1941-2021 : BON ANNIVERSAIRE WONDER WOMAN !

Le mystère de Nuclear, première partie

Daté de septembre 1950, Wonder Woman #43, sous une couverture d’Irwin Hasen, propose trois aventures de la belle Amazone.

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La première aventure, « Amazing Spy Ring Mystery », s’ouvre sur une scène inhabituelle : Wonder Woman jugée devant un tribunal pour espionnage. Après son évasion, une longue séquence de flash-back, avec de charmantes cases au bord moutonneux, explique qu’il s’agit là d’un plan visant à prendre la place de l’espion appelé « Z-One », afin de remonter l’ensemble du réseau et d’arrêter les trois lieutenants de maître-espion.

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Le second récit, sur lequel nous reviendrons dans le post suivant, s’intitule « Nuclear Returns ». L’histoire commence alors que l’armateur Lemuel Tugboat vient trouver Steve Trevor et Diana Prince, parce que l’un de ses navires, le « Princess Leatrice », et menacé par un maître chanteur. Les Holliday Girls étant en croisière sur le bâtiment, Wonder Woman se précipite à leur aide.

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Sur le navire, Etta Candy s’ennuie : il ne se passe rien. Soudain, le bâtiment est secoué en tous sens et soulevé des flots par Nuclear, surnommé le « Magnetic Murderer ». Chose étonnante, les Holliday Girls reconnaissent le super-vilain au sémillant costume vert. Wonder Woman également connaît ce redoutable criminel, puisqu’elle sait qu’il s’agit en fait de Percy Playboy, un riche héritier visiblement perturbé qui, plus jeune, a déjà utilisé ses pouvoirs magnétiques (acquis après un accident scientifique) à de mauvaises fins. Rendu fou, Percy a endossé à nouveau son costume et entamé une nouvelle campagne de crime, qui tourne mal puisqu’il meurt dans le naufrage de son sous-marin, laissant sa sœur attentionnée en pleurs.

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La troisième aventure porte le titre « Who Killed Col. South! » et s’amuse des mécanismes du whoddunit, le récit policier où l’enquêteur doit identifier l’assassin parmi une brochette de personnages présents lors du drame. L’action commence alors que les Holliday Girls se rendent vers le sud, traversant les bayous avec l’aide de leur amie Amazone. Une fois arrivées, elles assistent à la charge d’un éléphant, puis rencontrent un petit aréopage de personnages plus ou moins farfelus, au milieu duquel se trouve le Colonel South.

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C’est au milieu du récit (et non au début) que l’héroïne découvre le cadavre du vieux militaire. Les auteurs préfèrent mener le récit tambour battant, faisant courir l’Amazone dans tous les sens et recourant même à l’artifice de l’alligator affamé. Mais comme de juste, Wonder Woman démasque, au propre comme au figuré, le coupable à la fin de l’histoire.

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Ces trois récits sont signés Harry G. Peter, qui continue à dessiner la bande. On peut légitimement penser qu’il n’est pas seul à œuvrer, d’autant que sur la troisième histoire, certains personnages féminins ressemblent plus aux héroïnes de Milton Caniff, de Frank Robbins ou de Lee Elias. Quant au scénario, puisque William Moulton Marston est décédé depuis environ trois ans, il est fourni par le responsable éditorial de la série, Robert Kanigher, qui peu à peu impose sa patte à la série. On notera qu’il oppose trois ennemis masculins à Wonder Woman, là où les super-méchantes étaient nombreuses à l’époque de Moulton.

Jim

Le mystère de Nuclear, première partie
Le mystère de Nuclear, deuxième partie
Le mystère de Nuclear, troisième partie

Le mystère de Nuclear, deuxième partie

Comptant au sommaire de Wonder Woman #43, « Nuclear Returns! » est visiblement une suite. Le super-vilain est connu des protagonistes, qui s’étonnent de son retour d’autant plus qu’il est censé être mort. Mais les lecteurs attentifs savent pourtant qu’il s’agit ici de sa première apparition dans les aventures de l’Amazone. Le scénariste Roy Thomas fait partie de ces fins connaisseurs, et lui-même s’étonne de l’existence d’une suite alors que le premier volet est introuvable.

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Pendant longtemps, Thomas a pensé que l’histoire n’a jamais été publiée. Il n’a d’ailleurs aucune explication : DC aurait-il estimé que le premier volet était d’un niveau trop bas ? Ce qui veut dire que personne n’a sourcillé quand la « suite » a été officialisée ?

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Persuadé que le premier volet n’a pas été publié, il a eu une grande surprise en recevant, au début des années 1980, des photocopies de cases dessinées par Harry G. Peter, représentant Wonder Woman aux prises avec Nuclear, dans une séquence qu’il ne connaît pas. Ces photocopies ont été fournies par Richard Howell (qui n’était pas encore le dessinateur professionnel qu’il est devenu) et montrent clairement que le costume du personnage a changé : sur certaines cases, on distingue les traces des collages qui ont permis de donner à Nuclear un nouveau costume.

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Au milieu des années 1990, dans une convention de comics, Roy Thomas découvre sur un stand des cases visiblement signées de la main de Peter. Ces originaux, désormais en sa possession, semblent également sortis de de l’épisode d’origine, et comportent aussi des collages. En rédigeant l’article pour Alter-Ego dont le lien est donné plus haut, Thomas a délicatement décollé les rustines, ce qui a révélé, là encore, une version différente du costume porté par le méchant.

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Jim

Le mystère de Nuclear, première partie
Le mystère de Nuclear, deuxième partie
Le mystère de Nuclear, troisième partie

Le mystère de Nuclear, troisième partie

Après tant d’années de fronçage de sourcils, le scénariste avait enfin la trace de cette histoire refusée : Nuclear avait bel et bien été la vedette d’une aventure qui avait été refusée pour une raison inconnue, et dont les planches originales avaient disparu.

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Cependant, le mystère autour de Nuclear l’avait hanté depuis l’enfance et, quand il signe un contrat chez DC et lance la série All-Star Squadron, il profite de l’occasion pour donner sa propre version des « origines » de Nuclear. Et ceci prend place au sein d’un cross-over impliquant l’Escadron des Étoiles et la Ligue de Justice, dont les aventures sont alors signées par son compère de toujours, Gerry Conway.

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Rappelons qu’à l’époque, Roy Thomas n’a pas encore les photocopies fournies par Richard Howell. Il ne peut qu’estimer ce qu’aurait pu être une première altercation entre Wonder Woman et Nuclear. Il oppose donc le super-vilain à Liberty Belle et Johnny Quick, le temps de faire diversion avant la rencontre entre les deux groupes de justiciers, dans All-Star Squadron #14, dessiné par Adrian Gonzalez et Jerry Ordway.

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Notons que les indications de couleurs fournies par Roy Thomas ne sont pas respectées, et que Nuclear se retrouve avec une tenue à dominante bleue, et non verte.

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Le « Maraudeur Magnétique » fait son retour deux numéros plus tard. Précisons, pour la bonne compréhension, que le mic-mac spatio-temporel du cross-over précédent a été oublié par les membres de l’Escadron. Donc l’action du début d’All-Star Squadron #16 est la même que celle de la fin de l’épisode 14, à la différence près que les héros, plutôt que trouver, derrière la porte, les membres de la Ligue, découvrent une Wonder Woman visiblement épuisée et disposée à solliciter leur aide.

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Reprenant ses esprits, l’Amazone explique à ses alliés la raison de son malaise, et tout renvoie à notre ami Nuclear. Wonder Woman raconte comment ce dernier a déjà tenté une première fois d’exercer un chantage en manipulant un navire par le magnétisme, scène à laquelle les Holliday Girls assistent.

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L’intervention de l’héroïne et de Steve Trevor conduit à la capture de ce dernier, à la défaite de l’Amazone, qui part chercher de l’aide, et à la constitution d’une mission de secours dont la prochaine escale est le manoir sur la côte de Percy Playboy (au passage, Roy Thomas fournit une explication à ce nom particulièrement saugrenu).

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S’ensuit une bataille opposant Nuclear à Robotman, affrontement qui cause de tels ravages que le super-vilain fait une chute mortelle dans les flammes de son laboratoire souterrain, ce qui correspond aux souvenirs que l’Amazone et les Holliday Girls gardent de lui dans Wonder Woman #43.

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Dans cet épisode, Roy Thomas réalise un rêve de gamin en racontant l’aventure qui a précédé l’épisode de Peter. Ce ne sera que des années plus tard qu’il découvrira des traces du véritable récit prévu à l’origine.

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Mais malgré les erreurs de couleurs dans la représentation de Nuclear, ces épisodes d’All-Star Squadron permettent d’intégrer dans une continuité un personnage qui ne devait faire que deux apparitions des décennies plus tôt, et n’en aura fait qu’une au final, à la suite de mystères éditoriaux apparemment insolubles.

Jim

Le mystère de Nuclear, première partie
Le mystère de Nuclear, deuxième partie
Le mystère de Nuclear, troisième partie

Sacrée saga, merci Jim pour ces aventures archéologiques !

Je me disais bien que je le connaissais…

L’épisode de l’Escadron des Etoiles…
Un de mes premiers comics.

Jim

Wonder Woman par Carlos Pacheco :

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Jim

Wonder Woman par Jesus Merino :

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Jim

Féminisme, chapitre 1 :

Quand DC décide de priver Wonder Woman de ses pouvoirs, afin d’en faire une aventurière dans la lignée d’une Modesty Blaise ou d’une Emma Peel, en 1968, cela fâche les féministes. Le scénariste DennyO’Neil partait de son côté du principe que Diana n’avait pas besoin de pouvoirs pour être une « Femme Fantastique ». De son côté, Gloria Steinem (qui avec Joanne Edgar mène campagne pour que DC redonne à l’héroïne son costume et ses pouvoirs), estimait qu’il n’y avait aucune raison pour que Diana perde ses pouvoirs alors que Clark les conserve.
L’un des points culminants de la campagne est atteint à la parution du premier numéro de Ms., un magazine dont la couverture présente une Wonder Woman géante en marche vers la présidence. L’illustration est réalisée par Murphy Anderson.

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Depuis lors, le magazine Ms. n’a jamais oublié sa mascotte étoilée, et la publication et l’Amazone avancent côte à côte.

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Jim

La couverture double de Wonder Woman #300, par Ed Hannigan et Dick Giordano :

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Jim

Wonder Woman (dédicace) par Arthur de Pins :

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Wonder Woman par Stéphane Roux :

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Et Donna Troy :

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Jim

Pas mal du tout !

Wonder Woman par Enrico Marini :

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Jim

Wonder Woman par Olivier Coipel :

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Jim

J’aime particulièrement celle-là. :slight_smile:

Du même :

Wonder Woman par Alan Davis :

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Wonder Woman et Captain America :

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Jim

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Wonder Woman par Paul Renaud :

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Jim

La deuxième est magnifique

Sorti en mai 1981 chez Random House, le Wonder Woman Pop-Up Book est un livre de seize pages, un objet rare, mais aussi fragile, les pliages ne résistant pas toujours de la meilleure manière à l’usure et à l’enthousiasme des mains d’enfants (et de fans).

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La couverture présente une Amazone à bord de son avion invisible, dessinée par Ross Andru. Ce dernier est crédité aux côtés de Dick Giordano (je ne sais pas si ce sont des illustrations réalisées pour ce livre ou reprises des comics : je penche pour la première solution, mais sans être sûr).

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Jim