficace), il blesse par accident Jennie (Sally Yeh), une chanteuse qui devient progressivement aveugle. Rongé par la culpabilité, il décide de veiller sur elle. Un rapprochement qui se transforme en amour partagé. Jeff accepte une ultime mission pour gagner l’argent nécessaire à l’opération de Jennie…mais il est trahi et se retrouve la cible de la Triade…

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L’amitié entre deux personnes que tout oppose. Jeff est également poursuivi par Li Ying (très bon Danny Lee), un flic aux méthodes peu orthodoxes obsédé par tout ce qui entoure Jeff, sa façon de procéder, son éthique, son magnétisme. Leur relation est habilement développée autour de scènes savoureuses (comme le « mexican standoff » dans l’appartement de Jennie) et s’ils passent dans un premier temps une grande partie du long métrage à se chasser, les deux hommes vont se rendre compte…hélas un peu trop tard…qu’ils ont plus en commun qu’ils ne le pensent…

The Killer est un film furieusement romantique, ce qui est exacerbé par les envolées et les choix de réalisation de John Woo. L’aspect dramatique est poignant…et l’action est comme souvent spectaculaire et palpitante. Improvisées par John Woo qui préférait les travailler sur le tournage au lieu de les découper en utilisant un storyboard en pré-production (la réalisation du final a ainsi duré près d’un mois), les différents morceaux de bravoure sont d’une grande intensité, aussi bien physique qu’émotionnelle. Et le résultat prend toujours aux tripes !

1 J'aime

Le duo était déjà génial dans le bon city on fire :3 .

Tiens, ça fait longtemps que je l’ai pas vu celui-là. Pas forcément mon Woo préféré (le chef-d’oeuvre total « A toute épreuve/Hard-Boiled » le surpasse nettement, et je crois même préférer le plus noir et brutal « Une Balle dans la tête »), mais ça demeure un film magnifique, vraiment matriciel pour John Woo, à bien des égards.

Ce fut mon premier film de Woo et ce fut une méga-claque notamment parce l’ambiance mélancolique qui s’accroche et certaines scènes assez incroyable mais je l’ai aussi toujours trouvé très bancale dans son scénario avec le basculement du love interest et l’incompétence assez claire pour la caractérisation des personnages féminin.

Et donc comme le camarade plus haut ma masterpiece du maître reste A tout épreuve que j’ai encore revu il y a quelques semaines et qui est à l’action ce qu’Akira est à l’animation : un film inégalable et inégalé.

…qui n’intéressent clairement pas Woo, c’est une évidence.