LE VOLEUR DE BAGDAD (Raoul Walsh)

REALISATEUR

Raoul Walsh

SCENARISTES

Douglas Fairbanks, Alexander Nicholayevitch Romanoff, James T. O’Donohoe et Lotta Woods

DISTRIBUTION

Douglas Fairbanks, Julanne Johnston, Snitz Edwards, Brandon Hurst, Noble Johnson…

INFOS

Long métrage américain
Genre : aventures/fantastique
Titre original : The Thief of Bagdad
Année de production : 1924

Comme je l’ai déjà écrit à l’occasion de mon billet sur le Robin des Bois de Allan Dwan, Douglas Fairbanks, l’un des acteurs les plus populaires du muet, a profité de sa notoriété acquise au fil d’une série de comédies romantiques et d’action à succès pour monter, en compagnie des plus grands noms de cette époque (Mary Pickford, D.W. Griffith, Charlie Chaplin), sa propre société de production et ainsi se lancer dans la mise en chantier de projets démesurés, reflets de ses goûts naturels pour l’aventure et le fantastique.

Douglas Fairbanks voulait tourner des épopées. Il mit son talent et ses capacités athlétiques au services des plus grands héros populaires, comme Zorro, D’Artagnan et Robin des Bois. Mais le film dont il restera le plus fier, c’était Le Voleur de Bagdad, librement inspiré par les Contes des Milles et Une Nuits.

Dans ce long métrage sorti en 1924, Fairbanks campe Ahmed, habile voleur qui vit selon la devise “ce que je veux, je le prends”. Un jour, alors qu’il s’introduit dans le palais du Calife de Bagdad grâce à une corde magique, il aperçoit la princesse endormie et en tombe éperdument amoureux. Il décide alors de se faire passer pour un prince pour obtenir sa main et devra affronter de nombreuses épreuves, dont les machinations d’un prince mongol, dans sa quête d’amour et de rédemption.

Il s’agit là d’une quête initiatique dans laquelle son charisme fait une nouvelle fois merveille. Cynique et enjoué dans la première partie du film, son Ahmed bondit sur les toits, vole les habitants de la grande cité et se moque des institutions religieuses. C’est l’amour qui le fera changer et troquer son cynisme pour un comportement héroïque, à travers la recherche d’un objet magique et la défense de Bagdad face aux plans du machiavélique prince mongol. Une histoire optimiste, aux rebondissements enlevés et réjouissants et empreinte d’un grand romantisme…Ahmed ne reculera devant aucun obstacle pour atteindre son but, car “Le Bonheur doit être mérité”, comme l’accroche du film, philosophie aussi naïve que jolie et bon enfant, le souligne en exergue de cette grande aventure.

Inspiré par la force du cinéma allemand, dont les idées l’ont ébloui à l’occasion d’un séjour en Europe (à tel point qu’il distribuera notamment les oeuvres de Fritz Lang et Paul Leni aux Etats-Unis), Fairbanks n’a pas reculé devant les dépenses et a fait appel aux plus grands créateurs pour retranscrire les extravagances visuelles que réclamaient son nouveau projet. On retrouve ainsi au générique le directeur artistique anglais William Cameron Menzies, futur responsable des décors de Autant en emporte le Vent et réalisateur du film de science-fiction paranoïaque Les Envahisseurs de la Planète Rouge, et au département costumes, tous magnifiques, Mitchell Leisen, déjà à l’oeuvre sur Robin des Bois.

Pour la réalisation, Douglas Fairbanks ne fait pas appel à ses collaborateurs habituels, comme Fred Niblo et Allan Dwan, et choisit de travailler avec un réalisateur d’une trentaine d’années, Raoul Walsh, dont ce fut le premier grand film avant La Piste des Géants, La Charge Fantastique ou encore Les Aventures du Capitaine Wyatt.

Virtuose, la caméra de Raoul Walsh tire bien parti de toutes les possibilités qu’offrent les gigantesques décors sans que l’aspect humain ne s’efface face aux prouesses techniques. On passe du rire grâce aux facéties d’Ahmed et aux pitreries de son comparse à l’émotion lors de la rencontre avec la Princesse, moment de grâce où le temps semble suspendu, avant d’embarquer pour une grande aventure peuplée de créatures en tout genre. Les effets spéciaux sont absolument excellents et avaient rarement été utilisés à cette échelle dans le cinéma américain…beaucoup demeurent encore bluffants et participent avec une grande efficacité à la magie du spectacle proposé.

Flamboyant, malicieux, touchant, palpitant, Le Voleur de Bagdad garde encore plus de 90 ans après son tournage cette puissance évocatrice et cette imagination débordante propre aux plus grands contes.
Une merveille, l’un des plus grands films fantastiques du muet et l’une des plus grandes réussites de sa charismatique star !

un de mes films préférés

j’ai cette affiche au dessus de mon lit :wink:

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Ouais, il est vraiment magnifique. Tu l’as vu, ce ciné-concert ?

non malheureusement

[quote=“barney stinson”]un de mes films préférés

…]

[/quote]

Moi aussi.