MON NOM EST SHANGAÏ JOE (Mario Caiano)

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REALISATEUR

Mario Caiano

SCENARISTES

Maria Caiano, Carlo Alberto Alfieri et Fabrizio Triffone Trecca

DISTRIBUTION

Chen Lee, Carla Romanelli, Piero Lulli, Giacomo Rossi Stuart, Gordon Mitchell, Klaus Kinski…

INFOS

Long métrage italien
Genre : western
Titre original : Il mio nome è Shangai Joe
Année de production : 1973

Après une période faste dans les années 60 (avec un point culminant en 1968, année où un tiers des films produits en Italie était un western), le western spaghetti a commencé à s’essouffler au début des années 70. Les producteurs ont donc cherché différentes recettes pour relancer l’intérêt des spectateurs, ce qui a notamment donné la mode des westerns comiques dont Bud Spencer et Terence Hill furent les plus illustres représentants. Et comme le cinéma d’exploitation transalpin ne manquait pas, comme son nom l’indique, d’exploiter tous les filons, certains ont eu l’idée de mélanger le spagh’ avec un genre très populaire à l’époque, le film de kung-fu.

Cela a donné des titres comme La Brute, le Colt et le Karaté avec Lee Van Cleef et Lo Lieh, Winchester, Kung-fu et karaté avec William Berger et Jason Piao Pai, Le Blanc, le jaune et le noir (de Sergio Corbucci avec le cubain Tomas Milian dans le rôle du personnage japonais !), Le Tigre de la Rivière Kwaï avec George Eastman et Kam Wong Lung ou encore Mon nom est Shangaï Joe avec Chen Lee, un acteur à la très courte carrière puisque sa filmographie se réduit à cinq entrées, dont Les Rangers défient les karatékas, un titre français un brin mensonger qui cache une parodie des 3 Mousquetaires façon western spaghetti.

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À peine arrivé en Amérique, Chin Hao reçoit le surnom de « Shangaï Joe » et est confronté au racisme crasse des cow-boys qu’il croise. Chin Hao reste calme et aimable…mais quand on le cherche, on le trouve. La première partie se résume un peu à cela : il déambule, cherche du boulot, se heurte aux moqueries et tatanne ceux qui s’en prennent lui. Ce qui lui crée tout de même une petite réputation et un certain Spencer (Piero Lulli, visage bien connu des amateurs de bis italien), propriétaire terrien en recherche de gros bras, cherche à l’engager. C’est alors que Chin découvre que Spencer est un esclavagiste qui exploite des paysans mexicains. Shangaï Joe se rebelle alors contre Spencer, qui envoie quatre tueurs impitoyables à ses trousses…

Comme tout spagh’ qui se respecte, Shangaï Joe offre un beau défilé de tronches patibulaires et parmi les quatre mercenaires engagés pour abattre le héros, on retrouve deux habitués du genre qui ne font que passer mais qui ont comme souvent une sacrée présence à l’écran : l’américain buriné Gordon Mitchell et l’allemand fou Klaus Kinski. Pas vraiment besoin de caractérisation car leurs pseudos disent tous : le premier est Burying Sam (car il aime enterrer ses victimes) et le second est Scalper Jack (nuff said’).

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Le scénario ne sait pas toujours vraiment sur quel pied danser. Parfois, le ton est plutôt léger, comme pour la première scène d’action avec quelques gags amusants…mais en d’autres occasions, les affrontements sont plus intenses, plus violents (Chin arrache même les yeux d’un de ses adversaires). Mario Caiano (Ulysse contre Hercule, Les Amants d’Outre-Tombe …) ne montre également pas une grande maîtrise dans la mise en scène des combats (faux raccords, effets un chouïa ridicules…). Mais malgré ces défauts, l’ensemble reste plutôt sympathique, une série B certes inégale mais divertissante par sa rencontre entre ces deux univers.

Il existe un Retour de Shangaï Joe, mais sans Chen Lee qui a été remplacé par un certain Cheen Lie dont ce fut le seul film. On y retrouve aussi Klaus Kinski, toujours en mode cacheton mais dans un tout autre rôle !

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