TUMATXA : L'ÉMISSION !

Tiens, en chinois, le titre se traduirait plutôt en « Shanghai night » ou « Shanghai nights ».

Tori.

D’ailleurs, en parlant des amitiés de Wellman, un point que je n’ai jamais exploré mais qui m’intrigue vaguement est le fait que Will Eisner, lorsqu’il était parti se battre pendant la 2nde Guerre Mondiale, lui avait laissé l’écriture du « Spirit ». Ça serait intéressant d’aller voir ce que le personnage était devenu sous sa plume. Une curiosité à creuser.

Ah oui ? Intéressant… C’est le nom d’une chanson sur laquelle travaille le protagoniste principal du récit ; c’est plus raccord thématiquement que ce soit « night(s) » que « blues ».

Tiens donc !! J’ignorais totalement ce fait. Encore une fois ma connaissance du corpus de Wellman est totalement superficielle.
Il y a des trucs qui ont été traduits en français, dans ses romans ou nouvelles, d’ailleurs ?

Ca va être rapide. A ma connaissance, il y a une des nouvelles de Silver John traduite dans une anthologie chez Lunes d’Encre, « Le Bal Des Loups-Garous ». C’est tout (ou alors j’ai raté quelque chose).

Ah oui, c’est maigre. Ceci dit c’est bien ce qui m’avait semblé en me renseignant à l’époque : rien ou presque.

Le titre est 上海之夜
上海 c’est Shanghai (littéralement « sur la mer »)
夜 c’est la nuit
et 之 c’est pour l’appartenance (l’équivalent de « 's » en anglais, si on veut).

D’où 上海之夜 = la/les nuit(s) de Shanghai.

Pour une fois que je connais tous les caractères d’un titre en chinois… :wink:

Tori.

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Wow… Impressionnant !!!

Ouais, et je doute que ça change. Quasiment aucune notoriété ici. Et même aux US, c’est vraiment pas un nom important. Indirectement un peu par les œuvres qu’il a influencé, « Hellboy » et « Old Gods of Appalachia », justement, qu’on peut facilement considérer comme des hommages quasi-directs, mais ça reste très limité. Après, je veux pas faire comme si c’était des chefs d’œuvre inconnus: on va pas se mentir, c’est quand même pas très bien écrit, mais il y a quand même quelque chose et le folklore appalachien reste en soi assez fascinant. Mais on est dans un de ces cas où le principe reste le point le plus intéressant, pour moi.

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Bon faudrait que je me relise la 1ère édition…

Merci pour le petit clin d’oeil sur ta chronique de « La Doloriade ». Comme tu l’as deviné, j’étais déjà convaincu. :sweat_smile:
Si en plus tu évoques William Faulkner et László Krasznahorkai, je ne peux que courir chez ma libraire. :grin:
Concernant ce dernier, j’aime beaucoup ce qu’il écrit même si je ne connais (pour l’instant) que 2 de ses ouvrages : « Guerre et Guerre » et sa dernière sortie « Petits travaux pour un palais » pour laquelle je n’ai pas pu résister car il y invoque les fantômes de Melville et Malcolm Lowry (deux de mes chouchous littéraires) dans un cadre de dérive urbaine…

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Je ne connais qu’une partie de son travail pour l’extraordinaire cinéaste hongrois Bela Tarr, notamment ce film merveilleux, « Les Harmonies Werckmeister » (dont le récit comprend un énorme clin d’oeil à Melville, justement). J’aimerais bien lire son « Satantango », adapté par Tarr sous la forme d’un gargantuesque long métrage de… 7 h 30 ; la particularité du film est que Tarr et Krasznahorkai ont vraiment voulu adapter le livre dans ses moindres détails, d’où cette longueur hors-normes.

Tes doutes se confirment… Nicko McBrain ne sera pas de la prochaine tournée d’Iron Maiden… :sob:
Étant donné qu’ils ne joueront que du « vieux » matériel, je comprends son choix s’il estime qu’il ne pourra pas suivre le rythme (de la vie en tournée et des morceaux)… Mais ça me rend triste…

Moi aussi ça m’a fait un truc, bien sûr. Difficile de ne pas avoir la mythique intro de « Where Eagles Dare » (la note d’intention du bonhomme à son arrivée dans le groupe) en tête en déplorant ce départ (uniquement des tournées, pas en studio si j’ai bien compris, même s’il ne faut pas s’attendre à une palanquée d’albums de Maiden à ce stade de leur carrière…).
J’ai des potes qui vont les voir à Paris qui ont les boules. Bon, j’imagine que le remplaçant sélectionné n’est pas un manchot : il s’agit de Simon Dawson, batteur de British Lion, le side-project de… Steve Harris.

Je les ai un peu… Je m’imaginais voir le groupe de mon adolescence au complet … Ca me fait un petit pincement là… Mais je sais que c’est la meilleure solution pour qu’ils puissent jouer n’importe quel « classique » durant cette tournée.

Les spécificités de cette tournée « Plays the classics » ont dû jouer, en effet. Pour être complet certains fans râlaient un peu sur les performances de McBrain ces derniers temps, avec une tendance à ralentir les morceaux. C’est assez flagrant sur certains vieux morceaux comme « Phantom Of The Opera » qui je trouve perdaient un peu de leur feeling à être ainsi joués « au ralenti ».
C’est un brin ironique quand on sait que c’est ce manque de régularité des tempi qui avaient poussé Maiden à changer de batteur et à virer Clive Burr au début des années 80. Et doublement ironique quand on sait que Dickinson se plaignait de son côté que certains morceaux au contraire (comme « Hallowed Be Thy Name » ou « 2 Minutes To Midnight ») étaient souvent joués trop rapidement en live, je suis assez d’accord avec lui sur ce point d’ailleurs.

EPISODE 10 : Splendeur de l’éversion de l’exécuteur

C’est bientôt la trêve des confiseurs et son cortège d’abominables festivités de fin d’année… mais avant ça on a quand même le temps de s’enquiller deux bonnes émissions de « Tumatxa! » avant de se dire bonne année sans trop y croire. Hourra !!

2025 aura au moins le mérite de ménager quelque surprises pour les auditeurs de l’émission, et ce dès le mois de janvier… mais chut ! J’en dis déjà trop.

Pour l’heure, cinéma, BD, littérature, le tout en musique : tel est le classique mais formidable menu de l’émission de la semaine.

Pour le cinéma, à l’occasion de la rétrospective qui lui est consacrée au centre Pompidou jusqu’au 06 janvier prochain, penchons-nous sur l’extraordinaire corpus d’Apichatpong Weerasethakul, l’un des cinéastes vivants les plus importants, en revisitant son « Cemetery Of Splendour » (2015), que nous n’avions pas eu l’occasion d’évoquer à sa sortie. Jen (incarnée par Jenjira Pongpas, actrice fétiche du cinéaste) est bénévole dans un hôpital de la province d’Isan accueillant des soldats atteints d’un mal mystérieux : ils sont plongés dans un sommeil profond et inexpliqués ; l’ambiance va vite tourner au surnaturel, comme souvent avec Weerasethakul. Dans ce film très autobiographique, le cinéaste thaïlandais usine une humeur rêveuse et « atmosphérique », à la faveur d’une dilatation du temps propre à son style habituel, mais aussi inquiète et étrange. C’est comme d’habitude magnifique (une séquence centrale du film peut même prétendre au statut de plus belle scène de tout son cinéma), et c’est à découvrir, si ce n’était déjà fait !!

Pour la BD, on évoque une intégrale parue récemment chez Délirium (encore eux ! eh oui), avec le jouissif « Button Man » / « L’Exécuteur », signé John Wagner (« Judge Dredd », « A History Of Violence ») au scénar’ et Arthur Ranson aux dessins, paru initialement dans la légendaire anthologie britannique 2000 AD. Harry Exton est un ancien soldat et mercenaire, et il a un talent particulier : il est sacrément doué pour tuer, et il aime d’ailleurs un peu trop ça pour son propre bien (et celui des autres). Ce qui fait de lui le candidat idéal pour le Jeu, sorte de tournoi clandestin de gladiateurs modernes où des tueurs à gages s’affrontent à mort pour un paquet de pognonos à la clé. Quand il s’aperçoit qu’il est fort compliqué de quitter le Jeu, il est déjà trop tard pour Harry… Première BD non SF à être publiée dans 2000 AD (au début des années 90 en l’occurrence), « L’Exécuteur » est sec comme un coup de trique, jouissif comme un film avec Charles Bronson de la belle époque, plus profond thématiquement qu’il n’y paraît, et sacrément bien découpé dans ses séquences d’action. Must-have, comme on dit !!

Pour la littérature, découvrons donc ensemble le travail de l’auteur gallois Alastair Reynolds, avec l’excellent « Eversion ». Classé un peu à tort dans la case « hard SF », Reynolds est plus représentatif à notre sens d’une SF classique, exigeante mais abordable. Dans ce roman, l’auteur nous catapulte dans une ambiance de récit d’aventures maritimes parfaitement jouissive : on suit les tribulations du Dr Silas Coade, chirurgien pas très porté sur la navigation mais pas mal porté sur l’opium par contre, qui se retrouve avec l’équipage du Déméter à approcher des côtes norvégiennes pour y visiter un mystérieux édifice gigantesque… puis le récit déraille complètement et il serait difficile d’en dire beaucoup plus. Donc, faites-moi confiance et laisser embarquer dans ce roman aux forts relents dickiens et écrit de façon fort astucieuse. Belle découverte en ce qui me concerne.

Le tout est évidemment mis en musique parce que sinon la vie serait une erreur : le légendaire combo louisiannais Acid Bath se reforme l’an prochain, belle occasion de se replonger dans leur discographie, en écoutant par exemple « Graveflower », extrait de leur génial deuxième album « Paegan Terrorism Tactics » ; Chelsea Wolfe revient avec un EP acoustique de belle facture, « Unbound EP », dont est issu la reprise de Spiritbox, « Cellar Door » ; le collectif électro-bizarre Eros accouche d’un étonnant premier album avec « Your Truth Is A Lie », comme en atteste « Cut From The Soul » ; enfin, sur les bons conseil du blog Opium Hum, on écoute « Creepshow » des néo-proggueux de Twelfth Night, et c’est issu de leur album de 1982 « Fact And Fiction »…!!!

« Like murder
Stoned I awoke in your temple
To blackness above you
And death beside me
Where kitchen knives conspire
Razor blades make bloodless love »

EPISODE 10 !!!

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Cool! J’adore leur premier album mais, pour aucune raison valable, je n’avais pas écouté le second… Très bon extrait qui m’a donné envie.
Sinon, c’est quoi le truc avec le festival « Sick New World »? J’ai lu beaucoup de critiques ses derniers temps et il y a quelques jours, j’ai vu qu’il était annulé (donc pas de retour d’Acid Bath là bas…). J’ai l’impression qu’ils mettaient l’annulation sur le dos de Metallica et Linkin Park qui prenaient de trop gros cachets… :man_shrugging:t2:

Oui, 5 millions de dollars chacun en gros… c’est dingue quand même, si ces chiffres sont réels. Ce festival a un peu les memes problèmes que les autres mais en pire, et notamment des tarifs prohibitifs que je juge indécents et qui excluent de facto toute une partie du public… il est loin le temps où le rock et le métal étaient des musiques de prolo.

C’est clair et dans le lot, ceux qui m’écoeurent le plus avec cette surenchère mercantile, c’est Tool… Et pourtant, Dieu sait comme je les adore musicalement parlant… Leur « festival » Live in the Sand est à gerber tant du point de vue financier qu’environnemental (pourquoi envoyer des touristes exprès à Punta Cana alors qu’aucun local ne pourra en profiter en raison du prix prohibitif…).

Ça me paraît totalement disproportionné mais en même temps, le festival n’est pas obligé d’accepter…