Un ouvrage qui vu du pays (bis)
Comment raconter un moment historique ayant concerné une multitude d’acteurs sur un vaste territoire. Comment dresser l’ordre d’une vaste opération nécessitant la coordination de plusieurs corps d’armées de différents pays. C’est à ce projet colossale que s’est attelé l’ancien officier et historien Peter Caddick-Adams depuis, comme il le raconte dans ses remerciements, ses 14 ans quand il tomba sur une revue historique, After the battles, mettant en regards des vielles photos en noir&blanc datant de la guerre et des photos contemporaine en couleurs du même lieux afin de parler de la guerre.
60 ans et des milliers de visites, guides, entretient, recherches et collectes plus tard, le voila qui nous propose un énorme pavé (presque 1000 pages) consacré à la plus grande opération militaire du XXème siècle. En se basant sur ce fait, incroyable, qu’il y a plus de morts pour la préparation du débarquement que le jour-J, Caddick-Adams décide de diviser son ouvrage en deux grandes parties égale consacré, bien sur, à l’invasion mais, surtout, à sa préparation.
Très dense et riche, Caddick-Adams multiplie les points de vue (Alliés et Allemands) et donne la voix à des centaines d’acteurs et actrices du simple soldat à Eisenhower. L’auteur en profite pour battre en brèche plusieurs légende et idée reçue ce qui n’amoindrit en rien ces événements bien au contraire. Remis à hauteur d’hommes tout cela apparait comme encore plus spectaculaire.
Surtout l’ouvrage permet de se rendre compte de l’ampleur de l’opération en se consacrant à la vie quotidienne au Royaume-Uni durant les années précédent le 6 juin. Pas à pas, il retrace l’arrivée des militaires, les inégalités entre ceux de différentes armée (l’américain est mieux payé que l’anglais), de la ségrégation difficilement supportable pour les anglais, d’une culture qui en influence une autre etc.
C’est aussi l’occasion de voir comment toute l’opération se monte dans les moindres détails et comment gérer un secret qui ne peut en être un (comment on fait pour les charpentiers qui créer les maquettes des plages ?). On y découvre des erreurs stupéfiante (tiens j’ai envoyer le dossier secret avec la lettre pour ma femme), des sources d’infos qu’on aurait pas imaginer (les cartes postales de la Normandie).
L’amateur de ciné ou série découvrira au gré des pages les hommes qui donneront vie ensuite aux personnage de Tom Hanks et Matt Damon dans Il faut sauver le soldat Ryan, on verra ce qu’on fait certaines vedettes américaine et on saura pourquoi James Doohan cachait souvent sa main droite lors de sa carrière à l’écran.
Tiens en parlant de canadiens, le bouquin rétabli la puissance militaire interpays et rappelle que contrairement à la mythologie filmé ensuite, le débarquement est tout autant si ce n’est plus une affaire d’Anglais, de Canadiens, d’un peu de Français et pas que d’Américain.
Voila un livre incroyable et dense (je crois que je suis dessus depuis deux mois). Un véritable travail de titan
















