VIRUS (Kinji Fukasaku)

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REALISATEUR

Kinji Fukasaku

SCENARISTES

Koji Takada, Kinji Fukasaku et Gregory Knapp, d’après le roman de Sakyo Tomatsu

DISTRIBUTION

Masao Kusakari, Tsunehiko Watase, George Kennedy, Bo Svenson, Chuck Connors, Olivia Hussey, Glenn Ford, Robert Vaughn, Henry Silva, Sonny Chiba, Edward James Olmos, Ken Ogata…

INFOS

Long métrage japonais
Genre : post-apocalyptique
Titre original : Fukkatsu no hi
Année de production : 1980

Automne 1982. L’humanité a été éradiquée, à l’exception de 863 personnes en Antarctique. Qui va hériter de la Terre ?

C’est l’accroche de Virus, un long métrage qui fut en son temps le budget le plus important de l’histoire du cinéma japonais. Son producteur, Haruki Kadokawa, souhaitait imposer sa société au niveau international, d’où le casting qui mêle acteurs japonais à des visages familiers du cinéma américain dont certains avaient déjà l’expérience du genre catastrophe (comme ce bon vieux George Kennedy dans la série des Airport). Le premier acte de Virus reprend d’ailleurs la structure d’un film catastrophe avec exposition de la menace, introduction des personnages et gestion (catastrophique, cela va sans dire) de la crise.

Et vu l’époque, la dite menace, une arme bactériologique issue de recherches militaires américaines secrètes pour contrer l’U.R.S.S. dans la course aux armements, peut être comparée à une « fièvre de la Guerre Froide » qui aurait pris des proportions pandémiques. En quelques semaines, le virus MM88 anéantit la quasi-totalité de l’espèce humaine…à part 863 personnes qui travaillaient dans des bases situées dans les zones les plus froides du globe, les températures en dessous de zéro rendant le virus inactif. L’ambiance de cette première partie est sombre, désespérée…et cela ne va pas en s’arrangeant…

Car si la reconstruction passe par l’unité, les vieilles inimitiés ont la vie dure. Ce deuxième acte est un peu plus lent, parfois un peu trop cliché dans la représentation des relations et des tensions au sein des différentes factions internationales de ce petit bout du monde isolé. Mais il y a des choses intéressantes, des passages glaçants comme celui où le comité décide de couler un sous-marin et son équipage contaminé et cette autre scène qui voit les responsables décider de la réglementation des relations sexuelles (il ne reste plus que 8 femmes), essentielle à la survie de l’humanité.

On repasse ensuite à l’action pour la dernière demi-heure. Avant de mourir, un général fanatique (campé par Henry Silva) avait activé un système de défense nucléaire. Un savant japonais (joué par Masao Kusakari) de la base antarctique découvre alors qu’un tremblement de terre menace Washington, risquant de déclencher la pluie de missiles. Il se rend alors sur place avec un ancien agent de la C.I.A. (le buriné Bo Svenson) pour tenter de désactiver les armes nucléaires. Un dernier acte aussi spectaculaire qu’un brin excessif qui finit de faire basculer le film dans le genre post-apocalyptique, impression renforcée par la vision des rues désolées et jonchées de cadavres de la capitale américaine…

Si la réalisation de Kinji Fukasaku (Bataille au-delà des étoiles, Les Evadés de l’Espace…) est solide, avec des visuels forts, les constants changements de ton rendent tout de même Virus assez inégal sur la longueur et le grand nombre de personnages fait que beaucoup d’entre eux manquent de développement. Ce qui peut être aussi mis sur le compte des différents montages du film à l’international. De 2h36 pour la version japonaise, Virus a été réduit à 108 mn pour son exploitation en Amérique et à environ deux heures pour sa sortie en Europe.

Ce charcutage se fait parfois ressentir (je n’ai pas vu le montage original), mais l’ensemble, malgré ses défauts, reste assez efficace. Pas pour le public du début des années 80, fatigué des films catastrophe après l’âge d’or du genre dans les années 70…Virus a connu un échec cinglant et fut vite retiré des écrans aux Etats-Unis pour se retrouver sur les chaînes de TV payantes dans sa version tronquée.

Héhéhé…c’est pas faux…^^