LE MORT-VIVANT (Bob Clark)

Horreur
Long métrage américain/canadien
Réalisé par Bob Clark
Scénarisé par Alan Ormsby
Avec John Marley, Lynn Carlin, Richard Backus, Henderson Forsyth…
Titres originaux : Deathdream/Dead of Night
Année de production : 1974

Un soir, Charles et Christine Brooks (très bons John Marley et Lynn Carlin, qui formaient déjà un couple dans le Faces de John Cassavetes) apprennent la mort de leur fils Andy, tombé au combat au Vietnam. Inconsolable, la mère ne peut accepter la nouvelle et elle ne dort quasiment plus, priant toutes les nuits pour le retour de son enfant adoré…jusqu’à cette soirée où Andy réapparaît mystérieusement sur le seuil de la maison familiale. Après l’explosion de joie, les Brooks se rendent progressivement compte que le comportement d’Andy n’est plus le même…

Le jeune homme alterne entre périodes de calme, pendant lesquelles il ne parle presque plus, ne mange plus et reste le plus souvent enfermé dans sa chambre, et accès de colères destructrices notamment provoqués par la détérioration de son mental puis de son physique. Venu du théâtre, Richard Backus livrait ici une intense composition pour son premier rôle au cinéma (il jouera ensuite principalement pour le petit écran).

Le Mort-Vivant (sorti aux U.S.A. sous plusieurs titres, les principaux étant Deathdream et Dead of Night) s’inspire dans l’esprit de la célèbre nouvelle La Patte de Singe, avec ses voeux aux conséquences tragiques. À l’horreur, Bob Clark et son scénariste Alan Ormsby mêlent également une réflexion intéressante sur les familles brisées par la guerre du Vietnam…et vu les dates, le long métrage doit être l’un des premiers à avoir traité du sujet qui s’exprime, entre autres, par le fossé entre générations de la scène apparemment calme de la discussion avec le facteur qui évoque autour d’un verre ses souvenirs de la Seconde Guerre Mondiale.

Avant de se reconvertir dans la comédie et les films pour la jeunesse, la première partie de la carrière de Bob Clark fut placée sous le signe de l’horreur, avec des oeuvres marquantes comme ce Mort-Vivant et le slasher Black Christmas, ainsi que le très bon Sherlock Holmes Meurtre par décret. Sur Le Mort-Vivant, il a travaillé avec un certain Tom Savini (lui aussi de retour du Vietnam), qui faisait des débuts convaincants aux maquillages avant sa longue collaboration avec George A. Romero.

Bob Clark sait faire monter le suspense par petites touches, en employant d’abord le point de vue subjectif pour illustrer le retour inexpliqué d’Andy avant un très bon travail sur les ombres et l’ambiance sonore (particulièrement inquiétante) pour décrire la lente transformation du personnage, qui a en quelque sorte perdu son humanité à la guerre pour devenir un mort qui marche, ses actes faisant de lui à la fois un zombie et un vampire.

Le Mort-Vivant prend son temps (sans que cela soit ennuyeux) pour orchestrer l’inéluctable érosion de cette cellule familiale…jusqu’à sa destruction dans un dernier acte tendu, d’une noirceur absolue…et d’une infinie tristesse…

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Une affiche avec l’autre titre U.S., Deathdream :

Deux affiches italiennes :

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