LE SALAIRE DU DIABLE (Jack Arnold)

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REALISATEUR

Jack Arnold

SCENARISTE

Gene L. Coon

DISTRIBUTION

Jeff Chandler, Orson Welles, Colleen Miller, Ben Alexander…

INFOS

Long métrage américain
Genre : thriller
Titre original : Man in the shadow
Année de production : 1957

Une nuit, dans l’un des baraquements d’un immense ranch, un ouvrier mexicain est emmené de force par deux contremaîtres et battu à mort. La scène a un témoin, un vieux travailleur qui s’enfuit pour tout raconter au shérif. Ben Sadler, qui fait respecter la loi dans la petite ville de Spurline au Nouveau-Mexique, commence son enquête. Mais il va vite se rendre compte qu’il n’aura pas beaucoup de soutien sur cette affaire…

Et la raison est que le propriétaire du ranch Golden Empire, s’étendant sur un terrain plus grand qu’un petit pays européen (selon les dires du bonhomme…à cause du budget très modeste, il est difficile de s’en rendre compte car on ne voit aucun bétail à l’écran ni personne dans les champs), est Virgil Renchler, un notable tout puissant qui fait prospérer la ville à lui tout seul. Renchler a beaucoup de relations et peu osent se retourner contre lui…à part sa fille Skippy et le shérif Ben Sadler…

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Orson Welles campe ce mégalomane sans trop en rajouter. Il est même un peu en retenue dans ce rôle alimentaire pour lui (le genre de personnage qu’il acceptait pour payer ses impôts ou réunir de l’argent pour monter ses projets personnels) mais son charisme et ses apports personnels (il a lui-même décidé de la garde-robe de Renchler et réécrit certains de ses dialogues) sont des éléments essentiels de la caractérisation de cet homme qui agit la plupart du temps dans l’ombre (pour reprendre le titre original) en se croyant au dessus des lois.

Face à Renchler et ses seconds (ceux qui se salissent les mains, des tronches burinées habituées aux brutes comme John Larch et Leo Gordon), le solide Jeff Chandler (La Flèche Brisée) est très bon en shérif incorruptible, prêt à tout pour faire respecter la justice. La figure du shérif seul contre tous revient régulièrement dans le genre, aussi bien dans les westerns d’époque que dans les westerns plus contemporains comme celui dont il est question ici. Le long métrage de Jack Arnold fait d’ailleurs le lien entre les deux périodes. Car si la civilisation a fait son chemin, certains endroits reculés utilisent encore des méthodes qui font penser à l’Ouest Sauvage…

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Le scénario de Gene L. Coon (que l’on retrouvera ensuite au générique de Une balle signée X du même Jack Arnold) fait donc appel à des situations familières dans une intrigue très intéressante qui évoque l’exploitation et l’oppression, la mauvaise conscience et la lâcheté. Le salaire du diable est autant un plaidoyer antiraciste (les remarques sur les immigrants rappellent hélas que les choses n’ont pas évoluées sur ce point) qu’un suspense efficace, dépouillé, à l’action sèche et percutante.

Bref, un thriller mâtiné de western au message fort, bien ficelé par l’un des petits maîtres de la série B américaine, Jack Arnold (qui venait de réaliser un classique du fantastique avec L’Homme qui rétrécit)…

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