LE COURRIER DE L'OR (Budd Boetticher)

REALISATEUR

Budd Boetticher

SCENARISTE

Berne Giler

DISTRIBUTION

Randolph Scott, Virginia Mayo, Karen Steele, Michael Dante…

INFOS

Long métrage américain
Genre : western
Titre original : Westbound
Année de production : 1959

Des sept westerns de la collaboration Budd Boetticher/Randolph Scott, Le Courrier de l’Or (Westbound en version originale) est le sixième et celui que le réalisateur appréciait le moins, allant même jusqu’à considérer cette production comme un « désastre »…ce qui était franchement exagéré. Boetticher mettait Le Courrier de l’Or à part parce qu’il ne faisait pas officiellement partie du « cycle Ranown », cette suite de westerns produits par Randolph Scott et Harry Joe Brown, en grande partie écrits par Burt Kennedy et distribués par la Columbia (de 7 hommes à abattre à Comanche Station)

Le Courrier de l’Or est un film de commande : Randolph Scott devait encore un long métrage à la Warner sur un contrat précédent et Budd Boetticher a accepté de le réaliser par amitié pour Scott et parce que le studio devait financer son projet suivant, le film de gangsters La Chute d’un Caïd (sorti en 1960 avec Ray Danton en tête d’affiche).

Budd Boetticher n’a donc pas eu de regard sur le scénario, qu’il ne trouvait pas bon. Là encore, je trouve ce jugement un peu trop lapidaire. La situation est certes classique, mais pas inintéressante : l’histoire se déroule pendant la Guerre de Sécession, l’officier John Hayes est chargé de reprendre un réseau de diligences qui sert notamment à acheminer de l’or vers les banques de l’Union, assurant ainsi le financement des armées nordistes. Mais la ligne passe aussi par les Etats acquis à la cause du Sud et les tentatives de sabotage ne manquent pas…

Le héros joué par Randolph Scott manque un peu de nuances mais l’acteur excelle toujours dans ce genre de rôle, un homme honorable, courageux, sympathique, droit dans ses bottes. Son amitié avec le jeune couple à qui il confie le relais de diligences est au coeur du récit et de la progression dramatique. Leur relation grandit au fil des épreuves et ce qui arrive alors est d’autant plus émouvant. Un brin falot, Michael Dante est tout de même assez convaincant en soldat revenu de la guerre avec un bras en moins. Son épouse est jouée par la belle Karen Steele, compagne de Budd Boetticher et déjà à l’affiche de l’aventure de La Chevauchée de la Vengeance.

Le méchant est incarné par Michael Pate, second rôle solide (et très prolifique à l’époque) même s’il est moins charismatique qu’un Lee Marvin ou un Richard Boone. Pour une caractérisation un peu plus développée, il faut voir du côté du couple formé par Virginia Mayo et Andrew Duggan, qui campent respectivement l’ancienne fiancée et l’ancien associé de John Hayes, deux personnages qui se débattent avec leurs consciences et les conséquences de leurs actes.

Le budget était beaucoup trop limité pour retranscrire pleinement l’ampleur du conflit en cours, mais dans l’ensemble on retrouve l’efficacité habituelle de Budd Boetticher qui mène son récit sur un très bon rythme (à peine 70 minutes et pas une de trop), aussi à l’aise dans la sobriété des scènes intimistes que dans les éclairs d’action. Même un Boetticher/Scott considéré comme mineur (et je reconnais qu’il est en effet moins bon que ceux signés par Burt Kennedy) est loin d’être aussi basique et oubliable que le prétendent sa réputation…et l’avis de son réalisateur.

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