Salut !! On se retrouve comme chaque année en cette fin septembre pour la reprise de « Tumatxa! », mercredi prochain plus précisément, et comme le veut la tradition, émission un peu copieuse pour entamer les hostilités : cinéma (avec de l’actu brûlante), littérature (une collection d’essais pas piqués des vers), BD (du patrimonial haut-de-gamme), et série télé (d’animation en l’occurrence). Le tout en musique, avec quelques disques qui ont animé mon été…
Stay tuned !!
Eh ouais… fini les vacances.
Miam! Impatient je suis!
EPISODE 1 : Alex Toth présente le règne des rebelles apocalyptiques !!
…et c’est le moment de se retrouver pour une nouvelle saison de « Tumatxa! » !! Il fallait bien une émission longue comme un jour sans pain pour célébrer cet événement considérable à l’échelle de l’histoire des médias audiovisuels… Vous avez bien 4 heures devant vous ?!? Que voulez-vous, on ne se refait pas…
Menu gargantuesque cette semaine, donc, et fort appétissant si vous me permettez cette touche d’auto-congratulation : cinéma (actualité brûlante quoique streamée), littérature (avec un objet littéraire non identifiée du genre goûtu), BD (avec du patrimonial de grand standing) et série télé (de la SF animée de très haut vol), le tout en musique comme il se doit !!
Pour le cinéma, sur Netflix et pas en salles (hélas), j’ai la joie d’évoquer le dernier-né de la filmographie du surdoué Jeremy Saulnier (scénar’, photo, montage, mise en scène : il fait tout sur ses films), l’excellent « Rebel Ridge », peut-être pas le meilleur film de son auteur mais la concurrence est rude dans son corpus. Dans ce film d’action à combustion lente un peu hâtivement comparé au premier « Rambo » (même s’il faut admettre que les pitchs se ressemblent, quand même), Saulnier invente un nouveau type de héros d’action, « off the grid » et presque non violent… Voilà qui est rafraîchissant !!! Corruption policière (incarnée par le génial Don Johnson) et règlements de compte au sein d’une petite bourgade américaine sont au menu de cet actioner étonnant qui fleure bon le western…!
Pour la littérature, on se penche sur un essai pas spécialement connecté à l’actualité (1987 pour la première édition) mais furieusement adapté aux sommaires habituels de cette émission, avec « Apocalypse Culture », collection d’essais rassemblés par feu Adam Parfrey (et en partie signés de sa main d’ailleurs), qui fut le maître d’oeuvre inspiré et aventureux de la maison d’édition décalée Feral House. Au menu ? Des nécrophiles, des loups-garou, des revues si trash que leur éditeur part en prison, des illuminés, des gourous et des sociétés secrètes, des anarchistes en guerre contre l’art et l’agriculture… n’en jetez plus !!! A travers cette collection insensée révérée par JG Ballard en personne, Parfrey célèbres les idées les plus transgressives et éclaire les recoins les plus sombres de la culture underground de son temps… et du nôtre, toute cela restant d’une furieuse actualité 35 ans après les (mé)faits. Immanquable si vous êtes un peu zinzin dans votre tête.
Pour la BD, joie dans mon coeur et le vôtre car l’immense Alex Toth, un peu trop rare en VF, est célébré à travers un bel album, comme d’habitude chez Delirium, intitulé « Eerie et Creepy présentent Alex Toth ». Comme son titre l’indique, l’album compile les récits dessinés par Toth (scénarisés par ses soins ou par des acolytes connus de nos services comme Archie Goodwin, Roger McKenzie ou Doug Moench), réalisés entre le milieu des années 60 et le début des années 80. De courts récits horrifiques mais qui tirent aussi vers d’autres genres voisins (polar, SF), n’oubliant pas de rendre hommage à quelques figures tutélaires des genres convoqués (Edgar Allan Poe ou Arthur Conan Doyle, par exemple) et permettant au dessinateur atrabilaire de faire la démonstration de son pur génie graphique, dans un beau noir et blanc qui sied bien à l’ambiance générale. Fabuleux.
Pour les séries télé, d’animation en l’occurrence, n’oublions pas de rendre à César ce qui est à César et remercions l’excellent Clément Milian (vraiment, merci du tuyau) à qui nous devons de nous pencher aujourd’hui sur « Scavengers Reign », fantastique récit SF (et foutrement original de surcroît) signé Joseph Bennett et Charles Huettner, initié par Amazon Prime et récupéré par Netflix. Sorte de développement du court-métrage « Scavengers » (2016) réalisé par le même tandem, la série met en scène les rescapés du vaisseau Demeter 227, échoués sur la planète Vesta, à la faune et à la flore furieusement… exotique, et mortellement dangereuses si l’on n’y prête garde. Grande, très grande série de SF, dont on espère que l’on aura la chance de voir une suite dans un futur proche.
Le tout est évidemment agrémenté de musique et ce soir c’est une spéciale samba… non, je plaisante, ce sera bizarre et/ou abrasif, comme d’habitude : James Plotkin a sorti il y a quelques mois les démos et remixes de son fabuleux « The Joy Of Disease », et on en écoute le non moins fabuleux « Yes Well No » ; les légendaires thrashers californiens de Testament fêtent les 25 ans de leur chef-d’oeuvre « The Gathering », dont est issu l’imparable « The Fall Of Sipledome » ; Nick DiSalvo, maître d’oeuvre d’Elder, a un side-project fabuleux et vous n’en saviez rien, ça s’appelle delving, et l’excellent « New Meridian » est extrait du dernier album en date « All Paths Diverge » ; David Lynch retrouve l’ensorcelante Chrysta Bell poru le bizarre et beau « Cellophane Memories », dont est issu « Dance Of Light » ; enfin, les new-yrokais de Uniform nous assomment d’un excellent album avec « American Standard », dont voici le monumental morceau-titre, introductif et terminal à la fois…!!!
« Tidal waves found the shore
Destroying cities
No longer can be recognised
Devastation to us all
The sea will rise
And a world soon to fall »


Ca m’a l’air bien copieux tout ça, joli programme!
Sinon, j’ai pris ce matin des places pour le concert de Maiden à La Défense Arena. Je n’ai pas pu résister vu la période qu’ils vont jouer (et il se trouve que je ne les ai jamais vu en concert
). Tu dois le savoir mais ils s’arrêtent à l’album « Fear of the Dark ». Je t’avouerais que je préférerais qu’ils s’arrêtent à « Seventh Son » même si j’ai un côté affectif avec « Fear of the Dark » car c’est le premier album de Maiden que j’ai acheté à sa sortie. J’étais comme une pile en allant acheter la cassette
.
Veinard… J’ai des potes qui me pressent de me pencher sur la question, mais la date ne me va pas, hélas (je vais jouer en Allemagne quelques jours après).
Tu n’avais jamais vu Maiden ? Deux fois en ce qui me concerne : une fois pendant la période Blaze Bayley, et je dois dire que je pense avoir préféré la première partie (un Helloween en très grande forme) et une fois sur la tournée « Brave New World » au Vélodrome d’Anoeta, avec un Dickinson impérial…
Je les reverrais bien, surtout qu’ils annoncent que certains de ces morceaux ne seront plus jamais rejoués live. Nicko McBrain fait part de ses difficultés sur certains morceaux « musclés », et les problèmes de dos de Steve Harris le font réfléchir à la fin de Maiden. Peu de chances que je les voie hélas sur cette tournée en tout cas…
Et ça me fait d’autant râler que Loïc, le bassiste de Titan, a vu deux fois Dickinson cette année, en solo, une fois à l’Olympia et une fois au Hellfest, et qu’il a été absolument stupéfait les deux fois par la qualité de la prestation du bonhomme, qui à 66 ans et après un cancer, est dans une forme insolente.
??? Comment on peut affirmer cela ?
Parce que les musiciens avancent en âge (72 ans pour le batteur…), certains des morceaux se révèlent compliqués à jouer sur le plan strictement physique et ça n’ira pas en s’arrangeant… J’imagine qu’ils préfèrent abandonner une partie de leur répertoire plutôt que de le massacrer sur scène…?
Je joue dans un cover band d’Iron Maiden (on avait un concert y’a encore 10 jours), je suis bien plus jeune qu’eux et déjà j’en chie !!! ![]()
Ha ben j’avais pas pensé à ça. Ça me semble logique
(je suis un gros noob de concert. J’ai du en faire deux ou trois dans ma vie et le plus rock c’était Cabrel, c’est vous dire)
Ha ha ha ha !!!
Ceci dit, le chanteur, comme je le signalais plus haut, le chanteur est dans une forme olympique alors que les morceaux sont vraiment super difficiles à chanter… mais c’est le plus jeune du groupe (66 balais quand même).
Quand à leurs collègues de Judas Priest, dont le chanteur Rob Halford a 73 ans (!!), je les ai vus en juin à Pampelune et c’était la grosse tannée, comme quoi…
Et non… La date ne m’arrange pas trop (c’est en pleine saison) mais c’est une des dernières fois où je peux les voir dans des conditions correctes et surtout avec uniquement des morceaux que j’ai poncés durant toute mon adolescence. Je suis bien moins fan de ce qu’ils ont fait après « Brave New World ».
Oui, pareil, bien sûr, et j’imagine que c’est le cas pour 99 % des fans du groupe… il y a des bonnes choses après, sur « Dance Of Death » ou « A Matter Of Life and Death », voire « Senjutsu », mais la veine plus « prog pas toujours inspiré » du groupe, souvent très répétitive, est évidemment moins spectaculaire que leur incroyable répertoire des eighties.
J’avais pris deux places pour y aller avec mon cousin mais avec un petit bémol de sa part.
Quelques heures à peine après l’achat des billets, l’annonce tombe : les Fêtes de Bayonne 2025 auront lieu du 16 au 20 juillet. Il me lâche ! ![]()
Ha ha ha !!
Donc ils ont définitivement modifié la date de ces infernales fêtes de Bayonne, en piquant sans vergogne celle traditionnelle des fêtes de Mauléon.
Tout fout l’camp.
Et voilà pour la reprise des bonnes vieilles coutumes:
2024.09.25 - (2:58) James Plotkin, (27:16) Jeremy Saulnier, Rebel Ridge, (1:14:35) Testament, (1:29:04) Apocalypse Culture, Adam Parfrey, (2:23:00) Nick DiSalvo, delving, (2:34:48) Eerie et Creepy présentent Alex Toth, Archie Goodwin, Roger McKenzie, Doug Moench, (3:05:55) David Lynch, Chrysta Bell, (3:16:04) Joseph Bennett, Charles Huettner, Scavengers Reign, (3:41:40) Uniform
Yeaaah !! Merci !
EPISODE 2 : Piranèse, l’éternaute à tombeau ouvert !!
C’est déjà l’heure de se retrouver pour la deuxième émission de cette nouvelle saison de « Tumatxa! »… Diantre ! Mais que le temps passe vite !! L’émission vous avait manqué, et vous lui aviez manqué aussi, je peux vous le confesser.
Cinéma (un film sous-estimé à réévaluer), BD (du patrimonial de grand standing, cette semaine encore), et littérature (un court roman mais vertigineux par son ambition) : tel est l’impeccable programme de cette semaine, le tout en musique, évidemment.
Pour le cinéma, à la faveur de son exhumation pour une luxueuse restauration 4K et tutti quanti, évoquons le très sous-estimé « A tombeau ouvert »/« Bringing Out The Dead » du grand Martin Scorsese. Souvent considéré comme un film mineur dans la filmographie du Maître, voire comme un film raté, « Bringing Out The Dead », adapté d’un roman de Joe Connelly assez largement autobiographique, vaut pourtant bien mieux que cette piètre réputation. Sous ses faux airs de film jumeau du légendaire « Taxi Driver » (le fait que le scénar’ soit signé Paul Schrader accentue cette parenté, bien sûr), le récit se penche sur les tribulations de Frank Pierce (interprété par l’hallucinant et halluciné Nicolas Cage en personne), ambulancier dépressif et insomniaque, en panne de sauvetages susceptibles de combler son addiction au fait de sauver des vies… Complexe messianique ? Oui, mais le film est très subtil sur la question, en plus de son casting quatre étoiles et de sa magnificence graphique. A redécouvrir, d’urgence !!!
Pour la BD, à l’occasion de l’annonce de son adaptation imminente pour le petit écran, revenons sur le chef-d’oeuvre de la BD argentine, « L’Eternaute », fruit de l’esprit du scénariste martyr Héctor Germán Oesterheld, associé pour la version qui nous intéresse ici au génie graphique d’Alberto Breccia. En effet, Oesterheld a raconté deux fois l’histoire en question, une fois à la fin des années 50, et une fois à la fin des années 60, avant de lui donner une suite, peu de temps avant de rencontrer son destin tragique. Le récit se penche sur un groupe de personnages rescapés d’une étrange attaque extra-terrestre sur Buenos Aires (à base de neige mortelle !!), qui s’organisent pour survivre puis lutter… Magnifique récit aux forts relents de métaphore politique, incroyablement illustré par un Breccia en état de grâce expérimentalo-virtuose, « L’Eternaute », quelle que soit la version à laquelle on a à faire, est un pur chef-d’oeuvre de la BD mondiale.
Pour la littérature, nous évoquons pour la première fois le travail de l’autrice anglaise Susanna Clarke, rare mais précieuse… Aujourd’hui, c’est « Piranèse », son deuxième roman paru initialement en 2020, qui nous intéresse. Dans ce récit aux forts accents borgésiens, un personnage étrange et naïf, Piranèse, est « prisonnier » (mais s’en accommode très bien) d’un Palais gigantesque et labyrinthique qui ne semble pas connaître de limites, et qui constitue son Monde. Il n’y a guère que l’Autre, scientifique de son état, pour partager son habitat… à moins qu’un troisième et mystérieux individu, comme des indices le laissent penser, ne hante également le dédale sans fin du Palais ? Récit bref mais prenant à l’ampleur thématique peu commune, « Piranèse » est un roman impressionnant, une enquête métaphysique tour-à-tour drôle et poignante.
Le tout est évidemment servi frais avec de la bonne musique : à la faveur de la constitution du projet Beat qui en reprend le répertoire des années 80, écoutons donc du King Crimson, en l’occurrence l’extraordinaire « Neurotica » issu de l’album « Beat », justement ; on reste dans les années 80 avec l’album « Paradise Now » de Death Cult, qui ne tardera pas à muter en The Cult tout court, et on s’envoie pour la peine le beau « Ghost Dance » ; Aaron Stainthorpe n’est pas que le chanteur/hurleur de My Dying Bride, il est aussi celui de High Parasite, qui vient d’accoucher de l’album « Forever We Burn » dont est issu « My Syndrome » ; enfin, chose promise chose due, on continue à explorer la discographie de l’excellent James Plotkin, avec l’album « A Peripheral Blur » réalisé en compagnie du Mark Spybey, dont est extrait l’hypnotique « Jute Wheel »…!!
« Wovoka had a vision, his words went far and wide
Save our once great nation and dance the dance of pride
Free me from my enemies and give me confidence and pride
From my heart, I pledge my soul to dance the dance inside »


Très sympa ce High Parasite! Je me suis bien reconnu quand tu parles de la génération qui a vu les Peaceville 3 muter. D’ailleurs, je leur en ai beaucoup voulu (excepté Anathema qui est resté sur son cap) lorsqu’ils sont revenus en arrière et j’ai mis beaucoup de temps à écouter les albums ultérieurs (mais je crois que je leur en veux toujours
). Je trouve que certains avaient vraiment tout ce qu’il fallait pour aller plus haut (en terme de succès) : Paradise Lost avec One Second et Host ou bien Moonspell avec Sin/Pecado que j’avais trouvé impressionnant sur cette tournée.
Ah ouais.
Excellent choix que Death Cult. Je me suis pris la réédition vinyle de cet album il y peu de temps.


