TUMATXA : L'ÉMISSION !

Et voilà pour le chapitrage

2024.10.02 - (1:47) King Crimson, BEAT, (23:59) Martin Scorsese, A Tombeau Ouvert, (1:11:00) Death Cult, (1:20:00) L’Eternaute, Héctor Germán Oesterheld, Alberto Breccia, (2:03:32) High Parasite, (2:15:10) Susanna Clarke, Piranèse, (2:41:50) James Plotkin, Mark Spybey

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Ouais, l’album est très cool, vraiment. Et encore, le morceau « My Syndrome » n’est pas forcément le plus représentatif du lot ; d’autres morceaux sont plus axés rock gothique, la deuxième influence majeure de tout ce « courant », avec le métal lui-même, bien sûr, Sister Of Mercy en tête.

Pour le « retour en arrière » de ces groupes, je serais plus nuancé que toi. Je suis d’accord en ce qui concerne Paradise Lost, qui à mon avis n’a jamais été meilleur qu’à ce moment de leur carrière, et qui est « revenu » avec des albums faibles ou juste corrects. Mais dans le cas de My Dying Bride, après l’album expérimental au titre imprononçable, l’album du retour « The Light At The End Of The World », est incroyablement inspiré, probablement leur meilleur à mon sens.
Quant à Anathema, qui a effectivement tracé son sillon un peu dans l’indifférence générale, il y a des choses formidables dans leur disocgraphie post-années 90, mais j’avoue ne pas tout connaître.

Oui, c’est vraiment terrible, ce « Paradise Now »… Je suis loin d’être le plus grand expert de The Cult de la terre, mais je sais en tout cas que je suis bien plus sensible à la veine gothique (et même « southern gothic » à l’américaine, avec tout le délire autour de l’héritage amérindien et sa mystique) de leurs débuts qu’au gros rock de stade vers lequel ils ont évolué par la suite. Même si le groupe demeure excellent et que la paire Astbury/Duffy est un sacré tandem créatif…

Merci !!! ^^

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Alors, pour le coup, je te conseille vraiment d’écouter leur dernier album « Under The Midnight Sun ».
On est très loin du rock de stade (qui me plait beaucoup cela dit). :wink:

Excellent morceau final de James Plotkin dans une veine répétitive et aquatique que ne renierait pas Boris dans son magnum opus « Flood ».
Si tu aimes ce morceau, il faut absolument que tu écoutes cet album (si ce n’est pas déjà fait, j’ai déjà dû en parler plusieurs fois mais quand on aime, on ne compte pas :sweat_smile:).

Oui, je l’ai écouté (j’en ai même diffusé un titre dans le cadre de l’émission) et effectivement j’aime beaucoup cet album ; il n’est effectivement pas représentatif de ce que j’appelle un peu caricaturalement le « rock de stade ». ^^

Ah je ne le connais pas ! Et il me semble bien oui que nous avions parlé de Boris à l’occasion… peut-être avais-je précisé à l’occasion avoir pris une claque phénoménale en live (au Roadburn) devant l’intégralité de « Amplifier Worship ». Un des concerts au son les plus phénoménaux qu’il m’ait été donné d’entendre… Kim Thayil de Soundgarden à la console, Stephen O’Malley en guets à la gratte…
Là, vu le parallèle que tu établis avec le morceau de Plotkin et Spybey, on est sur une tout autre veine du groupe, qui est polymorphe au possible de toutes façons. M’en vais m’écouter ça !!!

Au final, on est d’accord. C’est juste que j’ai une sale réaction viscérale d’enfant gâtée. :sweat_smile: Et je n’arrive pas à m’enlever totalement ce sentiment alors que de très bons albums sont sortis après ces revirements stylistiques…
N’empêche que j’ai profité de l’occasion pour me repasser des albums de cette période que je n’avais pas écouté depuis (très) longtemps : « A deeper kind of slumber » de Tiamat et « How to measure a planet » de The Gathering. Je m’attendais à ce qu’ils aient mal vieillis mais en fait non (peut être que je ne suis pas complétement objectif non plus).

Complètement! Certainement pour des problèmes de droit, il n’est pas disponible sur les plateformes de streaming. Tu peux l’écouter facilement sur Youtube. Pour récupérer le cd, je l’avais fait venir depuis le Japon via Inoxia Records. Il a été expédié par transport maritime ce que j’ai trouvé intéressant conceptuellement (et aussi financièrement :rofl:).

J’aime beaucoup le Tiamat, que j’avais pas mal poncé à une époque, mais perso je trouve que quelques sons ont un peu vieilli pour le coup, mais les compos sont excellentes par contre, très inspirées, et le disque foncièrement original.
Pour le The Gathering, ça c’est un disque que j’ecoute régulièrement et encore il y a peu, et je le trouve toujours aussi fabuleux. Le groupe n’a jamais fait mieux depuis, d’ailleurs, et loin s’en faut.

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Pour Tiamat, étrangement, les deux albums qui me semble être généralement considérés comme leurs classiques (sauf erreur de ma part), « Wildhoney » et « A Deeper Kind of Slumber », n’ont jamais vraiment résonné pour moi, alors que le précédent, « Clouds », est un que j’écoute encore au moins une fois par semaine (c’est un de mes albums de marche).

C’est d’autant plus étrange que les deux albums en question sont probablement ceux où le virage prog est le plus présent, ce qui devrait s’aligner avec mes goûts, mais non. Après, c’est peut-être aussi que les années 90 n’ont pas été tendres avec ce style de musique en particulier. Peut-être est-ce ce qui me bloque mais, si je peux absolument écouter le Marillion de cet âge-là (ou certains Dream Theater) par exemple, Tiamat a beaucoup plus de mal, à mon sens.

Ou alors c’est le coté goth 90’s qui vieillit assez mal à mes oreilles aussi, peut-être.

Enfin, je ne sais pas mais ce sont des albums auxquels je reviens finalement très peu. Je préfère généralement me relancer pour la cinquantième fois Paradise Lost, My Dying Bride ou Moonspell. Un peu un groupe qui est resté coincé dans une boucle temporelle pour moi, mais c’est peut-être ma faute.

Si « Wildhoney » est bien le classique absolu de Tiamat (des ventes ENORMES à l’époque, et le mètre-étalon finalement de toute leur discographie future), je ne pense pas que « A Deeper Kind Of Slumber » puisse prétendre à ce titre. Le succès public n’a pas été au rendez-vous (énorme déception commerciale à l’époque) et le disque est resté une sorte d’anomalie dans leur corpus. Dès « Skeleton Skeletron » deux ans après, ils étaient revenus à leur son emblématique de la période « Wildhoney », sans jamais remonter non plus à leurs racines extrêmes.

EPISODE 3 : La théorie des Enchanteurs de Mars !!

Troisième épisode de cette nouvelle saison de « Tumatxa! », la plus folle et débridée de toutes aventures radiophoniques du monde entier, sans emphase aucune. Et quitte à poursuivre dans le registre de l’auto-congratulation éhontée, c’est à un sacré programme que vous êtes conviés ce soir !!!

Cinéma (avec une curiosité passée sous les radars), littérature (avec un poids lourd de la littérature américaine), BD (avec le travail de « jeunesse » d’un habitué de l’émission), le tout en musique (avec une sélection particulièrement alléchante) : tel est l’invraisemblable programme de la semaine…!

Pour le cinéma, on se penche avec intérêt sur un film un peu honteusement passé sous silence à l’occasion de sa sortie salles (bien qu’il faille noter que c’était très bien qu’il y ait eu droit, par les temps qui courent), à savoir le fascinant et bizarre « Universal Theory », second long-métrage de l’allemande Timm Kröger. A la faveur d’une romance mâtinée de thriller et de SF, le récit exploite la désormais fameuse théorie du Multivers, et ses univers parallèles alternatifs et multiples. Mais point de foire multiverselle à la MCU ou « Everythinh Everywhere All At Once » ici : le film se présente sous une forme bien plus austère en apparence, avec son noir et blanc en scope somptueux et son rythme claudiquant (et perfectible). Plus discrètement, il est aussi un intéressant et étonnant pastiche de divers courants de la cinématographie allemande, et une passionnante quoique imparfaite méditation sur les liens entre rationalité scientifique et irrationalité ésotérico-mystique. Une curiosité à découvrir, incontestablement.

Pour la littérature, veuillez lâcher le(s) chien(s) et accueillir le Demon Dog de la littérature américaine en personne, j’ai nommé le grand James Ellroy en personne, qui nous revient avec « Les Enchanteurs », dernier-né de sa bibliographie, et troisième volet de son grand cycle en cours, le « Quintette de Los Angeles ». Dans ce polar hard-boiled comme seul Ellroy sait les usiner (à savoir : très cru et violent, irrésistiblement drôle, et poignant comme c’est pas permis à l’occasion), la figure légendaire et iconique de Marilyn Monroe en prend plein la calebasse pour pas un rond, sous le feu nourri de la prose de l’américain acariâtre. Qu’elle se rassure, elle n’est pas la seule : Liz Taylor, Richard Burton, Orson Welles entre autres, JFK bien sûr, en prennent aussi pour leur grade… Quel plaisir de voir Ellroy revenir en forme avec cet excellent cru, électrique de la première à la dernière page…!

Pour la BD, grâce aux excellentes éditions Komics Initiative (sur lesquelles nous reviendrons trèèèèèèès bientôt), nous avons droit à une tardive mais salutaire VF de « Red Mass For Mars », titre signé Jonathan Hickman au scénar’ et le regretté Ryan Bodenheim aux dessins, pour le compte d’Image Comics, entre 2008 et 2010 initialement. Dans ce mix entre SF et récit de super-héros, un ersatz de Superman est appelé à sauver ses contemporains car la menace ultime plane sur l’humanité. Le problème, c’est qu’il va falloir le supplier un peu… ça n’est pas la première ni la dernière fois qu’un scénariste s’attellera à un détournement de la figure archétypale du premier des super-héros, mais Hickman mêle ce détournement à sa thématique habituelle de la défiance vis-à-vis des élites, qui semblent le fasciner par ailleurs… Excellent, comme bien souvent avec cet auteur.

Le tout est mixé à de la bonne musique qui fait l’actualité : le groupe de death-metal du Colorado Blood Incantation revient avec le très attendu « Absolute Elsewhere », et ce dernier ne déçoit pas, comme en atteste « The Stargate (Tablet I) » ; les norvégiens d’Ulver sont en deuil mais ça ne les empêche pas de continuer à avancer, avec le bel instrumental « Nocturne #2 » ; le premier album solo de l’écossais Fish (ex-Marillion), « Vigil In A Wilderness Of Mirrors » (1990), vient de ressortir tout pimpant, et on en écoute le morceau introductif « Vigil » ; enfin, le mythique collectif post-rock canadien Godspeed You! Black Emperor revient avec son cinquième album post-reformation, « No Title as of 13 February 2024 28,340 Dead », et on écoute pour la peine l’épique « BABYS IN A THUNDERCLOUD »…!!

« You stand so close but you never understand it
For all that we see is not what it seems, am I blind?
And you sit there and talk revolution
But can you tell me just who’s in command ? »

EPISODE 3 !!

Image James Ellroy

Image Red Mass

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Et bim!

2024.10.09 - (1:33) Blood Incantation, (29:11) Timm Kröger, Universal Theory, (1:06:10) Ulver, (1:15:01) James Ellroy, Les Enchanteurs, (2:12:17) Fish, (2:28:06) Red Mass For Mars, Jonathan Hickman, Ryan Bodenheim, (2:55:30) Godspeed You! Black Emperor

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Yeah !!!

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Merci pour le petit clin d’oeil! Étrangement, je me souviens parfaitement de cette discussion dans un bar à Pau. On devait pourtant avoir quelques verres dans le nez à ce moment-là. :sweat_smile:
Pour revenir sur ta chronique des Enchanteurs, j’avais acheté « Perfidia » à sa sortie et j’avais beaucoup aimé. J’avais été sidéré par la découverte des camps de japonais après l’attaque de Pearl Harbor. Comme tu le dis, une part d’Histoire soigneusement occultée par les Etats-Unis. Par contre, je n’ai pas lu « La tempête qui vient » sans raison particulière. En fait, je me rends compte que l’écriture d’Ellroy est tellement particulière qu’il faut que je sois dans le bon mood pour avoir envie de le lire (et même pour l’acheter).
Ta chronique m’a donné envie d’y retourner en tout cas. Je vais récupérer un exemplaire demain (ainsi que le Alan Moore). Et là, je lis le dernier McDowell. J’en suis à la moitié et j’aime beaucoup l’ambiance pour le moment. Je pense que tu risques d’en parler dans les semaines à venir. :wink:

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Oui, et ça devait même être des russes blancs, les verres en question, je pense !!! ^^
Je me souviens d’une autre discussion, chez notre ami Mathieu D., tout aussi prolifique pour moi car tu m’avais parlé de Sunn o))). Tu avais accès à l’époque par le biais de tes activités à des tas d’infos que ma maigre connaissance du net à l’époque (j’étais presse papier, à fond) ne me permettait pas de glaner… J’étais parti acheter quelques jours plus tard « Zero Zero Void » du duo, et c’est peut-être bien encore mon album préféré dans leurs disco…

Oui, et comme je le signale dans la chronique, tout républicain acharné qu’il soit, et défenseur de la thèse « America, the greatest country in the world », il n’a jamais détourné les yeux de la part d’ombre (jeu de mots) des Etats-Unis, et c’est tout à son honneur d’écrivain.
Je comprends ce que tu veux dire sur le mood particulier requis pour rentrer dans un Ellroy… Pour celui-là comme les précédents, j’ai eu besoin de 20 ou 30 pages d’adaptation, l’équivalent pour le lecteur du petit mouillage de nuque avant d’aller à l’eau ; ça me le fait toujours avec Ellroy… mais quand on est dans le bain, ça déroule et c’est une sacrée expérience de lecture. « Les Enchanteurs » me semble un de ses romans les plus « excitants » de ce point de vue-là, et aussi, je ne sais pas si j’ai assez insisté sur ce point, l’un des plus drôles ; on se poile vraiment.

Le McDowell et le Moore sont, sans surprise aucune, au menu de l’émission dans les semaines à venir, effectivement. Plus un entretien annuel désormais quasi rituel, mais vous me voyez venir avec mes gros sabots gnostiques. :wink:

C’est vrai qu’à l’époque j’étais tombé sur un super forum de musique avec pas mal de mecs bien calés dans leurs registres (des gars de Slowend, No Brain No Headache,…) et des petits jeunes qu’on formait aux classiques et qui nous informaient aux nouvelles tendances. D’ailleurs, je suis retombé il y a 2 ans sur un des seuls forumeurs que j’avais rencontré « In Real Life ». C’est l’ancien guitariste/chanteur du groupe bordelais Appollonia (d’ailleurs si tu ne connais pas , jette une oreille sur leur 3ème album « Crimson Shades ») et il a ouvert il y a quelques années la boutique Fuzz (guitares/merch/albums) à Bayonne. Je suis tombé sur lui en cherchant une boutique pour acheter un t-shirt rock/metal à ma fille. Au final, je lui ai aussi acheté une guitare pour le Noël suivant ainsi qu’une basse pour moi l’année d’après. :grin:
Pour revenir au forum, il a fermé brutalement sans prévenir et du coup, la communauté s’est disloquée malgré quelques tentatives de sauvetage…

Je l’ai commencé hier soir (ma libraire n’avait pas reçu le Moore…) et je suis en plein dans le mouillage de nuque. Je patauge pour le moment… :rofl:

Ah oui, d’accord !! Je vois qui c’est alors… Je lui ai pris quelques vinyles à offrir, des Godspeed You! Black Emperor, d’ailleurs, tiens.
Mais par contre je ne connaissais pas Appollonia, ce qui me surprend d’ailleurs car je connaissais bien la scène bordelaise fut un temps (les Viridiana, Zombie Eaters, Oversoul ou Nihil, ce dernier groupe étant vraiment excellent) car j’avais enregistré des morceaux chez Fred Foulquier à Mérignac, qui produisait certains de ces groupes.

Tu vas retomber sur tes pattes, passée une formidable séquence d’analyse de « scène de crime » comme Ellroy les affectionne.

EDIT : ah oui, à voir le bandcamp d’Appollonia, c’est quand même plus récent que les groupes que je citais, plutôt actifs fin 90’s/début 2000’s…

Oui j’étais en train d’écrire que c’était plus tardif comme groupe mais tu l’as déjà ajouté.
J’avais écouté les premières démos du groupe (dont une avec une chanteuse catastrophique qu’on lui a conseillé de virer… :rofl:) juste avant que le forum s’arrête.

Tout est lié! :grin:
On a fait l’éducation de ce gamin qui est arrivé en ne jurant que par Korn. :rofl: