TUMATXA : L'ÉMISSION !

Oui, mais, justement, je pense que les goûts et les centres d’intérêt sont définis en grande partie par la mémoire émotionnelle. Mais, bon, peu importe, je pinaille. On a juste des centres d’intérêts divergents (encore heureux…). Et, vu que nous ne nous connaissons pas, je ne vais surement pas m’aventurer à expliquer le pourquoi du comment.

Et je te rejoins: dans le fond, je suis plus intéressé par les années 70 que par les années 80, même si celles-ci ont été mes années formatrices. Ceci dit, j’ai bien aimé « Stranger Things », même si je pense que « Channel Zero » (découvert grace à Tumatxa!, d’ailleurs) lui est supérieur. Mais, bon, encore, subjectif…

C’est marrant j’ai l’impression que la nostalgie des années 80 (contrairement aux décennie précédente) tient dans ce qu’on avait comme oeuvre (musique, film, télé) et non pour le reste. Les années fric c’est pas la joie mais on avait Ghostbuster et les Amstrad.

J’ai de la sympathie pour Ghostbusters et les Amstrad (même si j’étais plus Amiga) mais la beauté de ces produits est parfaitement liée à notre nostalgie également. Ils ne sont pas objectivement supérieurs (ou inférieurs) au reste.

Ce que je voulais dire c’est que la nostalgie des années 70 (nostalgie superficielle en ce qui me concerne) tiens sur des choses comme des changements politiques, des progrès scientifique et sociales etc. Là où les années 80 semble être une bonne grosse gueule de bois à ce niveau et la nostalgie alors se base sur les produits culturelles qu’elle a créée

Hum, je sais pas. Pour moi, la gueule de bois sociale et politique commence pendant les années 70 (les années de plomb, quand même). L’utopie, c’est les années 60. Non, mon attachement aux années 70 passe vraiment par ses produits culturels, plus que par le reste. Ceci dit, le reaganisme, c’est pas jouasse non plus, c’est vrai.

Je partage ton avis. Je m’interroge souvent sur mes goûts d’adulte, et en fouinant, en échangeant des impressions avec des gens aux âges voisins, je découvre souvent que ces goûts sont forgés par des contacts initiaux : je donne souvent comme exemple le fait que mon goût pour des dessins épurés mais réalistes (genre : Paul Smith ou Steve Rude…) s’explique sans doute par mes lectures de Télé Poche à la fin des années 1970, alors que cet hebdomadaire publiait le Tarzan de Russ Manning et le Spider-Man de Romita. Avant de faire cette (re-)découverte, la filiation ne m’apparaissait pas. Sur un autre domaine, si je n’ai jamais fumé, c’est sans doute à cause de ce grand-père dont je parlais plus haut, mais le lien ne m’est apparu qu’à la fin des années 1990, alors que j’approchais la trentaine. Donc oui, nous sommes régis par une mémoire, émotionnelle, affective, esthétique, qu’importe, qui date de l’enfance.
Cela étant dit, je suis toujours plus intéressé, en tant que spectateur/lecteur, par des histoires consacrées à l’impact sur l’adulte. Par exemple, pour rester dans le domaine des adaptations liées à Stephen King, je suis plus profondément touché par la révélation à la fin de Dolores Claiborne que par le parcours des gamins de Stand by Me. Parce que, justement, c’est une histoire d’adulte avec des problématiques d’adulte.

Jim

Assez d’accord, sauf que j’étalerais le phénomène : pour moi, la gueule de bois, c’est les années 1990, qui me semblent les années de l’impasse. Après, des circonstances familiales ont fait que j’ai vécu les années 1980, celles du pognon apparemment, en voyant passer la richesse, l’opulence, les marques, sans jamais en profiter. Et tout ce que tu dis sur les progrès scientifiques, politiques, sociaux, technologiques, je suis assez d’accord : les années 1970 ont beau être celles des deux chocs pétroliers, elles proposaient encore du rêve. Rien que les fringues, c’était le signe qu’on allait dans des directions nouvelles. Les années 1980 ont commencé à recycler des choses, à reprendre des motifs des décennies précédentes. Ce qui n’est jamais bon signe.
Après, il y a fort à parier, comme le soulignent certains économistes, que les trente glorieuses aient été une exception. Ceux qui comme moi sont nés en 1970 ont donc vu la queue de comète, respiré l’air d’une période exceptionnelle (même finissante), et la suite ne peut être que désenchantement.

Jim

Pour les plus impatients (comme moi :grin:), la nouvelle émission est dispo là : http://www.xiberokobotza.org/artikulu/1170
D’après ce qu’il dit en préambule, Photonik doit être actuellement en route pour le festival Roadburn (Tilburg, Pays-Bas). Il doit pas forcément avoir le temps de faire sa petite présentation tout de suite.

Je rebondis sur la critique de « Lord of Chaos » de Jonas Åkerlund que, d’ailleurs, tu ne m’a pas du tout donné envie de voir. Surtout pour le côté crapoteux que tu relèves…
Un moment tu critiques le fait que Jonas Åkerlund se complaise à filmer très précisément le suicide de Dead. Je suis ok avec toi quand tu dis que ce sont des scènes pour lesquelles une ellipse suffirait. Par contre, une fois ce choix scénaristique fait, il est obligé de coller au véritable cadre du suicide sachant que celui-ci est connu de tous ceux qui s’intéressent à cette scène. La véritable photo de Dead mort (avec cervelle et tout…) illustre l’excellent (ajout : j’ai réécouté ce bootleg hier soir et il est plutôt horrible, j’ai du confondre avec le « Live in Leipzig » :sweat_smile:) album « pirate » de Mayhem intitulé « Dawn of the Black Hearts »… :face_vomiting:

Je mets le programme de la dernière émission (lien 2 messages plus haut) en version basique. Je laisse la version romancée à Photonik. :grin:

EPISODE 20 : La route brûlée par la Chose immortelle dans un chaos de verre (ça claque non? :rofl:)

Cinéma:

  • LORD OF CHAOS – Jonas Akerlund
  • GLASS – Night Shyamalan

Comics :

  • MARVEL 2-in-one - Tome 1 : La Chose et la Torche Humaine – Chip Zdarsky/Jim Cheung/Valerio Schiti
  • THE IMMORTAL HULK – Al Ewing/Joe Bennett

Musique : Spécial Festival Roadburn

  • THOU – Immorality Dictates (extrait de l’album “Heathen”)
  • MAYHEM – Fall of Seraphs (extrait de l’album “Mediolanum Capta Est”)
  • EMMA RUTH RUNDLE – Fever Dreams (extrait de l’album “On Dark Horses”)
  • LISA GERMANO – Lullaby for liquid pig (extrait de l’album du même nom)
  • SEVEN THAT SPELLS – Future Lords (extrait de l’album “The Death and Resurrection Of Krautrock : Omega”)

Mince, t’es bon. Du coup, je vais utiliser ton titre pour mettre l’émission sur le site, comme d’hab…^^

D’ailleurs , je vais peut être le modifier un peu si tu ne l’as pas déjà mis en ligne. Je trouve que ça ferait mieux avec la Chose immortelle plutôt que la Torche immortelle. Ca aurait un côté lovecraftien intéressant (et ça ferait un bon titre pour un morceau de death metal). :grin:

Ah, parfait. Je m’apprêtais à le faire. Tu auras été plus rapide que moi, Vinch. Merci pour le coup de main. Je mets l’épisode tout à l’heure dans l’archive.

Sympa, l’idée des rubriques « 2-en-1 ». Et c’est toujours intéressant de parler de films qui ne t’ont pas totalement convaincus, de peser le pour et le contre. Bon, je ne regarderai pas Lords of Chaos, je suis moins passionné par le sujet que toi (mais j’ai trouvé ta réflexion sur la distance à prendre entre l’oeuvre de l’artiste et ce qu’il est dans la vie intéressante. Je me suis déjà posé la question et j’avoue que ce n’est pas toujours facile de passer outre).

Glass, je le regarderai. J’ai à peu près le même avis que toi sur l’oeuvre de Shyamalan et si je n’ai pas encore vu ses productions Blumhouse, je le ferai dès que j’en ai l’occasion. Les avis sur Glass sont très partagés mais je reste très intrigué, ayant beaucoup aimé Incassable à l’époque. Faut juste supporter Bruce Willis qui a effectivement l’air de se faire chier comme un rat mort depuis une dizaine d’années…

  • MARVEL 2-in-one - Tome 1 : La Chose et la Torche Humaine – Chip Zdarsky/Jim Cheung/Valerio Schiti
  • THE IMMORTAL HULK – Al Ewing/Joe Bennett

Je garde comme toi un très bon souvenir des Marvel Two-in-One, une de mes lectures préférées dans Special Strange. J’avais même acheté un Essential il y a quelques années pour pouvoir lire les inédits. Je n’ai pas encore lu cette nouvelle série, mais je suis tenté.
Au fait, Valerio Schiti a dessiné les Gardiens de la Galaxie de Bendis et il est actuellement le dessinateur de la nouvelle série Iron Man par Dan Slott.

Quant à Immortal Hulk, je partage bien entendu ton avis. Sur ce que j’ai lu, c’est vraiment l’une des meilleures séries du Fresh Start de Marvel…peut-être même la meilleure…

  • THOU – Immorality Dictates (extrait de l’album “Heathen”)
  • MAYHEM – Fall of Seraphs (extrait de l’album “Mediolanum Capta Est”)
  • EMMA RUTH RUNDLE – Fever Dreams (extrait de l’album “On Dark Horses”)
  • LISA GERMANO – Lullaby for liquid pig (extrait de l’album du même nom)
  • SEVEN THAT SPELLS – Future Lords (extrait de l’album “The Death and Resurrection Of Krautrock : Omega”)

Je suis tombé sous le charme des voix féminines, dis donc…

Ca claque, ouais ! :wink:

Hey, merci les mecs !!! Effectivement je suis à Tilburg actuellement et je viens à peine de prendre le temps de me connecter…
Je me régale !!
Pour ceux qui connaissent les grosses claques d’hier c’est Pharmakon et surtout Crippled Black Phœnix dont j’attendasi beaucoup, et j’ai pas été déçu !

Plus d’infos très vite, mais en tout cas vous avez bien géré !!! Et excellent titre, Vinch, je n’aurais pas mieux dit !!!

Ouais, pareil. Je me suis souvenu des années 2000 où j’écoutais en boucle (à coté de mes habituels funeral doom et black metal scandinaves) toute cette vague de singer-songwriters/dreampop, façon Fiona Apple, Tori Amos, Cranes, Keren Ann, Jane Siberry, Elysian Fields, The Blue Up?, Beach House…

Ah ben, je m’étais pas rendu compte que le troisième volume était sorti. Merci pour l’information. C’est excellent, Seven That Spells. Par contre, je me demande comment ça rend sur scène. Le coté liturgique du chant, selon la façon dont il est utilisé, peut se révéler autant agaçant qu’hypnotisant, à mon sens. Tu nous diras.

Une tuerie, tout simplement : c’est probablement ma plus grosse claque de tout le festival (dont je rentre à l’instant même). Tu m’as l’air de connaître toute leur trilogie « The Death and Resurrection of Krautrock », eh bien tu te serais régalé… Ils l’ont jouée en intégralité !!! Trois sets d’affilée en une après-midi, 2 h 30 absolument incroyables, pas un pain de tout le concert (tous les concerts, devrais-je dire). J’avais quelques doutes sur le rendu des voix, les bougres m’ont vite rassuré : c’était incroyablement propre, nimbé d’une belle réverb’ et juste tout du long.
Un groupe franchement ahurissant sur scène, et ils ont l’air très sympas et abordables en prime (on les a croisés vite fait en ville un peu après, histoire de les féliciter).

Bon, j’avoue que les deux sets de Sleep deux soirs d’affilée, c’était quelque chose aussi (jamais entendu un son pareil en live, je crois bien). Et Daughters, comme je l’espérais, a assuré un set incroyablement intense (quel frontman ! complètement allumé le mec).
Au rayon des bonnes surprises/confirmations, j’ai adoré le set « normal » de Thou (leur set acoustique était bien chiant, par contre), très puissant sur le plan du son aussi, j’ai beaucoup aimé dans un registre plus « expérimental » le set de Fear Falls Burning, et celui des belges de Wolvennest…

Bon, j’en reparlerai très vite dans l’émission et je n’insiste donc pas. L’affiche du festival n’était pas la plus impressionnante de son histoire, loin de là, mais y’avait deux journées sur quatre (le vendredi et le dimanche) franchement impressionnantes de tenue.

Concernant Willis, je dois dire que j’ai moins détesté sa prestation à la seconde qu’à la première vision de « Glass ». Par moments, son sous-jeu fait mouche, bizarrement.

Franchement je te la recommande. C’est le meilleur truc connecté aux FF paru depuis… pfff, une éternité.

Et concernant le « Fresh Start », honnêtement, je suis agréablement surpris par certains titres. Cette énième relance présente le visage d’un Marvel relativement en bonne forme il me semble, même si je suis comme beaucoup un peu déçu par le Spidey de Nick Spencer par exemple, dont j’attendais beaucoup.
Mais même dans ce contexte, « The Immortal Hulk » domine un peu le tout de la tête et des épaules, ouais.

Une seconde vision ?

(respect)

Ha ha !! Oui, je n’ai pas totalement adhéré à la proposition de Shyamalan, mais j’ai quand même pas détesté le film comme toi ; j’ai relu ton post avant de chroniquer le film, justement : je partage certaines de tes réserves, d’ailleurs. Mais plus sur le plan scénaristique que sur celui de la mise en scène, parfois ingrate mais très intéressante par moments…

Pour être franc (je dois le préciser durant ma chronique), j’ai vraiment été déçu en sortant de la salle de cinéma à la première vision, mais le film m’a suffisamment « titillé » pour que je le lui redonne une chance. Et ce deuxième visionnage m’a un peu plus emballé, en effet.