UNE BALLE SIGNÉE X (Jack Arnold)

ttw6.th

REALISATEUR

Jack Arnold

SCENARISTE

Gene L. Coon, d’après une histoire de Howard Amacker

DISTRIBUTION

Audie Murphy, Charles Drake, Joan Evans, R.G. Armstrong…

INFOS

Long métrage américain
Genre : western
Titre original : No name on the bullet
Année de production : 1959

Avant de devenir acteur en 1948, Audie Murphy fut l’un des soldats les plus décorés de la Seconde Guerre Mondiale. Il a reçu toutes les distinctions possibles, qu’elles soient américaines, belges et françaises. De retour au pays, il a envisagé d’intégrer une école militaire mais il préféra finalement rester dans la réserve tout en entamant une carrière d’acteur. Il faut dire aussi que Murphy souffrait de stress post-traumatique, un trouble dont il ne s’est jamais vraiment remis. Jusqu’à sa mort (à l’âge de 45 ans dans un accident d’avion), l’aide aux vétérans a fait partie de ses priorités et un hôpital militaire a été baptisé à titre posthume en son honneur.

Sur grand écran, Audie Murphy a surtout joué dans des séries B, principalement des films de guerre et des westerns. Parce que la Universal (studio avec lequel il fut sous contrat pendant 7 ans) voulait capitaliser sur son statut de héros de guerre, il accepta même, après hésitation (car à 30 ans, il se trouvait trop vieux par rapport à son âge réel pendant le conflit), de jouer son propre rôle dans l’adaptation de ses mémoires de guerre L’Enfer des Hommes, qui devint l’un de ses plus gros succès au box-office.

Je n’ai pas vu beaucoup de films avec Audie Murphy sur la quarantaine que compte sa filmographie. Mais à chaque fois, j’ai trouvé son jeu très…minimaliste. Ce qui n’est pas gênant ici car cela se prête bien à la nature du personnage qu’il interprète, beaucoup plus ambigu que ses rôles habituels. En effet, dans Une balle signée X (No name on the bullet en version originale) Audie Murphy n’est pas le héros. Cette fonction revient à Charles Drake, acteur de second plan et ami de la star (ils ont souvent partagé l’affiche). Audie Murphy est John Gant, un cavalier solitaire qui vient d’arriver dans la petite ville de Lordsburg. L’homme est d’apparence calme et taciturne…mais certains habitants connaissent bien son nom et sa réputation…

John Gant est en fait un tueur à gages aux méthodes bien particulières. : il arrive dans une ville, en observe les habitants sans faire grand chose et attend que sa proie craque et le provoque. Il peut alors la tuer en légitime défense sans être inquiété par la loi. Cette dynamique s’installe dès les premières minutes et est assez savoureuse à suivre : les locaux qui ont quelque chose à se reprocher ont tous l’impression que Gant est là pour eux, alimentant un climat de paranoïa et de nervosité qui contraste avec la froideur calculée de Gant. Entre Gant et ses cibles potentielles, il y a le docteur (campé par Charles Drake) qui tente de calmer le jeu et d’être la « bonne conscience » face à la « mauvaise conscience » des autres que Gant fait remonter à la surface par sa simple présence.

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Western privilégiant la psychologie, Une balle signée X peut désarçonner les amateurs de gunfight puisque la première scène d’action n’arrive qu’au bout d’une heure (sur les 75 minutes de métrage). J’apprécie ce parti-pris…c’est certes bavard mais pas ennuyeux car le jeu d’échecs de Gant, qui avance ses pièces avec son air de ne pas y toucher, assure un suspense bien maîtrisé, avec des interactions intéressantes, avant la révélation du dernier quart d’heure.

Derrière la caméra, on retrouve un nom plus habitué aux films d’horreur et de S.F., l’excellent artisan de la série B U.S. Jack Arnold (L’homme qui rétrécit, L’étrange créature du lac noir…), pour une mise en scène solide et efficace. Jack Arnold n’a pas beaucoup réalisé de westerns pour le cinéma, c’est par contre un genre qu’il a plus souvent visité sur le petit écran avec des épisodes de séries comme La Grande Caravane, Le Virginien et Rawhide.

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