je crois que le seul intérêt que j’aurais de retrouver cette version c’est pour sa couverture. Parce que un des trucs que j’adorais dans les histoires de King c’était les couvertures des éditions J’ai Lu
(que seul pouvait égaler les éditions Pocket et à ce titre je crois que, perso, la meilleure couverture d’un roman d’horreur que j’ai c’est celle de Ghost Story de Peter Straub)
(c’est un chef d’œuvre au passage. Si vous avez jamais lu, mais que vous connaissez et aimez la nouvelle de King « La méthode respiratoire » de Différentes Saisons faut que vous lisez ce livre)texte en gras
Merci pour vos réponses !
Sinon c’est vrai que j’aimais beaucoup la couverture de cette version du Fléau.
Je regrette de ne plus les avoir… Toute ma collection de Stephen King (ainsi que Lovecraft et Herbert) a disparu quand j’ai quitté le foyer familial… Je n’ai jamais su où ils étaient passés.
C’est vrai que les couvertures de la collection « Terreur » chez Pocket étaient très bien. Quand tu en as parlé, j’ai pensé à celle de « Rituel de Chair » de Graham Masterton. J’avais beaucoup aimé ce roman à l’époque que j’avais choisi totalement au hasard.
Ca faisait des années que le film était sur ma liste des oeuvres à explorer. Je ne me rendais pas compte qu’elle était si proche de mes préoccupations, paganisme, Wicker Man, tout ça, bien sûr… mais aussi réflexion sur la psychanalyse. Je te rejoins sur la méfiance que je peux avoir sur cette discipline mais je ne peux nier une certaine fascination pour ses émanations sur le plan artistique… j’imagine que ça fait de moi un jungien. J’ai été surpris que tu ne fasses pas le lien avec « La maison du Dr. Edwardes » (« Spellbound » en VO) de Hitchcock. Dans ma tête, j’ai toujours considéré ces deux films comme jumeaux. Peut-être est-ce un raccourci hasardeux de ma part. En tous cas, il va falloir que je vois ça séance tenante. En plus, il y a ma très chère Jenny Agutter dedans. Et Lumet aux manettes. Ca commence à faire un paquet de raisons pour se pencher là-dessus. Mais… euh… 1977, c’est pas si vieux (dit-il en se mentant à lui-même).
Ben, j’avais lu « Sac d’os » qui m’avait laissé assez froid. Bon, j’étais jeune à l’époque. Très possible que ses véritables qualités me soient totalement passées au-dessus de la tête. Mais, en l’état, c’est probablement celui qui m’a le moins intéressé dans ceux que j’ai lus.
Oui oui, je dois nuancer mon propos, en fait. Ce n’est pas parce que je dis que j’ai préféré le format court chez lui que je rejette ses oeuvres longues. J’ai beaucoup aimé « Ça » et « Le Fléau » (1ère version) qui sont quand même assez volumineux. Mon commentaire visait surtout à chanter les louanges de « Différentes Saisons », pas à dénigrer le reste. Mais je pense quand même que son chef d’oeuvre reste ce recueil (même si la quatrième nouvelle, « La Méthode respiratoire », me semble un peu en deçà des autres).
Et, pour la familiarité avec son univers nécessaire pour aborder « La Tour Sombre », j’en était resté au fait qu’il fallait avoir une idée de qui est Randall Flagg. Vu que j’ai lu et vu « Le Fléau » et que je me souviens de King disant que c’est, en partie, sa version du Nyarlathotep lovecraftien (comprendre: une figure de trickster). Avec le Crimson King (bon, oui, le nom de ce big bad m’intrigue également… je reste un proggeux) qui semble tenir la place d’Azathoth. Je pensais que c’était suffisant pour aborder sa série. Et puis, bon, si nécessaire, il y a des wikis. Je suis surtout intéressé par l’espèce de place centrale que ce cycle semble avoir dans l’univers que King a créé. C’est un processus qui me fascine toujours quand un artiste forme une oeuvre composite dont les éléments sont reliés entre eux. C’est la raison de mon affection, par exemple, pour les écrits de Michaël Moorcock dont nous parlions ici-même, il y a quelques mois. Bon, après, c’est personnel, comme goût. Mais, sur moi, ça marche du feu de dieu.
Je ne suis pas vraiment un fan d’Anne Rice mais les couvertures des 3 premiers romans de son cycle des vampires chez Pocket m’avaient bien marqué, dans le temps.
C’est marrant. Cet épisode pourrait être sous-titré « Stanley Kubrick se brouille avec des gens ». On pourrait presque croire que le cinéaste était un mégalomane insupportable (c’était un génie aussi, hein, soyons clair).
Je suis tout à fait d’accord avec toi. Différentes Saisons fait partie du meilleur de ce qu’il a fait. Shawshank Redemption m’avait bouleversé, Un Elève Doué m’avais tétanisé et Le Corps me rappelle toujours beaucoup de souvenirs d’enfance (c’est d’ailleurs une sensation étrange car j’avais l’âge des gamins quand j’ai lu cette histoire et aujourd’hui j’y vois tout ce que j’ai vécu en commun)
La Méthode Respiratoire est en effet en deçà. A cause notamment de son histoire en deux temps qui ne s’émule pas franchement. On dirait que King a pris une histoire (celle de cette femme enceinte) et la inclue aux forceps dans le récit de ce club privé qui est avant tout un hommage à la Chowder Society de Ghost Story
Je n’ai pas vu beaucoup de films signés Sidney Lumet. Surtout les plus connus….Douze Hommes en colère, Le Crime de l’Orient-Express, Serpico, Un après-midi de chien, Network ou encore son dernier film 7h58 ce samedi-là.
Je n’ai pas encore vu Equus donc, et ta chronique m’a bien intrigué…
Pour la littérature, on se penche sur un auteur contemporain majeur des littératures de l’imaginaire au sens large, Stephen King, par le biais de l’évocation de son dernier roman en date, “L’Outsider”, entre polar et thriller horrifico-surnaturel.
C’est marrant, comme toi j’ai eu du mal à lâcher The Outsider et je l’ai fini en deux jours le week-end dernier. Je reconnais comme toi les petits défauts mais ils ne m’ont pas gêné vu l’efficacité de la narration. J’ai beaucoup aimé les deux parties de l’histoire et il est vrai que les 200 premières pages, celles avant le virage vers le surnaturel, sont redoutables, avec le point culminant du chaos devant le Palais de Justice. Pour la suite, j’ai aussi apprécié le fait de revoir Holly Gibney, l’une des héroïnes de la trilogie Bill Hodges. Et ce qui est bien c’est que son rôle reste accessible même pour ceux qui n’ont pas lu ces trois romans. Et pour ceux qui connaissent son comportement, sa caractérisation, ses obsessions, il y a sans conteste un plus.
C’est quelque chose que King fait depuis longtemps, avec des références multiples à d’autres bouquins, le rôle de Castle Rock, des personnages qui reviennent d’un livre à l’autre.
Et tu fais bien de souligner l’importance du cycle de La Tour Sombre, qu’il a appelé « la Jupiter du système solaire de son imagination ». De nombreux romans font partie de la saga, tout en se suffisant à eux-mêmes (c’est le cas de Coeurs Perdus en Atlantide par exemple ou encore de l’imposant Insomnie où le Crimson King tient une place importante).
Il n’y a pas longtemps, j’ai vu la série de documentaire sur l’histoire du cinéma d’horreur produite et présentée par Eli Roth. King y revenait notamment sur Shining et tu as bien résumé ce qu’il reproche au film. Il n’a également pas apprécié le fait que Jack Torrance soit montré comme fou dès le début (tout en imitant savoureusement Nicholson), ce qui est contraire au développement du personnage. Et je suis, comme tu l’as fait remarqué, bien d’accord…^^
Bref, une très chouette évocation de la carrière de King et je ne peux que te conseiller d’en lire plus !
Pour la BD, on examine une vieillerie récemment exhumée en VF, avec la mini-série de luxe “Nick Fury vs SHIELD” (repris dans la collection des intégrales chez Panini), et c’est signé Bob Harras au scénar’ et Paul Neary aux dessins.
J’aime bien cette BD, même si je trouve qu’elle manque d’une partie graphique un peu plus solide. Je l’ai acheté à l’époque en souscription, ce que je n’ai pas fait souvent. J’ai aussi Marvels dans cette collection et les bouquins n’ont pas résisté à plusieurs lectures car les pages n’arrêtent pas de se détacher. Du coup, j’ai racheté Marvels mais pas encore Nick Fury vs SHIELD…
Et je crois qu’on est beaucoup ici à garder de très bons souvenirs du run de Bob Harras sur les Vengeurs, comme on les appelait en ce temps-là…
Et encore une chouette sélection musicale. Hyatari, ce n’est pas vraiment ma came, mais le reste est très bon !
Au fait, ça doit être pas mal comme ambiance, un enregistrement en pleine nuit. Pas de petits bruits en fond sonore, comme des sonneries de téléphone…^^
J’ai lu deux de ses romans il y a quelques années, dont Lestat le Vampire, et dans les deux cas, j’ai rarement eu autant de mal à finir un bouquin. Je n’ai jamais retenté le coup…
Et encore, « Lestat » est généralement considéré comme le meilleur livre du cycle des vampires. Je te laisse imaginer le reste. Pendant mon adolescence, j’avais un vague intérêt pour ses écrits parce qu’ils formaient une des bases du jeu de rôles ultra-populaire du moment, « Vampire: La Mascarade », auquel je jouais énormément. Du coup, j’avais lu ça. C’est aussi de la même manière que les travaux de Neil Gaiman m’étaient apparus. Autant dire que, si je reste fan de « Sandman », je ne peux en dire autant de Rice.
Bon, après, j’avais eu la traduction française et on sait à quoi s’en tenir au sujet des adaptations des oeuvres Fantasy/Horreur/SF des années 80-90. Il est possible que la VO soit meilleure (ou pas, je ne sais pas).
Oui, exactement pareil. « Le corps » est clairement ma nouvelle préférée du lot mais c’est peut-être aussi l’affection que je peux avoir pour son adaptation ciné, « Stand By Me », qui parle. Et c’est pour les mêmes raisons: c’est une oeuvre qui résonne avec beaucoup de gens, s’ils ont grandi à la campagne (un peu partout dans le monde, j’imagine: son Maine ressemble furieusement à ma Provence profonde… et il en va de même pour toi, apparemment… il a probablement touché à quelque chose d’universel, là). Je me souviens très bien, quand j’avais 13-14 ans, d’être monté avec un copain au bord de la ligne de TGV pour que le train nous passe à pleine vitesse à quelques centimètres du visage. Alors, oui, c’était extraordinairement con et dangereux pour nous comme pour les passagers du train, mais ça reste un souvenir très cher que j’associe à cette nouvelle. De la même manière qu’avec le même pote, nous étions allé explorer un tuyau géant d’évacuation d’eau en pleine cambrousse, ce que j’associe à « Ça ». C’est un des grands attraits de King que de retranscrire parfaitement la vision morbide enfantine et rurale. C’est ce que les créateurs de « Stranger Things », « Channel Zero » et « Over The Garden Wall » ont compris, également. Et, dans cet aspect, « Stand By Me » est incroyable.
Hum, intéressant. Ce club était, pour moi, l’aspect le plus intriguant de cette nouvelle. Il me faisait un peu penser à du Gaiman aussi, d’ailleurs. Bon, il faudra que je lise « Ghost Story », du coup, tu as raison. J’irai le prendre à la bibliothèque dans quelques jours. Il y a eu une adaptation en film dans les années 80, avec Fred Astaire. Elle vaut quelque chose ?
J’ai grandi à la campagne, j’y vis encore, et vraiment ce film ne m’a jamais parlé. Je n’ai jamais compris l’engouement autour de cette histoire. Pourtant, j’avais seize ans quand il est sorti en salles françaises, j’étais « dans le cœur de cible », mais franchement, non, aucun intérêt à l’époque. Je l’ai vu quelques années plus tard et là, pour le coup, j’étais trop vieux. Je l’ai revu depuis et même si je lui trouve plein de qualités, il ne me passionne pas.
Bon, le film est très bien fait, les acteurs sont vachement bien et tout et tout, mais cette idée de base, ça me dépasse. En fait, je pige pas.
Après, faut aussi que je précise que les histoires d’adolescence, je m’en cogne, je dirais même que je déteste ça, que le cinéma américain des années 1980 et ses mioches omniprésents me fatiguent (dans le même ordre d’idée, je déteste Les Goonies, qui me semble, pour le coup, un très mauvais film), et que j’ai toujours préféré les films (et les histoires, au sens large) avec des héros adultes et burinés, pas avec des gniards.
C’est pas un film sur des ados (ou une nouvelle sur des ados), les ados c’est les méchants. C’est Ace Merill mais aussi le frère mort de Gordon dont le fantôme hante sa vie et à détruit sa famille.
Stand by me c’est sur des gosses qui vont entrer dans l’adolescence, qui se tienne aux portes de celle-ci mais n’y sont pas encore. C’est aussi un récit sur le rapport qu’on entretien avec la mort à cet age et c’est cela qui m’a parlé tant on flirte avec celle-ci sans s’en rendre compte. Quand je repense à ce que j’ai fait à cet âge je me fous vraiment la frousse (sauté dans le foin en montant tout en haut de la grange de mon oncle sans même me demander s’il y a assez pour amortir la chute, marché sur le lac gelé sans me préocuper si la glaçe est assez dur, foncer sur un vélo sans frein en pleine forêt etc.)
Du peu de souvenir que j’en garde c’est une adaptation sans âme qui a adouci beaucoup l’aspect horrifique du roman.
(que je trouve particulièrement terrifiant mais surtout dans sa structure et cette manière de créer un cercle d’événement. Cercle qui se rétrécie de plus en plus pour toucher à l’essence même du mal au sein de cette histoire)
Oui, je sais tout ça, mais je ne trouve pas ça du tout intéressant.
L’enfance, le passage à l’adolescence et l’adolescence ne sont pas des sujets qui me passionnent, pour rester dans l’euphémisme. Qui plus est, les énormes clichés que représentent les adolescents brutaux, comme Ace joué par Kiefer Sutherland, ne me semblent pas universels du tout, et me paraissent surtout rattachés à un pan de l’imaginaire américain qui m’emmerde au plus haut point.
Quitte à parler d’un jeune personnage de King, je préfère encore le gamin dans Un élève doué, sans doute parce qu’il est confronté à une figure d’adulte avec tout ce que ça comporte de douteux, et que ce rapport générationnel me semble plus fertile.
Mais les enfants ou les adolescents, ça m’emmerde, mais d’une force ! Et toutes les qualités formelles du film n’y changeront rien.
Quant au rapport à la mort, je l’ai vécu vers sept-huit ans en voyant mon grand-père transformé en amas de tuyaux à cause de son cancer, donc je crois que ça m’a en partie vacciné sur pas mal d’insouciances. Et en tout cas, traverser tout le département pour aller dénicher un cadavre, c’est vraiment quelque chose qui ne me parle pas. Misery, Shawhshank Redemption, ça me parle : des histoires d’adultes qui ont des problèmes et des enjeux d’adultes. Stand By Me, je ne critique pas, mais je laisse ça à ceux qui aiment.
Idem en ce qui me concerne : la production artistique en lien avec la psychanalyse abonde, pas toujours pour le meilleur, mais on ne peut nier que la discipline aura eu un impact considérable sur des artistes et des oeuvres majeures. Il suffit de penser aux surréalistes…
Je n’ai pas pensé à faire le lien avec « La Maison du Dr Edwards » en effet, et je pense que ça s’explique en partie par le fait que si je ne déteste pas le film et que j’ai même pris beaucoup de plaisir à le voir (notamment pour les célèbres séquences oniriques où Dali était impliqué), j’ai un peu de mal avec le rapport à la psychanalyse du récit, assez artificiel et « fabriqué » de mon point de vue. Pour tout didactique en diable qu’il soit, dans le genre, je préfère de loin « Les Mystères d’une âme » de Pabst, presqu’un docu sur la psychanalyse plutôt qu’une fiction carburant à celle-ci. Celui-là, j’aurais dû le citer, plus spontanément…
Concernant la connexion jungienne, je me reconnais aussi dans ce que tu décris. Nemo, excellent forumer dont les interventions souvent déjantées me manquent ici et versé dans la psychanalyse, t’aurait dit comme il m’a dit une fois que c’est classique, cet intérêt de Jung pour les gens qui se méfient de la psychanalyse mais ne peuvent s’empêcher d’être fascinés par elle , ça dénote selon lui d’une connaissance trop superficielle de la psychanalyse en général…
J’avoue qu’il a fait sacrément mouche sur ce coup : je crois que sa description est tout à fait exacte.
Personnellement, la psychanalyse m’intéresse justement plus pour son irrigation fertile de divers courants artistiques qu’en tant que processus thérapeutique : d’une certaine manière je suis le spectateur idéal pour « Equus », puisque le film rassasie mon intérêt pour le domaine psychanalytique tout en portant une critique des fondements même de celui-ci. Combinaison idéale, au vu de ce que l’on a dit plus haut.
Et toujours concernant Jung, le critique Michel Ciment a un chouette système de classification : il y a selon lui les cinéastes jungiens et les cinéastes freudiens (Fritz Lang, dit-il, exemplairement). Nul doute que Lumet, avec « Equus », se range du côté des jungiens.
Mais, et c’est un point très intéressant que j’ai oublié de citer dans ma chronique, il se trouve que Lumet, s’il a aimé faire « Equus », avouait que c’est autant si ce n’est plus le film de Schaffer que le sien : il a ainsi déclaré être en désaccord intellectuel avec son propre film (ce qui est un aveu courageux d’une certaine façon), au sujet du statut de la psychanalyse justement. Il est moins critique que son film en la matière, pourrait-on dire.
Je dois avouer, à ma grande honte, ne jamais avoir vu « Stand By Me ». Mais votre échange contradictoire me rend d’autant plus curieux.
Je ne crois pas que l’on soit jamais trop vieux pour découvrir un « teen-movie » ; si celui-ci est bien fait (et il y en a, même si pas tant que ça peut-être) il doit être en mesure de transcender le seul intérêt générationnel (dans le sens où le spectateur du film devrait avoir l’âge des protagonistes pour l’apprécier).
Dans l’absolu, oui. Après, moi, je vois des histoires avec des enfants ou des ados dedans, je change de trottoir. Il y a bien entendu des exceptions à la règle (j’aime ET parce que je l’ai vu à l’âge d’Eliott, et en salle, j’aime Big parce que justement c’est davantage une réflexion sur le monde des adultes que sur celui de l’enfance, j’aime Spider-Man - mais je remarque que je l’ai découvert alors qu’il quittait la fac, et que moi j’étais en CM2 : pour moi, c’était un grand -, y a plein de séries de comics avec des groupes d’ados que j’aime bien…), mais au cinéma, ça ne m’intéresse pas. Même à la télé, je n’y goûte pas. Je ne vais pas voir Shazam en grande partie pour ça. Quand j’étais môme, les dessins animés avec des mômes, ça m’emmerdait. J’aimais Albator parce que c’était un « vieux » avec des cicatrices. Stand by Me est un super film, très bien joué, magnifiquement filmé, avec une belle lumière et des décors super chouette, mais il ne me parle pas du tout.
Ben oui mais, justement, quand j’avais 8 ans, mon oncle est mort du sida. C’était le milieu des années 80, l’époque où on appelait encore ça « le cancer des homosexuels », et les docteurs, globalement, n’avaient aucune idée de la manière dont il fallait traiter ça. La recherche sur le sujet commençait à peine, essentiellement aux USA. Donc, ils lui administraient un traitement anti-cancereux. Autant dire que mon oncle n’avait pas fait long feu. À peu près tout dans ma personnalité et mes centres d’intérêt a été défini par cet événement, y compris justement ce rapport enfantin à la mort. Si « Stand By Me », livre comme film, marchent sur moi, c’est justement à cause de ça. On a juste des méthodes différentes pour assimiler ces épreuves.
Bah, de toute façon, plus encore que pour les autres thématiques, tout ce qui touche à la mémoire émotionnelle est infiniment subjectif. Et, effectivement, la qualité de l’interprétation, de la mise en scène, et même cette foutue chanson, n’ont vraiment aucun poids par rapport à ça.
Dans ce cas, il y a une nuance à apporter: si l’approche des thématiques enfantines est un peu analytique, disons, par exemple, à la manière de « L’esprit de la ruche », « Cria Cuervos » ou « L’enfant miroir », effectivement, ça sera possible de transcender l’aspect générationnel. Par contre, si l’objet du film est plus de nature nostalgique (avec une notion morbide ou pas, hein, peu importe), façon « Stand By Me » ou « The Breakfast Club », là, on touche, comme je disais plus haut, à la mémoire émotionnelle et on sera dans un cas où ça passe ou ça casse, je pense.
Ouais, je vois ce que tu veux dire. Apparemment, David O. Selznick a coupé beaucoup dans le film de Hitchcock. Il était pas à l’aise avec la thématique psychanalytique (ou avec les séquences de Dali). Il est probable que le film originel approfondissait un peu plus le sujet. En l’état, c’est vrai que c’est plus un élément de contexte plus qu’une véritable thématique.
Sinon, j’aime bien Pabst mais je ne connaissais pas ce film en particulier. Intéressant.
Oui, je suis tout à fait près à croire qu’il y a une dose de méconnaissance de notre part. Il faudrait que j’étudie un peu plus cette discipline mais mon scepticisme à son égard me pousse à y aller à reculons, quand même.
Intéressant. Tu avais dit quelque chose de similaire au sujet de « Penda’s Fen », avec qui il partage certaines thématiques, bien sûr. Je serais tenté de parler de « films de scénaristes », un peu pour faire la nique à la « politique des auteurs » (pas un grand fan de cette théorie, je pense qu’il y a de grosses nuances à apporter). Et c’est probablement lié à l’origine théâtrale des deux films. Ceci dit, je n’ai pas encore vu « Equus », je peux me tromper.
Je crois que chez moi, c’est pas un problème de mémoire émotionnelle. C’est juste que ça ne m’intéresse pas. Je n’ai pas de problème avec mon enfance, qui a été plutôt heureuse, tranquille et préservée. C’est peut-être pour ça, je ne sais pas, mais je n’ai jamais aimé les histoires avec des enfants (même si j’ai été lecteurs des Six Compagnons, tout môme). Je trouve que l’enfance n’est pas intéressante, ce qui m’a toujours intéressé, c’est les histoires d’adultes. Je n’ai jamais vu The Breakfast Club, mais j’ai récemment lu un article le concernant dans Carbone. Les années 1980 ne me semblent pas non plus un formidable terreau. Là, c’est un peu plus personnel : cette « décennie du pognon » comme je l’entends souvent, ça a été pour moi et ma mère des années de privation et de serrage de ceinture. S’il y a bien une décennie qui me semble aux antipodes du merveilleux, c’est celle-ci. Alors que la précédente (que j’ai connue, même si c’est flou) me transporte déjà un peu plus, parce qu’elle me semble plus aventureuse et moins consensuelle, avec des restes d’esthétiques fortes (les années 1970, c’est la décennie du punk et du disco, quand même, boudiou !). Et les décennies précédentes, que je n’ai donc pas connues, m’intéressent nettement plus. Mais les années 1980, siège d’une modernité aussitôt désuète, je ne les aime pas du tout.
Ce qui explique mon désintérêt relatif pour des trucs genre Stranger Things : purée, des ados dans les années 1980 : quel intérêt ? J’ai toujours eu un peu de mal avec la nostalgie (même la mienne), alors que le vieillissement de tout le monde la fait glisser sur cette décennie, je fiche le camp.