UN COLT POUR TROIS SALOPARDS (Burt Kennedy)

REALISATEUR

Burt Kennedy

SCENARISTES

Burt Kennedy et David Haft, d’après une histoire de Peter Cooper

DISTRIBUTION

Raquel Welch, Robert Culp, Ernest Borgnine, Strother Martin, Jack Elam, Christopher Lee…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : western
Titre original : Hannie Caulder
Année de production : 1971

Rare exemple de western britannique (si on met de côté des co-productions comme Shalako avec Brigitte Bardot et Sean Connery et Les Pétroleuses avec Claudia Cardinale et…là encore…Brigitte Bardot), Hannie Caulder (Un colt pour trois salopards pour la V.F.) étonne par ses constants changements de ton. Réalisé et co-écrit par un vétéran du western hollywoodien classique, Burt Kennedy (scénariste de plusieurs westerns de Budd Boetticher et réalisateur du Retour des 7, la suite des 7 Mercenaires), l’inspiration est plutôt à chercher du côté du western spaghetti qui connaissait un grand succès à l’époque.

L’entame est violente : après un hold-up raté qui a tourné au massacre, les ignobles frères Clements tuent un fermier, violent sa femme chacun à leur tour, la laissent pour morte, brûlent la ferme et repartent en volant des chevaux. Mais Hannie Caulder (magnifique Raquel Welch) sort de sa maison en flammes et est bien décidée à se venger. Une scène dramatique qui inscrit le film dans le sous-genre du rape and revenge.

Sur sa route, Hannie rencontre Thomas Luther Price, un chasseur de primes à qui elle demande de l’aide. Price refuse dans un premier temps, jusqu’à ce qu’il apprenne ce qui est arrivé à Hannie. Une jolie relation s’installe alors entre eux, qui évolue de la situation élève/mentor à celle d’un amour contrarié et jamais véritablement exprimé. Price est peut-être bien le meilleur personnage du long métrage et il est campé de belle façon par Robert Culp (Les Espions).

L’histoire prend une pause bienvenue et presque mélancolique lorsque les deux héros se rendent dans un coin reculé du Mexique pour qu’un armurier ami de Price (et incarné par Christopher Lee dans le seul western de sa filmographie) fabrique un colt adapté pour Hannie. Cette partie a d’ailleurs inspiré Quentin Tarantino pour la séquence de Kill Bill où La Mariée se rend à Okinawa afin que Hattori Hanzo lui forge un sabre (oui, la liste des films qui ont inspiré Tarantino est très, très longue).

Il y a aussi de l’humour dans Un colt pour trois salopards (et c’est une caractéristique que l’on retrouve souvent dans les westerns de Burt Kennedy). Les frères Clements sont des ordures finies, mais ils sont aussi tellement crétins que leurs actions et leurs engueulades en deviennent amusantes. Ils sont joués par ces sacrées trognes de Ernest Borgnine (La Horde Sauvage), qui passe tout le film à vociférer, Strother Martin (Luke la Main Froide) et Jack Elam (Il était une fois dans l’Ouest).

L’ensemble aurait pu donner un mélange indigeste, bâtard, sans identité…mais cela fonctionne, avec ces particularités qui font son efficacité. Le rythme est bon, l’interprétation est solide, il y a juste quelques petites fautes de goût dans la mise en scène, comme ces ralentis laborieux qui gâchent l’impact dramatique d’un moment important. Mais à part cette petite réserve, Un colt pour trois salopards reste un bon western, à la croisée des genres et des styles, avec un beau personnage de femme pistolero.

Un film qui a également sacrément inspiré les scénariste de Red Dead Redemption 2 pour le personnage de Sadie Adler

(femme rencontrée au début du jeu et qui rejoint la bande de Dutch après le meurtre de son mari et son viol par la bande des O’Driscoll)

C’est vrai qu’il n’y en aura pas eu beaucoup, des westerns britanniques (pas plus que de westerns français d’ailleurs) ; il y en a un cependant qui m’intéresse beaucoup et que je n’ai pas encore réussi à voir, c’est « Le Cavalier Noir » (« The Singer Not The Song » en VO) avec Dirk Bogarde et la française Mylène Demongeot, réalisé par Roy Ward Baker.
Ce dernier a mis en boîte « Les Monstres de l’espace », troisième volet de la saga Quatermass scénarisée par Nigel Kneale, et aussi une tripotée de films pour le compte de la Hammer et parmi les meilleurs de la période tardive du studio (j’aime beaucoup « The Vampire Lovers » ou « Dr Jekyll and Sister Hyde », perso).

Son seul western (je crois) est une curiosité frappée du sceau du bizarre et au sous-texte « homo/cuir » presque « friedkinien » à l’avance, paraît-il…

Ouais, il me tente bien aussi, ce Cavalier Noir, moins facile à trouver, il me semble, que ses films d’horreur…

(j’aime beaucoup « The Vampire Lovers » ou « Dr Jekyll and Sister Hyde », perso).

Pareil. J’ai chroniqué le second dans ces colonnes…

et j’aime son Caveau de la Terreur, adaptation des EC Comics.