TRANCERS IV : JACK OF SWORDS (David Nutter)

REALISATEUR

David Nutter

SCENARISTE

Peter David, d’après les personnages créés par Danny Bilson et Paul De Meo

DISTRIBUTION

Tim Thomerson, Stacie Randall, Ty Miller, Terri Ivens…

INFOS

Long métrage américain/roumain
Genre : science-fiction/fantasy/action
Année de production : 1994

Bien connu des lecteurs de comics, Peter David a toujours été un auteur très prolifique. Au début des années 90, il travaillait pour l’éditeur Marvel Comics, notamment sur les séries The Incredible Hulk, Spider-Man 2099 et X-Factor. Depuis la fin des années 80, il écrit également de nombreux romans (ses déclinaisons de l’univers Star Trek ont eu beaucoup de succès).
En 1994, il décida d’ajouter une nouvelle corde à son arc en signant des scénarios pour la télévision et le cinéma. Pour le petit écran, il débuta par deux épisodes de la série de science-fiction Babylon 5 créée par J.M. Straczynski.
Pour le cinéma (au rayon séries B à direction du marché de la VHS), il fut engagé par le producteur de séries B à petit budget Charles Band pour réécrire le western S.F. Oblivion et pour donner une nouvelle impulsion à l’une des franchises du studio Full Moon, la saga Trancers.

Le premier Trancers est sorti en 1984, sous la bannière Empire Pictures, la précédent boîte de production de Charles Band. Le héros de Trancers (Future Cop pour la V.F.), écrit par le duo Danny Bilson et Paul De Meo (futurs créateurs de la série Flash des 90s et scénaristes de The Rocketeer), est Jack Deth, un flic du futur qui poursuit un criminel à travers le temps grâce à une technique qui lui permet de prendre le contrôle du corps de ses ancêtres. Ce génie du mal, Whistler, utilise ses puissants pouvoirs mentaux pour contrôler l’esprit de ses victimes et les transformer en véritables zombies, les Trancers.
Il a fallu 3 films à Jack Deth pour venir à bout des Trancers, mais Charles Band n’a jamais été homme à abandonner un filon (les poupées mortelles d’André Toulon en savent quelque chose).

Jack Deth travaille maintenant pour une agence qui recherche et corrige les anomalies dans l’espace-temps. Alors qu’il se dirige vers sa nouvelle mission, Jack est attaqué dans sa machine temporelle par une créature revancharde et il se retrouve alors piégé dans une dimension parallèle où la technologie a été remplacée par la magie et qui ressemble à s’y méprendre à la Roumanie (le refuge des producteurs de films fauchés). Il découvre que le pays est sous la coupe d’une version alternative des Trancers, des vampires psychiques qui ont une prédilection pour les nom sortis des pièces de William Shakespeare…

Tim Thomerson, pilier des films Empire et Full Moon (Dollman, Zone Troopers…), reprend ici pour la cinquième fois (en comptant le court-métrage Trancers : City of Angels) le rôle de Jack Deth, flic macho, grincheux et un brin désabusé. Et comme il l’a déclaré plus tard, il n’avait pas vraiment envie de cachetonner en Roumanie (on le dit “gêné” par son implication dans Trancers IV et V) , mais comme il faut bien bouffer…
En bon professionnel, il demeure le meilleur acteur du long métrage et il est au centre de scènes assez divertissantes. Le niveau des autres comédiens est par contre absolument affligeant : les prestations catastrophiques s’enchaînent, avec en tête l’inconnu Clabe Hartley, qui joue le vilain Trancer en chef Caliban (et dire que Ron Perlman avait auditionné pour le rôle)…mais au moins les actrices sont très, très agréables à regarder…

Les péripéties s’enchaînent sur un bon rythme et on retrouve bien la patte de Peter David dans quelques situations et dialogues, mais Trancers IV est tout de même moins convaincant que le sympathique Oblivion. Toujours à cours d’argent, le réalisateur David Nutter (un vétéran du petit écran) a taillé dans le lard en sucrant de nombreux passages du scénario jugés trop chers. Le résultat donne une minuscule série B avec un chouette concept qui a ses bons moments mais qui est régulièrement plombé par le côté ultra-cheap de la production.

Comme Roger Corman avant lui, Charles Band profitait toujours d’un déplacement à l’étranger pour mettre en boîte deux pelloches à la fois. Trancers IV et V, ont donc été tournés à la suite, tout comme Oblivion I et II, les autres contributions de Peter David aux longs métrages estampillés Full Moon.