LINK (Richard Franklin)


(Le Doc) #1

V1_SY1000_CR0%2C0%2C647%2C1000_AL

REALISATEUR

Richard Franklin

SCENARISTE

Everett de Roche

DISTRIBUTION

Elisabeth Shue, Terence Stamp, David O’Hara…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur
Année de production : 1986

“C’est un genre de Dents de la Mer…mais avec des chimpanzés.”
C’est ainsi que le cinéaste australien Richard Franklin a décrit à la fin des années 70 le film qui allait devenir Link. En 1979, Franklin a pris une option sur un traitement signé Lee David Zlotoff et Tom Ackermann, mais ce n’est que lorsque le projet fut confié à Everett de Roche que l’histoire prit sa forme définitive.
Everett de Roche était un scénariste très important de la Ozploitation, terme qui désigne le renouveau du cinéma de genre australien dans les seventies. On lui doit notamment le très bon film d’horreur Patrick et le Razorback de Russell Mulcahy.

Patrick a marqué la première collaboration entre Everett de Roche et Richard Franklin. Les deux compères se sont ensuite retrouvé pour Déviation Mortelle, un suspense très réussi avec Stacy Keach et Jamie Lee Curtis, avant de travailler à nouveau ensemble sur Link, production britannique distribuée aux U.S.A. par Cannon Group, la boîte des fameux Menahem Golan et Yoram Globus, qui n’ont pas hésité à couper quelques minutes pour l’exploitation américaine contre l’avis du réalisateur.

L’américaine Jane Chase (la très jolie Elisabeth Shue, qui n’avait pas encore joué Jennifer Parker dans Retour vers le Futur II & III) étudie la zoologie en Angleterre. Pour l’été, elle trouve un travail d’assistante auprès du professeur Stephens (Terence “Zod” Stamp), un chercheur qui s’est spécialisé dans l’étude comportementale des primates. Pour mener tranquillement ses recherches, Stephens vit dans un domaine isolé avec trois singes : la femelle Voodoo, le jeune Imp et le vieux Link, qu’il envisage maintenant de faire abattre moyennant argent.
Mais Link n’a pas du tout l’intention de se laisser faire…

Tourné dans un superbe cadre naturel qui offre des possibilités joliment exploitées pour les scènes d’action et de suspense ainsi qu’un contraste entre le Vieux Monde et le côté primitif apporté par les animaux de la jungle, Link prend son temps pour installer ses personnages dans une situation qui va progressivement dégénérer.
Par petites touches, Richard Franklin met en place les éléments intrigants de la menace qui se dessine (avec tout de même quelques effets de vues subjectives qui ont un peu mal vieillis) tout en allégeant l’atmosphère dans la première moitié grâce à quelques éclairs d’excentricité. Cet effet est exacerbé par la très intéressante bande originale de Jerry Goldsmith, avec ces sonorités de fête foraine qui collent parfaitement à la nature de Link…dans un premier temps…

Et puis un rebondissement fait peu à peu basculer le film dans l’horreur. Le malaise prend le pas (comme dans le moment où Link épie Jane nue dans la salle de bains…l’expressivité du singe, déjà savoureuse dans les scènes précédentes, est d’ailleurs sacrément troublante), la tension est de plus en plus palpable et monte en puissance jusqu’à un dernier acte spectaculaire. Comme je l’ai mentionné plus haut, Richard Franklin tire très bien parti de ses décors, aussi bien de la nature environnante que de la grande bâtisse, lieu d’affrontements haletants et très bien orchestrés…

Et quand on pensait que tout était terminé après un final dantesque, Link se conclut sur un dernier plan particulièrement efficace…