RÉÉDITIONS DC : TPBs, Hardcovers, Graphic Novels

Troisième TPB mémorable, également sorti au milieu des années 2000 (mon édition date de 2005), The Terror of Trigon propose, sous une couverture recolorisée, de compiler les cinq premiers numéros de la série The New Teen Titans de 1984. Le recueil est accompagné d’une introduction de Marv Wolfman qui dit l’importance revêtue par Raven dans la série.

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Profitons de l’occasion pour rappeler le micmac éditorial bâti par DC à cette occasion : l’éditeur cherche à conquérir le marché naissant des librairies spécialisées (ou direct market) et lance une nouvelle version des aventures des héros. Mais plutôt que de créer une nouvelle série en remplacement de la précédente, ils conservent celle-ci, destinée aux kiosques. Si bien que, en 1984, New Teen Titans #1 débarque, tandis que la série précédente devient Tales of the Teen Titans en conservant sa vieille numérotation. Et contiendra des histoires inédites (dont le procès de Deathstroke cité plus haut) pendant un an, délai au bout duquel elle rééditera, avec une année de décalage, le contenu de la série sœur, sous de nouvelles couvertures. Tordu, hein ?

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Cette nouvelle série débute avec le retour d’un ennemi ayant présidé au lancement de ce groupe, Trigon, l’être démoniaque père de Raven, la plus mystérieuse membre de l’équipe. L’irruption du démon dans la baie de New York, autour de l’île abritant la Tour des Titans, annonce déjà les astuces visuelles que Pérez déploiera dans Crisis, à savoir un ciel à la couleur étrange et débordant de nuage. La corruption apportée par Trigon contaminera la ville et ses habitants et finira par atteindre l’âme même des Titans, que la rare Lilith a rejoints (ceci sera expliqué dans l’intérim de l’autre série).

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L’histoire est bien rythmée, avec un sentiment d’apocalypse et de fin du monde qui tourne bien, d’autant que les héros semblent complètement dépassé par la puissance qu’ils affrontent. Graphiquement, Pérez est en pleine forme, et les progrès de l’impression lui permettent quelques fantaisies : certaines séquences oniriques sont représentées sans encrage à partir du deuxième épisode, et c’est du meilleur effet.

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Autre astuce graphique au service du récit, l’évolution physique de Raven. Depuis quelque temps, celle-ci semble en proie aux doutes et à des visions inquiétantes (depuis une rencontre avec Phobia, membre de la nouvelle Brotherhood of Evil). On peut imaginer que les deux auteurs, qui aiment planifier les aventures de leurs héros (et qui officient ici en tant que responsables éditoriaux également), aient déjà organisé cette transformation, mais il est toujours intéressant de voir que l’évolution du trait du dessinateur soit intégré à la narration (un peu comme Byrne qui tire profit de l’évolution de la représentation de Ben Grimm dans Marvel Two-in-One #50, par exemple).

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À la fin de la saga qui dure cinq numéros, Trigon est chassé mais Raven est portée disparue. Un choc pour les héros et pour les lecteurs. Remarquons qu’une autre série jouit du même traitement éditorial (deux séries pour deux réseaux de points de vente), Legion of Super-Heroes, et que l’arc inaugural de la version « direct market » se conclut également par un décès. Il n’en faut pas moins pour attirer et marquer les lecteurs.

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Les lecteurs de 1984 qui suivent les aventures des Nouveaux Jeunes Titans sont gâtés, pour peu qu’ils aient accès à la fois à un kiosque et à une boutique spécialisée : coup sur coup, ils peuvent lire « The Judas Contract » et « Terror of Trigon ». Rétrospectivement, on pourra peut-être reprocher à cette nouvelle mouture de revenir sur les anciennes gloires de la précédente : en effet, Wolfman, aidé par Pérez puis José Luis Garcia-Lopez et Eduardo Barreto, revient sur différentes intrigues déjà évoquées. Après Trigon, c’est la mythologie qu’ils abordent (avec Lilith, éclairant les troubles de la jeune fille récemment ramenée dans l’équipe) ou la Citadelle et Tamaran. Ce reproche consisterait peut-être à ne voir dans cette nouvelle série qu’un coup éditorial destiné à flatter le lectorat et à capitaliser sur des valeurs sûres. Deux points semblent cependant invalider cette approche : d’une part, le fait que l’éditeur décide de faire deux séries semble impliquer qu’il croit les deux marchés imperméables l’un à l’autre, ce qui démonte l’argument de la valeur sûre. D’autre part, à bien lire la série (dans l’ordre logique voulu par les auteurs : en gros, dans Tales of the Teen Titans), la fluidité des événements place cette saga dans la droite lignée de ce qui a été fait précédemment, en suite directe, en développement logique.

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Graphiquement, Pérez assure comme un beau diable. Il convoque des images fortes, à l’exemple de ces tortillons de roches sur lesquelles s’accrochent les âmes des victimes de Trigon. Autre belle astuce visuelle, les héros sont confrontés à leur part négative manifestant leur corruption, et celle-ci est représentée en trames, sans couleur, silhouette grise au milieu de la planche. L’ensemble est fort et bien rythmé, avec une caractérisation efficace, même si les dialogues appuient sans doute un peu trop les effets. Un sacré morceau, qui propulse la série encore un peu plus haut dans les lectures recommandées de l’époque, et qui subit avec aisance l’épreuve des ans.

Jim

L’explication de Perez :

Well, a reader wrote in and asked if they were now deliberately making Raven look more demonic. That was not the case, but when Perez and Wolfman saw the letter, it made them think, « Hey, yeah, let’s do that! » Perez explained it to Andy Mangels in Comics Interview #50, « When we received a letter from someone saying “Hey, you know, I’ve noticed that the face has been changing, you’re making her look almost demonic, was that deliberate?” It wasn’t, then, but it became that way from that point on! (Laughter.) That’s when we decided to use that scene inside TITANS #1, based on that one letter. It started as something I was doing because I was adapting my style. Then I suddenly decided to use a story element. The face was changed, but it wasn’t because George Perez style was changing, it was because it was a deliberate change. So it was an accidental deliberate change. »

Ah c’est cool d’avoir confirmation de ça.
Quand j’ai lu l’histoire en VF il y a plus de trente ans, j’ai pensé qu’effectivement, les auteurs s’étaient aperçus de quelque chose et en avaient tiré profit. Plus récemment, en lisant des témoignages, je me suis rendu compte que Wolfman et Pérez travaillaient vraiment en amont et prévoyaient plein de choses (et le fait qu’ils aient officié comme editors du titre plaidait pour une préparation minutieuse). Donc j’avais le doute.
Merci d’avoir trouvé ça !

Jim

Le quatrième recueil sorti dans les années 2000 et concernant la série New Teen Titans est intitulé « Who is Donna Troy? » (contrairement aux trois précédents, il concerne une période de la série qui n’a pas eu droit à une version française). Enfin, la phrase ci-dessus est un peu mensongère (au même titre que la couverture du TPB) dans le sens où la série, une nouvelle fois, a changé de titre, devenant The New Titans, les héros abandonnant à cette occasion leur statut d’adolescents. On verra que la nature de l’intrigue donne également une autre signification à ce changement d’appellation.

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Rappelons pour la forme que la deuxième série The New Teen Titans avait été lancée en 1984 afin de conquérir le marché des librairies spécialisées, tandis que la première série avait été rebaptisée Tales of the Teen Titans (sans « new ») afin d’atteindre les lecteurs de kiosques. Celle-ci s’était éteinte au bout de quelque temps, ne laissant que la version de 1984, qui approche, au moment des faits, de son numéro 50. Rappelons également qu’il s’agit du second numéro 50 de l’histoire de « la » série, puisque Tales of the Teen Titans #50 avait abrité le mariage de Donna Troy et Terry Long. Ces petits rappels permettent de situer le parcours éditorial du titre, mais également d’établir un pont entre les événements éditoriaux, tous deux focalisés autour de Donna, et tous deux dessinés par George Pérez. En effet, le co-créateur de la série revient illustrer un chapitre important du groupe, après avoir illustré Crisis on Infinite Earths et avoir contribué à remettre Wonder Woman en selle. Après vingt-quatre épisodes en compagnie de l’Amazone, il revient faire la lumière sur la version adolescente de celle-ci, Wonder Girl.

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Là encore, cette précision est importante. En effet, Crisis on Infinite Earths est passée par là, apportant une solution radicale à un « problème » inquiétant lecteurs, auteurs et responsables éditoriaux (à savoir : la continuité) mais également son lot de problèmes. Et l’un d’eux concerne Donna Troy. En effet, il est admis depuis les années 1960 (et il me semble que Wolfman, alors en début de carrière, a contribué à établir ces détails) que la jeune femme a été recueillie dans un orphelinat en flammes puis élevée sur l’île des Amazones. Cependant, après Crisis, les lecteurs savent que Wonder Woman vient d’arriver dans « le Monde des Hommes », tandis que le passé héroïque de Donna est conservé, y compris son passage à l’orphelinat et ses premières aventures parmi les Titans. Donc, elle ne peut pas avoir été recueillie et formée par Diana. Il faut donc résoudre la contradiction. Comme souvent dans les comic books, l’affaire ne se limite pas à trois bulles explicatives mais mobilise une véritable saga d’ampleur cosmique, en cinq épisodes, un format que semble affectionner Wolfman puisqu’il l’avait déjà employé pour « The Terror of Trigon ».

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La série change de titre, donc. Jusque-là, elle était illustrée par Eduardo Barreto, souvent encré par Romeo Tanghal (le résultat est très chouette mais on pourra regretter que le dessinateur n’ait pas assuré l’encrage, tant le résultat est en général d’une qualité supérieure). Je n’ai pas tout lu de cette période. Je ne sais donc pas comment Raven est revenue (dans une tenue blanche marquant sa résurrection, à la Gandalf, quoi) ni comment l’irritant Danny Chase a intégré l’équipe. Qu’importe, la relance du titre rend l’ensemble très accessible. Pour The New Titans #50, Pérez revient au dessin, sous une couverture peinte qu’il réalise en hommage au tout premier épisode de la série. Celle de The New Titans #54 est également un hommage, et il me semble que les autres aussi, même si ma connaissance de la série et ma mémoire ne me permettent pas de m’en assurer sans vérification (et aujourd’hui, c’est dimanche, donc j’ai la flemme !). Le premier chapitre de la saga est encré par Pérez, Bob McLeod et Romeo Tanghal. Les planches de McLeod sortent du lot, tant ce dernier confère aux crayonnés de Pérez des ombres et des modelés sans perdre en précision. Je n’ai jamais été un inconditionnel de McLeod, mais parfois certaines associations sont miraculeuses, et sa prestation ici en fait partie. Ses drapés évoquent un peu le travail de Tom Palmer, la rondeur de certains cernés celui de Joe Rubinstein, bref, je suis conquis. Et c’est dans les cases où il rajoute des ombres et travaille les éclairages que le résultat est le plus réussi. Tanghal encrera le dernier chapitre, avec son professionnalisme habituel, mais la richesse des matières sous le pinceau de McLeod disparaît.

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Donc, Wolfman et Pérez doivent expliquer comment, malgré le ravalement subi par l’univers DC, Donna peut avoir vécu… ce qu’elle a vécu. Ils ne perdent pas de temps : dès le premier chapitre, la Tour des Titans est attaquée par des extraterrestres voyageant par l’entremise d’une boule métallique de petite taille (l’épisode suivant sera l’occasion d’une référence à Doctor Who). Après une baston brève mais dynamique, les jeunes héros se retrouvent face à une vieille femme, qui affirme à Donna que tous ses souvenirs sont des mensonges (le tout à grands renforts de pleine page où Pérez s’ingénie à bien montrer l’illusion). Épuisée et vieillissant à vue d’œil, elle avoue être Phoebe, déesse de la Lune.

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Le deuxième chapitre est l’occasion d’un vaste flash-back dans lequel la vieille femme en toge lève le voile : les Titans de la mythologie, que nos héros ont déjà croisés à plusieurs reprises, sont partis dans l’espace afin de s’installer en tant que dieux d’un nouveau système. Mais les choses ont mal tourné, des demi-dieux sont apparus, tout est parti en vrille et, privés de fidèles et d’un monde sur lequel régner, les Titans se mirent à dépérir. Dans un dernier geste, l’une d’elles a éparpillé son énergie sur différentes planètes, afin de semer des « graines » (le terme « seeds » est utilisé dans le récit) dans le but de fabriquer une nouvelle génération d’être quasi-divins, de « nouveaux Titans » (d’où la polysémie de ce nouveau changement de titre), en recueillant des orphelins sur différents mondes, en les élevant parmi eux afin de leur conférer de grands pouvoirs, puis en les laissant guider leur peuple afin de pérenniser l’héritage mythologique. Donna Troy fait partie de ces enfants élus.

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Le flash-back explique également que l’une des « seeds » en question, baptisée Sparta (les orphelins portent tous des noms de cités antiques), a décidé d’user de ses capacités afin de protéger son peuple puis de régner sur lui (à la Sinestro). Et sa folie la conduit à abattre les autres « graines » afin de récupérer son pouvoir et de devenir plus forte (à la Highlander). Désireuse de recouvrer ses pleins souvenirs et comprenant que sa vie n’est qu’un mensonge (schéma classique), Donna décide d’aller voir sur place, épaulée par ses équipiers.

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Les trois derniers épisodes de la saga propulsent l’équipe dans l’espace. Le moins que l’on puisse dire est que ça tabasse. Alliances, trahison, règlements de compte, retrouvailles, l’ensemble bouge beaucoup. Les héros en prennent plein les gencives, notamment Cyborg, proprement démembré en place publique (là non plus, je n’ai pas lu la suite, mais j’ai bien l’impression que Wolfman va se servir du « reformatage » et de la « reconstruction » du personnage par la suite).

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L’une des forces du récit est de montrer la solidarité du groupe, qui sait désormais travailler ensemble (les Titans ont appris à tirer parti des pouvoirs de Jericho tout en protégeant ce dernier). L’autre point fort se trouve dans le retour, quand cette mission fait peser ses conséquences sur l’équipe, en termes de fatigue et de traumatisme. Et puisque l’on parle de conséquences, il faut souligner que le dernier chapitre se conclut sur l’apparition de Troia, nouvelle identité de Donna.

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Les origines de la jeune héroïne seront revisitées par la suite, notamment par Jay Faerber, là encore afin de mieux coller à la continuité. Mais pour l’heure, cette version tiendra quelque temps. Le TPB rassemble cette saga, précédée de l’épisode « Who is Wonder Girl? », issu de The New Teen Titans et dans lequel Dick Grayson tente d’éclairer le passé de son ami, et du mariage de Donna et Terry. Elle est également suivie d’un court épisode illustré par Phil Jimenez et situé après la « mort » de Donna. Le sommaire donc un peu disparate rend l’approche du personnage peut-être confuse, malgré la présence d’un petit encadrement éditorial destiné à l’éclairer. En plus de ce sommaire désordonné, le choix de l’équipe éditorial a été de supprimer les planches liées à des événements extérieurs, à l’exemple du cross-over Invasion ou de la mort de Jason Todd : les cinq épisodes de « Who is Donna Troy? » et son épilogue dans le numéro 55 sont présentés à la file, d’un bloc. Cela ne nuit guère à la lecture mais on sent, à des détails de ce genre, que les préoccupations éditoriales ont bien évolué en quinze ans, dans la constitution d’un TPB.

Jim

Ce qui, quand on regarde les choses avec un peu de recul, est tout de même une des couillonnades éditoriales les plus spectaculaires de Crisis. Je ne parle même pas de Hawkman, il compte pour du beurre. Mais Wonder Woman est censée être un des piliers de l’univers DC. Il n’y a donc eu personne, à un moment, pour taper sur la table et dire « Non, George, ton origine revampée de Wonder Woman, tu vas la caser quelques années auparavant, comme tes petits camarades Byrne et Miller ».

J’imagine qu’il y a des raisons de calendrier à cela (du genre panique générale au moment de la sortie de Legends), mais franchement, ça fait pas sérieux. Et quelques années plus tard, on a droit à ça, la nouvelle « première rencontre » officielle des deux Wonder Persons :

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(Notons la présence à l’image de Tortue Géniale, qui n’a rien à foutre là)

Sacrés journalistes, c’était donc de leur faute. Tiens, le saviez-vous : dans l’univers DC post-Crisis, Marilyn est apparue après Madonna, qui elle-même s’appelait Madonna Monroe, et les journalistes l’ont surnommée Marilyn Monroe comme ça, sans raison. Tout est décidément plus simple.

Le premier tome consacré à All-Star Comics (version années 1970), s’est arrêté au numéro 67. Le tome suivant (je rappelle qu’il existe une intégrale noir & blanc en Showcase et une intégrale en couleurs, plus récente) reprend dès le numéro suivant, complétant la série sous une couverture de Brian Bolland.

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La série bénéficie du dessin de Joe Staton, énergique mais inégal. On sent qu’il aime ses personnages et qu’il s’investit, mais il y a toujours une case bancale ou un visage raté. En revanche, chose étonnante, les couvertures sont signées par un tandem assez incertain, Al Milgrom encré par Jack Abel. Le premier n’est pas un grand dessinateur et le second est un encreur assez sec et minimaliste dont le trait affaiblit bien souvent les crayonnés qu’il complète. Et pourtant, les couvertures sont très agréables à regarder. D’autant plus que le sommaire de ce recueil en tient compte, là où le tome précédent les avait passées sous silence.

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L’intrigue reprend alors que le comportement de certains personnages, notamment Alan Scott, est trouble. On apprend que le Psycho-Pirate n’est pas pour rien dans les derniers événements. Bruce Wayne, qui est devenu commissaire à Gotham, prend de l’importance dans l’intrigue.

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Parallèlement, le scénariste, Paul Levitz, lance quelques subplots, tournant autour de la lointaine Égypte et impliquant Hawkman et Doctor Fate. Quelque chose se prépare. Pendant ce temps, l’équipe évolue, accueillant The Huntress, nouvelle justicière qui avouera son identité (c’est la fille de Bruce Wayne) à Wildcat.

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Quelques idées intéressantes apparaissent : par exemple, le Star Spangled Kid, qui vient de réapparaître dans ce monde, découvre que la société a continué à tourner, et que sa fortune familiale est passée entre différentes mains, au point de servir des causes contestables. La confrontation avec la Strike Force est assez intéressante à ce niveau.

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La série s’interrompt avec le numéro 74, qui permet à Levitz de mener à bien l’intrigue qu’il avait fait apparaître par petites touches en subplots. En gros, le Master Summoner qui avait contacté Hawkman et Doctor Fate s’avère un manipulateur qui veut mettre fin à la création. Ses motivations ne sont pas très claires, et le suspense que Levitz était parvenu à constituer était plus passionnant que l’épisode en lui-même, dont la seule belle astuce consiste en une réunion durant laquelle Fate affirme à ses alliés que la meilleure manière de vaincre l’entité… est de ne rien faire. Comme souvent chez Levitz, la conclusion manque d’allant, tout est réglé un peu rapidement. Et le titre s’arrêtant, il n’a même pas l’occasion de consacrer un autre épisode à la situation après la crise.

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Les héros de l’Âge d’Or n’ont donc plus de foyer et émigrent dans les pages d’Adventure Comics #461 à 466, ce qui permet à Levitz de boucler ses intrigues en cours, un peu à marche forcée. Désormais, ils doivent partager la couverture de cette anthologie avec les autres vedettes du sommaire. Un sommaire constitué par Levitz lui-même (précédemment, le titre était supervisé par Joe Orlando), et dont la deuxième de couverture nous montre la première version de l’illustration, ce qui permet de comprendre que la Société de Justice a remplacé Deadman dans l’image, ce dernier étant relégué en bas de la composition.

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Levitz continue ses intrigues et choisit de taper fort dès le début en chroniquant l’existence d’un homme disposant d’un pouvoir sensationnel et demandant à parler au commissaire Wayne. On imagine que ces épisodes étaient prévus au départ pour All-Star Comics, ce qui laisserait entendre que le scénariste ne prend pas le temps de laisser ses personnages souffler. C’est un peu un défaut de la série, qui laisse l’impression que les aventures n’ont guère de conséquence. Les choses vont changer justement avec cette intrigue qui va mener à l’explosion du nouveau personnage, qui entraîne Bruce Wayne dans la mort.

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Étonnamment, il ne préserve pas la surprise, puisque l’événement se trouve en couverture et en première page de l’épisode, qui ouvre le sommaire. On peut sans doute y voir la volonté de marquer le coup et d’attirer le public. La mort de Batman et l’enterrement qui s’ensuit donne lieu à un échange très intéressant entre Helena Wayne et Dick Grayson, la première refusant que le second reprenne le rôle. Chose rare dans la série, un peu d’émotion passe entre les personnages.

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L’épisode suivant se penche sur une question restant en suspens après le drame qui vient d’arriver : d’où vient le pouvoir dont disposait l’assaillant ? Dans un chapitre très agréablement encré par Dave Hunt, les héros se frottent à un pouvoir mystique et font corps : l’équipe fonctionne très bien, les ajouts récents, notamment féminins, étant parfaitement intégrés.

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Le dernier épisode de ce passage dans Adventure Comics, et qui referme le sommaire du recueil, est composé par un grand flash-back. Huntress raconte à Power Girl pourquoi les héros ont cessé leurs activités au début des années cinquante. En fait, après avoir déjoué un plan d’espions d’une autre nation, ils ont été convoqués devant une commission sénatoriale, qui refuse de croire qu’un autre pays pourrait disposer d’une technologie susceptible d’envoyer une station orbitale dans l’espace. Les politiciens demandent aux héros de dévoiler leurs identités, mais ceux-ci refusent et quittent l’assemblée, renonçant du même coup à leurs activités de justicier.

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Très bien servi par un Staton qui s’encre lui-même (il y a encore des dessins bancals, mais ses choix d’encre donne de la vie à ses cases), Levitz pose là un jalon de l’univers DC et de sa continuité. L’épisode sera repris notamment par Roy Thomas et conservé dans les timelines à venir, et sera également une source d’inspiration pour la série Golden Age de James Robinson et Paul Smith.

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Les aventures de la Société de Justice prennent fin dans les années 1970. Mais les bases seront posées pour d’autres déclinaisons (notamment la série de Thomas et Ordway), et surtout, Levitz, s’il n’aura pas réussi à rendre palpitantes les aventures, aura imposé des personnages (notamment Huntress) et une continuité qui servira de tremplins à nombre de ses collègues.

Jim

J’aime beaucoup cette Huntress, classe et gothique.

C’est un récit Terre-2, Jim?

Oui oui, je l’avais précisé dans les commentaires du premier tome, en août, j’ai oublié de le rappeler ici : mais ouais, les deux tomes de Justice Society ainsi que le tome de Huntress se déroulent sur Terre-2, avant la Crisis de Wolfman et Pérez en 1985.

Jim

Ah mais c’est pour ça aussi…

…qu’elle est sur Terre-1

Je viens de me replonger dans le TPB Return of Barry Allen. Ce fameux récit, qui à mon sens constitue l’un des grands moments du Bolide Écarlate, toutes identités confondues, est également à mes yeux le véritable signal de départ pour la première prestation de Mark Waid sur le titre.

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Le scénariste est arrivé sur la série à l’instigation de son ami, le responsable éditorial Brian Augustyn, et a déjà livré quelques histoires marquantes, parmi lesquelles « Born to Run », une relecture des origines, ou encore « Gorilla Warfare », un cross-over avec la série Green Lantern. Mais dans l’ensemble, si le scénariste ne démérite pas, il se contente d’installer durablement un Wally West auquel Mike Baron a conféré un tempérament original et que William Messner-Loeb a amené à s’amender et à accepter son rôle d’héritier de Barry Allen.

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Nous sommes en 1993 et, effectivement, le spectre de Barry hante encore Wally. Cela fait partie de la définition du personnage. C’est aussi pour cela que Waid prend le temps de le faire interagir avec d’autres héros, et notamment Jay Garrick, le Flash de l’Âge d’Or, dans le cadre de la fameuse logique générationnelle propre à l’univers DC. Le scénariste et le responsable éditorial, bien conscients qu’une frange du lectorat garde à l’idée un éventuel retour du mentor disparu dans Crisis on Infinite Earths, décident de frapper un grand coup et d’annoncer la nouvelle tant attendue. Sauf qu’ils ont une idée en tête…

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Tout commence à la fin de Flash #73, un « épisode de Noël » à l’issue duquel, sur le pas de la porte, surgit Barry Allen, que tout le monde croyait mort. L’équipe s’amuse de la surprise, puisque, en sur-titre de cet épisode, ils ont bien indiqué « Guest-starring: the original Scarlet Speedster! » Comme on y voit Garrick, les acheteurs ont fait le lien avec lui, et se sont retrouvés saisis par la révélation de dernière page.

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Dès l’épisode suivant, Waid n’hésite pas à passer en revue diverses conséquences de ce retour : Wally se retrouve face à ce mentor dont le souvenir l’a hanté et ne sait pas comment réagir ; Barry ne sait pas que Pied Piper est réformé et s’en prend à son ancien ennemi ; Hal Jordan passe prendre des nouvelles… L’épisode s’appelle « Trust », et met donc l’accent sur la confiance et la foi… et bien entendu leur antonyme, la méfiance.

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Parallèlement, un groupuscule sur-équipé, The Combine, attaque les villes jumelles de Central City et Keystone City, occupant les héros. Et pendant que Wally fait équipe avec Barry, c’est par le biais de Jay Garrick que l’attention des lecteurs est attirée sur différents indices, sur les doutes que l’on pourrait entretenir à l’égard d’un Barry qui semble décalé, pas à sa place. On le serait à moins, mais tout de même.

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Le récit de Waid est aussi l’occasion de l’arrivée d’un personnage qui aura une importance considérable dans ses épisodes suivants, mais aussi dans l’univers de Flash : Max Mercury, le sage zen de la vitesse. Travailler sur l’héritage amène le scénariste à développer les pistes pour la suite, à étendre le mythe.

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Je crois que je ne dévoilerais aucun mystère en disant qu’en fait, en lieu et place de Barry Allen, c’est à Zoom, le Reverse-Flash, amnésique, que les héros et les lecteurs font face. Le doute s’est insinué dans l’esprit de Wally qui ne reconnaît pas son mentor, qui s’étonne de certains de ses propos, et qui attendra de trouver une preuve dans un exemplaire d’un livre écrit par Iris West dans le futur pour comprendre qu’effectivement, ce n’est pas Barry qui est revenu.

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Face à l’un des pires ennemis de son mentor, Wally s’accomplit parfaitement. Ce récit, qui à l’origine était notamment destiné à jouer sur les attentes des fans les plus accros, est aussi l’occasion de propulser l’héritier au rang de héros de plein droit. Il est désormais entouré d’un escadron de Bolides qui le soutiennent, et il a fait ses preuves face à un adversaire redoutable.

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C’est Greg Larocque, encré par Roy Richardson, qui illustre cette saga. Son style est un peu raide, ses personnages un peu lourds, mais il ne lésine pas sur les grandes cases, les mâchoires crispées et les effets de vitesse. Symboliquement, le dernier épisode de la saga, publié dans l’épisode 79, est aussi le dernier que Larocque réalise. Le mois suivant, il cède la place à Mike Wieringo, qui apporte un style plus rond, plus cartoony, et ouvre la voix à une envolée graphique confirmée avec les épisodes de Carlos Pacheco puis d’Oscar Jimenez. C’est la véritable envolée de la série, qui connaîtra dès lors des moments passionnants et une profonde exploration du mythe. Mais selon moi, « Return of Barry Allen » est le véritable coup de sifflet annonçant cette grande période.

Jim

Ta critique donne pourtant très envie de s’y plonger !

Alors tant mieux.
Pour ma part, je n’ai jamais été sensible à l’écriture de Levitz, qui m’a toujours semblé être une écriture à la Claremont sans la dimension humaine (ou soap ou pathos, diraient les détracteurs de Claremont).

Jim

A défaut d’avoir un grand talent d’écriture dans le style, on peut au moins reconnaître à Levitz un véritable amour de l’univers ainsi qu’une volonté de l’enrichir et de l’ordonner.

Un description valable pour Gruenwald j’ai l’impression.

En fin d'année, DC Comics et 2000 AD vont publier une anthologie rassemblant les divers crossovers intercompagnies ayant mis en scène Batman et Judge Dredd. Ces épisodes ont été publiés entre 1991 et 1998. Si vous avez quatorze ans aujourd'hui, vous ne les avez pas vus sortir !

Lire l’article sur Superpouvoir

Assurément une excellente nouvelle :smiley: Ces épisodes sont actuellement introuvables, et la perspective de pouvoir les retrouver m’enchante au plus haut point… encore plus dans la mesure où y aura du BISLEY à l’intérieur.

Au début des années 1990, DC frappe son public en associant son justicier le plus célèbre (profitant alors de la « seconde Batmania » enclenchée par le film de Tim Burton, qui propulsera le héros au sommet de la gloire dont il ne descendra plus) à un autre personnage aux méthodes expéditives, Judge Dredd. S’ensuivront plusieurs rencontres qui seront compilées dans un recueil sorti en 2012 (et plusieurs fois réimprimé).

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La première des rencontres (qui seront étalées de 1991 à 1998), Batman / Judge Dredd: Judgment on Gotham, est réalisée par Alan Grant et John Wagner, deux scénaristes qui connaissent bien les protagonistes. En effet, le second est le co-créateur de Judge Dredd (sous l’impulsion de Pat Mills) et il a co-écrit de nombreuses aventures avec son complice. Et tous deux, depuis 1988, écrivent les aventures de Batman dans Detective Comics, cette fois-ci à l’initiative de Denny O’Neil. S’ils profitent du dessin énergique de Norm Breyfogle, qui impose des codes graphiques au Chevalier Noir (genre, les cases où la silhouette de Batman apparaît en motif pyramidal), ils instillent également une forme d’humour noir et d’ambiance grinçante qui convient parfaitement au protecteur de Gotham. Je me souviens d’un article (dans Pilote & Charlie ? Dans USA Magazine ? Sais plus…) où le signataire avait été particulièrement marqué par une scène où Batman plonge la tête d’un suspect dans les toilettes et tire la chasse. Les deux Anglais donnent aux aventures du super-héros une tonalité inédite pour l’époque.

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Bref, leur présence au sein de l’écurie DC a sans doute bien facilité le rapprochement entre les deux maisons d’édition. Pour confirmer cette « british touch », c’est Simon Bisley, alors connu pour son interprétation de Lobo et pour ses couvertures peintes (notamment sur Doom Patrol) qui met en scène cette rencontre, à base de sauts dimensionnels entre Gotham City et Mega City One.

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On sent bien un certain mauvais esprit de la part des scénaristes, qui confine bien évidemment au commentaire sur leurs personnages. L’un des moments les plus représentatifs de cette approche est celui de l’arrestation de Batman, pour transport et usage d’armes illégales et « vigilantisme ». Un comble de la part de Dredd. La pleine page dans laquelle la Psy-Judge Anderson lit dans l’esprit de Batman les images de son monde gothamien et trouve tout cela « bizarre » vaut également le détour.

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Forts de ce succès, les deux éditeurs remettront le couvert à plusieurs reprises, même si l’aspect anecdotique de ce genre de rencontres sera de plus en plus visible, émoussant à chaque fois l’intérêt de la chose. Vendetta in Gotham, écrit par le même tandem, est cette fois-ci dessiné par Cam Kennedy, à l’approche plus classique, puisqu’il ne peint pas. Il livre néanmoins une version gothique, brumeuse, industrielle et déformée de Gotham qui est très évocatrice. Les auteurs nous réservent quelques surprises au mauvais goût assumé, à l’exemple du duel dans le jardin d’enfants où Dredd démontre qu’il peut se battre en-dessous de la ceinture si besoin.

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Les deux scénaristes en profitent pour intégrer le Ventriloquist dans le récit, un super-vilain qu’ils avaient prévu à l’origine pour une aventure de Dredd et qui a fini par voir le jour dans Detective Comics.

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Retour à la peinture avec The Ultimate Riddle, confié cette fois à Carl Cristchlow et Dermot Power. Cette fois-ci, c’est donc le poseur d’énigme favori qui vient jouer les trouble-fête, sans pour autant que Dredd se départisse de sa raideur habituelle. Graphiquement, on est davantage dans la lignée de Bisley.

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Le Joker ne pouvait pas rester longtemps absent, et il tient donc la vedette dans Die Laughing, cette fois-ci peint par Glenn Fabry (sans doute l’un des plus convaincants sous-Bisley auxquels on puisse songer) et Jim Murray. Les deux scénaristes s’amusent à mixer leurs personnages, à mélanger corps, pouvoirs et idées, et le style des deux illustrateurs matérialisent leurs audaces. La structure du récit est un peu récurrente, et donc lassante (même si les auteurs choisissent de repousser un peu la rencontre proprement dit des héros afin de se consacrer en premier lieu aux méchants), mais visuellement, y a plein de belles images.

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Enfin, pour conclure cette bordée de cross-overs, Grant et Wagner racontent une autre rencontre, celle de Dredd face à Lobo, un héros qu’ils ont contribué à rendre populaire chez DC et dont ils animent la série mensuelle. C’est d’ailleurs au dessinateur Val Semeiks qu’ils s’associent pour Lobo / Judge Dredd: Psycho-Bikers vs the Mutants from Hell, ce dernier étant l’illustrateur régulier de la série régulière.

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Nettement plus classique dans son approche formelle, ce récit profite du goût du dessinateur pour les personnages grotesques et les décors foisonnants. Les grandes cases consacrées aux bars malfamés qu’affectionne Lobo ou aux embranchements de voies rapides sillonnant Mega City One sont savoureuses. Son trait réaliste, avec quelques rondeurs parfois proches de la caricature, convient à merveille à ce genre de récits outrés qui ne se prennent pas au sérieux.

Jim

L’éditeur DC Comics publiera au mois d’avril un imposant hardcover reprenant une grande partie du comic book Marshall Law, écrit par Pat Mills et dessiné par Kevin O’Neill, qui met en scène un monde futuriste dans lequel Marshall Law, un policier doté de super-pouvoirs, fait respecter l’ordre en pourchassant les super-héros qui dérapent et passent du mauvais côté de la ligne.

Lien:
Le site de l’éditeur : www.dccomics.com

Miam